Le Seigneur des anneaux - Blu-ray 4K UHD

Blu-ray 4K UHD : Premier bilan et avenir du format

L’automne vient tout juste d’arriver, annonçant aussi lentement qu’inexorablement l’entrée dans le dernier trimestre annuel. L’occasion nous semblait donc toute trouvée pour jeter un petit coup d’œil dans le rétro sur les six premiers mois d’existence du Blu-ray 4K UHD ainsi que sur les trois mois à venir mais aussi et surtout, telle une diseuse de bonne aventure lisant dans une boule de cristal, sur l’avenir du format…

Sommaire

Premier bilan : Blu-ray 4K UHD (2016) vs Blu-ray (2006)

Outre l’offre matérielle (lecteurs, téléviseurs, etc.) sur laquelle nous ne reviendrons pas ici, encore faut-il « donner à manger » à votre matos flambant neuf certifié 4K, UHD, HDR et tutti quanti. En attendant la mise en place de canaux de diffusion ad hoc (SVOD, chaînes de télé, etc.), le meilleur pourvoyeur en la matière reste encore à l’heure actuelle le format Blu-ray 4K UHD. Les sorties de titres sur le support sont à considérer selon deux axes : la quantité d’une part et « l’attractivité » d’autre part, ce second aspect se scindant lui-même en deux aspects, d’un point de vue artistique mais aussi technique. Pour aborder les deux premiers sujets (la quantité et l’attractivité « artistique »), il nous a semblé opportun de dresser un parallèle avec l’offre en matière de Blu-ray au tout début du format dans l’Hexagone en octobre 2006.

Les chiffres

À l’heure actuelle, cinq éditeurs se sont lancés dans la grande aventure du Blu-ray 4K UHD en France (guère plus outre-Atlantique). Sans surprise, il s’agit de cinq studios hollywoodiens : Fox, Sony, Warner, Paramount et Universal ; les premiers titres de ce dernier étant attendus dès le mois d’octobre. Sans surprise non plus, les quatre premiers étaient déjà sur les rangs au démarrage du Blu-ray en 2006. Pour rappel, dans un premier temps, Universal avait opté pour le camp adverse, celui du HD-DVD tandis que Warner proposait ses titres sur les deux formats : Blu-ray et HD-DVD. Les dates de lancement étaient quant à elles diamétralement opposées : octobre 2006 pour le Blu-ray vs mars 2016 pour le Blu-ray 4K ; la période des fêtes de fin d’année étant à priori nettement plus propice qu’une sortie printanière suivie d’une saison estivale que l’on sait traditionnellement quasiment déserte (cf. les sorties d’août 2016). Pour autant, un petit comparatif trimestriel du nombre de titres disponibles fait d’ores et déjà ressortir une certaine différence et permet in extenso d’en conclure qu’à fin 2016, nous serons (très) en deçà de la centaine de titres annoncés haut et fort au printemps dernier.

Blu-rayBlu-ray 4K UHD
Après 3 mois2424
Après 6 mois5934
Après 9 mois8959

Nombre de titres disponibles en Blu-ray et Blu-ray 4K UHD en France, X mois après le lancement du format dans l’Hexagone.

NB :

  • Seuls les films et séries TV ont été comptabilisés ci-dessus, laissant de côté le « hors-fiction » (spectacles, concerts, etc.).
  • Les premières sorties Blu-ray 4K UHD ayant eu lieu le 29 mars 2016, nous avons effectué un regroupement de ceux-ci au sein de la période « avril – juin 2016 » afin de faciliter la comparaison par tranches trimestrielles.
  • Ont été comptabilisées au sein du décompte sur 9 mois les sorties Blu-ray 4K UHD portées à notre connaissance à la date de parution de cet article jusqu’à la fin de l’année 2016, le chiffre définitif pouvant bien entendu fluctuer au cours des prochaines semaines (cf. le planning prévisionnel dévoilé un peu plus bas).

