Very Classics - Image Une

La Collection Very Classics

Bien souvent, trop souvent, nous nous plaignons sur Digital Ciné du désengagement progressif et inéluctable des éditeurs mainstreams dans le portage en Blu-ray de leur extraordinaire catalogue de films de patrimoine laissant la place aux indépendants qui font au demeurant un travail extraordinaire. En fait, on devrait même plutôt dire que les gros Studios ne se sont jamais vraiment investis dans la chose comme ils ont pu le faire au temps du DVD. Ils n’ont simplement jamais cru dans un marché qui n’a de toute façon jamais décollé. L’arrivée du Blu-ray 4K ne va pas changer la donne. L’avenir est au dématérialisé et le Blu-ray dédié aux films de catalogue subsistera certainement encore quelques années grâce à des éditeurs comme Carlota, WildSide, Blaq Out, StudioCanal, Gaumont, Potemkine et bien d’autres mais dans un marché d’extra niche comme au bon vieux temps du Laserdisc.

Ce pourquoi l’arrivée de cette collection dite Very Classics initiée par un Studio comme Sony a quelque chose qui frise la Madeleine de Proust. C’est en effet avec la larmichette à l’œil que l’on a reçu ces digibooks bien faits qui pèsent leur petit poids car tous incluant des livrets plutôt funs car pas trop mal torchés voire même parfois informatifs. La localisation française ne s’arrête pas là puisque l’on a droit à des hard covers présentant des affiches arty très colorées du plus bel effet. Il y a là comme une véritable envie (marketing il va sans dire) de dépoussiérer ces « vieux » films afin de les rendre attrayants auprès des nouvelles générations. À tel point d’ailleurs que dans cette volonté d’épure, on en oublie de préciser au dos que ces galettes sont souvent remplies ras la gueule de bonus tous repris des anciennes éditions DVD (autre temps, autres moyens, autre philosophie). C’est plus qu’appréciable à l’heure où la chose est plutôt denrée rare de nos jours car depuis longtemps reconnue comme n’étant pas un acte décisif d’achat auprès du consommateur.

Alors tout n’est pas parfait non plus. Où sont par exemple les sous-titres français des deux Capra ? On se doute qu’il s’agit là d’un problème à la source puisque les galettes sont fabriquées au même endroit pour le monde entier. Un correctif est-il prévu ? Pourquoi ne proposer sur certains films qu’un encodage en DTS-HD 5.1 en VO ? On se doute que là encore il s’agit de donner un second souffle technique (pourquoi pas) mais la possibilité de choisir avec le mono d’origine aurait été plus qu’appréciable. Des informations techniques au demeurant souvent aux abonnés absents dans les descriptifs figurant au dos des jaquettes. Certains diront que l’on pinaille un tantinet. Sachant que ces titres s’adressent aussi (et surtout ?) aux home-cinéphiles qui pour la plupart n’ont pas sautés le pas vers le Blu-ray, oui la chose est donc tout de même dommageable.

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir plus que cela et faisons ci-dessous une revue d’effectifs qui nous l’espérons n’est qu’un work in progress avec donc l’ajout de nouveaux titres dans les mois à venir…

  • Les Canons de Navarone
  • Devine qui vient dîner
  • Docteur Folamour
  • Gandhi
  • Gilda
  • Lawrence d’Arabie
  • Major Dundee
  • Mr. Smith au Sénat
  • New York-Miami
  • Le Pont de la rivière Kwaï
  • Les Professionnels
  • Sur les quais
  • Tant qu’il y aura des hommes
  • Vous ne l’emporterez pas avec vous

Collection Very Classics

Les Canons de Navarone - Collection Very ClassicsLes Canons de Navarone de Jack Lee Thompson (USA) – Sortie le 25 novembre 2015

La Seconde Guerre Mondiale. Du haut d’une falaise, des canons allemands, d’une puissance redoutable, dominent le détroit de la mer Égée. Leur position est stratégique. Il n’y a pas d’alternative pour les Alliés, il faut les détruire. Un commando de choc est réuni. À sa tête, un alpiniste, un expert en explosifs et un résistant grec…

