S.O.S. Fantômes (Ghostbusters, 1984) - Blu-ray 4K UHD

S.O.S. Fantômes 1 & 2 : Des Blu-ray 4K évanescents

Le refrain est (archi) connu. Non pas celui de la chanson-titre sur laquelle nous allons revenir mais celui qui consiste à profiter de la sortie en salles d’un nouvel opus (suite, remake, spin-off et tutti quanti) pour remettre au goût du jour les précédents volets dans de toutes nouvelles éditions flambant neuves. Le reboot (au féminin) concerné s’appelle donc ici S.O.S. Fantômes qui débarque sur grand écran au cours de l’été 2016 et donne donc tout naturellement lieu à des ressorties en vidéo des deux films originels (au masculin ceux-là) des années 80. Des rééditions qui se déclinent en Blu-ray mais aussi et surtout en Blu-ray 4K Ultra HD. À date, dans l’Hexagone, il s’agit des films les plus âgés à voir le jour sur ce tout nouveau format Ultra Haute Définition. Toute la question était donc de savoir si, tel le bon vin, les films se sont bonifiés avec le temps et si la qualité en UHD est bien au rendez-vous.

NB : Les captures qui illustrent cet article sont issues des Blu-ray « normaux » en 1080p.

S.O.S. Fantômes : Who you gonna call ?

Est-il vraiment nécessaire de présenter S.O.S. Fantômes (Ghostbusters, 1984) et sa suite, S.O.S. Fantômes II (Ghostbusters II, 1989) ? En 1984, pratiquement aucun des membres de l’équipe n’est encore très connu du grand public, aussi bien devant que derrière la caméra. Le réalisateur Ivan Reitman vient tout juste de commencer à se faire un nom avec Arrête de ramer, t’es sur le sable (Meatballs, 1979) et Les Bleus (Stripes, 1981) où il dirigeait déjà un certain Bill Muray à la carrière elle-aussi débutante, tout comme ses deux acolytes à l’écran, Dan Aykroyd et Harold Ramis, co-auteurs du scénar de S.O.S. Fantômes. Dan Akroyd vient toutefois de s’illustrer aux côtés de John Belushi dans le cultissime Blues Brothers (1980) de John Landis tandis que la touche féminine de l’histoire, Sigourney Weaver, a déjà eu maille à partir avec un Alien belliqueux dans le chef d’œuvre éponyme de Ridley Scott en 1979. Tout ce petit monde se trouve donc réuni en 1984 pour ce qui deviendra à son tour un film « culte » pour toute une génération. Mais pas seulement.

Évoquez aujourd’hui encore au premier quidam venu le mot « Ghostbusters » (souvent plus connu, y compris dans l’Hexagone, que le titre français « S.O.S. Fantômes ») et il y a alors de forte chance pour que votre interlocuteur vous rétorque « Ah oui, les chasseurs de fantômes avec le gros bibendum chamallow » ou bien alors qu’il se mette à chantonner : « Who you gonna call ? Ghostbusters ». C’est dire si le film mais aussi la chanson-titre auront su l’un comme l’autre traverser les décennies. Il faut dire aussi qu’à l’époque, tous deux ont cartonné auprès du grand public. Doté d’un budget de $30M, le film terminera à la deuxième place du box-office annuel nord-américain avec $229M de dollars de recettes, à quelques encablures d’un autre film culte, Le Flic Beverly Hills. En France, il attirera un peu moins de 3 millions de spectateurs, terminant à la 10e place du classement hexagonal de 1984 emmené par les 6,1 millions de Marche à l’ombre. Quant à la chanson-titre signée Ray Parker, Jr., elle trustera la tête des charts dans de nombreux pays, à commencer là encore par la France où elle occupera la première place du mythique Top 50 sur plusieurs semaines pendant lesquels le 45 tours (oui, le petit machin en vinyle pour lequel il fallait se relever sans cesse si on voulait l’écouter en boucle. Oui ça sent le vécu) s’écoulera à plus d’un million d’exemplaires (un chiffre à faire rêver les industriels de la musique aujourd’hui). Et que dire également du fameux logo du film reprenant un panneau d’interdiction au milieu duquel trône ce petit fantôme barré et effrayé, lointain cousin de Casper ?

