Ouvert contre X... (1952) de Richard Pottier

Collection Blu-ray Gaumont Découverte – Vague 16 (mars 2017)

Mine de rien, cela faisait presque un an que nous étions sans nouvelles de la Collection Blu-ray Gaumont Découverte. Quasiment une année sabbatique depuis la dernière fournée de juin 2016 qui prend fin avec cette 16ème vague à l’occasion du retour des beaux jours printaniers. Soit cinq films supplémentaires qui permettent ainsi à cette collection initiée par l’éditeur à la Marguerite en juin 2014 d’atteindre la barre symbolique des cent titres disponibles. Mais le programme des réjouissances ne s’arrêtent pas là pour autant puisque cinq autres vagues de cinq titres chacune sont d’ores et déjà prévues d’ici à la fin 2017. Soit autant de bonnes raisons de replonger au cœur du formidable patrimoine cinématographique hexagonal.

Sur les cinq titres que comptent cette seizième vague, trois sont des inédits sur le support bleuté, trois œuvres qui font la part belle au noir et blanc, tandis que les deux autres étaient déjà disponibles depuis plusieurs années en Blu-ray, les suites du Fantomas de 1964 avec le duo Louis de Funès – Jean Marais en têtes d’affiche.

Un seul amour (1943) de Pierre Blanchar - Packshot Blu-ray Gaumont DécouverteUn seul amour de Pierre Blanchar (1943) – Disponible depuis le 29 mars 2017

En 1815, le Comte Gérard de Clergue rencontre une danseuse, Clara Biondi. Il est aussitôt subjugué par sa beauté et l’emmène vivre dans son manoir de Vendôme. Mais il ne sait pas que la jeune femme a autrefois eu une aventure avec James de Poulay. Ce dernier ressurgit dans sa vie et la menace d’un odieux chantage. Les choses prennent une tournure désastreuse pour la Comtesse…

Co-écrit, réalisé et interprété par Pierre Blanchar, Un seul amour est l’adaptation du roman La Grande Bretèche d’Honoré de Balzac. Soit une histoire de drame passionnelle contée sous la forme de longs flashbacks dont la tournure désastreuse évoquée dans le résumé ci-dessus ne prend sa pleine mesure qu’au cours du dernier acte. Avant cela, il faudra en passer par une très longue exposition des différents protagonistes, ceux du présent qui se portent acquéreur du manoir où a eu lieu le drame en question, et ceux du passé avec notamment cette « triangulaire amoureuse ». À l’image de la très courte interview d’archives de Blanchar proposée en guise d’unique bonus, ce Seul amour se traduit à l’écran par un phrasé et une mise en scène passablement théâtrale et littéraire qui peine à nous enflammer, fusse-t-elle enveloppée d’une aura toute religieuse. « Jures sur le Christ » intime ainsi le Comte à son épouse. Tout ce que nous pourrons juger ici, c’est qu’à défaut d’une interactivité pléthorique, cette édition Blu-ray est à l’image du film en lui-même. À savoir honorable puisqu’elle propose un rendu vidéo globalement très bien restauré mais d’où émargent plusieurs plans à la définition moins pointue tandis que la bande son, bien que relativement claire, laisse poindre par endroits un peu de souffle et quelques distorsions.

Notes :

  • Image : 3,5/5
  • Son : 3,5/5
  • Bonus : 0,5/5

Spécifications techniques :

  • Image : 1.33:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Français DTS-HD MA 2.0
  • Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
  • Durée : 1h 38min 08s

Bonus (HD) :

  • Interview d’archives de Pierre Blanchar (3min 09s)

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Ouvert contre X... (1952) de Richard Pottier - Packshot Blu-ray Gaumont DécouverteOuvert contre X… de Richard Pottier (1952) – Disponible depuis le 29 mars 2017

Un riche industriel a été mystérieusement assassiné. Les soupçons se portent sur sa maîtresse. Celle-ci est arrêtée et inculpée. Mais le jeune inspecteur Richard ne la croit pas coupable…

