Jigsaw (2017) de Michael Spierig & Peter Spierig – Blu-ray 4K Ultra HD

Jigsaw : Metropolitan joue le jeu de la 4K

La saga Saw est une valeur sûre au box-office. Et la France ne fait pas exception puisque chaque épisode oscille aux alentours du demi-million d’entrées. Autant dire une sacrée perf pour des films d’horreur dont la moyenne, à de rares exceptions près (qui a dit Ça ?), se situe très en deçà de tels chiffres. Et l’on devine bien volontiers que l’engouement en vidéo est du même acabit, voire supérieur. C’est sans doute pour toutes ces raisons que Metropolitan s’est (enfin) décidé à se lancer dans le Blu-ray 4K Ultra HD en éditant son tout premier titre sur le support avec Jigsaw, huitième et dernier opus en date de cette franchise très lucrative. Alors en exclusivité interplanétaire (nope, on n’exagère même pas), nous vous proposons ici-même le papier de la mort qui tue qui va bien et qui décortique ce tout premier titre labellisé « Metropolitan ».

Jigsaw (2017) de Michael Spierig & Peter Spierig – Packshot Blu-ray 4K Ultra HD
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Jigsaw (2017)

Réalisateur : Michael Spierig & Peter Spierig
Éditeur : Metropolitan
Sortie le : 1er mars 2018
 
Notes :
– Image (Blu-ray 1080p) : 4,5/5
– Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 4/5
– Son : 4,5/5
– Bonus : 2,5/5

 

NB : Les captures de cet article sont issues du Blu-ray 1080p.

Jigsaw : « Je veux jouer à un jeu »

Et ce jeu consiste précisément, à l’aide du tableau ci-dessous, à faire le récap des chiffres de chacun des opus de cette prolifique saga. D’une part car, tel un Woody Allen du cinéma d’horreur, la franchise Saw se sera agrandi au rythme effréné d’un nouvel épisode annuel de 2004 à 2010 avec une sortie systématiquement calée au moment d’Halloween Outre-Atlantique. D’autre part car les chiffres ci-dessous démontrent très clairement qu’à l’instar de Blumhouse Productions (voir le triomphe de Get Out) et exception faite du septième épisode dont le coût s’est envolé (tournage 3D oblige ?), le ratio budget / recettes en salles est plus qu’appréciable. En France, si le résultat est là aussi plus que correct (exceptionnel pourrait-on même dire) on retiendra surtout pour l’anecdote que Saw III, qui avait « défrayé la chronique » en raison de son interdiction aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles, occupe à date la première place du podium de la saga avec plus de 767 000 entrées. Une « publicité » qui aura donc eu pour effet d’attirer encore davantage les petits curieux avides de spectacle bien sadique.

Saw - Box-office

Car dans l’absolu, ce petit malin de James Wan, réalisateur du tout premier Saw et producteur de toute la franchise, a parfaitement su surfer sur cette attirance du public pour le genre dit du torture porn. Cette façon sadique de torturer (comme son nom l’indique), mutiler et de façon plus générale faire agoniser dans les souffrances les plus déviantes et atroces possibles. Un genre qui ne datait certes pas d’hier puisque dans les années 70/80 on trouvait déjà des films tels que La Dernière Maison sur la gauche (1972) de Wes Craven ou encore Cannibal Holocaust (1980) de Ruggero Deodato. Mais le triomphe du premier Saw aura entrainé une véritable résurgence du genre avec dans son sillage des œuvres similaires aux quatre coins du globe : Hostel (2005) de Eli Roth aux États-Unis, The Human Centipede (2009) de Tom Six en Hollande ou encore A Serbian Film (2010) de Srdjan Spasojevic en Serbie pour n’en citer que quelques-uns. Certains auront fait l’objet d’une suite (Hostel), voire d’une trilogie (The Human Centipede) mais aucune n’aura connu la longévité et le succès des Saw.

