Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Blu-ray 4K Ultra HD

Red Sparrow : 4Kamarade Jennifer

Red Sparrow est l’exemple-type du long-métrage dont la campagne marketing mi-figue mi-raisin nous laissait un peu sur le bord de la route. À commencer par sa bande-annonce qui ne laissait transparaître rien de bien transcendant sinon son casting de « récompensés / nominés aux Oscars ». Résultat : le film attira modérément le public et même le retour plutôt enthousiaste de notre compère Sandy Gillet (sur le tard, il faut dire aussi) ne nous avait pas motivé plus que cela pour aller le découvrir en salles alors même que nous n’avions jusqu’ici jamais raté un Jennifer Lawrence au cinéma depuis sa révélation dans le très surestimé Winter’s Bone (2010). La sortie de Red Sparrow dans une édition Blu-ray 4K Ultra HD d’excellente facture aura donc été l’occasion d’une séance de rattrapage en forme de mea culpa.

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Packshot Blu-ray 4K Ultra HD
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Red Sparrow (2018)

Réalisateur : Francis Lawrence
Éditeur : 20th Century Fox
Sortie le : 8 août 2018

Notes :
– Image (Blu-ray 1080p) : 5/5
– Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 4,5/5
– Son : 4/5
– Bonus : 2,5/5

 

NB : Les captures de cet article sont issues du Blu-ray 1080p.

Red Sparrow : Une nouvelle guerre froide qui fait chaud au cœur

C’est en effet peu de dire que les astres n’étaient pas franchement alignés pour attirer le chaland avec un énième récit d’espionnage sur fond de guerre froide, le tout dirigé par un certain Francis Lawrence. Après une dizaine d’année dans le monde des vidéoclips pour plusieurs grands noms de la scène musicale (J. Lo, Aerosmith, Will Smith, etc.), les débuts à Hollywood du bonhomme ne nous avaient pas spécialement impressionnés depuis un sympathique mais foutraque Constantine (2005) jusqu’aux trois derniers opus particulièrement mous du genou de Hunger Games (les bouquins sont quand même un cran au-dessus) en passant par la nouvelle version plutôt décevante de Je suis une légende où d’aucuns lui préféreront Le Survivant (1971) avec Charlton Heston, précédente adaptation du roman de Richard Matheson. Infâmes médisants que nous sommes et grand mal nous en a pris de partir avec de tels a priori tant Red Sparrow est sans doute à date le long-métrage le plus probant de la courte filmographie de Francis Lawrence. Et accessoirement un film d’espionnage qui se pose à contre-courant complet de la surenchère actuelle de tirs, explosions, mandales et courses-poursuites effrénées (qui a dit les Mission : Impossible et autres Jason Bourne ?).

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Capture Blu-ray

Soyons clair : si vous venez ici pour trouver des gadgets high-techs, des bastons ou toutes autres formes de scènes d’action plus spectaculaires les unes que les autres, vous pouvez passer votre chemin. Sur les 2h20 que durent Red Sparrow, on doit compter quatre ou cinq scènes un tant soit peu « costaudes » mais dont la dimension « musclée » n’excède jamais les 60 secondes en tout et pour tout. Ce qui ne signifie pas pour autant que le résultat à l’écran soit indigent ou mollasson. Bien au contraire. Red Sparrow prend ainsi la peine, durant la première demi-heure, de poser les motivations véritables qui conduiront Dominika (le personnage interprété par celle que tout le monde appelle « Jen » dans les bonus) à accepter l’entraînement pour devenir un de ces fameux « moineaux rouges » du titre. À l’heure où la doxa hollywoodienne actuelle est d’exposer en cinq minutes chrono les motivations initiales, (re)trouver un film qui ose enfin prendre le temps d’épaissir la caractérisation de son héroïne fait vraiment plaisir à voir. Si les 1h45 qui suivent présentent un rythme quelque peu hiératique, aucune scène n’est pour autant superflue. Et certainement pas ces quelques séquences « graphiques » qui firent tant parler d’elles et qui vaudront au film sa classification R aux États-Unis pour cause de « violence accentuée, torture, sexe, langage et nudité » (le film a été interdit aux moins de 12 ans en France).

