Sept films issus du catalogue RKO que l’on attend toujours en Blu-ray

Pour rappel, Les Éditions Montparnasse ont édité leurs derniers titres issus du riche catalogue RKO en août 2013. Et c’est en fin d’année qu’ils en ont définitivement perdu les droits après plus de dix ans d’exploitation assez heureuse d’un point de vue commercial mais un peu moins d’un point de vue éditorial.

Edit (9/02/2016) : À l’origine, cet article s’intitulait Sept films issus du catalogue RKO attendus en Blu-ray en 2015… On a bien déchanté depuis.

Montparnasse-RKO

RKO chez Montparnasse

Tout le monde a en effet encore en tête la collection siglée en bleu et blanc proposée à un prix plus que raisonnable (10 euros). On avait droit à des films issus de masters pas toujours irréprochables mais dans l’ensemble assez corrects compte tenu du prix et systématiquement introduits par un Serge Bromberg beaucoup plus inspiré qu’un Brion chez Sidonis. Outre ce tout venant, l’éditeur nous avait aussi gratifié d’éditions aux ambitions plus importantes. On pense à La Chose d’un autre monde de Christian Nyby et Howard Hawks que l’on retrouvait avec L’Impossible M. Bébé, La Dame du vendredi et La Captive aux yeux clairs, on se souvient aussi de La Splendeur des Amberson et Citizen Kane d’Orson welles ou encore La Féline et La griffe du passé de Tourneur. On n’oubliera pas non plus de mentionner Nous avons gagné ce soir de Bob Wise, Soupçons d’Hitchcock, Le Massacre de Fort Apache de Ford et bien entendu King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack.

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Malheureusement, elles n’ont que rarement répondu aux attentes du DVDphile surtout en termes de satisfecit technique. C’est que systématiquement, les films RKO ne disposaient pas du meilleur master que l’encodage au DNR tonitruant finissait par définitivement dénaturer. Et on passera sous silence les remasterisations des bandes son en DD 5.1. En cause, la faiblesse des budgets alloués associée à la quasi impossibilité de pouvoir accéder aux meilleurs matériels possibles. En tant qu’ayant droit français, Les Éditions Montparnasse devaient du coup se contenter de ce que l’on voulait bien leur octroyer. Prétendre aller au-delà c’était provoquer des dépenses que même à l’époque (entre 2001 et 2005, quand le marché physique de la vidéo se portait encore pas trop mal), il aurait été commercialement suicidaire de s’engager. Un peu aussi comme si Warner voulait se venger de ne pas avoir eu le nez assez fin pour garder ces films chez elle.

Puis le Blu-ray est arrivé et ce qui n’était qu’un vœux pieu du temps du DVD est devenu une obligation intrinsèque doublée d’une volonté de préservation des œuvres. Déjà, en 2007 quand King Kong est sorti en Blu-ray aux États-Unis, Les Éditions Montparnasse ne pouvaient que constater le gap plus que jamais impossible à rattraper. Et aujourd’hui encore, ce titre tellement emblématique du catalogue RKO reste inédit de par chez nous en bleu.

RKO dorénavant chez Warner

Qu’à cela ne tienne, puisque l’on apprend que Warner France, vers lequel le catalogue RKO s’en est tout naturellement retourné, veut reprendre le flambeau en programmant la sortie d’une première salve de sept titres en 2015 sans que l’on ait pour l’instant une date exacte à communiquer. Sont prévus : King Kong (comme une évidence), Soupçons et M. et Mme Smith de sieur Hitchcock, L’Impossible M. bébé, La Splendeur des Anderson, La Féline et La Griffe du passé. L’éditeur travaillerait sur des combos DVD + Blu-ray issus de masters restaurés et accompagnés de livrets d’une cinquantaine de pages. On s’étonnera tout de même de ne pas voir figurer Citizen Kane dont les éditions Blu-ray se succèdent aux États-Unis avec à date une dernière sortie en juillet 2013 pour les 70 ans du film.

On s’en reparle dès que l’on aura du nouveau…

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6 réflexions au sujet de « Sept films issus du catalogue RKO que l’on attend toujours en Blu-ray »

  1. Dans le coffret RKO contenant 25 films, dont des inédits, sorti en octobre 2010 par les éditions Montparnasse, on trouvait une édition DVD remastérisée assez belle de CITIZEN KANE. Certes pas encore la perfection du HD mais déjà un très beau SD.

    Les éditions collector Montparnasse des RKO que j’ai eues l’occasion de tester étaient souvent belles, par exemple celle de KING KONG édition collector 2 DVD, celle de LA CHOSE D’UN AUTRE MONDE de C. Nyby supervisé par Hawks,

    En revanche, certains masters de la collection RKO standard provenaient de télécinémas très médiocres :
    THE MOST DANGEROUS GAME [Les Chasses du comte Zaroff / La Chasse du comte Zaroff] (USA 1932) de Ernest B. Schoedsack & I. Pichel attend encore une édition collector SD ou HD digne de ce nom alors que c’est un classique de l’âge d’or américain du cinéma fantastique de 1931-1945.
    Autres éditions à l’image médiocre qu’il faut éviter d’acheter dans les anciennes éditions standard : LOVE AFFAIR [Elle et lui] (USA 1939) de Leo McCarey au début duquel un avertissement prévient d’ailleurs honnêtement le spectateur, WAGON MASTER [Le Convoi des braves] (USA 1950) de John Ford, THE BIG SKY [La Captive aux yeux clairs] (USA 1952).
    Certaines éditions standards DVD RKO étaient, en revanche, très honorables en SD-DVD : CORNERED [Pris au pièges] (USA 1945) d’Edward Dmytryk, MONTANA BELLE [La Femme aux revolvers] (USA 1952) d’Allan Dwan,
    Le FORT APACHE [Le Massacre de Fort Apache] (USA 1948) de John Ford constitue l’exemple (unique dans l’histoire numérique de cette collection ?] d’un film d’abord édité en édition collector remastérisée avant d’être intégré à la collection standard à l’occasion de la sortie du coffret.

