Basket Case 2 (Frère de sang 2) - Midnight Collection

Midnight Collection – Vague 2 : Le Freak Show Henenlotter

Après une première vague en juillet dernier portée sur l’action et le polar, Carlotta nous propose pour la rentrée la deuxième vague de sa Midnight Collection axée cette fois-ci sur le gore tendance comique et un réalisateur bien spécifique en la personne de Frank Henenlotter.

Midnight Collection - Logo Carlotta

NB : De par la nature même des films du réalisateur, il va sans dire que les captures qui agrémentent ce dossier sont à partager avec le plus grand nombre surtout si vous êtes en open space.

Au programme on trouve donc quatre longs-métrages réalisés par Frank Henenlotter. Des titres déjà parus outre-Atlantique chez deux éditeurs, Image Entertainment et Sypnase Films, dans des éditions Blu-ray globalement très réussies et qui, au regard des prestations techniques offertes ici, sembleraient selon toutes vraisemblances avoir été reprises pour leurs déclinaisons hexagonales. On ne pourra alors que regretter amèrement que Carlotta n’ait pas pris la peine d’inclure les différents suppléments présents sur les éditions américaines. Une inclusion qui, on le devine bien volontiers, aurait entraîné un surcoût de fabrication : acquisition des droits (si tant est que les éditeurs US acceptent de les monnayer à un tarif « raisonnable ») et réalisation de sous-titres français pour chacun desdits bonus.

Midnight Collection – Vague 2

Basket Case (Frère de sang) - Midnight Collection - Packshot Blu-rayBasket Case (Frère de sang) de Frank Henenlotter (1982) – Disponible le 7 septembre 2016

Fraîchement débarqué à New York, le jeune Duane Bradley s’installe dans un hôtel miteux de Manhattan. Il transporte avec lui un étrange panier en osier. À l’intérieur se trouve son frère Belial, difforme depuis la naissance. Ces anciens frères siamois ont été séparés de force à leurs douze ans. Depuis, Belial n’a qu’une idée en tête : se venger des médecins qui ont pratiqué l’opération…

Il n’y a pas besoin d’aller chercher bien loin pour comprendre dans quel genre de film on vient de mettre les pieds avec ce Basket Case puisque la scène d’ouverture donne le LA comme on dit avec un meurtre sanglant dans une maison isolée au cours duquel la caméra se garde bien de nous montrer autre chose que la main difforme de l’agresseur. Le ton est alors donné avec ce meurtre nocturne (la quasi-totalité du film se déroule d’ailleurs de nuit) et son image craspec tournée en 16mm (on y revient juste après), le premier d’une longue série qui va nous amener dans la grande ville, et plus précisément la Big Apple, et ses nombreux vices. Car une bonne partie de l’action de ce Basket Case ne se déroulera pas, contrairement à ses deux suites, dans une grande baraque cossue d’un petit bled mais au sein d’un de ces hôtels – taudis dit « de passage » pour s’envoyer en l’air avec une prostituée. Et s’il faudra patienter bien sagement pour connaître l’origine exacte de cette déferlante de violence à l’encontre de tous ces praticiens, c’est aussi parce qu’au-delà du « film de monstre sanguinaire », Basket Case creuse en filigrane d’autres thématiques entre deux meurtres. À commencer par l’éveil à la sexualité au travers de la relation que tente de nouer Duane avec cette secrétaire ou encore, ce qui servira de fil rouge tout au long de la trilogie, la relation quasi-subliminale qu’entretiennent les deux frangins. Oh, tout ceci n’est sans doute pas la préoccupation première d’Henenlotter (ou bien même celle du spectateur) qui, avide de sang, nous concocte des mises à mort vengeresses toutes plus graphiques les unes que les autres. Mais ces thématiques n’en constituent pas moins une ossature narrative qui donne à ce tout premier Basket Case une aura plus noire et dramatique, complétée par cette peinture sociale new-yorkaise, là où ses suites verseront quant à elles bien davantage dans le freak show prêtant beaucoup plus à sourire.

Comme indiqué ci-dessus, ce premier Basket Case fut tourné en 16mm. De plus, ce que l’on apprend en allant faire un tour sur les reviews américaines où le titre est déjà paru, c’est que le film a fait l’objet d’une remasteration à partir du négatif original. Carlotta semble de toute évidence être reparti de ce même master puisque l’image proposée ici est bien au format 1.33, globalement très propre et présente un aspect ultra-granuleux inhérente à un tournage 16mm. Il reste bien certains passages plus difficilement lisibles ou quelques escarres sur la copie mais l’ensemble est tout ce qu’il y a de plus honorable. La remarque vaut également pour les pistes sonores monophoniques proposées. Côté bonus, on ne pourra bien entendu que regretter l’absence des suppléments présents sur l’édition américaine (commentaire audio, intro du réal, etc.).

