Collection Blu-ray Gaumont Découverte – Vague n°8 (Août 2015)

Après un petit break estival, la collection Blu-ray Gaumont Découverte attaque la rentrée regonflée à bloc puisque la huitième vague parue fin août comporte pas moins de huit titres au total. De surcroît, tous les genres y sont cette fois représentés, depuis le drame jusqu’au polar en passant par la comédie et le récit historique. De quoi satisfaire toutes les sensibilités cinéphiliques…

La diversité des genres n’est pour autant pas systématiquement synonyme de succès comme en attestent les fortunes diverses et variées au box-office qu’ont connu les titres proposés sur la petite vingtaine d’années que balaye cette nouvelle vague.

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Katia - Blu-ray Gaumont Découverte

À tout seigneur tout honneur, ouvrons donc le bal avec le plus gros succès de cette huitième vague Blu-ray Gaumont Découverte : Katia (1959) et ses 3M d’entrées. Jean Pieuchot, régisseur général du film, a beau révéler que Romy Schneider ne voulait plus être considérée comme la petite midinette de Sissi, le long-métrage de Robert Siodmak qui « s’efforce de relater le moins infidèlement possible certains évènements du règne d’Alexandre II » (dixit le texte en ouverture) a bien du mal à nous faire oublier le rôle qui valut à la sublime Romy ses plus gros succès au box-office hexagonal : 18M d’entrées au total pour les trois Sissi dans les années 1950. Et s’il souligne bien le travail accompli sur les décors et les costumes pour « faire d’un film normal un grand film », ce même Pieuchot trouve également que certaines scènes sont « un peu froides ; jolies mais fabriquées, tournées sans conviction ». On ne pourra qu’abonder en son sens à la (re)découverte de ce long-métrage au bien bel écrin, bourré de beaux et grands sentiments et de toute la noblesse de liberté du peuple russe attendue par pareille fresque mais où, reconnaissons-le, nous sommes tout de même à des années-lumière d’un David Lean et son prodigieux Docteur Jivago (1965).

Signé Arsène Lupin - Blu-ray Gaumont Découverte

Poursuivons avec le diptyque Signé Arsène Lupin (1959) / Arsène Lupin contre Arsène Lupin (1962), deux autres succès en salles de l’époque (1,6M d’entrées chacun) bien qu’en légère perte de vitesse comparé aux 2,9M d’entrées engrangées par Les Aventures d’Arsène Lupin (1957) de Jacques Becker, par ailleurs déjà disponible en Blu-ray chez Gaumont Vidéo depuis février 2012. Des scores peu surprenant puisqu’il s’agit là d’adaptations des exploits littéraires du célèbre gentleman cambrioleur imaginé par Maurice Leblanc ? Ou plus exactement des longs-métrages « inspirés » du personnage puisque, comme nous le précise Jacques Derouard, auteur du Dictionnaire Arsène Lupin, il s’agit de scénarios originaux qui reprennent ici et là différents aspects de son alter ego littéraire : la place de la guerre, les lieux de l’action (Normandie, Provence, etc.), un personnage-titre, sportif, amateur d’automobiles et coureur de jupons, tout comme chez Leblanc, même si ce dernier, par contrat, avait interdiction d’écrire des scènes d’amour. Et si le résultat a l’écran se révèle volontiers espiègle et plaisant à suivre, les deux longs-métrages en question n’en constituent pas moins des œuvres de moindre intérêt dans les filmographies respectives d’Yves Robert pour le premier et d’Édouard Molinaro pour le second. Sans pour autant parler de « déception » comme le souligne Derouard à propos de la plupart des adaptations d’Arsène Lupin, le fait qu’il évoque une certaine Comtesse de Cagliostro nous rappelle que la meilleure adaptation est peut-être à chercher du côté d’un certain Hayao Miyazaki et son Château de Cagliostro (1979).

