L'Atalante de Jean Vigo

Cannes 2017 : La sélection Cannes Classics

Cannes Classics, la sélection officielle du festival de Cannes consacrée au cinéma « retrouvé » et à l’histoire du cinéma, vient d’annoncer son cru 2017. À voir la sélection, il serait tout à fait possible d’aller au festival et d’avoir 10 jours bien remplis uniquement en se concentrant sur ce qui y est proposé. Au programme de cette édition, vingt-et-une séances de long-métrage, deux pour le court-métrage, et cinq documentaires. Si les films sont projetés essentiellement en DCP, L’Atalante de Jean Vigo sera montré en 35mm dans la version la plus proche de celle voulue par le cinéaste disponible aujourd’hui et restaurée pour l’occasion.

Michelangelo Antonioni - Blow up (Cannes classics)Cette année et pour la 70ème édition du festival, Cannes Classics propose 14 longs et 7 courts autour de films qui ont marqué l’histoire de Cannes. On pourra ainsi découvrir ou revoir La Bataille du rail de René Clément ou Körhinta de Zoltán Fábri mais aussi Blow-up d’Antonioni ou Babatu, les trois conseils de Jean Rouch – 2017 est également le centenaire de Jean Rouch – et encore L’Empire des sens de Nagisa Oshima. Les films choisis ont pu être palmé, simplement en compétition voire venir de la Quinzaine des réalisateurs ou de La Semaine de la critique.

Les courts-métrages présentent aussi de grands classiques aux formes très diverses. On aura donc du documentaire avec Bert Hanstraa ou Joris Ivens et de l’animation avec Norman McLaren, Raoul Servais et Wendy Tilby & Amanda Forbis. La fiction sera représentée par Jane Campion et Xiavier Giannoli. Tous ont remportés la Palme d’or du court-métrage. Ajoutons à ces films, Paparazzi de Jacques Rozier, réalisé en 1963 et projeté en séance événement.

Norman McLaren - Pas de deuxDu côté des séances spéciales de Cannes Classics, on oscille entre chefs-d’œuvre, films méconnus et choses dont on se demande ce qu’elles font là. On verra donc Madame de… d’Ophüls, Belle de jour de Buñuel ou Native son de Pierre Chenal. Et, pour les spectateurs rejetés des autres salles, en grave manque de films et se morfondant dans l’ennui Et au milieu coule une rivière de Robert Redford. Enfin, dans les documentaires, on aura droit à des œuvres diverses sur des critiques emblématiques (David Stratton et Jean Douchet), des acteurs plus ou moins célèbres (Leon Vitali et Cary Grant), et sur le cinéma belge à Cannes. Un ensemble plutôt original !

À noter la diversité de la sélection Cannes Classics. Réalisés entre 1934 et 1999 (hors documentaires), les films proviennent de 19 pays différents. On naviguera donc entre des nations dont le cinéma est influent et d’autres dont les films sont moins connus ou plus difficiles à voir. Notons par exemple la présence de la Mauritanie (Soleil O de Med Hondo) ou de la Serbie (Skupljači Perja d’Aleksandar Petrović). Néanmoins, alors qu’on était heureux de voir que la durée moyenne des films en sélection avait diminué depuis l’année passée, c’est Cannes Classics qui semble prendre le relai. En effet, les œuvres qui dépassent les 2h ne sont pas rares : Lucía de Humberto Solas (2h40), L’Homme de fer de Wajda et Le Salaire de la peur (2h33), Le Songe de la lumière de Victor Erice (2h20), La Balade de Narayama de Shôhei Imamura (2h13), All that jazz de Bob Fosse et Et au milieu coule une rivière (2h04). Finalement, un seul regret : cette édition de Cannes Classics est en net recul sur le cinéma de genre.