Plus gros succès au Box office rican du début des années 60, Les Canons de Navarone est le premier film de guerre à grand spectacle qui ne se base pas sur des faits historiques avérés. Il est quelque part l’ancêtre de déviances telles que la trilogie (jusqu’à nouvel ordre) Expendables. On est donc dans la surenchère, le casting international, le 35mm scope, le 4 pistes stéréo et une mission impossible rendue possible à grand renfort d’exploits en tous genres. Mais aujourd’hui,  ce qui contribue surtout à faire de ces Canons de Navarone une date pérenne dans l’histoire du medium, c’est d’une part son côté désuet au niveau des effets spéciaux qui restent pourtant redoutablement efficaces et attachants surtout quand on bouffe à longueur d’année des fonds verts numérisés de plus en plus indigestes, et d’autre part le message sous-jacent entretenu par des tunnels de dialogues sur l’absurdité de la guerre. Un sous-texte plutôt rare quand il s’agit d’un film à gros budget et à une époque où l’interventionnisme US à tout crin contre le communisme restait une évidence géopolitique pour le peuple américain.

La galette Blu-ray est la copie conforme de celle parue en décembre 2011. Mêmes bonus plutôt intéressants issus des DVD collectors de 2000 et 2007 auxquels se grévaient des nouveaux modules vidéos exclusifs au Blu-ray qui permettaient d’avoir une contextualisation historique de la guerre en mer Égée et de la situation de la Grèce à cette époque. Plutôt bienvenue car cela manquait vraiment. Même master aussi provenant d’une restauration du début du siècle qui est d’ailleurs détaillée dans une des featurettes des compléments. Si l’image tient encore la route, il est évident tout de même que l’on est en deçà des standards attendus aujourd’hui en la matière. Une nouvelle restauration 2K a minima ne serait en effet pas du luxe. Mais on peut aussi comprendre pourquoi Sony ne s’y est pas encore aventuré tant elle risque d’être problématique et compliquée. Avec tous les effets-spéciaux basés sur des transparents et autres rajouts sur pellicule, une restauration mal branlée et c’est la cata façon Le Jour le plus long. L’impression est bien plus probante côté son avec une belle utilisation de la stéréo d’origine en DTS-HD MA 5.1. Même la VF qui n’est qu’en DD 5.1 se défend pas trop mal avec un doublage au top.  En bref, si vous êtes déjà détenteur de la précédente édition Blu-ray, inutile de passer à nouveau à la caisse. La présence du petit livret n’étant pas un argument suffisamment valable. Dans le cas contraire, la question ne se pose que si vous êtes un grand fan du film.

Image : 3/5
Son : 4/5
Bonus : 4/5

Spécifications techniques :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : anglais DTS-HD MA 5.1 et français DD 5.1
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 2h36
  • 1 BD-50

Bonus en VOST :

  • Commentaires audio de J. Lee Thompson et Stephn J. Rubin (historien du cinéma)
  • La fabrication des Canons de Navarone (SD, 14min)
  • Une épopée héroïque emblématique (SD, 24min38s)
  • Souvenirs de Navarone (SD, 29min35s)
  • 8 featurettes :
    – Restauration épique (SD, 9min37s)
    – Une BO héroïque (SD, 9min16s)
    Great Guns – featurette d’époque (SD, 4min34s)
    Pas de visiteurs – featurette d’époque (SD, 4min36s)
    Lune de miel à Rhodes – featurette d’époque (SD, 4min36s)
    Deux filles en ville – featurette d’époque (SD, 4min35s)
    – Prologue sans narration (SD, 5min45s)
    – Un message du scénariste et producteur Carl Foreman (HD, 2min)
  • Le dossier de résistance de Navarone (interactif et exclusif Blu-ray) :
    – Mythe ou réalité militaire (HD, 4min16s)
    – La Résistance grecque (HD, 4min07s)
    – L’effet Navarone (HD, 4min10s)
    – Le génie traditionnel des Canons de Navarone (HD, 4min16s)
    – Les véritables canons de Navarone (HD, 4min13s)
    – La Seconde guerre mondiale dans les Îles grecques (HD, 4min)

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Devine qui vient dîner - Collection Very ClassicsDevine qui vient dîner de Stanley Kramer (USA) – Sortie le 30 mars 2016

Un couple bourgeois accueille avec joie la nouvelle du mariage de leur fille unique. Mais le fiancé, bien sous tous rapports, est noir et bouleverse quelque peu le couple, en dépit de son libéralisme affiché…

