Ghost in the Shell (2017) de Rupert Sanders - Blu-ray 4K Ultra HD

Ghost in the Shell : Scarlett en 4K

Après une carrière en salles décevante, l’adaptation live de Ghost in the Shell nous revient aujourd’hui dans une édition Blu-ray 4K Ultra HD de tout premier choix. Ou presque…

Ghost in the Shell (2017) de Rupert Sanders - Packshot Blu-ray 4K Ultra HD
Achetez sur Amazon
Ghost in the Shell (2017)

Réalisateur : Rupert Sanders
Éditeur : Paramount Home Entertainment
Sortie le : 31 juillet 2017
 
Notes :
– Image (Blu-ray 1080p) : 5/5
– Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 4,5/5
– Son : 4,5/5
– Bonus : 2/5

 

NB : Les captures de cet article sont issues du Blu-ray 1080p.

Ghost in the Shell : Ça bug

Nous ne reviendrons pas sur notre appréciation de la chose mais si vous y tenez vraiment, nous vous invitons à relire notre très longue prose ainsi que l’article tout aussi fourni sur le manga originel signé Masamune Shirow sans oublier bien sûr l’adaptation animée signée Mamoru Oshii. À la place, nous allons nous adonner à un autre exercice dont nous raffolons tout particulièrement à DC, celui qui consiste à « faire les comptes » comme on dit.

Ghost in the Shell (2017) de Rupert Sanders - Capture Blu-ray

Commençons par un rapide coup d’œil sur les baromètres Rotten Tomatoes ou encore Metacritic qui oscillent autour des 50%, soit des chiffres peu ou prou en phase avec notre propre notation. Mais comme toujours, le client est roi et c’est in fine le public qui aura décidé du sort final de ce Ghost in the Shell en prise de vues réelles. Et pour le coup, les scores s’avèrent tout de suite nettement moins probants. Jugez plutôt : le budget de production du film s’élève à $110M, une coquette somme certes mais finalement dans la moyenne basse pour un blockbuster hollywoodien dont les coûts actuels se situent plutôt dans la tranche $150M – $200M (une broutille dans le monde du foot d’aujourd’hui / Note d’un supporter du PSG de retour de vacances). À ces $110M de départ, il convient ensuite d’y ajouter le coût marketing qui, à en croire cet article, ferait alors grimper l’ardoise finale à quelques $250M ! Oui, vous avez bien lu et il n’y a guère besoin d’être un génie en maths pour conclure que la campagne marketing aurait coûté $140M. Soit encore plus que la production du film elle-même ! Là où les financiers ont commencé à bouffer leurs cravates, c’est que Ghost in the shell n’a rapporté « que » $170M au box-office mondial (dont un bien famélique $40M sur les terres de l’Oncle Sam). On vous laisse faire le calcul des pertes enregistrées. Selon les chiffres de Box Office Mojo, derrière les États-Unis, on trouve la Chine ($30M, quoi de plus normal puisqu’une partie non négligeable des capitaux viennent de l’Empire du Milieu) suivi du Japon ($9M, quoi de plus normal là encore puisqu’il s’agit des terres natales de Ghost in the Shell), de la Russie ($8,5M) et de la France ($8,2M) qui referme ce « top 5 » des recettes en salles.

Dans l’Hexagone, cela se traduit certes par un très respectable million d’entrées qui reste toutefois à relativiser au regard des 654 copies mises en circulation (à comparer aux 115 000 entrées sur 41 copies de l’adaptation de Mamoru Oshii sortie en France vingt ans plus tôt). Est-ce le rouleau compresseur marketing, l’attrait du public français pour les mangas, la cyber-technologie, Scarlett Johansson ou bien un peu de tout cela qui explique un tel score ? Au regard des 5,2M du très mauvais Lucy (2014) signé Luc Besson qui reste à date la meilleure perf de l’actrice dans l’Hexagone, on serait tenté de pencher pour la dernière solution.

