Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Blu-ray 4K Ultra HD

Je suis une légende : Will Smith survit en Blu-ray 4K

Troisième adaptation cinématographique du roman signé Richard Matheson, Je suis une légende débarque dix ans après sa sortie en salles dans une édition Blu-ray 4K Ultra HD qui, à l’instar des mutants / vampires du film, ne manque pas de mordant mais résiste parfois difficilement à l’intensité des rayons UV. Explications.

NB : Les captures de cet article sont issues du Blu-ray 1080p.

Je suis une légende : Will Smith, seul dans New York

Nous nous garderons bien ici même de passer en revue les ressemblances / divergences entre ledit roman publié en 1954, soit en plein âge d’or de la littérature SF américaine, et ses différentes déclinaisons successives sur grand écran : celle avec Vincent Price (The Last Man on Earth – 1964), Le Survivant (The Omega Man – 1971) avec Charlton Heston et celle avec Will Smith datant de 2007. D’aucuns diront sans doute que la première a (très) mal vieilli, que la dernière mouture en date est celle qui prend le plus de libertés avec le livre de Matheson (personnage principal passant du statut de simple ouvrier à celui de scientifique militaire, fin totalement revue, aussi bien dans sa version vue en salle qu’alternative, etc.) ou encore que celle avec Charlton Heston reste le meilleur « compromis » des trois.

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

Pour l’heure, c’est cette version avec Will Smith qui nous intéresse en premier lieu. Deuxième long-métrage de Francis Lawrence, réalisateur issu de l’univers des vidéoclips qui s’était illustré deux ans plus tôt avec Constantine, adaptation plus ou moins convaincante d’un comics avec un certain Keanu – John Wick – Reeves dans le rôle-titre, son Je suis une légende pourra « se laisser revoir sans déplaisir » comme le veut l’adage populaire. Une redécouverte d’autant moins déplaisante que la durée affichée est somme toute raisonnable (1h40) là où de plus en plus de blockbusters (hollywoodiens) se croient obligés de franchir (allégrement) la barre des 2h00 (les adaptations Marvel en tête) alors qu’ils n’ont finalement pas grand-chose à raconter. Non que Je suis une légende ait foncièrement beaucoup plus à nous dire sinon un remède (miracle) contre le cancer qui, sujet SF post-apo oblige, part en sucette, décimant 99% de la population mondiale et réduisant le 1% restant à l’état de mutant noctambule à la croisée entre vampire et mort-vivant tendance véloce / furax. Trois ans après les faits, Robert Neville (Will Smith) fait partie des rares « chanceux » immunisés contre l’épidémie et tente quotidiennement de trouver un remède contre cette pandémie tout en arpentant les rues d’un New-York fantomatique.

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

De ce postulat de départ et contrairement au roman de Matheson, ce n’est plus tant à une nième réflexion sur l’Homme se prenant pour Dieu ou encore sur la théorie du darwinisme à laquelle nous convie Je suis une légende version 2007 qu’à la trajectoire de son héros dont l’incapacité à trouver ledit remède couplée à la perte de sa femme et de sa fille au début de l’épidémie commencent à peser de plus en plus sérieusement sur sa santé mentale. Dans le rôle de ce personnage torturé avec pour tout compagnon son fidèle toutou, par ailleurs seule réminiscence de sa vie passée, Will Smith porte à lui seul le film sur ses épaules durant sa quasi-totalité. Un choix (marketing) pour le moins judicieux à en juger par le capital sympathie dont jouit la star auprès du grand public si l’on se réfère aux scores en salles des longs-métrages dont il occupe le haut de l’affiche depuis une vingtaine d’années. Aux États-Unis, cela se traduit par des films qui franchissent très souvent la barre des $100M de recettes (voire même $200M) et du million d’entrées en France. Plus spécifiquement dans l’Hexagone, sept seulement n’ont pas dépassé cette barre symbolique à ce jour. Et si ses affinités avec les aliens lui valent les trois premières places du podium, soit Men in Black, Independence Day et Men in Black II avec respectivement 5,7M, 5,6M et 4,6M d’entrées, Je suis une légende n’en affiche pas moins un bien fringuant 2,9M d’entrées ($256M aux U.S. et $585M dans le monde).

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

Au-delà du pouvoir attractif de Will Smith, difficile également de nier la fascination suscitée par l’atmosphère post-apo de Je suis une légende où la vision de ce New-York désertique et en ruine avec une faune et une flore reprenant peu à peu leurs droits sur la main de l’homme, exploite avec un certain talent visuel cette thématique de fin du monde dans l’une des villes les plus emblématiques qui soit. Une imagerie d’autant plus crédible que, comme le précise Francis Lawrence (réalisateur) et Akiva Goldsman (producteur / scénariste) dans le commentaire audio, toutes les séquences en extérieur ont été filmées dans les rues de la Big Apple vidées de ses badauds à une exception : la scène à Times Square tournée en studio sur fond vert pour cause de logistique trop complexe à mettre en œuvre. Tout ceci tiendrait donc plutôt bien la route s’il n’y avait ce recours récurrent à des CGI pour représenter aussi bien les animaux (cf. la course-poursuite en ouverture du troupeau de cerfs suivie d’une rencontre avec des lions) que pour les fameux mutants visibles en nombre et parfois en très gros plans (cf. le leader de la meute). Et si Goldsman précise que les effets visuels ont été peaufinés jusqu’à la toute dernière minute lorsqu’il évoque ladite séquence avec les fauves tandis que Laurence explique que les scènes avec les créatures devaient être filmés à la base avec de véritables acteurs / figurants grimés avant de décider de se rabattre sur la motion capture suite aux premiers essais ridicules, rien n’y fait. Le côté factice desdits trucages fera systématiquement « sortir » le spectateur de cet univers post-apo tandis que leur nature numérique, déjà bien visible à l’époque en salles, se révèle d’autant plus prégnante à l’aune de cette sortie en Blu-ray 4K.

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

Je suis une légende : Un Blu-ray 4K mutagène

Il sera en effet inutile d’aller chercher bien loin dans le visionnage de Je suis une légende sur support UHD pour apprécier tout à la fois les forces et les faiblesses de ce transfert 4K, la séquence d’introduction étant de ce point de vue parfaitement représentative du reste du métrage. Ainsi trouve-t-on du bon côté de la balance des plans larges qui accentuent encore davantage cette vision d’un New-York fantomatique grâce à ce surcroît de définition tandis que les gros plans sur le visage de Will Smith permettent d’apprécier d’autant mieux la pigmentation et la porosité de la peau. Les choix photographiques bien tranchés (des noirs profonds lors des séquences nocturnes Vs des teintes jaunes rougeoyantes lors des scènes en plein jour et au crépuscule) qui illustrent le cycle jour / nuit du récit profitent eux-aussi d’un boost plus qu’appréciable grâce au procédé HDR en comparaison du Blu-ray 1080p.

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

Un mot justement sur ce dernier par ailleurs présent au sein de cette édition et qui reprend trait pour trait le disque proposé dans la toute première édition parue en 2008. Si à l’époque ledit Blu-ray 1080p apparaissait comme une brillante réussite, nous n’en étions pas moins aux toutes premières heures du format (apparu sur le marché en 2006 faut-il le rappeler). Rétrospectivement, le recours au codec VC-1 couplé à un bitrate relativement bas (aux alentours des 20Mb/s) le positionne aujourd’hui un cran en dessous des meilleurs encodages visibles çà et là. Un constat qui ne diminue pas pour autant les mérites de cette upgrade 4K (effectuée à partir d’un digital intermediate 2K) tout en accentuant un défaut déjà bien visible à l’époque en salle et en Blu-ray 1080p : ces mêmes trucages numériques par trop « visibles » et qui ne manqueront pas d’en faire à nouveau tiquer plus d’un à l’aune de cette parution UHD. Mais tous les torts ne sont pas forcément à imputer à ces seuls CGI puisqu’un certain nombre d’autres plans ici et là présentent eux aussi une définition moins pointue qu’escomptée laissant là encore deviner qu’aucune remasterisation spécifique n’a été effectuée en vue de cette sortie 4K et que le même master utilisé à l’époque a été ré-exploité en l’état.

