Warcraft : Le commencement (2016) de Duncan Jones – Capture Blu-ray

Warcraft en Blu-ray 4K : Le Game of Thrones du pauvre

Attendu tel le messie par les joueurs du monde entier depuis près d’une décennie (l’annonce du projet remonte à mai 2006), Warcraft le film, baptisé en France Warcraft : Le commencement, aura finalement accouché d’une souris au box-office, exception faite d’une ou deux contrées où l’engouement en salles aura été (nettement) plus marqué. La sortie en vidéo dans pas moins de quatre déclinaisons distinctes (DVD, Blu-ray, Blu-ray 3D et Blu-ray 4K Ultra HD) nous donne l’occasion de revenir sur ce non-phénomène qui, il faut bien le reconnaître, souffre de la concurrence en matière de créations cinématographiques et télévisuelles ancrées dans l’univers de l’heroic fantasy mais également d’une édition 4K UHD que nous qualifierons de « bizarroïde ».

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Warcraft : Le commencement (2016)

Réalisateur : Duncan Jones
Éditeur : Universal Pictures Vidéo
Sortie le : 11 octobre 2016

Notes :
– Image (Blu-ray 1080p) : 4,5/5
– Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 3/5
– Son : 4,5/5
– Bonus : 2,5/5

 

NB : Les captures illustrant cet article sont issues du Blu-ray 1080p.

Warcraft : Les mauvais comptes font les mauvais ennemis

Commençons donc par revenir sur ces fameux chiffres. Selon le très respectable et respecté Box Office Mojo, le budget de Warcraft s’élève à $160M. Une somme certes rondelette mais « dans la norme » pourrait-on dire pour un blockbuster estival hollywoodien dont la fourchette actuelle se situe aux alentours des 200 millions. À titre de comparaison, d’autres cuirassés de guerre yankees sortis au cours de l’été 2016 tels que Star Trek sans limites, Batman v Superman : L’aube de la justice ou encore Suicide Squad affichent des budgets allant de $175M à $250M. À cette somme s’ajoute bien sûr les coûts marketings qui, pour de tels longs-métrages oscillent entre 30 et 50% du budget de prod. Ce qui nous amène donc à une ardoise totale fluctuant entre $210M et $240M. Pour être rentable, un film doté d’une telle enveloppe budgétaire doit aller chercher au bas mot les $600M de recettes au box-office mondial. Et encore, dans sa vision la plus pessimiste. Et c’est là où le bât blesse dans le cas de Warcraft puisque le film n’a engrangé « que » $433M de recettes en tout et pour tout, soit à peine le double des dépenses engagées. Pire encore, aux États-Unis le film a fait un flop retentissant avec seulement $47M de recettes. En réalité, le film a été sauvé du bouillon grâce à un seul pays, la Chine, où il a amassé $220M.

Warcraft : Le commencement (2016) de Duncan Jones - Capture Blu-ray

Est-ce à dire qu’il y a davantage d’amateurs de Warcraft en Chine que dans le reste du monde ? Ou bien que la présence au générique d’un acteur chinois, Daniel Wu à la carrière hongkongaise aussi prolifique que populaire, explique un tel succès ? Inutile de le chercher dans le film, vous ne le reconnaîtrez pas puisqu’il interprète le personnage de Gul’dan, le « méchant orc » de l’histoire, dont la performance a été enregistrée en mocap (comme tous les autres comédiens interprétant un orc dans le film d’ailleurs). Quoi de plus normal après tout puisque l’épouse du comédien, grande amatrice du jeu, a encouragé son mari à accepter le rôle. Plusieurs autres protagonistes, devant ou derrière la caméra, sont également de grands fans du jeu de chez Blizzard qui a pris au demeurant une part active dans la production, notamment au niveau de toute l’iconographie et du design (décors, costumes, créatures, etc.). Tous ces éléments sont passés en revue au sein des suppléments, sympathiques mais plus proches de featurettes promo qu’autre chose car ne prenant jamais la peine d’approfondir chacun des sujets évoqués au-delà du montage habituel entre extraits des coulisses et d’entretiens en compagnie des différents artisans.