Même si le film date de la fin des années 60 et que l’on peut se dire que la problématique est loin derrière nous (encore que), même s’il revêt dans sa forme un côté théâtral très désuet, même si le personnage joué par Sidney Poitier est bien trop propre sur lui et par delà même bien rassurant aux yeux du spectateur blanc moyen… Tout cela vole en éclat devant la prestation de chacun. Poitier justement reste époustouflant de maîtrise, de décontraction tout en étant une véritable cocotte minute prête à exploser à tous moments, Spencer Tracy en père rugueux attaqué dans ses intimes convictions est juste immense pour un dernier rôle en forme d’épitaphe flamboyante, Katharine Hepburn est sublime en mère courage qui ne cherche finalement que le bonheur de sa fille. Seule Katharine Houghton (la nièce de Katharine Hepburn à la ville) a bien du mal à s’insérer dans cette valse à trois temps et à tenir la dragée haute face à de tels monstres sacrés. Et puis le film reste finalement d’une cruelle actualité se vérifiant encore ces derniers temps avec la polémique stérile sur le mariage pour tous. Chaque décennie a son sujet tabou à surmonter. La mécanique démontrée et démontée dans Devine qui vient dîner n’en est donc que toujours aussi prégnante. Malheureusement.

Très beau portage technique avec une image insolente de jeunesse où les contrastes se battent en duel avec des couleurs à faire pleurer les rétines. Rien à dire aussi sur le son avec doublage d’époque pour la VF encodée en DD 2.0 mono plutôt convaincant et pour la VO via un DTS-HD MA là aussi en 2.0 mono très efficace. Les bonus reprennent ceux de l’édition DVD 40ème anniversaire éditée en 2007. Du corporate bon ton surtout sur le segment dédié au réalisateur – producteur Stanley Kramer présenté ici comme un évangile ayant prodigué la bonne parole à ses ouailles hollywoodiennes quand on sait l’homme beaucoup plus complexe et retors. Ce que le texte qui lui est consacré au sein du livret (parmi d’autres et exclusif à la France rappelons-le) aborde déjà un peu plus frontalement notamment sur sa trahison vis-à-vis de l’un de ses premiers associés, l’immense scénariste et producteur Carl Foreman, qu’il a poussé à déballer ses anciennes activités communistes auprès de l’HUAC pour ensuite effacer son nom du générique de leurs films. Kazan n’était donc pas le seul pourri au royaume des anges.

Image : 4,5/5
Son : 4/5
Bonus : 3,5/5

Spécifications techniques :

  • Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : anglais DTS-HD MA 2.0 mono et français DD 2.0
  • Sous-titres : français
  • Durée : 1h48
  • 1 BD-50

Bonus en VOST :

  • Présentations :
    – Par Steven Spielberg (HD, 1min07s)
    – Par Karen Kramer (HD, 2min44s)
    – Par Tom Brokaw (HD, 2min46s)
    – Par Quincy Jones (HD, 2min46s)
  • Une histoire d’amour d’aujourd’hui (HD, 29min54s)
  • Une forme d’amour particulière (HD, 17min15s)
  • Stanley Kramer : à la recherche de la vérité (HD, 16min57s)
  • Stanley Kramer reçoit le Prix Irving Thalberg (HD, 2min01s)
  • Présentation à Al Gore du Prix Stanley Kramer de la Producers Guild en 2007 (HD, 4min37s)
  • Galerie de photos (HD, 4min07s)

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Docteur Folamour - Jaquette Blu-ray Very ClassicsDocteur Folamour de Stanley Kubrick (USA) – Sortie le 30 mars 2016

Devenu fou, le général américain Ripper décide de son propre chef d’envoyer des avions nucléaires bombarder l’U.R.S.S…