Ghost in the Shell (2017) de Rupert Sanders - Capture Blu-ray

Ghost in the Shell : La 4K qui débugge

Tous ceux qui souhaiteraient (re)découvrir la plastique de l’actrice dans la peau du Major Kusanagi pourront le faire par l’entremise de cette déclinaison en Blu-ray 4K Ultra HD, globalement très réussie mais néanmoins perfectible. En effet, comme le précise le directeur de la photographie, Jess Hall, dans cette interview, Ghost in the Shell a été filmé à l’aide de caméras Arri Alexa 65 à une résolution de 5K. Oui mais voilà, une fois de plus, toute la chaîne de production n’a pas suivi avec à l’arrivée un digital intermediate en 2K. Autant dire une sacrée dégringolade et une belle occasion manquée pour la Paramount de briller au firmament du support. Non que le résultat à l’écran soit raté, loin de là, car le rendu en met vraiment plein la vue jusque dans les très nombreux effets spéciaux infographiques (rajoutés en post-production comme l’attestent les différentes vidéos du tournage sur fond vert que l’on peut découvrir au sein des bonus) et qui pour le coup passent plutôt bien le cap de la 4K là où ces derniers ont souvent tendance à laisser percevoir une certaine « artificialité » des trucages à une telle résolution. Point de tout cela ici sinon dans des proportions nettement moins perceptibles qu’à l’accoutumé et c’est donc devant un rendu d’une très grande précision auquel nous convie cette image 4K tandis que la gestion des couleurs, rehaussés par le procédé HDR, permettra d’apprécier d’autant mieux une palette colorimétrique dans des teintes globalement très sombres. Notons à ce sujet qu’à l’instar d’un film comme Impitoyable, de très nombreuses séquences se déroulent en (très) basse luminosité et risquent donc bien de montrer les limites en la matière de nombreux téléviseurs 4K (à l’heure actuelle, seuls les diffuseurs à base de technologie OLED ou QLED seront les plus à l’aise dans ce domaine). Il n’en reste pas moins vrai que certains passages ne creusent pas outre-mesure un écart abyssal entre le rendu 1080p et 2160p dont la raison est sans conteste à aller chercher du côté de ce fameux digital intermediate 2K. Une belle occasion manquée qu’on vous dit. Précisons également que, comme bien souvent de la part de Paramount, le film est présenté ici dans un format 1.78:1, soit un très léger recadrage par rapport au ratio 1.85:1 originel tandis que la version 3D (post-convertie et que nous avions découvert ainsi en salles) n’est pas proposée ici.

Ghost in the Shell (2017) de Rupert Sanders - Capture Blu-ray

Côté son, Ghost in the Shell envoie là encore du lourd, du très lourd même. Quasi omniprésentes, les musiques signées Clint Mansell (compositeur attitré de Darren Aronofsky) et Lorne Balfe (qui a œuvré sur certains longs-métrages de Christopher Nolan et collaboré à plusieurs reprises avec Hans Zimmer) s’immiscent dans toutes les voix avec force dynamisme et descentes dans le bas du spectre acoustique tandis que les différentes séquences d’action permettront aux home-cinéphiles d’éprouver la puissance de leur installation (en même temps que les nerfs de leurs voisins). À défaut de subtilité, le résultat s’avère diablement efficace. À condition toutefois d’opter pour la piste anglaise, la seule à bénéficier d’un encodage en Dolby Atmos là où la piste française doit comme toujours se contenter d’un simple Dolby Digital 5.1 qui ne pourra évidemment rivaliser. Same old same old comme diraient les anglo-saxons.

Ghost in the Shell (2017) de Rupert Sanders - Capture Blu-ray

Refermons ce papier avec les bonus qui, bien que concoctés par un spécialiste de cet exercice, le bien nommé Laurent Bouzereau, ne s’élèvent guère au-delà de la featurette promo. Le casting (ainsi que leur préparation physique), les décors et les costumes sont autant d’éléments qui sont bien trop rapidement survolés, tout comme la conception de la ville, mélange de miniatures et d’acteurs filmés en studio, le tout combiné informatiquement pour donner cette cité remplie d’hologrammes géants. Ce mélange de coulisses du tournage et d’interviews seront également l’occasion pour les artisans de réitérer les nobles intentions originelles du projet, tel le producteur Avi Arad qui précise que tout a été fait pour être le plus fidèle possible au manga d’origine ou encore le réalisateur Rupert Sanders qui voit ce film comme « une métaphore intéressante de notre situation actuelle où nous nous laissons consommer entièrement par la technologie ». On pourra également entrapercevoir quelques secondes un certain Mamoru Oshii qui vient nous redire à quel point le rôle du Major sied à la perfection à Scarlett Johansson (une manière également fort habile de balayer la polémique (in)fondée autour du white washing du casting). Tout ceci est bien beau, à l’image de cette édition Blu-ray 4K Ultra HD de tout premier choix, mais n’éclipsera pas pour autant dans le cœur des fans le Ghost in the Shell de 1995.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Ghost in the Shell – Édition Blu-ray 4K Ultra HD

Résumé : Le Major est une humaine unique en son genre : sauvée d’un terrible accident et dotée de capacités cybernétiques, elle est devenue un agent à la tête d’une unité d’élite, chargée de mettre les plus dangereux criminels hors d’état de nuire. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule capable de l’anéantir. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, elle lui a été volée. Rien ne l’arrêtera dans sa recherche de vérité sur son passé : il lui faut désormais trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Disque 1 : Le film en Blu-ray 4K Ultra HD

Spécifications techniques :

  • Image : 1.78:1 encodée en HEVC 2160/24p
  • Langues : Anglais Dolby Atmos, Français DD 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 1h 46min 55s

Bonus :

  • Aucun

Disque 2 : Le film en Blu-ray

Spécifications techniques :

  • Image : 1.78:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais Dolby Atmos, Français DD 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 1h 46min 56s

Bonus (HD et VOSTF) :

  • Humanité sous-jacente : la réalisation de Ghost in the Shell (30min 04s)
  • Section 9 : cyber-protecteurs (11min 29s)
  • Homme et Machine : la philosophie des ghosts (10min 36s)

  Lâchez-vous !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *