Matthew Rankin - Tesla : Lumière mondiale

Cannes 2017 : Une cinquantaine de courts-métrages en sélection

On a tendance à moins en parler mais le festival de Cannes c’est aussi 53 courts-métrages en 2017, un nombre qui a une légère tendance à augmenter ces dernières années avec l’arrivée de quelques programmes spéciaux. Certes ils attirent moins, peu de stars figurent aux génériques, les noms sont moins prestigieux mais les films sont souvent tout aussi bons, voire meilleures que les longs. Et on se demande encore pourquoi les journalistes préfèrent tartiner des pages entières sur des longs ineptes plutôt que d’écrire quelques lignes sur un excellent court-métrage… Le mystère est pour nous entier.

Matthew Rankin - Tesla : Lumière mondialeTesla : Lumière mondiale de Matthew Rankin

Petit rappel. Un court-métrage c’est, officiellement, un film qui dure moins d’une heure. Le terme moyen-métrage n’a jamais été entériné dans les textes de loi. Certains l’utilisent malgré tout pour différencier les films situés entre 30 minutes et 59 minutes dont la visibilité est généralement moindre. En effet, nombreux sont les festivals de courts où on refuse les films de plus de 30 minutes. C’est ici le cas de la compétition officielle dont les films ne doivent jamais dépasser 15 minutes. Les autres n’ont aucune restriction mais programmer plusieurs films de plus d’une demi-heure étant assez compliqué, on se doute bien qu’ils doivent se fixer eux-mêmes des limites. D’autant que globalement la durée moyenne des courts-métrages réalisés tend à augmenter petit à petit d’année en année.

Les trois programmes principaux en compétition comportent une dizaine de films (9 à l’officielle en 2017) mais ils ne sont pas tous accueillis de manière égale. À la Semaine de la critique et à la Quinzaine des réalisateurs, les courts-métrages sont parfaitement intégrés à la sélection et plutôt bien traités. Ils disposent d’un programme double et sont parfois diffusés deux fois. La sélection officielle n’est pas aussi tendre. Les films en compétition sont montrés une seule fois en programme unique, le deuxième samedi matin alors que tout le monde est sur le point de partir. La séance frôle les 2h10 et 2h10 de courts-métrages, c’est une dizaine d’univers et d’histoires avec leurs personnages et leurs émotions qui se succèdent, se chevauchent et se mélangent. C’est donc intenable. Un programme de courts qui dépasse 1h30 c’est toujours mauvais signe.

Jean-Charles Hue - Tijuana talesTijuana tales de Jean-Charles Hue

En plus de ces programmes, la Cinéfondation aide de jeunes réalisateurs tout juste sortis d’une école de cinéma. Cette section accueille 16 films de fin d’études. Cette année, ils sont issus de 14 pays différents. Le même jury que pour la sélection officielle, présidé par le cinéaste Christi Mungiu en 2017, vote pour ces films et décerne trois prix.

En 2016, le succès de la séance de clôture de la Semaine de la critique, qui était composé de trois courts-métrages de trois réalisatrices (Sandrine Kiberlain, Lætitia Casta et Chloë Sevigny) a fait des émules. En effet, on verra en séance spéciale dans la sélection officielle un film court de Kristen Stewart. Il devrait figurer dans un programme de plusieurs courts dont on attend le reste de la sélection. De même, la Semaine prévoit un nouveau programme spécial court avec trois films de cinéastes déjà reconnus. Et, pour la première fois l’ACID dispose d’un programme court, inclus dans sa nouvelle section ACID TRIP. Cette année, on y découvrira cinq courts récents produits en Serbie. Tout le monde se met au court semble-t-il !

Philippe David Gagné & Jean-Marc E. Roy - Crème de menthePhilippe David Gagné & Jean-Marc E. Roy – Crème de menthe

Le court-métrage c’est également l’occasion de découvrir différentes formes que l’on voit peu en compétition officielle. C’est par exemple le lieu des cinémas expérimentaux et d’animation. Cette année on attend avec impatience Tesla, le nouveau film de Matthew Rankin, déjà auteur du génial Mynarski chute mortelle en 2014. Idem pour Min Börda, nouveau court-métrage de Niki Lindroth von Bahr dont le précédent film, Simhall, connut un gros succès en festival.

D’aucuns pensent souvent que le court est juste un passage vers le long. Même si cela peut être le cas, c’est encore une idée reçue. Certains cinéastes passent d’une forme à l’autre selon leurs envies et les récits qu’ils veulent porter à l’écran. Parmi eux cette année : le réalisateurs des Rencontres d’après minuit, Yann Gonzales, revient au court avec Les Îles Jean-Charles Hue fait de même avec Tijuana Tales à la Quinzaine après Mange tes morts. Le scénariste de ce dernier, Salvatore Lista, sera quant-à-lui à la Semaine avec Le Visage. D’autres peuvent en profiter pour continuer une carrière déjà bien débutée dans le court. C’est le cas de Carlos Conceição ou Madhi Fleifel qui les enchainent depuis une douzaine d’années, de Dubravka Turić qui revient après le succès de son premier court comme réalisatrice, ou de Sam Kuhn qui présentera Möbius.