Dans la filmo de Kubrick, Docteur Folamour n’est pas forcément le film que l’on citera spontanément en premier. Beaucoup lui préfèreront Orange Mécanique, Shining ou encore Barry Lyndon2001, L’Odyssée de l’espace étant un objet à part. Encensé par la majorité mais qui est loin de faire l’unanimité au sein du Moi et du Surmoi de l’auteur de ces lignes. Quant à Docteur Folamour, il est sans conteste à ranger tout en haut de la pile, au même titre que des bijoux période N&B du cinéaste tels que Les Sentiers de la gloire ou Lolita. À bien y regarder, c’est certainement là le seul film véritablement débridé de Kubrick, ou en tout cas celui qui donne cette impression à tel point que l’on se demande si tout cela ne lui a pas un peu échappé. L’homme dont la maîtrise totale, intégrale, et dictatoriale sur ses films est devenue une légende laisse en effet ici transparaître un vent de folie jamais revu par la suite. Bien entendu, on rangera ce sentiment du côté du fantasme, mais il montre à quel point le réalisateur savait déjà donner le change en laissant supposer que tout cela coulait de source. Une impression de fluidité matinée de rigueur qui passait aussi par une direction d’acteurs extraordinaire. À commencer par un Peter Sellers intenable via trois rôles de haute voltige (dont celui du Président des États-Unis) qui sanctifièrent définitivement le talent immense du comédien dans le registre de la comédie. Oui car Docteur Folamour est pour rappel la seule comédie de Kubrick. Ô pas une comédie pur jus, mais plutôt de celle qui se donne la peine d’être noire, tranchante dont le seul but est de mettre en exergue une société où les politiciens qui nous gouvernent sont aux ordres de complexes militaro-industriels dont on se demande bien qui pour les chapeauter. Plus de 40 ans après, cela reste d’une actualité brûlante. Quant à Kubrick, il n’aura jamais été aussi juste et décomplexé qu’ici tapant là où ça fait mal sur le ton ton de la farce cruelle et avec une précision d’orfèvre.

Cette édition est l’exacte copier-coller du Blu-ray sorti en 2009 qui niveau bonus reprenait déjà l’intégralité de ceux présents au sein de l’édition DVD dite 40ème anniversaire parue en 2004. Autant dire tout de go qu’il sera inutile de délier une nouvelle fois votre porte monnaie si vous en êtes déjà l’heureux acquéreur. Ce n’est en effet pas la présence du petit livret au demeurant fort sympatiquement rédigé mais peu informatif voire redondant aux regards de la flopée de bonus qui nous fera changer d’avis. Par contre, l’achat est indispensable si vous ne le possédez pas encore en bleu. Alors certes on parle d’une restauration qui a une décennie mais bon Dieu qu’elle tient encore bien la route. D’autant que l’encodage fait la part belle aux contrastes avec un joli grain qui accentue la définition de l’ensemble. Quant à la partie son, elle témoigne d’une époque révolue où l’encodage était en Dolby TrueHD. On s’est revu le film en 5.1 mais on appréciera le choix de pouvoir passer en 2.0 mono d’origine. Quant aux bonus c’est plus que satisfaisant avec en point d’orgue un doc qui revient sur la production du film ou encore un rajout exclusif en Blu-ray avec la présence d’un Picture In Picture (interventions vidéos pendant le film via des petites fenêtres) ainsi que des cases où sont mises en valeurs des infos qui contextualisent sans cesse ce qui se passe dans le film. Un gadget souvent utilisé aux premiers temps du Blu-ray quasi abandonné aujourd’hui mais qui ici est utilisé avec énormément de pertinence et d’à-propos.

Edit : Attention pour les plus puristes d’entre nous, une édition Criterion est sorti le 28 juin 2016 aux States. L’image est issue d’une restauration 4K avec des bonus inédits. Niveau son, Criterion balance comme à son habitude du PCM 1.0 (donc totalement non compressée) mais aussi une piste en DTS-HD MA 5.1. On précisera qu’il n’y aura comme d’habitude pas de sous-titres en français et que la galette sera zonée A mais aussi B si l’on se tourne vers l’Angleterre où Criterion vient de poser récemment ses valises. On vous renvoie sinon vers le papier de Beaver.

