Archives de catégorie : Critiques Ciné

Du Vent dans mes mollets : La Tête à Toto

Mine de rien, filmer à hauteur d’enfants n’est pas donné à tout le monde et surtout cela ne s’improvise pas. Carine Tardieu avait d’ailleurs tâté un peu de la guibolle mais plus ado avec La Tête de maman. L’histoire d’une presque jeune femme qui se met en tête de redonner le sourire à sa mère qui semble l’avoir perdu avec la disparition de son amour de jeunesse. C’était tendre et cruel (comme un ado), réalisé avec beaucoup d’aplomb teinté de naïveté (comme un ado) et surtout saupoudré d’un cast faisant remarquablement corps avec le récit. Un premier long qui mettait la barre assez haute en quelque sorte mais que Du Vent dans mes mollets dépasse assez brillamment établissant ainsi une nouvelle marque plus que remarquable.

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Les Gardiens de la Galaxie 2 : James Darling n’en fait qu’à sa tête

A contrario du ressenti de notre ami mais néanmoins collègue Stef qui en faisait des tonnes lors de l’arrivée en Blu-ray du premier opus (mais comment lui en vouloir, lui qui annone à chaque réunion de rédac « Je suis Groot » en guise de réponse à chaque fois qu’on veut lui refiler une daube à chroniquer), on était ressorti un peu beaucoup sceptique lors de sa découverte en VF (oui cela n’aide pas) au cœur d’un été breton accompagné de sa progéniture qui lui avait adoré. Oui c’était marrant pour ne pas dire fun, oui c’était façonné pour que les ados et pré-ados en fassent leur film de saison pour ne pas dire plus, oui les adultes pouvaient s’y retrouver aussi via cet humour et ces clins d’œil tout particulièrement mitonnés à leur attention. Et oui les références années 80 cachetonnant en ce moment et en particulier ici, ces Gardiens de la galaxie avaient donc tout du produit calibré pour embraser les consciences avec à la clé quelques fuites dans les futals des critiques et autres fans geeks. Quelle ne fut donc pas notre surprise à la découverte de ces Gardiens de la galaxie 2 qui outre le fait d’avoir digéré l’énorme succès du premier, assume dorénavant et complètement son ADN de film potache qui ne repose sur rien sinon de se foutre de notre gueule mais une nouvelle fois en musique.

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Tron (1982) : Pixar avant l’heure

Tron fut en son temps, c’est à dire il y a déjà de cela plus de 35 ans (que ceux dont la mâchoire pendouille devant cette prise de conscience temporelle se rassure, ce n’est que le début), un véritable OVNI dans le paysage cinématographique américain. Pourtant, quand Steven Lisberger propose son histoire en 1980 aux Studios Disney, le timing était parfait. En effet, les héritiers de l’oncle Walt sont à cette époque complètement à la rue cherchant désespérément un second souffle tant économique qu’artistique. Les années 70 montrèrent en effet un certain déclin avec des productions telles que L’Apprentie sorcière, Robin des bois et Les Aventures de Bernard et Bianca. Le pire restant à venir avec Rox et Rouky en 1981. Le département film n’était pas mieux loti et peinait aussi de plus en plus à sortir des produits quelque peu originaux voire tout simplement regardables (citons en vrac Le Chat qui vient de l’espace, la série des Coccinelles, Peter et Elliot le dragon, Popeye. On mettra de côté Le Trou noir qui reste un génial ratage).

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Ghost in the Shell : Un film live déjà buggé

Depuis l’acquisition en 2008 des droits du manga signé Masamune Shirow (1989-1991) par DreamWorks et un dénommé Steven Spielberg, le projet d’une adaptation live de Ghost in the Shell cristallise à la fois toutes les attentes et toutes les craintes. D’une part eu égard à cette redoutable capacité qu’à Hollywood de se réapproprier les œuvres les plus emblématiques (romans, films, etc.) pour accoucher le plus souvent de longs-métrages, au mieux regardables au pire exécrables, mais aussi et surtout eu égard à l’anime originelle réalisée en 1995 par Mamoru Oshii considérée par tout un chacun, à l’instar d’un Akira, comme une pierre angulaire dans le genre. À la découverte des différentes bandes annonces et autres extraits de cette mouture 2017, lesdites craintes n’ont pas été remises au placard, bien au contraire. Et avec elles la question qui brûle désormais toutes les lèvres : presque dix ans après cette contractualisation, comment s’en sort cette version live de Ghost in the Shell ? En un mot comme en mille : ça bug !

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Brimstone : Voyage au bout de l’enfer

Il faut remonter loin dans nos souvenirs de bouffeurs de pelloches (argentiques et numériques) pour se remémorer pareille claque visuelle, sensorielle mais surtout pareil putain de « méchant » à l’écran. Brimstone du néerlandais Martin Koolhoven réunit tous ces ingrédients et plus encore. À commencer par un portrait de femme là aussi quasi inédit dans le western sinon à penser au très bon Shérif Jackson avec la non moins formidable January Jones découverte dans la série Mad Men ou plus loin dans l’histoire du genre avec 40 Tueurs (1957) de Fuller et l’ensorcelante Barbara Stanwyck. Ah oui parce que Brimstone c’est d’abord un western, genre honni qui mal y pense si l’on doit se fier au box office récent. Et pourtant, voilà un pan du cinéma mondial que l’on ne doit pas cantonner aux seuls remakes un peu  pourris des deux dernières décennies  (Les 7 Mercenaires ou 3H10 pour Yuma au hasard) ou autres productions tarantinesques pour le moins anecdotiques. D’autant que Brimstone joue sur énormément de tableaux dont le thriller lorgnant sur le fantastique. Rien que ça !

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