Tous les articles par Sandy Gillet

Fiche film : The Last Girl – Celle qui a tous les dons

L’histoire originale de The Last Girl est venue au romancier Mike Carey alors qu’il travaillait sur une nouvelle horrifique pour un recueil. C’est lui-même qui a ensuite adapté cette nouvelle pour en faire un scénario, après en avoir parlé à la productrice Camille Gatin. Celle-ci a ensuite passé le mot au réalisateur Colm McCarthy, qui s’est d’emblée montré très intéressé.

Bien qu’il s’agisse d’un film de zombies, Mike Carey voulait que les origines de l’apocalypse soient plausibles : « Très en amont du projet, on s’est dit qu’on voulait donner une explication scientifiquement crédible à cette nouvelle apocalypse. On a fait des recherches et on est tombé sur un champignon, l’Ophiocordyceps unilateralis, dans un documentaire de David Attenborough, The Secret Life of Plants. Il s’agit d’un parasite qui attaque les fourmis de la forêt tropicale amazonienne. Les spores se déposent sur l’insecte et le champignon se développe dans le corps de la fourmi et prend possession de son système nerveux ». Une cause toute trouvée pour un fléau planétaire.

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Fiche film : K.O.

K.O. est le deuxième long-métrage de Fabrice Gobert après Simon Werner a disparu… (2010). On lui doit aussi les deux saisons des Revenants.

Avec sa coscénariste Valentine Arnaud, Fabrice Gobert souhaitait avant tout aborder les thèmes « de la violence au travail, des rapports de pouvoir, du mépris, de l’incapacité qu’ont certains à se mettre à la place de l’autre ». Il n’était toutefois pas question de l’aborder de manière frontale, mais par un biais fantastico-tragique et un personnage central antipathique. « Un personnage que l’on n’aime pas d’emblée. Un Scrooge, le héros d’Un Conte de Noël de Dickens, contemporain, dont la réussite est flagrante, qui a atteint les sommets et qui, du coup, méprise ceux qui n’ont pas réussi comme lui », confie le réalisateur.

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Fiche film : It Comes At Night

Après son premier long métrage, Krisha, primé et salué par la critique, l’auteur et réalisateur texan Trey Edward Shults s’intéresse de nouveau à la sphère familiale. Cette fois, il s’attache plus particulièrement aux familles en prise avec des forces démoniaques, qu’elles surgissent de l’intérieur ou de l’extérieur.

Dans It Comes At Night, thriller psychologique et horrifique, le monde entier est ravagé par un mal d’origine inconnue. Vivant reclus dans leur maison isolée, les membres d’une famille font de leur mieux pour donner un sens à cette nouvelle réalité chaotique. Vision hallucinée des rapports complexes au sein de la famille, It Comes At Night montre à quel point les liens fragiles qui unissent les personnages sont mis à rude épreuve par des forces de plus en plus envahissantes.

Le réalisateur s’est attelé à l’écriture de It Comes At Night au cours de l’année où il a transposé son court métrage Krisha (présenté au festival de South by Southwest en 2014) en un long métrage. C’est à cette époque qu’il perd son père, dont le long combat contre la toxicomanie l’a inspiré pour le personnage de Krisha. Après une séparation de sept années, Shults s’est réconcilié avec son père au moment où celui-ci était mourant. Cette étape difficile a été une source d’inspiration décisive pour le deuxième film du réalisateur.

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Fiche film : Le Grand Méchant Renard et autres contes

Le Grand Méchant Renard et autres contes est à l’origine une bande-dessinée de Benjamin Renner, parue en 2015. Elle résulte de tout un univers que l’auteur avait l’habitude d’imaginer sous forme de petites BD qu’il offrait à sa famille, depuis l’âge de 10-12 ans. Trois histoires composent le film.

À la manière de contes anthropomorphes tels que les Fables de La Fontaine et Les Contes du Chat perché de Marcel Aymé, Benjamin Renner voulait traiter des problématiques humaines de manière légère et ludique, à travers des animaux hauts en couleur.

L’histoire du Grand Méchant Renard correspond à une anecdote qui remonte à l’enfance de Benjamin Renner, alors qu’il visitait avec son père une ferme, équipée d’une couveuse remplie d’œufs de poule. Le garçon s’était alors interrogé : « Si on se retrouve brutalement maman adoptive de poussins, doit-on leur apprendre à se comporter comme des humains ou comme des poules ? ». Cette idée a continué à faire son chemin dans mon esprit, puis plus tard, je me suis dit que la situation serait encore plus amusante si c’était un renard qui était contraint d’élever ces petits poussins.

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Fiche film : Free Fire

Ben Wheatley cite le jeu vidéo Counter-Strike, un jeu de tir à la première personne multijoueur en ligne, comme inspiration de Free Fire. Il a également fait une réplique du hangar où se déroule l’action du film sur le jeu vidéo de construction Minecraft.

Atout inattendu pour le film, le mythique Martin Scorsese en est l’un des producteurs exécutifs avec son associée Emma Tillinger Koskoff. Ben Wheatley confie : « C’est tout bonnement extraordinaire. Quand Martin Scorsese tournait Hugo Cabret, il s’est intéressé à plusieurs films britanniques, dont Kill List. Nos agents respectifs sont entrés en contact, et j’ai pu aller le voir à New York. Il est exactement tel qu’on se l’imagine : une boule d’énergie, une culture cinématographique époustouflante, un dieu du cinéma et le plus grand cinéaste vivant. Lorsque le projet de Free Fire a vu le jour, on lui a envoyé le scénario. Il a aimé, il a souhaité participer. Il nous a offert ses précieux conseils d’un bout à l’autre. Et tout ce que je peux dire, c’est qu’il avait toujours raison ! »

Free Fire se passe dans les années 1970. Pas seulement parce que Ben Wheatley souhaitait rendre hommage aux grands films d’action de l’époque, mais aussi parce que ce cadre temporel prive les personnages des technologies modernes qui causent certaines difficultés aux thrillers actuels, comme l’explique le metteur en scène : « Le film se passe avant les téléphones mobiles, et c’est là que ça se joue : ils ne peuvent pas appeler à l’aide. Impossible de prévenir l’extérieur. Cette histoire ne pouvait fonctionner qu’avant 1990 environ. »

Pour renforcer le réalisme, la décision a été prise de ne pas avoir recours aux effets numériques. Les effets spéciaux physiques ont donc été réalisés sur le plateau, au moment des prises de vues.

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