Image : 4,5/5
Son : 4/5
Bonus : 4/5

Spécifications techniques :

  • Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : anglais Dolby TrueHD 5.1 et DD 2.0 mono, français Dolby TrueHD 5.1
  • Sous-titres : français
  • Durée : 1h34
  • 1 BD-50

Bonus en VOST :

  • La Guerre froide : PiP (VOST) et piste Trivia (VF)
  • Documentaire : Dr. Folamour et la menace nucléaire (SD, 30min04s)
  • Documentaire : Dr. Folamour ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (SD, 46min04s)
  • Best-Sellers : Peter Sellers et le Dr Folamour (SD, 18min28s)
  • L’Art de Stanley Kubrick : Du court-métrage au Dr. Folamour (SD, 13min50s)
  • Entretien avec  Robert Mcnamara (SD, 24min26s)
  • Interviews croisés de Peter Sellers et de Geroge C. Scott (SD, 7min17s)

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Gandhi - Jaquette Blu-ray Very ClassicsGandhi de Richard Attenborough (USA) – Sortie le 25 novembre 2015

L’histoire fascinante de Gandhi, jeune avocat d’origine indienne, né en Angleterre, exilé en Afrique du Sud, puis en Inde, qui va mener tout au long de sa vie un combat pour défendre les droits de la minorité indienne contre le colonialisme britannique, mais aussi contre la création du Pakistan, tout en prônant la non-violence…

Voilà certainement le seul biopic qui vaille la peine d’être vu. C’est aussi le dernier dans son genre où le grandiose concurrence l’intime, où l’épique se façonne dans une véritable rigueur historique. Le film de Richard Attenborough, qu’il a mis 18 ans avant de pouvoir réaliser, est sans conteste l’œuvre d’une vie. Le film aura d’ailleurs aussi marqué ses paires à commencer par un Spielberg qui fera du cinéaste son professeur John Hammond dans Jurassic Park. Pas bégueule d’ailleurs le Spielberg puisque l’on rappelle qu’en face de Gandhi aux Oscars de 1983 il y avait E.T. L’Extraterrestre. Résultat : 8 statuettes majeures dont celle qui le consacrera meilleur film pour le pacifiste indou contre 4 Oscars techniques pour l’obsédé du rentrer chez soi. Au-delà, Gandhi se revoit avec toujours autant d’intérêt et de passion. Rappelons que le film dure plus de 3h. Gandhi est en fait le dernier témoignage ou plutôt une queue de comète d’un cinéma qui au début des années 80 était déjà « obsolète ». Il est en effet le dernier héritier de productions telles que Le Pont de la Rivière Kwaï, Lauwrence d’Arabie, pour ne citer que les plus évidents mais aussi de films tels que Un pont trop loin (déjà de Attenborough), Le Jour le plus long et toutes les déclinaisons guerrières à grand spectacle qui ont vu le jour entre les années 60 et 70. C’est un blockbuster sans en être vraiment un. En tout cas pas comme le définira la génération Spielberg et consorts. Car ce qui laisse encore pantois aujourd’hui c’est cette faculté à faire dans la fresque historique sans jamais empeser sa mise en scène, sans jamais assommer dans ses reconstitutions, sans jamais que l’on ressente que tout ça n’est qu’un film. Rentre aussi dans cette réussite à tous les étages la prestation inouïe de Ben Kingsley à jamais Gandhi à tel point qu’il lui faudra des années et un nombre incalculable de mauvais choix de films pour se débarrasser (temporairement) de ce costume bien aidé là aussi par un certain Spielberg qui lui confiera le rôle de Itzhak Stern dans La Liste de Schindler en 1993.

Cette édition Blu-ray ne comporte qu’un disque (comme pour toutes les autres éditions de cette collection d’ailleurs). Ce qui veut dire qu’il manque la seconde galette intégralement dédiée aux bonus présente au sein de l’édition parue en 2009 qui reprenaient déjà à l’époque la totalité de l’interactivité du DVD édition 25ème anniversaire datant de 2007. En fait, il s’agit ni plus ni moins ici que du portage dans la collection du Blu-ray single paru lui aussi en 2009 qui reste pour info en vente à moins de 10 euros à la différence du double Blu-ray qui apparemment n’est plus officiellement dispo sinon en import US (multi régions avec exactement les mêmes caractéristiques sonores et présence de STF sur tous les bonus) que l’on peut se procurer aux alentours de 13 euros. Soit dans les deux cas, un prix inférieur aux 14,99 euros appliqués ici tout comme à l’ensemble des titres de la collection Very Classics. Et ce n’est pas la présence du livret au demeurant et comme toujours fort sympathiquement rédigé et informatif, qui nous fera vous conseiller son achat. Si vous n’êtes pas bonus, le Blu-ray single de 2009 fera très bien l’affaire, si vous voulez vous taper la cloche avec près de 2h de bonus en sus, le Blu-ray import vous fait donc de l’œil.