Une chanson, un logo et le tour est joué. Ou presque. Car force et de constater que sitôt franchie la scène d’intro de cette bibliothécaire âgée, terrifiée par quelque chose situé hors-champ, l’entrée en matière du trio de chasseurs de fantômes donne le LA d’une comédie SF qui ne se prend nullement au sérieux, enchaînant gags, réparties et autres situations cocasses les plus hilarantes qui soient et sans le moindre temps-morts. Trente piges plus tard, Harold Ramis, réalisateur d’un autre film culte également avec Bill Murray, Un jour sans fin (Groundhog Day, 1993) s’en est allé rejoindre dans l’au-delà ceux là-même qu’il traquait dans S.O.S. Fantômes mais (re)voir le film reste un divertissement particulièrement efficace qui n’a rien perdu de son aura et de son pouvoir comique. Succès oblige, une suite verra le jour cinq ans plus tard et, comme le soulignait tout récemment le honest trailer, sent un peu trop le réchauffé mais n’en demeure pas moins plaisant à suivre. Et si les scores en salles s’avèreront moins élevés (notamment aux États-Unis), le public répondra à nouveau présent : $112M de recettes au box-office US, $215M à l’international et 2,1 millions de spectateurs en France. De là à dire qu’un reboot (au féminin donc) était nécessaire, c’est une autre histoire mais qui s’inscrit à l’évidence dans cette forme de revival des années 80 plus que jamais d’actualité dans bien des domaines artistiques (musique, ciné, jeu vidéo, séries TV, etc.).

S.O.S. Fantômes : There’s something strange in the Blu-ray 4K UHD

Pour l’heure, c’est par l’entremise de ces rééditions Blu-ray et a fortiori Blu-ray 4K Ultra HD qu’il nous est donc possible de (re)découvrir les deux premiers S.O.S. Fantômes. Précisons avant d’en venir au sujet qui nous intéresse qu’une première édition Blu-ray de S.O.S. Fantômes était sortie en 2009 avant que de tous nouveaux masters 4K des deux films ne voient le jour et donnent lieu à des rééditions en 2013 suivies de ressorties en 2014 pour les 30 ans du premier film. En 2016, à l’occasion de la sortie du reboot en salles, ces deux films ont donc droit à de nouvelles rééditions nanties de boîtiers Steelbook mais aussi et surtout à des sorties Blu-ray 4K Ultra HD. Pour ce qui est des différences entre le master utilisé pour l’édition Blu-ray de 2009 et le tout nouveau master 4K de 2013, nous vous laissons le soin de les découvrir par l’entremise des captures comparatives qui illustrent cet article avec notamment des changements plus ou moins marquants en termes de colorimétrie. Et si le gain qualitatif était déjà décelable en Blu-ray, sitôt enclenché le Blu-ray 4K UHD, les bienfaits des masters 4K deviennent alors d’autant plus appréciables. Avec toutefois quelques réserves. Dans l’ensemble le bond en termes de définition de l’image est palpable à plus d’un titre avec une impression quasi tridimensionnelle par endroits. Concernant le rendu des couleurs, là encore le niveau de saturation et de contrastes est au rendez-vous par le biais du procédé HDR mais sans pour autant donné lieu à des couleurs ultra flashy découlant du festival bariolé des différentes créatures fantomatiques (vertes, orangées, etc.). Mais, car il y a un « mais », de nombreux passages laissent apparaître un bruit vidéo pour le moins insistant et d’autant plus visible à l’aune de l’ultra haute définition tandis que les trucages de certains plans (par ailleurs pointés du doigt par le réalisateur lui-même dans le commentaire audio) apparaissent d’autant plus criants, aussi bien en Blu-ray qu’en Blu-ray 4K Ultra HD. Rien de bien rédhibitoire car de telles séquences ne constituent en rien la majorité des films mais mieux vaut être prévenus et conscients que les deux S.O.S. Fantômes ne présentent pas un rendu irréprochable en 4K.

Côté son, les pistes Dolby TrueHD que l’on trouvait sur les précédentes éditions Blu-ray cèdent ici la place à des pistes Dolby Atmos 7.1 mais uniquement en VO car la VF doit quant à elle se contenter d’une simple piste DD 5.1. Un constat d’autant plus incompréhensible pour la version française que les éditions Blu-ray proposent bel et bien des pistes VF Dolby TrueHD qui font jeu égal avec leurs consœurs anglo-saxonnes ! L’écart est d’autant plus prégnant que la VO laisse entendre une puissance, un dynamisme et une précision dans le placement des différents effets bien supérieurs. Mais là encore, comme pour l’image, il ne faudra pas s’attendre à monts et merveilles. S.O.S. Fantômes date d’une époque où les mixages multicanaux n’étaient pas du tout la norme et de facto la spatialisation des éléments de la bande son fait plus ou moins illusion selon la scène. L’ensemble ne manque toutefois ni ne punch ni de présence dans le bas du spectre tout en laissant parfaitement audibles en toutes circonstances les différentes blagues mais là encore, mieux vaut-il être bien conscient des « limites » de ces pistes sonores HD.