Notes :
– Image : 4/5
– Son : 3,5/5
– Bonus : 0,5/5

Spécifications techniques :
– Image : 1.33:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Anglais DTS-HD MA 1.0, Français DTS-HD MA 1.0
– Sous-titres : Français
– Durée : 1h 31min 01s

Bonus (HD VOSTF) :
– Bande-annonce (1min 26s)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080


Basket Case 2 (Frère de sang 2) - Midnight Collection - Packshot Blu-rayBasket Case 2 (Frère de sang 2) de Frank Henenlotter (1990) – Disponible le 7 septembre 2016

Suite à leur accident, les frères Bradley sont reconnus coupables de leurs crimes. Malgré la surveillance accrue de la police, ils parviennent à s’échapper de l’hôpital avec l’aide de « mamie Ruth » et de sa petite-fille Susan. Ces dernières tiennent une maison de repos bien particulière puisque leurs habitants sont tous des créatures difformes comme Belial…

Huit ans après le premier volet, et en dépit du fait que l’histoire embraye directement à la suite du n°1, l’interprète de Duane Bradley a bien grandi. Il a laissé tomber son énorme tignasse bouclée 80s et son air d’adulescent pour devenir un beau jeune homme qui ne pense toujours qu’à une seule chose : trouver l’élue de son cœur et, accessoirement, lui en mettre un bon p’tit coup. Sauf que son frangin, Belial, va lui griller la politesse en tombant sous le charme d’une créature à peu près aussi difforme que lui. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Mais cela, ce sera pour le troisième volet car pour l’heure, les deux frangins se retrouvent donc au milieu de cette gigantesque baraque qui abrite quantité d’individus que l’on croirait tout droit sorti de la petite boutique des horreurs. L’occasion pour Henenlotter de s’en donner à cœur joie dans des effets de maquillages tous plus délirants les uns les autres, et accessoirement d’améliorer l’animatronique de Belial qui sentait quand même méchamment l’artisanal dans le premier Basket Case. Et si cette suite, de par son nouveau et impressionnant bestiaire prête donc bien davantage à sourire, le cinéaste n’en oublie pas pour autant de poursuivre ses explorations thématiques, loin de la Big Apple cette fois. À commencer par la dénonciation de ce journalisme à sensation ou encore, difformité des occupants de cette demeure oblige, cette notion de « différence » et de « normalité physique » tandis qu’il ne sera pas interdit de voir au cours de cette séquence finale où Duane est « sur le point de conclure » comme une certaine forme de prise au pied de la lettre de l’expression « beauté intérieure ».

En matière de beauté, le Blu-ray de ce deuxième Basket Case s’en sort excellemment bien. Exit le 1.33 en 16mm du premier film et place à du 1.78 pour un master qui, une fois encore, sans être totalement exempt de petits défauts, laisse apparaître un rendu globalement magnifique. Même remarque côté son tandis que l’interactivité se cantonne à une simple bande-annonce là où l’édition américaine propose quelques petites réjouissances. Dommage.

Notes :
– Image : 4,5/5
– Son : 4/5
– Bonus : 0,5/5

Spécifications techniques :
– Image : 1.78:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Anglais DTS-HD MA 2.0, Français DTS-HD MA 1.0
– Sous-titres : Français
– Durée : 1h 29min 34s

Bonus (HD VOSTF) :
– Bande-annonce (1min 51s)

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Basket Case 3 (Frère de sang 3 : La Progéniture) - Midnight Collection - Packshot Blu-rayBasket Case 3 (Frère de sang 3 : La progéniture) de Frank Henenlotter (1991) – Disponible le 7 septembre 2016

Mamie Ruth décide d’emmener ses pensionnaires en vacances chez son ami le docteur Hal Rockwell. Elle compte sur lui pour aider la petite amie de Belial qui est sur le point d’accoucher. Mais la tranquillité de la maisonnée est vite troublée par la cupidité des shérifs locaux qui souhaitent empocher le million de dollars pour la capture des frères Bradley…

Troisième (et dernier) volet de la trilogie Basket Case, intitulé fort-à-propos en français « La Progéniture ». Au terme d’une scène de coït qui clôturait le film précédent (et qui ouvre à nouveau ce troisième chapitre histoire de bien rappeler au spectateur les bases de départ), Belial s’est donc reproduit. On mettra une nouvelle fois bien volontiers de côté toute considération « biologico-scientifique » quant à la faisabilité de ce « petit miracle de la nature », tout comme nous avions d’ailleurs déjà fermé les yeux sur la séquence de chirurgie / boucherie qui avait conduit à la séparation des deux frères siamois au cours de la longue séquence en flashback aperçu dans le premier film. Une séquence qui reviendra d’ailleurs régulièrement hanter les deux frangins dans les suites. Pour l’heure, les rejetons de Belial passent donc au premier plan au cours d’une scène d’accouchement aussi hystérique, délirante que démesurée et pleinement en phase avec l’esprit de cette saga. Duane de son côté tentera bien une nouvelle fois, et toujours en vain, de se faire la fille du shérif local, joli petit brin de coquelicot volontiers portée sur le SM mais c’est bien Belial et sa (très nombreuse) progéniture qui occupe le devant de la scène de ce troisième opus, notamment au cours d’une double séquence finale, comico-sanglante à souhait, tout d’abord au sein du commissariat puis aux abords d’un hangar désaffecté pou un deus ex machina qui atteint là des sommets d’hilarité (d’aucuns diront de portnawak). C’était là le propre du cinoche de Frank Henenlotter rétorqueront sans doute certains mais pour le coup, on n’est pas forcément mécontent que l’épopée sanguinaire des frères Bradley s’en soit arrêtée là.