Les films

Quid à présent de cette fameuse « attractivité artistique ». Dit (beaucoup) plus crûment : la liste des titres disponibles mais aussi ceux annoncés pour les mois à venir fait-elle bander ? Pas vraiment diront certains (que d’aucuns qualifieront bien volontiers de blasés et/ou de mauvaises langues). Pour ce qui est des titres déjà disponibles, nous vous renvoyons à notre page référençant tous les Blu-ray 4K Ultra HD disponibles dans l’Hexagone que nous mettons régulièrement à jour au fil des sorties. C’est bon, vous avez jeté un coup d’œil ? Alors ? Que pensez-vous du menu ? Pas terrible hein ? On pourra toujours retenir (du bout de la CB) : Seul sur Mars, X-Men : Days of Future Past, Mad Max : Fury Road, The Revenant et, à la limite pour les nostalgiques des années 80, le diptyque S.O.S. Fantômes 1 & 2. Bien entendu, tout ceci est sujet à une bonne part de subjectivité mais avouez tout de même, en toute objectivité cette fois, qu’il n’y a pas vraiment de quoi se taper le cul par terre devant le catalogue actuellement disponible ! Pas de quoi jeter le bébé avec l’eau du bain nous rétorquerons certains. Attendons de voir ce que les prochains mois nous réservent. D’autant que là encore, derrière les chiffres comparatifs mentionnés ci-dessus, l’offre en matière de Blu-ray n’était pas vraiment très reluisante elle non plus dix ans plus tôt. Pour vous donner un ordre d’idée, nous avons compilé la liste des titres disponibles sur le support au cours des neuf premiers mois (là encore, nous n’avons pas pris en compte les « hors-fictions »). Comme vous pouvez le constater par vous-même, pas de quoi fouetter un chat là non plus à l’époque. Il y avait bien quelques bricoles qui émergeaient ici et là, comme par exemple Rocky chez MGM (distribué par Fox), La Chute du faucon noir chez Sony, la trilogie Mission : Impossible chez Paramount ou encore La Prisonnière du désert et Opération Dragon chez Warner mais rien de bien transcendant dans l’ensemble avec là encore, tout comme pour le Blu-ray 4K UHD, des titres faisant avant tout la part belle à un fort potentiel destructeur / pyrotechnique.

4K, 4K, est-ce que j’ai une gueule de 4K ?

Ce qui nous amène donc tout naturellement au troisième et dernier point : le potentiel audio-vidéo véritable du Blu-ray 4K UHD puisque les éditeurs mettent essentiellement en avant des titres à même de démontrer, en théorie, la supériorité technique intrinsèque de ce nouveau format sur ses prédécesseurs. Mais là encore, l’histoire se répète. Lors du passage du DVD au Blu-ray en 2006, beaucoup de titres ne laissaient apparaître guère plus que des masters DVD upgradés en HD sans véritable travail de remasterisation en bonne et due forme, aboutissant de fait à des Blu-ray corrects, voire moyens, de surcroît dépourvus pour beaucoup des suppléments présents sur les précédentes éditions DVD. Bref, les premiers temps ne furent pas très engageants pour le consommateur. Dix ans plus tard, le passage du Blu-ray au Blu-ray 4K UHD tendrait une fois de plus à démontrer que certains n’ont toujours pas retenu la leçon. Ainsi observe-t-on quelques mois à peine après le lancement du Blu-ray 4K un pourcentage non négligeable de titres ne faisant pas les efforts nécessaires pour démontrer la supériorité véritable du format sur son prédécesseur avec aux premières loges une image 4K upgradée à partir de master 2K. Et pour cause, les masters 4K et autres digital intermediate restent assez rares et c’est donc toute la chaîne de production qui va devoir se mettre à jour si elle veut tenter de suivre cette montée en résolution. Il y a bien sûr les exceptions qui confirment la règle, comme par exemple les Blu-ray 4K UHD de The Revenant, Star Trek & Star Trek Into Darkness ou encore Independence Day pour des résultats qui frisent, voire même atteignent la perfection, mais la terminologie « 4K » n’est pas encore la norme sur tous les titres.

La VF ? Quelle VF ?