En attendant, quelque soit l’option choisie, le premier disque offre tout de même un commentaire audio du réal qui se révèle suffisamment passionnant pour se retaper les 3h du film. Et puis il y a même la possibilité de se le revoir une troisième fois en actionnant le Picture in Graphics qui vous abreuvera en informations supplémentaires sur les coulisses du film et sur l’histoire de Gandhi via des pop-up qui apparaîtront à un rythme très soutenu. À noter que pour éviter d’y passer une journée entière, on peut activer le PiG tout en écoutant le commentaire audio. Ouf ! Côté technique, le Blu-ray commence déjà à accuser son âge surtout au niveau du son avec un encodage Dolby TrueHD un peu étriqué tant en VO qu’en VF (encore que là, le doublage d’époque est exemplaire avec pour Ben Kingsley la voix normalement dévolue à Eddie Murphy). L’image est moins à plaindre avec un scope, des couleurs et un piqué qui continuent à avoir nos faveurs.

Image : 4/5
Son : 3/5
Bonus : 2,5/5

Spécifications techniques :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : anglais et français Dolby TrueHD 5.1
  • Sous-titres : français
  • Durée : 3h11
  • 1 BD-50

Bonus en VOST :

  • Commentaire audio du réalisateur
  • L’Héritage de Gandhi : Picture in Graphics (VF)
  • Introduction de Sir Richard Attenborough (SD, 1min24s)

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Gilda - Recto Blu-ray - Very ClassicsGilda de Charles Vidor (USA) – Sortie le 30 mars 2016

Femme fatale au passé trouble, Gilda déchaîne passion, haine et jalousie entre deux hommes dans l’univers fascinant d’une salle de jeu clandestine en Amérique du Sud…

Gilda c’est d’abord un film à petit budget monté par Harry Cohn, le célèbre mogul à la tête de la Columbia de l’époque, pour capitaliser sur une Rita Hayworth devenue une énorme star surtout auprès des GI qui ont en fait leur mascotte suite à des photos très suggestives pour l’époque parues en 1941 dans le magazine LIFE. Le film sera un triomphe mais collera toute sa vie à la peau de l’actrice. Gilda c’est aujourd’hui la quintessence du film noir et ce malgré son happy end totalement artificiel. Au demeurant, l’histoire en elle-même importe peu et reflète bien de temps à autre un scénario qui était pour certaines séquences, écrit au jour le jour.  En fait ce qui laisse encore pantois aujourd’hui est la charge érotique incroyable du film et son sous-texte homosexuel à une époque où l’application du Code Hays était on ne peut plus stricte. Gilda sent le sexe, le stupre et les bas-fonds d’une manière tellement évidente que l’on se dit que soit les gars de la commission de censure n’ont rien compris, soit ils ont laissé faire. On est partant pour la première proposition.

Au-delà, Rita Hayworth reste ce fantasme de femme pour hétéros, trans et lesbiennes alors que dans le même temps Gilda demeure l’un des films les plus sulfureux du genre avec ce triolisme délicieusement pervers entre deux hommes gays qui se disputent une femme pour la beauté du trophée mais aussi pour mettre au défi leur amour. Gilda c’est la volonté d’accoucher en contrebandier d’une œuvre totalement iconoclaste qui de par son énergie et l’audace de son propos reste plus que jamais excitante et moderne.

Suite à une restauration opérée pour Sony par UCLA Archive, Gilda avait eu les honneurs d’une édition Blu-ray sous la bannière Sony dans pas mal de pays à commencer par l’Italie en février 2014. Un Blu-ray que nous nous étions procurés à l’époque qui nous a permis de constater que cette édition française en était la copie parfaite. Même master perfectible (surtout lors des transitions de bobines / séquences), même encodage aux contrastes affirmés et au grain merveilleusement présent mais aussi avec des passages manquant cruellement de définition. Ô rien qui gâche toutefois le plaisir d’une énième vision il va sans dire.  On sera plus surpris en fait de constater que nous n’avons droit qu’à du Dolby Digital 2.0 mono tant en VF qu’en VO lorsque Criterion, pour son Blu-ray paru en 2016, propose quant à lui un PCM 1.0 mono beaucoup plus en phase avec les possibilités techniques offertes par le medium puisqu’il s’agit là d’une piste sans aucune compression.

