Tous les articles par Stéphane Argentin

Fiche film : Grave

« Ma mère est gynécologue, mon père, dermatologue et j’ai une grande sœur. Je sais, ça explique tout ! Pour autant, mes personnages ne ressemblent pas à ma famille. Depuis toute petite, j’ai entendu mes parents parler de médecine, sans tabou. C’était leur quotidien. J’avais mon nez fourré dans leurs livres. Je me souviens d’une photo d’un petit lépreux dont l’oreille a été recollée à l’aide de sangsues ! Cela a eu un double effet sur moi : si la mort, la décomposition étaient normalisées, je suis devenue hypocondriaque. J’ai beaucoup fantasmé sur la maladie. J’ai vu mon premier film d’horreur par hasard à 6 ans. Mes parents n’étaient bien-sûr pas au courant. J’ai réalisé plus tard que c’était Massacre à la tronçonneuse. J’étais intriguée, pas du tout effrayée, comme préparée à cette imagerie. En plus Leatherface y est montré comme un artiste dans son musée des horreurs, donc qui sait… ? Et puis ma mère est très féministe. Du fait de son métier, elle m’a inculqué son intérêt pour les trajectoires de femmes, le sens de la solidarité, et m’a souvent répété qu’il n’y a rien qu’un homme fasse qu’une femme ne puisse pas faire » – Julia Ducournau, scénariste / réalisatrice de Grave

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Fiche film : Réparer les vivants

« C’est David Thion, coproducteur du film, qui m’a offert Réparer les vivants, quelques jours après sa sortie. Il avait adoré ce livre et pensait qu’il pourrait me plaire. J’avais déjà lu deux autres romans de Maylis de Kerangal – Corniche Kennedy et Naissance d’un pont – et j’ai dévoré celui-ci en cinq heures, avec une évidence très forte : je devais essayer d’en faire un film. J’ai fait confiance à la puissance de mon désir, qui était au départ très instinctif, mais dont j’ai mieux compris les raisons profondes pendant l’écriture du scénario. Il entrait une part de catharsis dans ce projet, l’envie de transformer mon propre vécu de l’hôpital. Finalement, cette adaptation m’est tout aussi personnelle que mes films précédents. Et puis ce livre était la promesse d’une aventure cinématographique très forte. À travers le voyage de cet organe, il y avait la possibilité de filmer le corps de manière à la fois anatomique, poétique, métaphysique… Comment filme-t-on l’intérieur du vivant, que transgresse-t-on en explorant cet endroit-là ? Ce défi de cinéma, mélangeant trivial et sacré me renvoyait à mon premier long métrage, Un poison violent. Par ailleurs, je venais de découvrir avec fascination The Knick, la série de Soderbergh sur les débuts de la chirurgie. Je trouvais passionnant d’avoir la possibilité de représenter des scènes d’opération » – Katell Quillévéré, scénariste / réalisatrice

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Fiche film : C’est beau la vie quand on y pense

« C’est une idée que j’ai en tête depuis longtemps, mais j’ai attendu avant de m’y atteler, car je suis moi-même père et j’ai dû passer outre mes angoisses et ma superstition. Les questions du don d’organe et de greffe m’ont toujours interpellé. L’idée de pouvoir réparer les vivants me fascine. Mais ce n’est pas non plus le sujet du film, comme la Résistance ou la Guerre en Bosnie m’avaient poussé à écrire Monsieur Batignole ou Casque bleu. Mais, de la même manière qu’Une époque formidable n’était pas un film social sur les SDF, C’est beau la vie quand on y pense part des larmes pour aller vers le sourire » – Gérard Jugnot

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Mean Guns & Nemesis : Albert Pyun à l’honneur en Blu-ray

Avez-vous déjà entendu parler de Albert Pyun ? Non ? De toute évidence Metropolitan lui il connaît puisque l’éditeur a décidé de consacrer un Blu-ray en forme de double programme réunissant deux longs-métrages annoncés comme « cultes » (dixit la jaquette) au sein de la filmographie du bonhomme : Nemesis (1992) et Mean Guns (1997). Ça vous tente ?

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Collection Blu-ray Gaumont Découverte – Vague 16 (mars 2017)

Mine de rien, cela faisait presque un an que nous étions sans nouvelles de la Collection Blu-ray Gaumont Découverte. Quasiment une année sabbatique depuis la dernière fournée de juin 2016 qui prend fin avec cette 16ème vague à l’occasion du retour des beaux jours printaniers. Soit cinq films supplémentaires qui permettent ainsi à cette collection initiée par l’éditeur à la Marguerite en juin 2014 d’atteindre la barre symbolique des cent titres disponibles. Mais le programme des réjouissances ne s’arrêtent pas là pour autant puisque cinq autres vagues de cinq titres chacune sont d’ores et déjà prévues d’ici à la fin 2017. Soit autant de bonnes raisons de replonger au cœur du formidable patrimoine cinématographique hexagonal.

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