Laura Goncalves & Alexandra Ramires - Agua moleÁgua mole de Laura Goncalves & Alexandra Ramires

Festival de Cannes 2017, sélection officielle

Courts-métrages en compétition :

  • Katto de Teppo Airaksinen (Finlande)
  • Pépé le Morse de Lucrèce Andreae (France)
  • A Drowning man de Madhi Fleifel (Royaume-Uni/Danemark/Grèce)
  • Lunch Time d’Alireza Ghasemi (Iran)
  • Across my land de Fiona Godivier (USA)
  • Koniec widzenia de Grzegorz Molda (Pologne)
  • Xiao cheng er yue de Qiu Yang (Chine) – Palme d’or
  • Damiana d’Andrés Ramirez Pulido (Colombie)
  • Push it de Julia Thelin (Suède)

Fiona Godivier - Across my landAcross my land de Fiona Godivier

Courts-métrages de la Cinéfondation :

  • Heyvan de Bahman Ark (Iran)
  • Atlantída de Michal Blaško (Slovaquie)
  • Lejla de Stijn Bouma (Bosnie-Herzégovine)
  • Vazio do lado de fora d’Eduardo Brandão Pinto (Brésil)
  • Tokeru d’Aya Igashi (Japon)
  • Afternoon Clouds de Payal Kapadia (Inde)
  • À perdre haleine de Léa Krawczyk (France)
  • Give up the ghost de Marian Mathias (USA)

Eduardo Brandão Pinto - Vazio do lado de foraVazio do lado de fora d’Eduardo Brandão Pinto

  • Paul est là de Valentina Maurel (Belgique)
  • Camouflage d’Imge Özbilge (Belgique)
  • Pequeño manifiesto en contra del cine solemne de Roberto Porta (Argentine)
  • Wild Horses de Rory Stewart (Royaume-Uni)
  • Láthatatlanul d’Áron Szentpéteri (Hongrie)
  • Deux égarés sont morts de Tommaso Usberti (France)
  • Yin shian bien jian gon lu de Wang Yi-Ling (Taïwan)

Courts-métrages en séance spéciale :

  • Come swim de Kristen Stewart (USA)

Valentina Maurel - Paul est làPaul est là de Valentina Maurel

Semaine de la critique

Courts-métrages en compétition :

  • Los Desheredados de Laura Ferrés (Espagne)
  • Ela – Szkice na pozegnanie d’Oliver Adam Kusio (Allemagne)
  • Les Enfants partent à l’aube de Manon Coubia (France)
  • Jodilerks Dela Cruz, employee of the month de Carlo Francisco Manatad (Philippines)
  • Möbius de Sam Kuhn (USA)
  • Najpiekniejsze fajerwerki ever d’Aleksandra Terpińska (Pologne)
  • Real gods require blood de Moin Hussain (Royaume-Uni)
  • Selva de Sofía Quirós Ubeda (Argentine)
  • Tesla : Lumière mondiale de Matthew Rankin (Canada)
  • Le Visage de Salvatore Lista (France)

Selva de Sofía Quirós Ubeda - SelvaSelva de Sofía Quirós Ubeda

Courts-métrages en séance spéciale :

  • After school knife fight de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (France)
  • Coelho mau de Carlos Conceição (Portugal)
  • Les Îles de Yann Gonzalez (France)
Quinzaine des réalisateurs

Courts-métrages en compétition :

  • Água mole de Laura Goncalves & Alexandra Ramires (Portugal)
  • La Bouche de Camilo Restrepo (Colombie)
  • Copa – Loca de Christos Massalas (Grèce)

Marta Mateus - Farpões, baldios Farpões, baldios de Marta Mateus

  • Crème de menthe de Philippe David Gagné & Jean-Marc E. Roy (Canada)
  • Farpões, baldios de Marta Mateus (Portugal)
  • Min Börda de Niki Lindroth von Bahr (Suède)
  • Nada de Gabriel Martins (Brésil)
  • Retour à Genoa city de Benoit Grimalt (France)
  • Tijuana Tales de Jean-Charles Hue (France)
  • Trešnje de Dubravka Turić (Croatie)

Niki Lindroth von Bahr - Min bördaMin börda de Niki Lindroth von Bahr

ACID Cannes 2017

ACID TRIP #1 SERBIE :

  • Dos patrias de Kosta Ristić (Serbie, Cuba, 2017)
  • Transition de Milica Tomović (Serbie, 2016)
  • Sortie de secours de Vladimir Tagić (Serbie, 2015)
  • A Handful of Stones de Stefan Ivancić (Serbie, 2017)
  • If I had it my way I would never leave de Marko Grba Singh (Serbie, 2015)

Marko Grba Singh - If I had it my way I would never leaveIf I had it my way I would never leave de Marko Grba Singh

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