Le Monte-Charge - Blu-ray Gaumont Découverte

Après la cambriole, place au polar noir bien serré avec Le Monte-charge (1962). Soit les énièmes retrouvailles du romancier Frédéric Dard et de Robert Hossein, ce dernier ayant déjà adapté précédemment au cinéma Les Salauds vont en enfer (1955) et Toi… le venin (1959) ; ce dernier titre étant par ailleurs disponible au sein de la troisième vague Blu-ray Gaumont Découverte parue en novembre 2014. Dans cette nouvelle adaptation de Dard sur grand écran qui connut un succès honorable à l’époque (875 000 entrées), Hossein se « contente » de la casquette de comédien, cédant le siège de réalisateur à Marcel Bluwal dont le souhait était de faire un film avec le moins de dialogues possibles, laissant au spectateur le soin de deviner par lui-même où le scénario va l’entraîner. Soit tout le contraire des autres adaptations qui verront le jour par la suite dans lesquelles, dixit Bluwal, « On prend le public pour des cons ». De là à dire qu’il en va de même de la majorité des longs-métrages d’aujourd’hui, il n’y a qu’un pas que nous nous garderons bien de franchir. Point de cela dans cette mouture de 1962 au scénario aussi énigmatique que l’atmosphère est prégnante, le tout renforcé par un travail manifeste sur la photographie noir et blanc (huit heures de préparation pour un seul plan !). Quant à la direction d’acteurs, elle pourrait se résumer à cette consigne du réalisateur à l’attention de Robert Hossein : « Tu n’expliques rien ! Tu restes glabre ! ».

Un monsieur de compagnie - Philippe de Broca - Blu-ray Gaumont Découverte

Soit tout l’opposé des deux longs-métrages suivants dans l’ordre chronologique de cette huitième vague Blu-ray Gaumont Découverte. Et pour cause puisqu’il s’agit de deux films réalisés par le plus rocambolesque des cinéastes hexagonaux, Philippe de Broca : Un monsieur de compagnie (1964), déjà paru au sein d’un coffret dédié au cinéaste en mai dernier et désormais disponible à l’unité, et Les Caprices de Marie (1970). Soit deux films qui ne rencontrèrent pas ou si peu leur public à l’époque avec respectivement 660 000 et 180 000 spectateurs. Des scores sans communes mesures avec les millions d’entrées engrangées par les collaborations de De Broca avec notre Bébel national. À ce sujet, le bonus disponible au sein d’Un monsieur de compagnie et intitulé Philippe de Broca, une philosophie du travail, nous apprend que Jean-Pierre Cassel, dont c’était là le quatrième long-métrage sous la direction du cinéaste, annonça à De Broca des années plus tard qu’il considérait ses films avec lui comme étant les meilleurs et qu’ils auraient dû en faire d’autres ensemble. De là à y voir une allusion aux nombreuses collaborations entre De Broca et Bébel et ces fameux scores au box-office sans comparaisons…

Les Caprices de Marie - Blu-ray Gaumont Découverte

Ceci étant, Un monsieur de compagnie n’en demeure pas moins une œuvre plaisante, totalement en phase avec le reste de la filmographie de De Broca, emprunte d’un goût de la provocation, d’un humour « à la Charlie Hebdo » dixit le scénariste Henri Lanoë. Et si l’on pourra demeurer perplexe à l’écoute de certaines analyses philosophiques quelque peu capillotractées dévoilées au sein des bonus, on ne pourra qu’être d’accord à l’évocation d’un film qui fait l’apologie de la paresse, du « vivons au crochet des autres ». De là à considérer le film comme avant-gardiste eu égard à ce que d’aucuns considèrent, un demi-siècle plus tard, comme une « France d’assistés », il n’y a qu’un pas que nous nous garderons bien de franchir là encore. La France, il en est fortement question dans Les Caprices de Marie même si, comme le souligne Marthe Keller qui tient le rôle-titre et deviendra à la ville la compagne de De Broca, le film ne se veut nullement nationaliste. Il ne sera pas pour autant interdit d’y voir deux visions sociales bien distinctes : la France rurale, bonne vivante, et les États-Unis urbaines au mode de vie à deux cents à l’heure où tout se vend et s’achète. De Broca était d’ailleurs lui-même un grand amoureux de la campagne et volontiers amateur de femmes, sans que pour autant aucun de ses longs-métrages ne soit misogyne. Même si, dixit Marthe Keller, celles-ci sont souvent dépeintes comme des petites pestes.

Pas de problème ! - Blu-ray Gaumont Découverte

D’une femme, il en est également question dans Pas de problème ! (1975) de Georges Lautner puisque ce dernier nous apprend que le film a été fait pour Miou-Miou, fruit d’une volonté « de travailler avec des jeunes » dixit le réalisateur, très influencé par Les Valseuses (1974) dans lequel jouait… Miou-Miou (CQFD). Pour autant, un faciès familier de l’univers lautnerien est présent en tête d’affiche en la personne de Jean Lefebvre qui campe ici pour la troisième fois après Ne nous fâchons pas (1966) et Quelques messieurs trop tranquilles (1972) un personnage dénommé Michalon. Mais les vedettes véritables du film sont bel et bien le trio Miou-Miou / Henri Guybet / Bernard Menez, embringués malgré eux dans une sorte de road-movie abracadabrantesque à la poursuite d’un cadavre débarqué de nulle part suite à une course-poursuite d’ouverture aussi époustouflante (merci Rémy Julienne !) qu’hilarante (j’en pleure encore de rires rien que d’y repenser, NDR). Et si le succès en salles fut au rendez-vous avec 1,8M d’entrées, la suite se révèle davantage en dent en scie et n’égale pas le niveau des précédents longs-métrages du « cinéma de papa » de Lautner comme le qualifiait François Truffaut. Qu’importe puisque le mot de la fin revient au réalisateur mythique des Tontons flingueurs qui déclare : « On était heureux, on avait envie de déconner ».

F... comme Fairbanks - Blu-ray Gaumont Découverte

« Heureux » n’est ici pas du tout le terme qui sied à F… comme Fairbanks (1976), huitième et dernier long-métrage de cette huitième vague Blu-ray Gaumont Découverte. Et pour cause, le film y aborde frontalement la thématique du chômage, sujet tabou pour l’époque (contrairement à aujourd’hui : cf. le succès du magistral La Loi du marché) comme nous le rappelle le documentaire La ballade de Fairbanks. Une remise dans le contexte qui explique sans doute, en partie, l’échec du film en salles (à peine 460 000 entrées). Pourtant, une fois n’est pas coutume, Patrick Dewaere explose littéralement à l’écran dans le rôle de ce jeune ingénieur qui doit se résigner à accepter des « petits boulots alimentaires » tandis que, côté cœur, il s’éprend d’une jeune comédienne prénommée Marie interprétée par Miou-Miou. Capable de passer de l’exubérance amoureuse la plus totale à la déprime professionnelle la plus profonde au travers de son personnage-titre, l’histoire dévoilée à l’écran de F… comme Fairbanks est aussi celle qui se tramait en coulisses puisque le couple Dewaere / Miou-Miou qui venait d’avoir une petite fille, Angèle, en 1974 était en pleine séparation lorsque débuta le tournage. Comme le relate Jean-Michel Folon dans le doc suscité, les deux comédiens « ne jouaient pas, ils vivaient le film ».

Notons pour finir qu’il sera possible d’apercevoir le temps d’une scène des comédiens encore totalement inconnus à l’époque : Gérard Jugnot dans le rôle d’un serrurier dans Pas de problème !, Christian Clavier et Thierry Lhermitte dans les rôles respectifs d’un serveur de café et d’un cadre qui pète un plomb à pôle emploi dans F… comme Fairbanks.