Côté Blu-ray, même motif, même punition que pour le deuxième film, à savoir une image au format 1.78 vraiment splendide quant au travail de restauration effectuée et une unique piste sonore VO DTS-HD Master Audio 2.0 qui tient la route. À noter que ce troisième volet ne propose pas de VF. En revanche, et contrairement aux deux films précédents, point de regret à avoir concernant l’interactivité puisque, tout comme l’édition américaine, le Blu-ray français ne propose qu’une simple bande-annonce.

Notes :
– Image : 4,5/5
– Son : 4/5
– Bonus : 0,5/5

Spécifications techniques :
– Image : 1.78:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Anglais DTS-HD MA 2.0
– Sous-titres : Français
– Durée : 1h 29min 43s

Bonus (HD VOSTF) :
– Bande-annonce (1min 56s)

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Frankenhooker - Midnight Collection - Packshot Blu-rayFrankenhooker de Frank Henenlotter (1990) – Disponible le 7 septembre 2016

Jeffrey Franken aime s’adonner à des expériences scientifiques singulières durant son temps libre. Lorsque sa fiancée Elizabeth se fait hacher par une tondeuse à gazon, le jeune homme va tenter de la ramener à la vie. Il lui suffit pour cela de rassembler des parties de corps humains et d’y greffer la tête d’Elizabeth, qu’il a conservée précieusement…

Entre Basket Case 2 et 3, Frank Henenlotter s’était donc adonné à ce Frankenhooker complètement délirant. Comme l’annonce la bande-annonce, seul et unique bonus une nouvelle fois présent sur les galettes de la Midnight Collection, il s’agit d’un croisement des genres totalement improbable entre gore, comédie et érotisme (très soft) en forme de remake de la créature mythique imaginée par Mary Shelley par le prisme de péripatéticiennes (putes en langage châtié). D’où la contraction du titre entre Frankenstein et hooker (« pute » en anglais). À l’instar de la scène d’ouverture de Basket Case, celle qui débute Frankenhooker donne elle-aussi le LA avec ce savant-fou martyrisant un cerveau humain avant que sa chère et tendre ne se retrouve réduire en purée par l’une de ses « géniales » inventions (vous ne regarderez plus jamais une tondeuse à gazon de la même façon) ; événement tragique à l’issue duquel seule la tête de sa promise en a réchappé. S’ensuit alors cette quête de « la femme parfaite » en vue de redonner vie à sa fiancée sur un corps de rêve. Et quelle meilleure idée (que notre Géo Trouvetou trouvera en vrillant son propre cerveau à grands coups de perceuse électrique !) que d’avoir recours aux corps de prostitués pour parvenir à ses fins. À partir de ce pitch aussi farfelu qu’improbable découle une succession de séquences toutes plus comico-érotico-gores les unes que les autres et qui culminera au cours d’une gigantesque fiesta sous acide (non, il n’y a pas de partouze dans le film !) pour le moins explosive. Mais une fois encore, à l’image de Basket Case, Frankenhooker ne saurait être réduit à une simple farce à prendre au 36ème degré car plusieurs thématiques se nichent à nouveau au creux du récit : prostitution, drogue et, plus globalement, ce concept de « femme-objet » ; qu’il s’agisse d’exploitation de ces femmes à des fins purement sexuelles ou bien de rechercher la compagne aux proportions de rêve. Le double pied-de-nez final de ces prostituées se vengeant de leur mac et de cette Frankenhooker qui elle-même se venge de son compagnon sont d’ailleurs là pour attester, si besoin était, que derrière ses bonnes grosses déconnades comico-gores que nous confectionna Frank Henenlotter au cours des années 80 se nichaient des thématiques souvent beaucoup plus pernicieuses que ne se laissaient supposer ces pitchs improbables et leur représentation oh combien graphique et déviante à l’écran.

Comme pour la trilogie Basket Case sus-citée, le Blu-ray de Frankenhooker présente des qualités audio-vidéo plus que probantes avec une image 1.78 globalement très bien restaurée et offrant un rendu aux couleurs flashies. Seul petit bémol, les pistes monophoniques laissent entendre un souffle plus ou moins perceptible d’une scène à l’autre, aussi bien en VO qu’en VF. En matière d’interactivité, même motif même punition que pour les Basket Case, à savoir une unique bande-annonce et l’absence regrettable et regretté des différents bonus présents sur l’édition américaine (interviews, commentaire audio du réalisateur, etc.).

Notes :
– Image : 4/5
– Son : 3/5
– Bonus : 0,5/5

Spécifications techniques :
– Image : 1.78:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Anglais DTS-HD MA 2.0, Français DTS-HD MA 2.0
– Sous-titres : Français
– Durée : 1h 24min 11s

Bonus (HD VOSTF) :
– Bande-annonce (1min 27s)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

 

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