Un autre aspect ne change malheureusement pas lui non plus : le (triste) sort réservé aux pistes françaises. Déjà à l’époque du passage du DVD au Blu-ray, la VF était la plupart du temps scotché aux possibilités techniques du format précédent, à savoir au mieux des pistes DTS 5.1 (plein débit avec un peu de chance mais mi-débit la plupart du temps), au pire de vulgaires pistes DD 5.1 (là encore avec un peu de chance encodées en 640Kb/s). Rares étaient alors les pistes VF proposant de véritables flux HD à mesure de rivaliser avec la VO, proposée quant à elle en Dolby TrueHD / Atmos ou en DTS-HD Master Audio (voire même en PCM). Quoi de plus normal après tout pour des titres de majors hollywoodiennes dont les masters audio/vidéo visent un marché international qui n’a que faire des spécificités linguistiques territoriales. Il faut alors s’en remettre aux éditeurs locaux, aux ayant-droits hexagonaux, pour trouver une impartialité dans le traitement accordé à la VO et la VF. Dix ans plus tard, même motif, même punition : la VF est encore et toujours traitée comme une pestiférée et doit, la majorité du temps, se contenter de ces mêmes pistes DD 5.1 et DTS 5.1 reprises du DVD. Au-delà du débat sur le visionnage d’un film en VO ou en VF, il semble à tout le moins raisonnable sinon respectueux vis-à-vis du consommateur, de lui laisser le choix entre les deux sans que pour autant la VF ne s’en trouve pénalisée. Là encore, il y a bien quelques exceptions, comme par exemple Warner qui propose le Blu-ray 4K UHD de Mad Max Fury Road en VO et VF Dolby Atmos 7.1 (comme c’était déjà le cas en Blu-ray) mais pour l’heure, et en attendant que ces mêmes éditeurs hexagonaux se lancent (à grands frais ?) dans l’aventure de la 4K, il faudra donc la plupart du temps se contenter de pistes VF qui ne peuvent rivaliser avec les VO, proposées de plus en plus systématiquement en Dolby Atmos, voire même en DTS:X (cf. Independence Day).

Le cas Sony

Et puis, il y a le cas Sony, dont toutes les sorties Blu-ray 4K UHD sont jusqu’à maintenant pénalisées à double-titre. En effet, comme nous l’avions déjà signalé dans nos articles consacrés à Seul contre tous et au diptyque S.O.S. Fantômes 1 & 2, d’une part Sony n’inclut pas le film au format Blu-ray au sein de combos « Blu-ray 4K + Blu-ray » comme le font les autres éditeurs mais aussi, comble absolu, comme le fait pourtant Sony outre-Atlantique sur les sorties de ces mêmes titres ! Ce qui a pour conséquence la disparition de la quasi-totalité des suppléments, ces derniers n’étant en effet présents que sur le disque au format Blu-ray. D’autre part, bien que disponible en HD sur les sorties Blu-ray éditées par Sony (en Dolby TrueHD ou en DTS-HD Master Audio), la piste française se retrouve désormais systématiquement rétrogradée en simple Dolby Digital 5.1 sur les disques Blu-ray 4K UHD. Soit un sacré retour plus de dix ans en arrière, avant même l’arrivée du format Blu-ray puisque Sony était précisément la seule major hollywoodienne à systématiquement inclure une VF HD sur ses sorties Blu-ray.

Interrogé à ce sujet, Sony nous a apporté quelques éléments de réponses sur ces deux points. Concernant l’absence du film au format Blu-ray, l’éditeur nous a confirmé que le disque en question sera inclus à partir du mois de novembre. Alléluia ! Concernant la VF rétrogradée en DD 5.1 en lieu et place d’une piste HD, la raison invoquée est le manque de place. Une réponse qui nous semble à tout le moins fallacieuse quand on pense par exemple que Warner fut parfaitement en mesure de proposer une VO et une VF en Dolby Atmos 7.1 sur le Blu-ray 4K UHD de Mad Max Fury Road dont la durée atteint pourtant les deux heures (on nous souffle dans l’oreillette que ce serait également le cas sur l’édition BR 4K de Batman v Superman : L’aube de la justice dont la version longue culmine à 3h, mais nous ne disposons pas du disque en question pour vérifier pareille affirmation). On s’étonne donc de ne pas retrouver les VF HD (pourtant bel bien présentes sur support Blu-ray) sur les éditions Blu-ray 4K UHD de films tels que Seul contre tous (2h03) ou encore des deux S.O.S. Fantômes (1h45 et 1h48). On attendra donc une précision technique davantage argumentée sur ce point tout en guettant les futurs combos « Blu-ray 4K UHD + Blu-ray » à paraître chez l’éditeur au cours des prochains mois.