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Capture Blu-ray

Si Jennifer Lawrence y donne effectivement de son corps (quelques captures de cet article vous en donneront un avant-goût bande de pervers lubriques que vous êtes et que nous sommes), Francis Lawrence précisa bien au moment de la sortie que la comédienne « fut la première à découvrir le film en entier mais ne demanda aucune coupe alors qu’elle en avait le pouvoir ». Au sein des bonus, le monteur nous apprend même qu’en raison de la nudité, les rushes quotidiens n’étaient pas envoyés au studio et que deux autres personnes seulement étaient autorisées à pénétrer (pas d’esprit mal placé, merci) dans la salle de montage. Toutefois le sexe n’est qu’un outil, une arme entre les mains de ces moineaux et ne constitue pas une finalité en soi du film qui propose par ailleurs deux ou trois scènes de violence et de torture pour lesquelles il faudra avoir le cœur bien accroché. Le mérite en revient là-encore à une intrigue qui aura pris le temps de laisser le spectateur s’attacher a minima aux personnages. À commencer par celui interprété par Jen, entouré d’un casting cinq étoiles (moi j’avais dit 4, mais c’est pas grave / NDSG) dont on regrettera juste pour certains une présence restreinte à l’écran.

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Capture Blu-ray

Est-ce cette lente empathie pour son héroïne, son pendant graphique ou encore son absence quasi-totale d’action qui auront valu à Red Sparrow un accueil en salles pour le moins timoré ? Avec un budget de production estimé à $69M (dont $15M pour Jen), le film n’aura rapporté « que » $46M aux États-Unis, $151M dans le monde et 827 000 entrées en France (sur 334 copies). Autant dire des scores sans communes mesures avec les précédents longs-métrages du réalisateur et de la comédienne. À ce tarif-là, il n’est pas dit que le studio Fox sera prêt à rempiler pour les deux autres tomes de la série Dominika Egorova et Nate Nash. Dommage tant ce Red Sparrow, bien qu’imparfait, laisse entrevoir une nouvelle forme de récit d’espionnage à même de faire souffler un vent de fraicheur dans un genre devenu bien trop balisé.

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Capture Blu-ray

Red Sparrow en 4K : Petit moineau deviendra grand

Quant à ceux qui ne prendraient pas forcément tout cela au sérieux, ils seront bien avisés de jeter un coup d’œil sur Une nouvelle Guerre Froide : Genèse et adaptation. Ancien agent de la CIA pendant 30 ans, l’auteur du roman Jason Matthews y précise qu’une véritable école de moineaux exista dans les années 50/60 à Kazan sur les rives de la Volga et que tout ce qui a trait de près ou de loin au monde de l’espionnage dans son livre et in extenso dans le film est rigoureusement vrai et même approuvé par la CIA avant publication afin de ne pas divulguer des méthodes top secrètes. Mais dans l’ensemble, la plupart des informations distillées au sein des suppléments sont soit superflues (la post-production et notamment le montage, le sound design ou encore les musiques sont totalement survolés) soit consensuelles (la featurette sur le casting où tout le monde il est beau, tout le monde il est le meilleur).

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Capture Blu-ray

Pour une fois, l’un des suppléments les plus intéressants sera à chercher du côté de la dizaine de scènes coupées, certaines proposant un approfondissement là encore plus qu’appréciable, telle la séquence où Dominika apprend qu’elle est congédiée de la troupe de danseuses, le tout expliqué avec moult détails par Francis Lawrence dans les commentaires audio optionnels : où se trouve la scène au sein du récit et pourquoi elle a été coupée. Le commentaire audio du réalisateur proposé sur le film sera l’autre bonus de choix, le bonhomme y apportant précisément pas mal d’explorations enrichissantes qui font défaut aux 90 minutes de featurettes. Comme cette anecdote où il explique que la blessure de l’héroïne lors de la scène d’ouverture est reprise de celle survenue au gymnaste français Samir Aït-Saïd lors de l’épreuve de saut aux J.O. de Rio (âmes sensibles s’abstenir).