    Une question, Sandy : pourquoi le lien entre Warner et RKO serait-il « tout naturel » ? Historiquement, Warner n’avait pas de lien avec RKO. Si lien il y a, il appartient à l’histoire très récente de la distribution, n’est-ce pas ?

  2. Francis, le master de Citizen Kane n’a jamais été franchement top en SD chez eux. La comparaison avec ce qui sortait aux US à l’époque avant le BRD était déjà sans appel.

    Sinon le catalogue RKO est détenu depuis 1986 par Turner Broadcasting devenu en 87 Time Warner qui est une branche parente de Warner Bros. C’est en effet récent mais pas très récent non plus.

  3. CITIZEN KANE :
    je n’ai jamais eu l’occasion de comparer avec les éditions US, je comparais juste l’édition remastérisée DVD zone 2 PAL avec le restant de leur catalogue : ainsi envisagée, c’était l’une des meilleures. Ce que tu dis ne m’étonne pas outre-mesure, cela dit, car les DVD zone 1 NTSC étaient souvent dotés d’une meilleure image que les DVD zone 2 PAL à l’époque du DVD, toutes choses égales d’ailleurs.

    RKO Pictures :
    Concernant Warner Bros détenteur de la RKO, oui ce n’est pas si récent que ça, tu as raison et… j’ignorais cette chaîne des droits car je n’étais jamais allé plus loin que 1959 lorsque je m’étais intéressé à leur histoire en tant que producteur.
    La RKO a été fondée en 1928. En 1955 Hughes l’a scindée en deux sections ; RKO Pictures et RKO Studios Inc.
    La RKO Pictures a continué à produire assez régulièrement jusqu’en 1959. La RKO Studios Inc était, comme son nom l’indiquait, un studio pour tournages ciné ou tv qui louait des plateaux ou les utilisait pour les productions de la section soeur.

    Je saisis bien la chaîne claire de rachat de droits que tu me décris entre RKO, Turner et Warner .mais ce qui me surprend c’est HAMBURGER HILL qui est produit en 1987 par RKO Pictures et n’est absolument pas distribué par Warner. Le DVD américain zone 1 NTSC fut édité par Artisan. Le bluray région B français est édité par Metropolitan. Comme s’il y avait donc un faux-ami RKO Pictures qui serait une nouvelle entité sans rapport avec l’ancienne RKO Pictures… et sans rapport avec Warner non plus. Tu me suis ?

  4. Time Warner a les droits sur les films de catalogue je pense Francis. C’est ce qui est appelé maintenant aux States RKO Library. Un catalogue qui s’arrête comme tu le précise à 1959. RKO existe toujours aujourd’hui sous l’entité RKO General et a continué de temps à autre à produire des film (surtout dans les années 80) mais surtout a gérer des chaines de TV ou des stations de radio. Mais c’est assez nébuleux à ce niveau car la chose est tentaculaire et complexe. Cela ressort du domaine de l’histoire des entreprises ;o)

  5. Je comprends bien (grâce à tes précisions) la situation de Time Warner : ça correspond à l’ensemble dont le distributeur français Archéo Pictures distribuait des titres chez nous lorsque les reprises RKO sortaient en salles de cinémas Arts et Essais chez nous dans les années 1970-1985 : j’avais eu le catalogue 1985 dactylographié entre les mains. Je dois dire cependant que le DVD a permis une connaissance bien plus pointue de ce catalogue que l’exploitation cinéma : les éditions Monparnasse ont sorti bien plus de films RKO en DVD que Archéo Pictures n’en a distribué au cinéma.
    .
    PS
    Quand tu dis que c’est nébuleux concernant les années 1980 tu ne crois pas si bien dire. Qui distribuait au cinéma HAMBURGER HILL aux USA lors de sa sortie ? Paramount Pictures.

  6. Warner était propriétaire des droits de diffusion vidéo nord-américain sur l’ensemble du catalogue historique de RKO. Toutefois, RKO Pictures existe toujours comme une structure indépendante qui détient le copyright (et les droits de remake, de suite, etc.)
    Il y a eu une tentative de relance de l’activité production dans les années 80, avec La Cage aux poules, Police frontière, Plenty, Escort Girl, Hamburger Hill et le remake de La Féline. Mais ils n’étaient évidemment plus distributeurs, et c’était donc en coproduction avec d’autres studios.
    En 1992, ils ont encore fait Laws of Gravity. Depuis, il faut plutôt se dire que c’est une boîte de production, pas un studio, qui vend des droits de remake sur son catalogue (Mon ami Joe, On s’arrête quand ?, Présumé coupable), et qui achète de temps en temps un ou deux scripts originaux à côté (Le Quatuor, Barely Lethal), toujours pour trouver des coproducteurs. Et c’est plus ou moins ce que la MGM est en train de devenir.

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