Autre acteur incontournable du paysage cinématographique et de l’édition vidéo hexagonal, Gaumont poursuit donc avec cette huitième vague Blu-ray Gaumont Découverte son travail de remise en avant de son catalogue dit « de patrimoine » des longs-métrages français. Techniquement, le résultat est toujours de bon aloi, tant au niveau de l’image avec des masters magnifiques de propreté et tous encodés en AVC 1080/24p dans leur format d’origine 1.66 (à la seule exception de Arsène Lupin contre Arsène Lupin, tourné en scope 2.35), que du son avec des pistes françaises DTS-HD Master Audio 2.0 mono à la fois limpides et dynamiques. Quelques fléchissements qualitatifs sont néanmoins décelables ici et là, comme par exemple sur la bande son du Monte-Charge où pas mal de souffle s’immisce à maintes reprises. Un constat d’autant plus audible que le film comporte de nombreux silences (cf. le souhait du réalisateur évoqué ci-dessus de faire un long-métrage avec le moins de dialogues possibles). Parmi les autres désagréments manifestes, on relèvera également une définition affaiblie au cours de la deuxième moitié d’Arsène Lupin contre Arsène Lupin par opposition à la première moitié du film. Enfin, côté bonus, fidèle à ses bonnes vieilles habitudes, l’éditeur propose sur chaque titre une présentation du film concocté tout spécialement pour la sortie Blu-ray ou bien reprise des précédentes éditions DVD comme pour Pas de problème ! ou F… comme Fairbanks.

Collection Blu-ray Gaumont Découverte – Vague n°8

Éditeur : Gaumont Vidéo
Date de sortie : 26 août 2015

Katia (1959)
Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 36min 24s

Bonus (en HD) :
– Présentation du film par Jean Pieuchot et Ulli Pickardt (10min 24s)

Captures Blu-ray – Katia

Katia - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

Signé Arsène Lupin (1959)
Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 39min 35s

Bonus (en HD) :
– Présentation du film par Jacques Derouard (10min 25s)

Captures Blu-ray – Signé Arsène Lupin

Signé Arsène Lupin - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

Arsène Lupin contre Arsène Lupin (1962)
Spécifications techniques :
– Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 51min 38s

Bonus (en HD) :
– Présentation du film par Jacques Derouard (10min 25s)
– Bande-annonce (3min 28s)

Captures Blu-ray – Arsène Lupin contre Arsène Lupin

Arsène Lupin contre Arsène Lupin - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

Le Monte-charge (1962)
Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 26min 25s

Bonus (en HD) :
– Présentation du film par Marcel Bluwal (23min 47s)

Captures Blu-ray – Le Monte-Charge

Le Monte-charge - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

Un monsieur de compagnie (1964)
Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 31min 59s

Bonus (en HD) :
– Philippe de Broca, une philosophie du travail (21min 38s)

Captures Blu-ray – Un monsieur de compagnie

Un monsieur de compagnie - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

Les Caprices de Marie (1970)
Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 32min 31s

Bonus (en HD) :
– Entretien avec Marthe Keller (9min 57s)
– Bande-annonce (4min 20s)

Captures Blu-ray – Les Caprices de Marie

Les Caprices de Marie - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

Pas de problème ! (1975)
Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 43min 04s

Bonus (en HD) :
– Présentation du film par Georges Lautner et Jean-Marie Poiré (15min 13s, SD)
– Bande-annonce (1min 38s)

Captures Blu-ray – Pas de problème !

Pas de problème ! - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

F… comme Fairbanks (1976)
Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
– Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
– Durée : 1h 48min 20s

Bonus (en HD) :
– La ballade de Fairbanks (17min 17s, SD)
– Bande-annonce (2min 30s)

Captures Blu-ray – F… comme Fairbanks

F... comme Fairbanks - Packshot Blu-ray Gaumont Découverte

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