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Capture Blu-ray

Une scène d’ouverture qui donnera par ailleurs le LA en matière de qualité visuelle. À partir d’un master 4K natif, l’image au format respecté 2.40:1 encodée en HEVC 2160/24p HDR10 laisse en effet éclater un rendu en tout point excellent. Au cours de ces dix minutes introductives qui alternent l’intérieur chaleureux et richement coloré du Bolchoï (pour faire connaissance avec Dominika Egorova) et les extérieurs froids et nocturnes (pour faire connaissance avec Nate Nash interprété par Joel Edgerton), l’image et a fortiori l’encodage HDR nous donnent déjà un avant-goût de la magnifique lisibilité qui nous attend pour les deux heures suivantes au cours desquelles la précision du rendu sera très rarement prise à défaut. Dépourvu de « shaky camera comme pour les Jason Bourne » comme précisé dans le bonus Techniques d’espionnage : Une approche authentique, la précision de la mise en scène trouve ici un magnifique écrin, tout comme la garde-robe de l’héroïne constituée de couleurs essentiellement vives alors que les autres personnages portent des vêtements plus sombres comme le précise la responsable des costumes au sein de ce même supplément. Les plans larges sur des étendues recouvertes de neige, les différents intérieurs / extérieurs filmés majoritairement dans des lieux véritables à Budapest (Hongrie) ou encore les pièces d’interrogatoires vertes / orangées sont également à l’honneur par la précision de cette image 4K où l’on pourra tout juste regretter un rendu un peu trop lisse à notre goût. On regrettera également que l’image ne soit pas encodée en Dolby Vision bien qu’annoncée comme tel au générique de fin.

Red Sparrow (2018) de Francis Lawrence – Capture Blu-ray

Côté son et comme précisé un peu plus haut, il ne faudra pas s’attendre à une déferlante acoustique tant le mixage de Red Sparrow fait avant tout dans la subtilité et la sobriété. Pour autant, les partitions signées James Newton Howard sont superbement mises à l’honneur et profitent d’une belle amplitude musicale tandis que moult bruits ambiants viennent se nicher dans les différentes enceintes lors des scènes de lieux publics. Mais ce sont bien les dialogues, parfaitement mis en avant en toutes circonstances, qui constituent le morceau de choix de cette bande son. À condition bien sûr de faire preuve d’un minimum d’indulgence artistique sur le fait que les protagonistes s’expriment tous en anglais avec un accent russe souvent ridicule. Et si la VO Dolby Atmos du Blu-ray 4K (DTS-HD Master Audio 7.1 sur le Blu-ray 1080p) aura une nouvelle fois notre préférence, tant sur le plan artistique que technique, la VF DTS 5.1 ne démérite pas pour autant puisqu’il n’y a pas débauche de décibels à même de faire déplacer votre voisin avec par ailleurs et une fois n’est pas coutume, un travail des doubleurs français plus qu’honorable.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Red Sparrow – Édition Blu-ray 4K Ultra HD

Résumé : Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après un « accident » sur scène, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents. Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.

Disque 1 : Le film en Blu-ray 4K Ultra HD

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40:1 encodée en HEVC 2160/24p HDR10
  • Langues : Anglais Dolby Atmos, Français DTS 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 2h 20min 14s

Bonus :

  • Commentaire audio de Francis Lawrence

Disque 2 : Le film en Blu-ray

Spécifications techniques :

  • Image : 2.40:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais DTS-HD Master Audio 7.1, Français DTS 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 2h 20min 13s

Bonus (HD et VOSTF) :

  • Commentaire audio de Francis Lawrence
  • Une nouvelle Guerre Froide : Genèse et adaptation (12min 42s)
  • Agents provocateurs : Le casting (15min 21s)
  • Techniques d’espionnage : Une approche authentique (13min 28s)
  • Au cœur de la tempête : Sur le tournage (10min 56s)
  • Bienvenue au centre de formation des moineaux : Ballets et cascades (12min 12s)
  • La mosaïque des besoins : Post-production (14min 08s)
  • Scènes inédites avec commentaire optionnel de Francis Lawrence (12min 20s)

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