Les sorties du dernier trimestre 2016

Ce qui nous amène donc tout naturellement aux futures parutions jusqu’à la fin de l’année. Une période précédant les fêtes de noël traditionnellement propice aux sorties DVD, Blu-ray et, désormais, aux Blu-ray 4K UHD. Car bien que relativement jeune, le catalogue de ce dernier va en toute logique se gonfler substantiellement pour atteindre une petite soixantaine de titres d’ici décembre (à nouveau sans tenir compte du « hors-fiction »). Mais une fois encore, à l’exception notable de la saga Jason Bourne dont les cinq opus apparaissent dans le calendrier prévisionnel d’Universal pour une parution en décembre, les home-cinéphiles risquent bien de continuer à ronger leur frein dans l’espoir de titres un tant soit peu plus « classiques ». D’autant que de nombreux films ont déjà fait l’objet de remasterisation 4K pour les besoins de (ré)éditions Blu-ray (voir même 6K pour certains). Au hasard : Showgirls, RoboCop, Ben-Hur, etc. Mais l’on devine bien volontiers que les éditeurs attendent de voir si le support trouve preneur auprès du grand public avant d’augmenter la voilure. Preuve d’une certaine forme d’attentisme de la part de ces derniers, citons les exemples de Argo, The Town ou encore Mad Max, un temps annoncés avant de disparaître corps et âmes du calendrier de parutions Warner.

Les personnes à la recherche d’exclus un tant soit peu croustillantes pourront toutefois se tourner du côté de nos voisins teutons ou transalpins puisque les premiers ont sorti en exclusivité en juin dernier une édition Blu-ray 4K UHD du mythique Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre, 1974) de Tobe Hooper (qui attend bien sagement au sommet de la pile « à tester » de la rédac) tandis que les seconds annoncent une déclinaison du tout aussi mythique du Zombie (Dawn of the Dead, 1978) de Romero pour le mois de novembre (précommande effectuée, affaire à suivre). Dans l’Hexagone, les futures sorties Blu-ray 4K UHD annoncées à ce jour sont regroupées dans le listing ci-dessous. À noter que Warcraft, qui inaugurera l’entrée en matière d’Universal, est annoncé avec VO et VF Dolby Atmos (l’édition Blu-ray devra quant à elle se contenter d’une VF DD 5.1 dixit le communiqué de presse).

NB : Cette liste est bien entendu non exhaustive et susceptible de changements de dernière minute (ajouts, décalages, etc.). Les titres dits « hors-fictions » (spectacles, concerts, etc.) ne sont pas inclus dans ce planning.

5 octobre 2016

  • La Résurrection du Christ (Sony Pictures Home Entertainment)

11 octobre 2016

  • Warcraft : le commencement (Universal Pictures Vidéo)

12 octobre 2016

  • Gatsby le magnifique (Warner Home Vidéo)
  • Jupiter : Le Destin de l’univers (Warner Home Vidéo)
  • Pacific Rim (Warner Home Vidéo)

18 octobre 2016

  • Oblivion (Universal Pictures Vidéo)

19 octobre 2016

  • Angry Birds – Le film (Sony Pictures Home Entertainment)

8 novembre 2016

  • Ninja Turtles 2 (Paramount Home Entertainment France)

9 novembre 2016

  • Anges & démons (Sony Pictures Home Entertainment)
  • Da Vinci Code (Sony Pictures Home Entertainment)
  • Tarzan (2016) (Warner Home Vidéo)

16 novembre 2016

  • L’Âge de glace 5 : Les Lois de l’Univers (20th Century Fox)

26 novembre 2016

  • Independence Day : Resurgence (20th Century Fox)

6 décembre 2016

  • Comme des bêtes (Universal Pictures Vidéo)

10 décembre 2016

  • La Mémoire dans la Peau (Universal Pictures Vidéo)
  • La Mort dans la Peau (Universal Pictures Vidéo)
  • La Vengeance dans la Peau (Universal Pictures Vidéo)
  • Jason Bourne : L’héritage (Universal Pictures Vidéo)
  • Jason Bourne (Universal Pictures Vidéo)

17 décembre 2016

  • S.O.S Fantômes (2016) (Sony Pictures Home Entertainment)
  • Star Trek Sans Limites (Paramount Home Entertainment France)

22 décembre 2016

  • Instinct de survie (Sony Pictures Home Entertainment)

Courant décembre 2016

  • Blanche Neige et le chasseur (Universal Pictures Vidéo)
  • Le Chasseur et la Reine des Glaces (Universal Pictures Vidéo)
  • Everest (2015) (Universal Pictures Vidéo)

L’avenir du Blu-ray 4K UHD : Sony vs Microsoft, aka support physique vs dématérialisé

Au-delà de ces parutions jusqu’à fin 2016, quel est l’avenir du format pour les un, cinq, dix ans à venir ? Aux dernières nouvelles, tous les indicateurs seraient aux verts : les téléviseurs 4K UHD se vendent (presque) comme des petits pains, les Blu-ray 4K UHD aussi avec des chiffres démontrant une percée plus importante qu’au lancement du format Blu-ray sur la même période et tout le monde n’a plus que les mots 4K, UHD et HDR à la bouche avec des perspectives de ventes jusqu’en 2020 qui transforment les yeux des différents artisans du milieu en dollars. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pour autant, ce sont les annonces et autres déclarations faites dans un milieu n’ayant (à l’origine tout du moins) que peu de liens avec l’univers de la vidéo qui sont, en quelque sorte, venues cristalliser une certaine forme de scission observée depuis quelques années déjà. Au cours du dernier E3, Microsoft avait annoncé l’arrivée de sa Xbox One S. Cette version miniaturisée de la Xbox One sortie en août embarque en effet un lecteur Blu-ray 4K UHD à contrario de la PlayStation Pro 4 annoncée courant septembre pour une sortie en novembre qui en sera dépourvu alors que beaucoup l’espérait pour cause de console annonçant fièrement ses ambitions 4K UHD / HDR. Soit l’inverse de la génération précédente de consoles à l’aune du format Blu-ray, soutenu à l’époque par Sony et sa PlayStation 3 tandis que Microsoft s’en tenait encore au format DVD pour sa Xbox 360. Signalons toutefois qu’un lecteur HD-DVD externe pour cette dernière avait vu le jour. Le format ayant dû s’incliner dans sa lutte fratricide face au Blu-ray (moyennant de gros chèques en coulisses de la part de Sony pour s’assurer le ralliement des éditeurs à sa cause), ledit appendice fait désormais office de pièce de musée. Fin de la parenthèse.

Pourquoi donc un tel revirement de situation entre les deux géants du divertissement vidéoludique ? La réponse est venue de leurs porte-paroles respectifs. Dans le cas de Microsoft, Albert Penello, responsable du management des produits et des plannings de la Xbox, a déclaré « Je crois vraiment dans les technologies 4K et HDR. Je suis moi-même équipé et je trouve que l’upgrade est aussi significatif que le passage de la SD à la HD dès lors que vous regardez des contenus en 4K natif. C’est la raison pour laquelle nous tenions à fournir un produit 100% 4K avec la Xbox One S : streaming, upscaling et support physique. L’autre raison est liée au fait que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne en matière de contenus dématérialisés en raison de la qualité très variable des connexions internet. Moyennant l’équipement ad hoc, ces personnes pourraient donc se tourner vers le support physique. Je pense donc qu’il y a encore une place pour celui-ci ». Une position qui contraste drastiquement avec celle de Sony au lendemain de l’annonce de sa PS4 Pro puisque Andrew House, big boss de Sony Interactive Entertainment, déclarait quant à lui : « Selon nous, bien que le support physique représente toujours une part importante dans le domaine du jeu vidéo, nous observons une tendance vers le streaming vidéo. Sur la base du parc déjà installé, il s’agit du deuxième usage le plus fréquent sur PS4. Alors nous avons décidé de nous focaliser dessus ».