Jigsaw (2017) de Michael Spierig & Peter Spierig – Capture Blu-ray

Pour autant, il ne sera pas interdit de regarder ces films d’un œil torve tant les justifications de fond à de telles exactions graphiques sont souvent bien minces tandis que, dans le cas des Saw, chaque nouvel opus tente vaille que vaille de raccrocher les wagons avec le fil rouge narratif de la saga : le fameux Jigsaw, le tueur au puzzle. Cependant, l’avantage avec ce huitième volet, comme il nous l’est par ailleurs précisé au sein des bonus, c’est qu’il n’est nullement nécessaire d’avoir vu les épisodes précédents pour tout comprendre. Ce qui n’est pas plus mal car à la rédac, tout le monde avait lâché l’affaire depuis bien longtemps. Tous sauf un : notre Julio Lopez national que le monde entier nous envie et dont l’esprit déviant se repait avec délectation de chaque nouveau chapitre de la franchise. Pour autant, sitôt le film vu, la sanction est tombe via messenger tel un couperet : « Heu, oui, c’est naze Jigsaw. Limite nul. Suis dégoûté. Les Saw 6 et 7 sont 1000 fois meilleurs ». On ne demande qu’à te croire Julio !

Jigsaw (2017) de Michael Spierig & Peter Spierig – Capture Blu-ray

Metro joue au jeu en 4K

Pour ceux qui souhaiteraient néanmoins s’en payer une tranche, Metropolitan a sorti le grand jeu pour ses débuts dans l’Ultra Haute Définition avec une édition Blu-ray 4K de Jigsaw qui annonce très clairement la couleur, sur le papier tout du moins : image Dolby Vision, son Dolby Atmos et suppléments à l’avenant. À commencer par un making of plus que conséquent de 80 minutes qui revient sur les raisons de cette longue attente entre le 7e et le 8e opus, la célèbre musique signée Charlie Clouser sans oublier bien sûr de passer en revue les différents pièges du tueur-titre. Le commentaire audio du trio de producteurs apporte lui aussi son lot d’éclairage sur les coulisses du film mais sera hélas uniquement destiné aux anglophones puisque non sous-titré.

Jigsaw (2017) de Michael Spierig & Peter Spierig – Capture Blu-ray

Bon, c’est bien beau tout ça mon coco mais l’image et le son, ça donne quoi pour ce premier Blu-ray 4K de Metropolitan ? Eh bien, c’est plutôt du saignant, du bien juteux même. Si l’on pourra regretter comme trop souvent que le master utilisé soit en 2K, force est de constater que le résultat est assez probant avec une belle définition d’ensemble et un gain appréciable par rapport au Blu-ray 1080p. On en entend déjà d’ici qui vont nous ressortir l’argument (marketing ?) que le master ne fait pas tout et que le HDR, c’est mieux. Et ce Blu-ray 4K de Jigsaw de leur donner en partie raison tant l’image encodée en 2160/24p Dolby Vision nous offre un petit festival colorimétrique dès la scène d’ouverture (en plein jour) et jusqu’à sa conclusion (de nuit). Entre les deux, pas mal de rouge bien sûr dans des teintes écarlates du plus bel effet et qui raviront à coup sûr les aficionados de la franchise équipés du matos ad hoc. Reste que cette photographie shootée en numérique et boostée sur le plan de la colorimétrie ne sera pas forcément du goût de tous et que certains continueront sans doute à préférer ces vrais masters 4K scannés et restaurés à partir de cette bonne vieille pelloche 35mm comme ce fut le cas, au hasard, pour Blade Runner, Impitoyable ou bien, plus récemment, Dunkerque (traitez-nous de vieux cons si vous voulez, on assume !).