Autre histoire de crime passionnel (en apparence tout du moins), Ouvert contre X… pourrait rétrospectivement être perçu comme une sorte de Columbo avant l’heure. Avec son mégot perpétuellement au coin des lèvres, son impair, son air débonnaire mais un flair néanmoins affuté, il sera en effet assez difficile de ne pas voir aujourd’hui dans le personnage campé par Yves Deniaud comme un ancêtre du mythique lieutenant immortalisé sur le petit écran par feu Peter Falk. À la différence près que l’enquête sur l’homicide est ici menée conjointement par l’inspecteur-chef et son adjoint (Yves Vincent) et que l’identité du meurtrier ne sera connue qu’à la toute fin, lorsque celui-ci sera confondu par un indice à priori anodin dont le spectateur aura tôt fait déceler l’importance dès que l’inspecteur Sylvestre (Robert Dalban, acteur récurrent chez Audiard et Lautner) le pointera du doigt sur la scène du crime au tout début. En découle une investigation au long cours faite d’interrogatoires aiguisés ponctués de dialogues relevés dont l’intérêt tend toutefois à s’étioler dès que l’intrigue délaisse l’enquête au profit de l’entourage de la victime. L’ensemble n’en demeure pas moins un bon polar qui parvint à captiver le public de l’époque (1,3M d’entrées en salles) et qui retrouve aujourd’hui un certain éclat grâce à une belle restauration de l’image en dépit de quelques plans / scènes à la définition plus faiblarde tandis que la partie son est d’une limpidité remarquable permettant de se délecter des dialogues truculents. Une très sympathique interview d’archives du scénariste mais néanmoins avocat René Floriot est également proposée en guise de bonus au cours de laquelle il évoque des sujets toujours d’actualité tel que les erreurs judiciaires, la présomption d’innocence et la peine de mort.

Notes :

  • Image : 3,5/5
  • Son : 4,5/5
  • Bonus : 1/5

Spécifications techniques :

  • Image : 1.33:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Français DTS-HD MA 2.0
  • Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
  • Durée : 1h 39min 55s

Bonus (HD) :

  • Interview d’archives de Maître René Floriot, scénariste (5min 37s)
  • Bande-annonce (3min 33s)

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Strip-tease (1963) de Jacques Poitrenaud - Packshot Blu-ray Gaumont DécouverteStrip-tease de Jacques Poitrenaud (1963) – Disponible depuis le 29 mars 2017

Ariane est passionnée par la danse. D’efforts en déceptions, elle finit par devenir strip-teaseuse. Cette activité la répugne mais elle est vite prise dans l’engrenage de la célébrité et de l’argent facile. Jean-Loup, un riche play-boy, s’éprend d’elle et finit par avoir raison de sa fierté et de son désintéressement. Mais elle réalise vite qu’elle n’est qu’un jouet pour lui.

Troisième et dernier film en noir et blanc de cette 16e vague Blu-ray Gaumont Découverte, Strip-tease ne trouve, à l’instar d’Un seul amour, sa pleine mesure qu’au cours de son dernier acte où l’héroïne interprétée par Nico, mannequin / chanteuse / actrice d’origine allemande très en vue dans les années 60/70, prend véritablement son envol. C’est en effet lors du quart d’heure final qu’elle assiste, à contrecœur, à une réunion de famille vindicative suivi d’un ultime « effeuillage » en forme de métaphore émancipatoire où le beau sexe trouve enfin sa place dans la société et non plus uniquement celui d’un « objet sexuel » vivant au crochet d’un beau parti. Mais avant d’en arriver là, il faudra en passer par près de 70 minutes où le réalisateur filme mollement en gros plans le spleen de la stripteaseuse entrecoupées de roucoulades entre cette nouvelle star du tout Paname et son amant, héritier d’une famille de nantis, sorte de Pretty Woman 25 ans avant l’heure, le tout sur fond de musiques jazzy composées par un certain Serge Gainsbourg. Un auteur / compositeur que l’on pourra d’ailleurs entrapercevoir le temps d’une scène au cours du film et qui n’interviendra d’ailleurs guère davantage au cours de l’interview d’archives proposée en guise d’unique bonus où il déclare attendre des projets plus audacieux pour étudier des effets de percussions suivi de la reprise de la scène finale de « striptease » sus-citée. Une intervention de trop courte durée éminemment frustrante mais l’on pourra toutefois apprécier le travail de Gainsbourg grâce à une bande son magnifiquement restaurée et dynamique à souhait, secondé par un rendu vidéo lui aussi somptueux et plus convaincant que les deux autres films en noir et blanc évoqués ci-dessus.

Notes :

  • Image : 4/5
  • Son : 4,5/5
  • Bonus : 1/5

Spécifications techniques :

  • Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Français DTS-HD MA 2.0
  • Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
  • Durée : 1h 36min 19s

Bonus (HD) :

  • Interview d’archives de Serge Gainsbourg, compositeur (4min 02s)
  • Bande-annonce (3min 27s)

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Fantomas se déchaîne (1965) de André Hunebelle - Packshot Blu-ray Gaumont DécouverteFantomas se déchaîne de André Hunebelle (1965) – Disponible depuis le 29 mars 2017

Le commissaire Juve est décoré pour avoir triomphé du monstre maléfique. Mais au même moment, Fantômas enlève le professeur Lefèvre au cours de son voyage à Rome. Juve met en place son dispositif de surveillance et les aventures recommencent avec ses poursuites infernales, quiproquos et enlèvements…

Venons-en à présent aux deux derniers titres de cette 16e vague Blu-ray Gaumont Découverte qui, pour le coup, ne sont pas des nouveautés sur le support puisque des éditions Blu-ray étaient déjà parues en 2010 tandis que le premier épisode, Fantomas (1964), avait fait l’objet d’une réédition au sein de la précédente vague en juin 2015. Et si cette dernière faisait l’impasse sur le making of de près d’une heure présent sur le coffret DVD de la trilogie parue en 2001, on retrouve désormais le très réussi documentaire autour de la musique de Michel Magne, compositeur-star dans les années 60/70 à qui l’on doit notamment les musiques de la saga Angélique, des OSS 117 et qui travailla à plusieurs reprises avec des metteurs en scène comme Georges Lautner ou encore Henri Verneuil. Le doc en question se focalise sur ce château d’Hérouville où le compositeur s’installa pour vivre et travailler et qui deviendra un studio d’enregistrement à la renommée mondiale, accueillant des concerts, entre autres, des Grateful Dead et autres Elton John au cours de soirées aussi fastueuses que dispendieuses. Un incendie (criminel ?) anéantira les partitions originales de la saga des Fantomas qui feront l’objet d’une reconstitution à l’identique au début des années 2000 par Raymond Alessandrini. Les partitions de Michel Magne s’apprécieront d’autant plus à l’aune du somptueux travail de restauration sonore qui insuffle littéralement une seconde jeunesse à la bande son des deux films. Et si l’image de Fantomas se déchaîne est là encore une belle réussite, on tiquera davantage face aux nombreux plans de Fantomas contre Scotland Yard pour le coup vraiment indignes du support avec une définition de moindre qualité et des couleurs délavées (cf. les captures ci-dessous de deux scènes à quelques minutes d’intervalle). Une curiosité qui était toutefois déjà présentes sur la précédente édition Blu-ray parue en 2010. Gaumont aurait été bien avisé de revoir sa copie sur ce coup là.

D’autant que ces deux longs-métrages appartiennent à une trilogie qui constitue aujourd’hui encore des classiques si l’on puis dire de la comédie populaire française. Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux même avec respectivement 4,4, 4,2 et 3,5 millions d’entrées pour les trois films sortis en 1964, 1965 et 1966. Gentil pied-de-nez à l’attention d’un certain 007 de par ses gadgets (à commencer par la mythique DS volante), le deuxième opus sortira d’ailleurs en salles dix jours seulement après Opération Tonnerre qui grimpera sur la troisième marche du box-office annuel avec 5,7M d’entrées derrière les 6,6M de Goldfinger et les 11,7M d’un certain Corniaud. Et si la performance tout en cascade de Jean Marais ne doit pas être écartée, il ne fait aucun doute que c’est avant tout pour les mimiques et autres grimaces de Louis de Funès que le public venait voir en masse les Fantomas. Pour s’en convaincre, il suffit là encore de jeter un œil aux chiffres de 1966 où celui qui reste aujourd’hui encore le comique préféré des français parvenait à placer trois films au cinq premières places du box-office annuel. Une performance que l’on n’est pas près de revoir de sitôt…

Les cinq plus gros succès au box-office français en 1966 (chiffres CBO) :

  • Les Grandes vacances : 6,9 millions d’entrées
  • Oscar : 6,1 millions d’entrées
  • Les 12 Salopards : 4,6 millions d’entrées
  • On ne vit que deux fois : 4,4 millions d’entrées
  • Fantomas contre Scotland Yard : 3,5 millions d’entrées

Notes :

  • Image : 4/5
  • Son : 4,5/5
  • Bonus : 1/5

Spécifications techniques :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Français DTS-HD MA 2.0
  • Sous-titres : Anglais, Français pour sourds et malentendants
  • Durée : 1h 38min 50s

Bonus (SD) :

  • Fantomas, un personnage international (2min 24s)
  • Galeries photos
  • Bande-annonce (3min 39s, HD)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080


Fantomas contre Scotland Yard (1966) de André Hunebelle - Packshot Blu-ray Gaumont DécouverteFantomas contre Scotland Yard de André Hunebelle (1966) – Disponible depuis le 29 mars 2017

Dans ce troisième et dernier volet, Fantomas revient avec une nouvelle idée : imposer aux riches (nobles comme gangsters), un impôt sur le droit de vivre. Débarqués en Écosse, le commissaire Juve, Fandor et sa fiancée ont pour mission d’attraper Fantomas. Dans un château hanté par les esprits, Juve, censé protéger les propriétaires, est lui-même victime de l’humour macabre de Fantomas. Quand Fantomas passe, quelqu’un trépasse.

Notes :

  • Image : 2,5/5
  • Son : 4,5/5
  • Bonus : 2,5/5

Spécifications techniques :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Français DTS-HD MA 2.0
  • Sous-titres : Anglais, Français pour sourds et malentendants
  • Durée : 1h 40min 57s

Bonus (SD) :

  • Le Fantôme d’Hérouville (26min 01s)
  • Galeries photos
  • Bande-annonce (2min, HD)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

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