Il va sans dire que voilà une comparaison qui s’impose quand on maîtrise la langue anglaise puisque l’éditeur new-yorkais dont la réputation d’excellence n’est plus à faire, n’offre que des sous-titres anglais en sus de la seule version originale. Par ailleurs, le master utilisé est exactement le même comme le prouve les comparaisons ci-dessous.

Le seul bonus de cette édition est une vidéo qui fait réagir Scorsese et Baz Luhrmann sur Gilda. C’est assez quelconque et de plus uniquement sous-titré en anglais. On a connu en effet Scorsese plus passionnant et quant à Luhrmann, si l’on peut comprendre sa présence ici tant son discours très « gay friendly » est raccord avec le propos du film, il n’en demeure pas moins très peu utile et/ou assez superficiel. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de rapprocher son discours de son cinéma très clinquant mais sans fond aucun et d’y voir comme la symbolique de tout ce qui sépare Gilda de la production cinoche d’aujourd’hui qui si elle n’a plus besoin de s’avancer aussi masqué n’en demeure pas moins de plus en plus bridée du fait d’enjeux économiques de plus en plus forts.

Pour le coup, la présence du livret permet ici de relever drastiquement la note et de faire de cette édition un véritable must have exclusif à la France. Rédigé par un rédacteur du magazine SO FILM, il revient principalement sur la relation extraconjugale entre Glenn Ford et Rita Hayworth qui était alors mariée à Orson Welles, il fait un focus sur Harry Cohn et décrypte quelque peu le film. Le tout sur un style qui dépoussière ce que l’on peut lire au sein d’un livre d’histoire du cinéma adoubé par ses paires. Rafraîchissant.

Image : 3,5/5
Son : 3/5
Bonus : 2,5/5

Spécifications techniques :

  • Image : 1.34:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : anglais et français DD 2.0 mono
  • Sous-titres : français
  • Durée : 1h50
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Martin Scorsese et Baz Luhrmann à propos de Gilda (16min06s, HD, VOSTA)

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Lawrence d'Arabie - Recto Blu-ray Collection Very ClassicsLawrence d’Arabie de David Lean (Royaume-Uni) – Sortie le 25 novembre 2015

Alors que la Première Guerre mondiale ravage l’Europe, l’état-major de l’armée britannique en poste au Caire fait très peu de cas du sort des tribus arabes harcelées par les Turcs. Le lieutenant Lawrence, jeune officier effronté, est tout de même envoyé dans le désert à la rencontre du prince Fayçal dans le but d’évaluer la situation militaire et de jauger les intentions du leader arabe. Lawrence s’attire immédiatement les foudres de ses supérieurs à cause de son attitude ambiguë quant aux intérêts britanniques…

Tout le monde connait Lawrence d’Arabie et on parie très fort que tous ceux qui lisent ces lignes (et Dieu sait qu’ils vont être nombreux) ont vu au moins une fois le film de David Lean. Tout comme Le Pont de la rivière Kwaï qui est d’ailleurs aussi présent au sein de cette collection Very Classics, on l’a forcément chopé / découvert lors d’une redif télé étant ado. Pour les plus jeunes, l’axiome vaut aussi tant on a pu le croiser dernièrement et à de nombreuses reprises sur une des chaînes gratuites de la TNT. Et pour cause. C’est que Lawrence d’Arabie n’est même plus un classique. Il est à ranger tout en haut de ces objets d’art qui auront éclaboussé de leur stature inclassable tout un pan de ce que l’on appelle aujourd’hui la culture pop. Il est l’équilibre parfait entre le film à grand spectacle (on dirait aujourd’hui improprement un blockbuster) et une forme de réappropriation populiste de l’Histoire adoubée par la masse. C’est grandiose, efficace, atemporel et extraordinairement pervers. Une perversité au demeurant jamais enfouie, jamais cachée, bien au contraire. Ne serait-ce qu’en faisant du personnage de T.E. Lawrence, fabuleusement interprété par un Peter O’ Toole littéralement habité, un homme complexe mais principalement motivé par une forme de reconnaissance et d’ambitions démesurées qui finit par sombrer dans une forme de folie élégiaque. Un peu comme Sean Connery dans L’homme qui voulut être Roi de John Huston. Ou alors, si l’on se place du côté de la compréhension objective, c’est que l’Empire britannique a fini par écraser les velléités pacifistes et humanistes d’un homme d’un autre temps. Lawrence d’Arabie est ainsi fait qu’il raconte l’épopée tragique d’une humanité qui n’en a jamais été et qui n’en sera jamais une. Pas étonnant que le film fascine encore et toujours.