Andrzej Wajda - L'Homme de fer

Une brève histoire du festival de Cannes : 1946 – 1992
  • La Bataille du Rail de René Clément (1946, 1h25, France)
  • Le Salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot (1952, 2h33, France, Italie)
  • Körhinta (Un petit carrousel de fête) de Zoltán Fábri (1955, 1h30, Hongrie)
  • Ila Ayn ? (Vers l’inconnu ?) de Georges Nasser (1957, 1h30, Liban)
  • Skupljači Perja (J’ai même rencontré des Tziganes heureux) d’Aleksandar Petrović (1967, 1h22, Serbie)
  • Blow-up de Michelangelo Antonioni (1967, 1h51, Royaume-Uni, Italie, États-Unis)
  • Matzor (Siège) de Gilberto Tofano (1969, 1h29, Israël)
  • Soleil O (Oh, Sun) de Med Hondo (1970, 1h38, Mauritanie, France)

Med Hondo - Soleil O

  • Babatu, les trois conseils de Jean Rouch (1976, 1h33, Niger, France)
  • Ai no korîda (L’Empire des sens) de Nagisa Oshima (1976, 1h43, France, Japon)
  • All that Jazz (Que le spectacle commence) de Bob Fosse (1980, 2h03, États-Unis)
  • Człowiek z żelaza (L’Homme de fer) d’Andrzej Wajda (1981, 2h33, Pologne)
  • Yol – The Full Version (La Permission) de Yilmaz Güney, réalisé par Serif Gören (1982, 1h53, Suisse)
  • Narayama Bushikō (La Ballade de Narayama) de Shôhei Imamura (1983, 2h13, Japon)
  • El sol del membrillo (Le Songe de la lumière) de Victor Erice (1992, 2h20, Espagne)

Victor Erice - Le Songe de la lumière

Une brève histoire des courts-métrages : 1951 – 1999
  • Spiegel van Holland (Miroirs de Hollande) de Bert Haanstra (1951, 10mn, Pays-Bas)
  • La Seine a rencontré Paris de Joris Ivens (1958, 32mn, France)
  • Pas de deux de Norman McLaren (1968, 13mn, Canada)
  • Harpya de Raoul Servais (1979, 9mn, Belgique)
  • Peel de Jane Campion (1986, 9mn, Australie)
  • L’Interview de Xavier Giannoli (1998, 15mn, France)
  • When the Day Breaks d’Amanda Forbis et Wendy Tilby (1999, 10mn, Canada).

Séances spéciales

  • Madame de… de Max Ophüls (1953, 1h45, France)
  • L’Atalante de Jean Vigo (1934, 1h28, France)
  • Native Son (Sang noir) de Pierre Chenal (1951, 1h47, Argentine)
  • Paparazzi de Jacques Rozier (1963, 18mn, France)
  • Belle de jour de Luis Buñuel (1967, 1h40, Espagne, France)

Luis Buñuel - Belle de jour

  • A River Runs Through It (Et au milieu coule une rivière) de Robert Redford (1992, 2h04, États-Unis)
  • Lucía de Humberto Solas (1968, 2h40, Cuba)
Documentaires sur le Cinéma
  • La belge histoire du festival de Cannes de Henri de Gerlache (2017, 1h02, Belgique) – Un road-movie joyeux à la découverte du cinéma belge présent à Cannes depuis 70 ans.
  • David Stratton – A Cinematic Life de Sally Aitken (2017, 1h37, Australie) – Les relations du critique anglais David Stratton avec son pays d’adoption, l’Australie, qui l’a amené à se comprendre.
  • Filmworker de Tony Zierra (2017, 1h29, États-Unis) – Le jeune acteur Leon Vitali abandonna sa carrière prospère après Barry Lyndon pour devenir le fidèle bras droit du réalisateur Stanley Kubrick.
  • Becoming Cary Grant (Cary Grant – de l’autre côté du miroir) de Mark Kidel (2017, 1h25, France) – À la cinquantaine, Cary Grant entame une cure au LSD pour se libérer de ses démons…
  • Jean Douchet, l’enfant agité de Fabien Hagège, Guillaume Namur, Vincent Haasser (2017, 1h30, France) – Trois jeunes cinéphiles suivent Jean Douchet et interrogent ses amis et anciens élèves.

Jean Douchet, l'enfant agité

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