Mais la plus grosse déception de ces éditions Blu-ray 4K Ultra HD est sans conteste à chercher du côté de l’interactivité, tout bonnement inexistante sur S.O.S. Fantômes II et qui se résume au commentaire audio en compagnie d’Ivan Reitman (réalisateur), Harold Ramis (acteur et coscénariste) et Joe Medjuck (producteur associé) sur le premier film. Un commentaire dans une ambiance bon enfant où le trio passe pas mal de temps à rigoler en revoyant les pitreries à l’écran et en se remémorant les anecdotes de tournage mais qui n’en demeure pas moins informatif, les trois hommes n’oubliant pas de nous abreuver de ces mêmes souvenirs de production. Un unique bonus qui nous rappelle toutefois que les autres suppléments présents sur les précédentes éditions Blu-ray font ici cruellement défauts. En effet, tout comme nous l’indiquions dans notre test du Blu-ray 4K Ultra HD de Seul contre tous, Sony applique une politique éditoriale pour le moins préjudiciable dans l’Hexagone. Contrairement à Warner, Fox ou encore Paramount, qui propose des combos réunissant le Blu-ray 4K Ultra HD et le Blu-ray standard, ce dernier accompagné de bonus, au sein d’une seule et même édition, Sony opte pour une approche minimaliste du nouveau support avec un seul et unique disque au format Blu-ray 4K Ultra HD. Exit donc tous les suppléments présents sur la deuxième galette, inexistante. Une décision d’autant plus déconcertante, pour ne pas dire rageante, que les éditions Blu-ray 4K Ultra HD nord-américaines des titres Sony proposent bel et bien des combos renfermant de facto l’intégralité des bonus des précédentes éditions Blu-ray. À cela s’ajoute une dépréciation de la version française, rétrogradée à une simple piste Dolby Digital 5.1 alors que Sony étaient précisément l’une des rares majors hollywoodiennes à traiter sur un pied d’égalité VO et VF au format Blu-ray en proposant des pistes HD dans les deux langues. Pourquoi un tel retour en arrière de la version française ? À quand des éditions complètes renfermant l’intégralité des bonus ? Si les éditeurs tiennent réellement à imposer le nouveau format Blu-ray 4K Ultra HD, encore faudrait-il s’en donner les moyens et in extenso donner envie aux consommateurs et non se contenter de les appâter avec des films cultes nantis d’une qualité d’image et de son revue à la hausse mais hélas dépourvus de suppléments préalablement existants et accompagnés d’une VF en pleine décrépitude. Affaire à suivre comme on dit…

Ghostbusters (S.O.S. Fantômes) - Packshot Blu-ray 4K Ultra HDS.O.S. Fantômes de Ivan Reitman (1984) – Disponible depuis le 6 juillet 2016

Un fantôme chez vous ? Pas de problèmes, nous arrivons ! C’est pour répondre aux appels au secours de plus en plus nombreux des habitants de New York que trois jeunes chercheurs en parapsychologie ont l’idée de créer une entreprise à la pointe du surnaturel… les S.O.S Fantômes.

 

Notes :
– Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 4/5
– Son : 4/5
– Bonus : 2/5

Le film en Blu-ray 4K Ultra HD
Spécifications techniques :
– Image : 2.40:1 encodée en HEVC 2160/24p
– Langues : Anglais Dolby Atmos, Français DD 5.1
– Sous-titres : Français, Anglais
– Durée : 1h 45min 08s

Bonus (en HD et VOSTF) :
– Commentaire audio de Ivan Reitman, Harold Ramis et Joe Medjuck

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

 

Ghostbusters 2 (S.O.S. Fantômes 2) - Packshot Blu-ray 4K Ultra HDS.O.S. Fantômes 2 de Ivan Reitman (1989) – Disponible depuis le 6 juillet 2016

Cinq ans après avoir exterminé les fantômes de New York, les Ghostbusters vont avoir l’occasion de reprendre du service quand leur amie Dana découvre que son bébé est investi par une force extra-normale…

 

Notes :
– Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 4/5
– Son : 4/5
– Bonus : 0/5

Le film en Blu-ray 4K Ultra HD
Spécifications techniques :
– Image : 2.40:1 encodée en HEVC 2160/24p
– Langues : Anglais Dolby Atmos, Français DD 5.1
– Sous-titres : Français, Anglais
– Durée : 1h 48min 19s

Bonus :
– Aucun

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

2 réflexions sur « S.O.S. Fantômes 1 & 2 : Des Blu-ray 4K évanescents »

  1. L’article parle de piste son en Dolby ATMOS mais le résumé de chaque film liste du Dolby TrueHD (pour la VO), alors ATMOS ou TrueHD ?

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