Lawrence d’Arabie est avec Taxi Driver et Le Pont de la rivière Kwaï le très haut du panier en matière de restauration maison chez Sony. Des travaux en 4K qui se chiffrent à chaque fois au-delà du million de dollars. Inutile de préciser alors qu’on a affaire là à ce qui se fait de mieux en matière d’image et de son. À dire vrai, la note maximale ne suffirait même pas à donner le ressenti de ce que l’on éprouve à la (re)découverte de Lawrence d’Arabie chez soi. C’est tout bonnement magnifique et optimal. Cette édition reprend donc au niveau technique ce que l’on avait déjà découvert en 2012 quand Sony sortait le film pour la première fois en Blu-ray via deux éditions. Une classique proposant deux disques (un pour le film qui rappelons le dure 3h47 et un dédié exclusivement à une pléthore de bonus dont le fameux making of d’une heure réalisé par Bouzereau qui date de 2004 et découvert la première fois sur le DVD collector 2 disques paru en 2004. Une éternité). L’autre dite Deluxe, soit un giga coffret rappelant de par sa taille les standards du Laserdisc où l’on y trouve un troisième disque de bonus, un beau livre passionnant, un CD audio de la BO du film et un Sénitype numéroté tiré de la pellicule 70mm.

Cette édition Very Classics reprend juste le premier disque où l’on retrouve la piste « Picture-in-graphics » qui donne pas mal d’informations sur le film en cours de visionnage mais uniquement avec la piste en VF et avec une arborescence qui interdit le retour au menu principal sauf à tout arrêter. Il y a aussi la présence du livret qui remplira des fonctions minimales d’histoire du cinéma et d’anecdotes autour du film. À moins de 15 euros, cela peut sembler être une bonne affaire mais attention, l’édition double Blu-ray mentionné plus haut est souvent mise en avant sur Amazon au sein de bonnes affaires ou alors à moins de 14 euros. Ou alors on attend bien sagement une nouvelle édition en Blu-ray 4K. À vous de voir.

Image : 5/5
Son : 4/5
Bonus : 2,5/5

Spécifications techniques :

  • Image : 2.19:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : anglais en DTS-HD MA 5.1 et français en DD 5.1
  • Sous-titres : français
  • Durée : 3h47
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Secrets d’Arabie : Piste Picture-in-Graphic

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Major Dundee - Recto Blu-ray Very ClassicsMajor Dundee de Sam Peckinpah (USA) – Sortie le 25 novembre 2015

Après avoir décimé un peloton de cavalerie, les apaches enlèvent 3 enfants et les emmènent de l’autre côté de la frontière. Dédaignant les consignes du haut commandement, le major Dundee prépare une expédition et forme une troupe hétéroclite composée de fédéraux, de sudistes, de bandits et d’aventuriers…

Image : 3,5/5
Son : 4/5
Bonus : 3,5/5

Spécifications techniques :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : anglais en DTS-HD MA 5.1 et français en DD 2.0 mono
  • Sous-titres : français
  • Durée : 2h15min 50s
  • 1 BD-50

Bonus (VOST) :

  • Extrait de Passion and Poetry (22min, SD)
  • Course à la catastrophe (6min 51s, SD) : Featurette d’époque
  • Scène supplémentaire : Combat au couteau (4min, SD)
  • Scène étendue : Major Dundee et Teresa (39s, SD)
  • Prises de vue étendues muettes (5min, SD)
  • Illustrations pour film annonce (2min, SD)
  • Extrait promotionnel (1min 19s, SD)
  • Bande-annonce originale (3min 25s,HD)
  • Bande-annonce de la réédition de 2005 (2min 25s, HD) avec la voix de L.Q. Jones.

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