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

Côté son, le bond qualitatif est lui aussi plus que prégnant puisqu’en lieu et place de la VO Dolby TrueHD 5.1 du Blu-ray, le Blu-ray 4K propose désormais une VO DTS-HD Master Audio 5.1. Un upgrade qui permet là encore d’apprécier à plus d’un titre le boulot acoustique accompli sur le film : basses fréquences, puissance, dynamisme. Comme pour l’image, ces multiples améliorations seront perceptibles dès la scène d’ouverture. Pour autant et en dépit de ses différentes séquences à fort potentiel destructeur, la bande son de Je suis une légende a également recours à des effets ambiants plus discrets visant à parachever le sentiment de cette gigantesque métropole désormais laissée à l’abandon. C’est également lors de ces phases plus « calmes » que s’appréciera le travail sonore accompli. À tout le moins pour ceux qui opteront pour la VO car la VF doit, comme toujours et à regret, se contenter de cette bonne vieille piste Dolby Digital 5.1 (la même sur le Blu-ray 1080p et sur le Blu-ray 4K) qui fait de son mieux pour assurer le spectacle mais ne saurait hélas rivaliser avec la piste anglaise.

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

Autre regret qui ne sera pas davantage une surprise : le commentaire audio évoqué ci-dessus et jusque-là inédit en France car dévolu à l’édition Blu-ray « Ultimate » parue fin 2008 outre-Atlantique est, comme toujours de la part de Warner, dépourvu de sous-titres. Un constat d’autant plus regrettable pour les anglophobes que les deux hommes sont pour le moins affables en renseignements en tous genres sur les coulisses de la production. À noter que ledit commentaire est audible uniquement sur le Blu-ray 4K qui ne propose que la version cinéma du film là où le Blu-ray 1080p propose cette dernière ainsi que celle avec la fin alternative (voulue par le réalisateur avant d’être remaniée suite aux réactions peu avenantes des sacro-saintes projections-tests). Une fin originelle qui par certains aspects se rapproche davantage de l’œuvre de Richard Matheson puisqu’elle ne cantonne plus les infectés à de simples monstres assoiffés de chair et de sang mais dans le même temps s’en éloigne paradoxalement dans la mesure où [Attention mini-spoiler pour ceux qui n’auraient pas encore vu le film] le personnage principal reste désormais en vie [Fin du spoiler].

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

Les autres suppléments sont eux-aussi la copie conforme de ceux présents sur le Blu-ray sorti en 2008. La création de Je suis une légende s’apparente à un sympathique making of découpé en 21 chapitres accessibles individuellement ou en continuité qui se focalise avant tout sur le tournage dans les rues de New-York envahies par les badauds et autres fans en liesse de Will Smith. Découvert dans son intégralité, ce doc conséquent sur le papier apparaît toutefois quelque peu décousu, passant d’une scène à une autre avant de revenir quelques chapitres plus loin à la précédente. De plus, des pans entiers pourtant importants sont totalement éclipsés, tels que les trucages numériques ou encore la musique de James Newton Howard. À noter pour les amateurs du roman que Richard Matheson (disparu en 2013) intervient en personne à quelques reprises. La science de Je suis une légende cède pour sa part la parole à de nombreux scientifiques qui passent en revue différentes grandes épidémies / virus et leurs vaccins et/ou immunités. Un documentaire qui fait très souvent froid dans le dos par les chiffres, les simulations 3D et les photos dévoilées. Dernière grande épidémie en date, la grippe aviaire qui revient cycliquement au premier plan de l’actualité, fait bien entendue partie de la liste. Les quatre dessins animés réunis au sein de la section Animations sont en réalité des montages de cases de bandes dessinées s’inscrivant dans le sillage de l’épidémie évoquée au sein du roman / film mais dont l’action prend place dans d’autres régions du globe (Hong-Kong, Colorado, Amérique Centrale, Inde).