Xbox One S (à gauche) vs PlayStation 4 Pro (à droite)

En définitive, plusieurs composantes sont donc à prendre en considération quant à l’avenir non pas tant de la 4K mais plus spécifiquement du format Blu-ray 4K UHD. Pour en tirer pleinement parti, il faut bien entendu être équipé, a minima avec un téléviseur et un lecteur, faute de quoi la différence avec un contenu HD sera faible sinon imperceptible. Ce qui impose donc un (re)passage en caisse. Certes, en matière d’innovations technologiques, les prix ont tendance à baisser (très) rapidement, mais dans le contexte économique actuel, il n’est pas certain qu’un tel investissement soit l’une des priorités du grand public. Un aspect qui explique sans doute, tout du moins en partie, le fait que le format Blu-ray, lancé en 2006 soit deux ans avant la crise de 2008, n’a jamais connu l’engouement de son prédécesseur, le DVD, de par l’obligation de racheter lecteur, téléviseur et films. Mais l’autre aspect à prendre en considération est le changement dans les habitudes de consommation. Et si nous nous garderons bien ici-même d’un débat quant au meilleur moyen de découvrir une œuvre cinématographique (expérience en salles vs chez soi, notre indéfectible passion cinéphile depuis bien avant l’apparition de tous ces supports home-cinéma étant à elle-seule la réponse), il est indéniable que le grand public consomme de plus en plus de films et autres séries (légalement ou non, ceci faisant là aussi l’objet d’un autre débat) via des supports inédits au début du millénaire : smartphones, tablettes, box TV, téléviseurs connectés, etc.

Ce qui nous ramène donc tout naturellement à cette même confrontation entre Sony et Microsoft au travers de leurs consoles de jeux respectives actuelles estampillées « 4K HDR » que sont la PS4 Pro et la Xbox One S (et en attendant de savoir ce que la future Xbox Scorpio prévue pour fin 2017 a sous le capot), à savoir le support physique vs le dématérialisé. L’un est-il obligatoirement appelé à péricliter ou bien les deux peuvent-ils continuer à coexister pendant de longues années ? Pour l’heure, les contenus 4K natifs sont encore marginaux (les chaînes de télévision sont loin d’être prêtes). Grand pourvoyeur en la matière depuis son arrivée en France en 2014, Netflix recommande un débit internet minimum de 25Mb/s pour regarder du 4K. Un chiffre inaccessible pour la plupart des foyers français ? Peut-être plus pour si longtemps que ça puisque le « Plan France Très Haut Débit » porté par Axelle Lemaire et Jean-Michel Baylet prévoit ainsi que 50% du territoire français sera raccordé au très haut débit (THD) fin 2016 avec un an d’avance sur un calendrier prévisionnel qui envisage une couverture à 100% du territoire métropolitain d’ici 2022. Du côté du Blu-ray 4K UHD, il faudra sans doute attendre le début de l’année prochaine pour avoir quelques chiffres de la part du magnat en la matière, à savoir l’institut GFK qui se garde toutefois bien de fournir des données précises sinon des pourcentages (à la hausse ou à la baisse) très sibyllins. Il conviendra donc d’observer d’ici fin 2017 si d’autres éditeurs se joignent à la fête en vue d’élargir le catalogue de titres en matière de Blu-ray 4K UHD comme ce fut le cas dix ans plus tôt avec le Blu-ray. Affaire à suivre comme on dit…

Blu-rayBlu-ray 4K UHD
Après 3 moisFox, Sony, Warner
Total = 3
Fox, Sony, Warner
Total = 3
Après 6 moisFox, Sony, Warner
Disney, Gaumont, Paramount
Total = 6
Fox, Sony, Warner
Paramount
Total = 4
Après 9 moisFox, Sony, Warner,
Disney, Gaumont, Paramount
Total = 6
Fox, Sony, Warner
Paramount
Universal
Total = 5
Après 12 moisFox, Sony, Warner
Disney, Gaumont, Paramount
Total = 6
?
Après 15 moisFox, Sony, Warner
Disney, Gaumont, Paramount
Europa, M6, MK2, Pathé, TF1
Total = 11
?