Warcraft : Le commencement (2016) de Duncan Jones - Capture Blu-ray

L’un d’entre eux n’est autre, bien sûr, que le maître d’œuvre du projet, le réalisateur Duncan Jones, fils du regretté David Bowie à la ville et connu jusqu’ici pour ses deux précédents longs-métrage de SF, les très réussis Moon (2009) et Source Code (2011). Dixit les producteurs de Warcraft, c’est lui qui est venu débloquer un projet quelque peu embourbé au stade du scénario. Et Duncan Jones de préciser : « Je voulais faire un film qui se tienne. Et il tient la route parce que c’est un film de guerre qui permet au spectateur de sympathiser et de comprendre ceux qui sont des gens bien, ou dans le cas de Durotan, de bons orcs, qui sont poussés dans un conflit contre les humains, qui semblent bons eux aussi ». Bon, vous l’aurez compris, le scénar ne brille pas vraiment pas son originalité et la scène d’ouverture est d’ailleurs là pour placer sur un même pied d’égalité les néophytes et les fans de la première heure (le premier jeu Warcraft remonte à 1994 tandis que l’engouement communautaire a pris son véritable essor avec l’arrivée de World of Warcraft en 2004 au point de mettre à plat les serveurs de Blizzard comme nous le rappelle là-encore l’un des bonus). La scène en question montre un orc armé d’un gigantesque marteau à faire passer celui d’un certain Thor pour un hochet pour gosse de six mois et un humain armé d’une non moins impressionnante épée se mettre joyeusement sur la tronche. S’ensuit une scène où les orcs emmenés par leur chef Gul’dan sont contraints de quitter leur terre natale en pleine décrépitude pour débarquer, via un gigantesque portail spatio-dimensionnel verdâtre, sur les terres gouvernées par le roi Wrynn (Dominic Cooper) où vivent en harmonie toutes les peuplades. On a alors droit à deux heures d’alliances, de trahisons, de batailles plus ou moins rangées et autres incantations aux quatre coins de la contrée en question aux milles et unes merveilles, terrestres ou célestes, le tout avec pour fil rouge conducteur un certain Fiel, que l’on pourrait résumer comme une sorte de fluide énergique qui confère une puissance incommensurable à ceux qui l’utilisent mais qui n’en est pas moins synonyme de mort, de chaos et de corruption.

Warcraft : Le commencement (2016) de Duncan Jones - Capture Blu-ray

C’est d’ailleurs à partir de ce postulat de départ que Warcraft le film part un peu dans toutes les directions à trop vouloir poser son univers tout en faisant rentrer au chausse-pied tous ses enjeux et ses personnages en deux heures chrono. On dira ce qu’on voudra de la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson (interminable, ampoulée, etc.) mais on ne saurait lui retirer le mérite d’avoir parfaitement su poser tout son univers au cours des trois heures (dans sa version salles) que dure le premier opus. Ce que ne parvient nullement à faire le long-métrage de Duncan Jones, n’en déplaise à ce dernier dont la déclaration ci-dessus est de facto mise en porte-à-faux. On passe ainsi d’un lieu à l’autre et d’un personnage à l’autre en un claquement de doigts au cours de saynètes dont la durée excède rarement les quelques minutes qui ne nous laisse jamais vraiment le temps de nous immerger complètement au cœur des enjeux. Un constat qui rappelle ici les deux saisons les plus faiblardes (les 3e et 4e) de la néanmoins autrement plus aboutie Game of Thrones. Un parallèle en défaveur de Warcraft qui se trouve d’ailleurs renforcé dès l’apparition de l’écran-titre accompagné d’une partition signée Ramin Djawadi dont les réminiscences musicales ne seront pas sans rappeler là-encore celles de la très populaire série de HBO. N’en déplaise aux fans, à commencer par les français (1,7M d’entrées en salles dans l’Hexagone, l’un des rares pays où le film a bien marché en dehors de la Chine), aux termes des deux heures que dure le film, Warcraft souffre in fine atrocement de la concurrence avec les adaptations cinématographiques et télévisées des romans de J.R.R. Tolkien et George R. R. Martin.

« La communauté de Warcraft attend la sortie du film depuis très longtemps. Et ils l’ont mérité » déclare Duncan Jones tout en précisant « S’ils vont voir le film et qu’ils se disent Ouais, c’est ce que j’aime à propos de Warcraft. Ce serait une victoire pour moi ». De son côté, le producteur Chris Metzen précise « Je crois que nous avons les fans les plus passionnés au monde ». En découvrant l’euphorie de ceux-ci, tous hyper excités et grimés, qui se réunissent autour d’évènements tels que la mythique Blizzcon au sein de la petite featurette intitulée La communauté de Warcraft, cette passion ne fait aucun doute. Mais comment expliquer alors le manque patent d’engouement pour la déclinaison cinématographique de la légendaire saga de Blizzard (qui tente désormais une toute nouvelle licence avec l’arrivée cette année de Overwatch) ? Un mauvais bouche à oreille ? Sans doute. Toujours est-il qu’on ne pourra s’empêcher de venir ranger Warcraft le film sur la (très) large étagère des adaptations ratées de jeux vidéo au cinéma. Ce commencement sera-t-il la première pierre d’une saga aussi longue que sa déclinaison vidéoludique ? Aux dernières nouvelles, rien n’est moins sûr puisque aucune suite n’a encore été officialisée.