Jigsaw (2017) de Michael Spierig & Peter Spierig – Capture Blu-ray

Côté son, à l’image du film, la VO Dolby Atmos ne fait pas vraiment dans la dentelle mais a le mérite de se montrer diaboliquement efficace avec du bon gros son qui tache à chaque nouveau piège bien retors du Jigsaw. Haché, tranché, saucissonné, on en passe et des meilleurs tant les malheureuses victimes du serial killer (un quoi ?) finissent tous dans d’atroces souffrances graphiques et sonores. Et si le Dolby Atmos est dévolu à la VO, la piste VF n’est pas en reste puisqu’elle a droit à du Dolby TrueHD 6.1 là aussi du plus bel effet. Les puristes pesteront sans doute devant l’absence d’équité VO / VF mais c’est toujours largement mieux que de simples pistes Dolby Digital ou DTS acoustiquement rachitiques comparées à la VO, non ? Le Blu-ray propose quant à lui une VO Dolby Atmos tandis que la VF est cette fois-ci encodée en DTS-HD Master Audio 5.1 (ne cherchez pas à comprendre le pourquoi d’une telle différence par rapport à la galette 4K !).

Jigsaw (2017) de Michael Spierig & Peter Spierig – Capture Blu-ray

Notons pour finir à l’attention des possesseurs du lecteur Oppo UDP-203 que nous avons rencontré un problème de désyncho image / son sur la VO du Blu-ray 4K UHD. Pour rappel, nous avons configuré notre installation en scindant le signal en deux : la première sortie HDMI du Oppo est reliée au téléviseur pour l’image tandis que la seconde sortie HDMI est reliée à l’ampli pour véhiculer le son. Dans une telle configuration, la désynchro que nous avons constaté était telle que, même en poussant l’option de synchro A/V au maximum proposé par le lecteur (+200ms), celle-ci n’était pas totalement restituée. Précisons avant toute chose que la VF n’est pas impactée. Nous avons alors ressorti notre tout premier lecteur Blu-ray 4K, le Samsung UBD-K8500, également configuré pour scinder l’image et le son sur ses deux sorties HDMI et n’avons pas reproduit une telle désynchro (notons toutefois que, même équipé du dernier firmware en date, le Samsung ne gère pas le Dolby Vision). Une petite recherche sur les différents forums (anglophones) ici et ou bien encore ici et nous a alors appris que le phénomène était bien connu des possesseurs du fameux Oppo et que le constructeur tente de palier à cette problématique au gré des différentes mises à jour. La cause exacte du problème semble toutefois assez difficilement identifiable, certains arguant que les disques de 100Go utilisés pour certains Blu-ray 4K (comme c’est le cas de cette édition de Jigsaw) seraient plus problématique que les disques de 66Go, d’autres que le Dolby Vision serait en cause. Afin d’en avoir le cœur net, nous avons également revérifié nos éditions Blu-ray 4K UHD de Fast & Furious 8 (paru chez Universal) et Spider-Man : Homecoming (paru chez Sony) qui sont également encodés en Dolby Vision, au cas où nous serions passés à côté de quelque chose mais en les réexaminant attentivement, nous n’avons pas constaté de décalage image / son. Un tel phénomène semble donc totalement aléatoire et il n’y a plus qu’à espérer que Oppo parviendra rapidement à résoudre ce problème.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Jigsaw – Édition Blu-ray 4K Ultra HD

Résumé : Après une série de meurtres qui ressemblent étrangement à ceux de Jigsaw, le tueur au puzzle, la police se lance à la poursuite d’un homme mort depuis plus de dix ans. Un nouveau jeu vient de commencer… John Kramer est-il revenu d’entre les morts pour rappeler au monde qu’il faut sans cesse célébrer la vie, ou bien s’agit-il d’un piège tendu par un assassin qui poursuit d’autres ambitions ?

Disque 1 : Le film en Blu-ray 4K Ultra HD

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40 encodée en HEVC 2160/24p Dolby Vision
  • Langues : Anglais Dolby Atmos, Français Dolby TrueHD 6.1
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 1h 31min 56s

Bonus :

  • Aucun

Disque 2 : Le film en Blu-ray

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais Dolby Atmos, Français DTS-HD Master Audio 5.1 & Audiodescription
  • Sous-titres : Français, Français pour sourds et malentendants
  • Durée : 1h 31min 56s

Bonus (HD et VOSTF) :

  • Commentaire audio des producteurs Peter Block, Oren Koules et Mark Burg (VO)
  • L’héritage de Jigsaw (81min 45s)
  • C’est votre choix (6min 30s)

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