Les Gardiens de la galaxie 2 - Image Une critique

Les Gardiens de la Galaxie 2 : James Darling n’en fait qu’à sa tête

A contrario du ressenti de notre ami mais néanmoins collègue Stef qui en faisait des tonnes lors de l’arrivée en Blu-ray du premier opus (mais comment lui en vouloir, lui qui annone à chaque réunion de rédac « Je suis Groot » en guise de réponse à chaque fois qu’on veut lui refiler une daube à chroniquer), on était ressorti un peu beaucoup sceptique lors de sa découverte en VF (oui cela n’aide pas) au cœur d’un été breton accompagné de sa progéniture qui lui avait adoré. Oui c’était marrant pour ne pas dire fun, oui c’était façonné pour que les ados et pré-ados en fassent leur film de saison pour ne pas dire plus, oui les adultes pouvaient s’y retrouver aussi via cet humour et ces clins d’œil tout particulièrement mitonnés à leur attention. Et oui les références années 80 cachetonnant en ce moment et en particulier ici, ces Gardiens de la galaxie avaient donc tout du produit calibré pour embraser les consciences avec à la clé quelques fuites dans les futals des critiques et autres fans geeks. Quelle ne fut donc pas notre surprise à la découverte de ces Gardiens de la galaxie 2 qui outre le fait d’avoir digéré l’énorme succès du premier, assume dorénavant et complètement son ADN de film potache qui ne repose sur rien sinon de se foutre de notre gueule mais une nouvelle fois en musique.

Les Gardiens de la galaxie 2 - Affiche

Parce que bon niveau histoire on a constaté plus élaboré d’autant que cela se veut en filigrane une introspection du personnage central. Un Star-Lord en mode recherche de ses racines personnifié à l’écran par l’irruption d’Ego joué par un extatique Kurt Russell en « père spirituel ». L’occasion donc pour James Gunn (réal et scénariste) d’aller fureter encore plus complaisamment du côté des années Goonies et Starman (aaaah cette intro) pour n’en faire pas grand chose sinon nous éructer aux tympans des classiques MTVesques de la décennie. On se dit alors pourquoi pas. On a vu des blockbusters plus poseurs et plus lourdingues au cours de leur première demi-heure de par un passé pas si lointain. Alors que le générique d’intro aurait dû quand même nous mettre la puce à l’oreille. Un combat contre une sorte de monstre de l’espace totalement filmé en off permettant juste de suivre mini Groot en un plan séquence de petit malin mais immédiatement jouissif.

Donc on résume. L’histoire bon ben on va la torcher. Les scènes d’action bon ben on va les réduire à leur strict minimum. La caractérisation des personnages… La quoi ? Nous on applaudit car une nouvelle fois, à la différence de la production ambiante en la matière où le vide est tout autant intersidéral, c’est totalement assumé. Et bordel c’est foutrement emballant. Parce que faut arrêter de se mettre une poutre dans l’œil. Il n’y a plus rien à attendre d’Hollywood aujourd’hui. A fortiori quand on parle de films aux budgets boursouflés où le maître mot est le retour sur investissement. James Gunn, le gars à qui l’on doit le foutraque Super (oui le film, pas l’adjectif qualificatif) et le non moins con Horribilis, n’a finalement pas trop modifié son credo de cinéma et c’est quand même tout à son honneur. L’idée étant donc de niquer (avec de la vaseline quand même) le système tout en proposant quelque chose qui fasse la blague.

Avec Les Gardiens de la galaxie 2 c’est le cas. Sous des airs de film respectant le cahier des charges de la chose, Gunn explose en fait les us et coutumes en s’amusant donc comme un petit fou (et nous avec) à ici violer ses scènes d’action en les caviardant de dialogues les plus nawaks possibles ou encore là en bazardant sa thématique centrale de la famille en la mouchetant de punchlines juste énormes à s’en faire péter les zygomatiques. Alors Les Gardiens de la galaxie 2 film punk ? Toutafé Thierry. C’est qu’à toujours vouloir nous ramener par la peau du cul aux années antisocial, Gunn assume une époque où la contestation se diluait dans quelque chose de chic et toc. La meilleure des définitions possibles d’un film qui ne revendique rien de plus, rien de moins.

Et c’est véritablement en cela que ce deuxième opus est une flagrante réussite. On se bidonne, on scrute avec bienveillance, on rote de joie avec Star-Lord, on se gausse de la chevelure flamboyante de Ken Russell façon Flash Gordon, on admire les décors psychédéliques de la planète mère de toutes les planètes (franchement, à côté les Les Télétubbies c’est super sage), on reste pantois d’admiration devant les justifications scénaristiques façon revers de la main avec doigt d’honneur à la clé et on se surprend d’avoir sans cesse le sourire avec la petite bavouille qui va bien à la commissure. Par contre, on a toujours du mal à comprendre les collègues (les autres hein ! Pas ceux de DC qui ont tous un QI) qui recherchent on ne sait quoi dans ce genre de films où il faut toujours ramener sa fraise d’érudits à la mords-moi-le-nœud (on parle de comics ici et pas de l’adaptation d’À La recherche du temps perdu) pour se la péter en articulant les lèvres pincées (et le cul bouché) que tout cela est bien vain et ne fait pas avancer le schmilblick. Sérieux ? On se revoit Wayne’s World, on boit frais et on revient !

Les Gardiens de la galaxie 2 (2017) de James Gunn – 2h16 (The Walt Disney Company France) – 26 avril 2017

Résumé : Musicalement accompagné de la « Awesome Mixtape n°2 » (la musique qu’écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l’équipe alors qu’elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel.

Note : 3,5/5

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