Liste des éditeurs ayant sorti au moins un titre Blu-ray ou Blu-ray 4K UHD en France, X mois après le lancement du format dans l’Hexagone.

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5 réflexions au sujet de « Blu-ray 4K UHD : Premier bilan et avenir du format »

  1. Très bon dossier!
    2 choses:
    – Problème de taille pour les magasins, Sony Pictures nous annonce qu’il n’autorisera pas de retours pour cause d’invendus des UHD. Résultat: je n’en mets pas dans mon magasin.
    – « voire même » est une formulation impropre, au même titre qu’au jour d’aujourd’hui. « Voire » suffit amplement.

    Amitiés,
    Emmanuel.

  2. 2 petites précisions pour compléter cet article autrement très complet.

    Il y a une différence de taille au niveau des masters entre l’époque DVD –> Blu-ray et actuellement Blu-ray –> UHD : à l’époque du Blu-ray, c’était une question des studios et éditeurs recyclant des vieux masters antédiluviens (certains continuent d’ailleurs encore de le faire), mais il était possible d’obtenir des masters ensuite au niveau. Ici, ce n’est pas le cas : AUCUN film hormis le Gone Girl de Fincher n’a intégralement suivi de workflow 100% 4K. Même quand un DI 4K existe, la majeure partie des plans à CGI sont faits en 2K donc ensuite upscalés. Même si l’industrie le voulait, il n’y a donc aucun film aujourd’hui à même d’exploiter intégralement le support, et c’est pour ça que les constructeurs ont déjà changé leur fusil d’épaule en privilégiant plutôt le HDR à la résolution supplémentaire.

    Sony et ses excuses à 2 balles. En fait, Sony nous la fait à l’envers et nous fait une Warner : l’encodage des VF en lossy n’est pas du à un manque de place. Le manque de place est une CONSEQUENCE d’une démultiplication des doublages (10 voire même 13 doublages !) en UHD là où Sony est un des rares studios à limiter les doublages sur les Blu-rays (en général, c’est VO + VF + un deuxième doublage). C’est même pire puisque certains de leurs disques US possèdent des VF lossless… mais les équivalents français sortent avec une VF lossy ! (Concussion par exemple). Mais sinon, dès qu’il y a moins de pistes sur le disque, hop : VF lossless sur Salt, Chappie, Hancock, Pineapple Express…
    Bah oui : la démultiplication des doublages prend de la place, mais aussi du débit de données total, donc pour conserver le flux vidéo tel quel, les doublages passent en lossy… (c’est aussi pour une question de débit qu’il est difficile de trouver des films avec 2 pistes Atmos lossless, ça fait 16-17 Mbps rien que pour le son…).

  3. Oui je n’arrête pas de lui dire à mon Stef que cette formulation est impropre mais il est têtu ;o)

    Sinon intéressante info concernant les non retours. Merci

  4. On a pensé dire tout cela à Sony France et puis on s’est dit que le gars ou la nana au bout du mail aurait été noyé par toutes ces infos. Il n’y a plus de chef de produit valable là-bas (comme chez tous les autres éditeurs de Majors en France). Juste des petits jeunes qui aspirent à faire leurs premières armes mkg et puis s’en aller ailleurs.

    Merci en tout cas pour ton intervention comme toujours pertinente mon bon Tenia :o)

  5. Avec les informations pêchées sur le net, je sais que les disques UHD Blu ray vont passer de 66 giga à 100 giga triple couche. Ensuite, à partir de 2017 on va passer du standard rec709 a rec2020 et avoir beaucoup plus de couleurs. Donc j’imagine, qu’il vas y avoir de nouvelles éditions disque UHD Blu-ray. C’est aussi le HDR dynamique avec les prises hdmi 2.1 qui doivent arriver en 2017. Donc moi j’attends mi-2017 pour décider si j’investis ….

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