Warcraft : Le commencement (2016) de Duncan Jones - Capture Blu-ray

Warcraft : Un Blu-ray 4K bizarroïde

Pour l’heure, les fans et/ou ceux qui voudraient voir l’étendue des dégâts pourront toujours (re)voir le film par l’entremise de l’une de ses nombreuses déclinaisons vidéo. Dans notre cas, nous avons bien entendu jeté notre dévolu sur le fin du fin à l’heure actuelle en matière de home-cinéma, à savoir la version Blu-ray 4K Ultra HD de Warcraft qui marque officiellement l’entrée en matière d’Universal sur ce format en France. L’édition en question prend la forme d’un combo Blu-ray + Blu-ray 4K UHD renfermant les différents bonus évoqués ci-dessus sur la première galette, la seconde étant dépourvue d’interactivité. C’est peut-être la présence de ces différents suppléments sur le disque Blu-ray qui explique le manque de place pour inclure la même VF Dolby Atmos 7.1 que l’on trouve sur le Blu-ray 4K et qui fait jeu égal (voire se révèle un peu plus punchy par endroits) avec la VO proposée dans le même format. Car sur le Blu-ray, la VF doit en effet se contenter d’une piste DD 5.1 qui pour le coup ne peut rivaliser avec la VO Dolby Atmos 7.1 proprement ravageuse. À condition d’apprécier pareille bande son un tant soit peu rentre-dedans et qui, à l’image du film à proprement parlé, ne fait pas vraiment dans la dentelle mais parvient néanmoins à exploiter comme il se doit les différents canaux disponibles lorsque la situation l’y invite.

Warcraft : Le commencement (2016) de Duncan Jones - Capture Blu-ray

Visuellement parlant, le rendu vidéo est tout aussi impressionnant bien que là-encore non exempt de quelques menues réserves. Le souci ne se situe pas tant au niveau du master employé ou bien de l’encodage, tous deux admirables, que de certains trucages. À l’instar de longs-métrages tels que le Avatar de James Cameron, rares sont en effet les plans de Warcraft n’ayant pas fait l’objet d’un passage par la case « trucage numérique ». Un travail titanesque et dans son ensemble particulièrement réussi qui ravira « Les joueurs qui vont faire très attention aux détails » dixit l’acteur Michael Adamthwaite, mais dont l’hétérogénéité n’en fait pas moins ressortir de façon plus ou moins prégnantes les artifices numériques sur certains plans et/ou certaines scènes, aussi bien dans sa déclinaison 1080p que 2160p. Ce dernier format, généralement supérieur à son prédécesseur, souffre néanmoins d’un tout autre problème, inédit à ce jour (à tout le moins parmi les différents titres que nous avons été amenés à chroniquer jusque-là) dans le cas de Warcraft. Pour cela, il suffit de se rendre au tout début du chapitre 2 (le chapitrage est identique entre le Blu-ray et le Blu-ray 4K UHD, facilitant de facto la comparaison) et plus spécifiquement sur la séquence dans les profondeurs de la citadelle baptisée Ironforge. Au cœur de cette gigantesque voûte où le métal en fusion coule à flot, l’image se retrouve de fait baignée dans des teintes rougeoyantes et chaleureuses… à tout le moins en Blu-ray car si l’on bascule alors sur le Blu-ray 4K UHD, on se retrouve alors face à des teintes autrement plus froides. Conséquence ou non d’une telle différence, la rutilance de l’armure arborée par le nain (dit aussi homme de petite taille / NDSG) n’a elle aussi plus rien à voir entre les deux formats, la version UHD apparaissant alors plus terne que la version HD. Un exemple parmi tant d’autres qui se trouvera vérifié à plusieurs autres reprises au cours des 120 minutes que durent le film et qui amène à s’interroger sur les raisons pouvant expliquer des variations aussi flagrantes : master à la colorimétrie différente ? Encodage ? Toujours est-il que les mérites du fameux procédé HDR supposé booster le rendu des couleurs se retrouvent en quelque sorte « inversés » dans le cas présent. Un point déjà souligné par certaines reviews américaines et qui se vérifie sur l’édition française (quoi de plus normal après tout puisque les disques UHD de majors hollywoodiennes sont produits pour l’international ?) mais qui, pour le coup, mériterait une explication technique un tant soit peu plus approfondie mais que nous sommes bien incapables pour l’instant d’en donner la raison.

NB : On vous rassure, les autres Blu-ray 4K Ultra HD édités par Universal que nous avons déjà reçu à la rédac, à commencer par Oblivion, ne sont pas concernés par un tel phénomène.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Warcraft : Le commencement – Édition Blu-ray 4K Ultra HD

Résumé : Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs : des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie…

Disque 1 : Le film en Blu-ray 4K Ultra HD

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40:1 encodée en HEVC 2160/24p
  • Langues : Anglais & Français Dolby Atmos 7.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 2h 03min 07s

Bonus :

  • Aucun
Disque 2 : Le film en Blu-ray

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais Dolby Atmos 7.1, Français DD 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 2h 03min 07s

Bonus (HD et VOSTF) :

  • Scènes coupées / Version longue (13min 57s)
  • Bêtisier (3min 25s)
  • World of Warcraft sur pellicule :
    • L’histoire de l’origine (4min 54s)
    • L’univers de talent (5min 35s)
    • L’univers des effets spéciaux (5min 09s)
    • Équiper un univers (6min 16s)
    • L’univers de la capture de mouvement (6min 50s)
    • L’univers des cascades (5min 06s)
  • La communauté de Warcraft (6min 36s)
  • Warcraft : liens de fraternité, le motion comic (53min 47s)
  • Warcraft : L’expérience Madame Tussauds (7min 32s)
  • ILM : Derrière la magie de Warcraft (2min 59s)
  • La bande-annonce de Warcraft – 2013 (2min 23s)

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