Logan : X-Rated

Très franchement on ne l’a pas vu venir. C’est que le précédent Wolverine dit Le Combat de l’immortel dont James Mangold assurait déjà les destinées était une vraie purge. Oui bon d’accord, moins mauvais que X-Men Origins : Wolverine… Mais y a bataille quand même. Là, tout de go on se tape un Logan censé clôturer une trilogie que l’on aurait pu/dû qualifier d’infamante. Ben en fait non. Le nouveau James Mangold met tout simplement un bel uppercut aux idées préconçues. De celles du journaleux fondamentalement hargneux qui met sa belle prose au service de sa mauvaise foi. Manque de bol donc puisque Logan est un putain de bon film. c’est même un abysse qui sépare ce dernier dernier opus (promis juré craché) avec les deux autres. Explication de texte.

Logan - Affiche

Il paraît d’abord que Hugh Jackman a renoncé à une partie de son salaire pour que cet ultime volet de Wolverine soit aussi violent que possible avec en ligne de mire la classification R aux States. Ce que le film a fini par obtenir le privant de fait d’une grande partie de la manne financière des ados boutonneux habituellement cœur de cible de ce genre de production. Nous, on rétorquera la jurisprudence Deadpool, mais ce que l’on en dit… Ce qui donne en effet à l’écran un truc vraiment badass sans que pour autant cela suinte la complaisance. Chaque giclure de sang est totalement justifiée (si si, on a compté et vérifié). On ira même jusqu’à avancer que c’est obligatoire. La faute à une histoire retorse qui tient étonnamment la route. Et d’ailleurs ce troisième et dernier dernier volet (juré craché… Oui bon on a compris) est un road movie (hu hu !). Procédé cinématographique certes éculé mais qui permet aux personnages d’acquérir une profondeur et une caractérisation on ne peut plus bénéfique.

Car oui on a encore beaucoup de choses à apprendre de la personnalité de Logan (le nom humain de Wolverine). Surtout que là on est en 2020 et des bananes et notre héros est à bout de souffle, comme rongé de l’intérieur. Il n’y a plus de nouveaux mutants (un peu comme dans Les Fils de l’homme où il n’y a plus de nouvelles naissances depuis un bail) et ceux qui restent se cachent ou se sont fondus dans une humanité toujours aussi percluse de préjugés. Logan est chauffeur et loue sa limousine dans le seul but de s’acheter un bateau et d’emmener le professeur Xavier devenu une sorte de légume schizophrénique finir ses jours en mer. Mais forcément le Destin (avec un grand D, oui des fois faut être un peu lourd pour que vous compreniez) ne va pas l’entendre ainsi. Et celui-ci va prendre la forme d’une petite fille aux aptitudes mutantes pour le moins familières et forcément recherchées par une organisation étatique non identifiée. La cavale qui s’ensuit sera tragique, mélancolique, bucolique, de chair et de sang, furiosa et d’une rare puissance graphique pour qui suit les productions Marvel depuis le début.

C’est bien simple, on est sur le cul devant une telle maestria. On retrouve le Mangold des débuts quand Stallone défouraillait au fusil à pompe ses potes flicards dans la banlieue du New Jersey chaleureusement renommée Cop Land. C’est secos, organique, méchamment sombre et surtout assumé. Même avec un salaire de misère, on se demande encore comment Jackman et Mangold ont réussi à convaincre les costards cravates de la Fox de les laisser pondre un truc aussi déviant et à des années lumières de tout ce qui a été fait en la matière jusqu’ici. Très clairement Logan est un OFNI qu’il faut chérir même si tout n’est pas parfait comme ce ventre mou qui tire un peu trop vers le Mad Max  3, épisode je suis recueillis par de jeunes ados qui vont me redonner foi en l’humanité. Y a le méchant aussi (Boyd Holbrook, cherchez pas, même en voyant sa tronche vous ne le remettrez pas) qui en fait un peu des tonnes et que Logan regarde de haut, même tout fragile qu’il est devenu. Mais à part cela c’est un sans faute jusqu’à cette superbe séquence finale qui à elle seule résume magnifiquement Logan (le personnage donc, pas le film. Oui des fois faut être lourd… oui bon d’accord).

Logan est un film intelligent sans pour autant se la péter. On sent que tout le monde s’est fait plaisir avec en sus ce sentiment que tout le monde était en mission pour montrer que la légende Wolverine ce n’était pas les deux premiers films tout moisis mais bien une ambition intacte de raconter l’histoire d’un mutant en quête de l’humanité qu’on lui a volé et qu’il désespère de ne jamais retrouver. On est proche de verser sa larme. Si si on vous assure. Et pour quelqu’un dont la déferlante Marvel a aujourd’hui plus que tendance à gonfler, on vous assure que la gageure était immense. Chapeau bas messieurs Mangold / Jackman, votre place au Panthéon des films contrebandiers et iconoclastes est d’ores et déjà assurée. L’avenir et sa patine temporelle diront si cela vaut plus.

Logan (2017) de James Mangold – 2h17 (Twentieth Century Fox France) – 1er mars 2017

Résumé : Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

Note : 3,5/5

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