Kong : Skull Island - Image une critique

Kong : Skull Island

Pour être honnête, on en attendait pas grand chose. Et puis est arrivé la première bande-annonce qui envoyait une petite poutre dans l’œil quand même obligeant à garder l’autre bien ouvert pour choper les suivantes, de bandes annonces (faut suivre aussi). Et puis, comme c’est souvent le cas quand l’attente commence à poindre le bout de son nez (intact jusqu’ici, c’est à préciser), à la vision du « produit fini » on déchante un tantinet. Pour Kong : Skull Island (pourquoi s’em*** à traduire les titres maintenant parce que bon « L’île du crâne », faut croire que ça marche moins bien), la désillusion est certes patente mais pas prégnante (admirez cette beauté de fin de phrase). Entendre par là que la vraie désillusion c’est de s’en prendre six quand au match aller on gagne 4-0. Là oui, on a mal au c** de payer un abonnement si cher à C+ quand d’autres se gavent plusieurs millions en salaire par an.

Kong : Skull Island - Affiche

Mais on s’égare (la douleur fessière sans doute) car Kong : Skull Island est plutôt fun, pas trop mal troussé au niveau des scènes d’action tout en tenant ce qu’il faut en haleine sur les presque 2h que dure le film. Après, il ne faut pas chercher le scénario de malade et encore moins une caractérisation des personnages au-delà des poncifs du genre. Soit une expédition scientifique menée par l’organisation MONARCH (remember le Godzilla de Gareth Edwards. On y revient) qui trouve in extremis des fonds pour mener une expédition soi disant scientifique sur une île mystérieuse et jusqu’ici jamais explorée. Pour info, nous sommes en 1972 et les États-Unis viennent de  « capituler » au Vietnam permettant de libérer quelques hélicos avec les pilotes ad hoc pour venir sécuriser l’expédition. La précision est d’importance car elle permet de mettre en avant le colonel plutôt en pétard contre les bridés qui lui ont mis une déculotté et qui va trouver en Kong le récipiendaire de sa frustration guerrière.

Tout ça fleure donc bon avec des lignes de scénario plutôt rectilignes. L’expédition sera donc un désastre avec beaucoup de morts, Kong n’est pas si méchant que ça et le tout sera quand même de se sortir vivant de ce nouveau bourbier. Dans le lot il y a une femme, photographe de guerre de son état jouée par la charmante car plantureuse Brie Larson (ben parce que elle est toujours en tee-shirt extra moulant et que son jeu est quand même proche de l’endive à la limite du comestible) qui n’arrive toutefois même pas à la cheville de Jessica Lange, égérie du King Kong de 1976 (oui, souvenir ému d’ado. On assume). Son apport dans l’histoire est en effet pour le moins ténu sinon à symboliser cette opinion ricaine de l’époque anti guerre du Vietnam. C’est un peu peu. Pour le reste, John Goodman en responsable de l’expé, fait du Goodman. Samuel L. Jackson, le colon donc, en fait lui des tonnes avec ses yeux globuleux bien aidé il faut dire par certains gros plans outrés que n’auraient même pas osé faire Sergio Leone.

À part ça, Kong est réussi tant niveau SFX que dans son évolution psychologique bien plus riche que pour la plupart des humains qui une fois campés lors des 15 premières minutes, ne bougeront plus. Faisant dorénavant plus de 30 mètres, doté d’une habilité hors norme et d’une force hors du commun (rien de nouveau vous me direz ici), il est donc prêt à affronter le Godzilla vu chez Gareth Edwards dans une future production prévue en 2019. Chacune de ses apparitions est un pur kiff et le système de la performance-capture atteint ici de nouveaux sommets. C’est juste bluffant et cela suffit en fait à notre bonheur de spectateur en mal de sensations fortes. Une donnée foutrement appuyée pour le coup par une réalisation qui s’en donne à cœur joie pour nous en mettre plein les mirettes dès que possible frisant d’ailleurs de temps à autre l’overdose visuelle. Mais qu’à cela ne tienne, on est grave client.

Kong : Skull Island n’est donc pas « l’actionner » ultime mais n’en demeure pas moins une proposition dans le genre qui n’a pas à rougir de la production ambiante du moment. On est même certainement là dans le haut du panier. De là à en faire un mètre étalon du moment, il y a un pas que nous ne franchirons cependant pas d’autant que le Godzilla de Gareth Edwards cité plus haut constituant donc le premier épisode de ce qui s’avère être une future trilogie, avait des ambitions scénaristiques et de mise en scène bien plus élevées. Il n’en demeura pas moins qu’il n’y a pas de mal à prendre un demi pied à la vision de Kong : Skull Island. Comme on dit, inutile de bouder son plaisir immédiat car par les temps politiques et footballistiques du moment, c’est déjà ça de pris.

Kong : Skull Island (2017) de Jordan Vogt-Roberts – 1h59 (Warner Bros. France) – 8 mars 2017

Résumé : Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Note : 3/5

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