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Capture Blu-ray

À noter que les quatre animés en question ont été supervisées par Jada Pinkett Smith, l’épouse de Will Smith à la ville tandis que la fille de Robert Neville, Marley (en hommage à Bob Marley), est interprétée par Willow Smith, la fille du couple. Chez les Smith, on aime le travail en famille. Par chance, dans le cas de Je suis une légende, le résultat à l’écran et à fortiori en Blu-ray 4K, est pour le moins convaincant à défaut d’être irréprochable. Ce qui ne sera pas vraiment le cas six ans plus tard du très faiblard After Earth (2013) de M. Night Shyamalan où Will Smith partageait l’affiche avec son fils, Jaden. Mais ceci est une autre histoire…

Notes :

  • Image (Blu-ray 1080p) : 4,5/5
  • Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 4/5
  • Son : 4,5/5
  • Bonus : 3/5

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Je suis une légende (2007) de Francis Lawrence - Packshot Blu-ray 4K Ultra HDJe suis une légende – Édition Blu-ray 4K Ultra HD – de Francis Lawrence (USA – 2007) – Warner Home Vidéo – Sortie le 7 décembre 2016

Miraculeusement immunisé contre un virus dévastateur et dont la propagation a été fulgurante, le spécialiste militaire en virologie Robert Neville, est le seul être humain vivant de la ville de New-York, et peut-être même du monde. Mais il n’est pas seul, des créatures mutantes, résultat de la dégénérescence du virus, guettent dans les ténèbres, scrutant le moindre de ses mouvements, à l’affût d’une quelconque erreur. Représentant la dernière et seule lueur d’espoir pour le salut de l’humanité, Neville est guidé par une seule intention : développer un antidote en utilisant son propre sang immunisé. Mais il sait qu’il est entouré d’ennemis ; et que l’heure tourne…

Le film en Blu-ray 4K Ultra HD

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40:1 encodée en HEVC 2160/24p
  • Langues : Anglais DTS-HD MA 5.1, Français DD 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 1h 40min 26s

Bonus (VO) :

  • Commentaire audio de Francis Lawrence (réalisateur) et Akiva Goldsman (producteur / scénariste)

Le film en Blu-ray

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40:1 encodée en VC-1 1080/24p
  • Langues : Anglais Dolby TrueHD 5.1, Français DD 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 1h 12min 49s

Bonus (HD et VOSTF) :

  • Le film en version cinéma (1h 40min 31s)
  • Le film en version alternative (1h 43min 54s, VOSTF)
  • La science et le film (20min 41s)
  • La création de Je suis une légende (51min 58s)
  • Animations (21min 50s)
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Une réflexion au sujet de « Je suis une légende : Will Smith survit en Blu-ray 4K »

  1. Richard Matheson avait participé (sous pseudonyme depuis identifié) au scénario de The Last Man On Earth (USA / Italie 1963 et non pas 1964 souvent mentionné par erreur dans de nombreuses sources) de Sidney Salkow et Ubaldo Ragona. J’avais écrit (positivement, mon cher Stéphane : le film a en effet vieilli mais bien vieilli et s’avère en outre tout à fait passionnant sur le plan de l’histoire du cinéma) sur ce titre en avril 2011 lorsqu’il avait été édité dans la collection Vintage Classics de Wild Side Vidéo. Le titre d’exploitation vidéo est tout bonnement le titre français du roman de Matheson mais ce JE SUIS UNE LEGENDE correspond à aucun visa d’exploitation 1963, et pour cause.

    Concernant The Omega Man [Le Survivant] (USA 1970), je recommande le DVD Warner zone 2 PAL qui est doté d’une belle copie et d’un beau transfert Scope 2.35 couleurs compatible 16/9, de sa VOSTF et de sa VF d’époque (très mignonne), sans oublier quelques petits suppléments. The Omega Man est une variation plutôt qu’une adaptation au sens strict mais une variation tout à fait passionnante et qui est très mignonne plastiquement. Avec Charlton Heston, Anthony Zerbe et Rosalind Cash… casting de choix qui plus est.

    Une précision supplémentaire que j’avais oubliée :
    The Last Man On Earth [Je suis une légende] (1963) est 2.35 N&B.
    The Omega Man [Le Survivant] (1970) est 2.35 couleurs.
    I Am Legend (2007) est 2.40 couleurs.
    Les trois adaptations – variations du roman de Richard Matheson ont bénéficié d’un format CinémaScope.

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