Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Blu-ray 4K Ultra HD

Cloverfield : 4K footage

Comme le temps passe ! Sans s’en rendre compte, cela fait déjà dix ans que Cloverfield a provoqué son petit effet lors de sa sortie dans les salles obscures en 2008. À l’époque, le scénariste, le réalisateur et la boîte de production derrière ce long-métrage sont tous quasi inconnus, à moins d’être un féru de la petite lucarne. Dix piges plus tard, tout ce petit monde occupe désormais une place prépondérante dans le microcosme du Septième Art. La sortie d’une édition Blu-ray 4K Ultra HD honorable à défaut d’être transcendante était donc l’occasion rêvée de se replonger dans les coulisses de ce found footage aux allures de blockbuster (ou l’inverse).

Cloverfield (2008) de Matt Reeves - Packshot Blu-ray 4K Ultra HD
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Cloverfield (2008)

Réalisateur : Matt Reeves
Éditeur : Paramount Home Entertainment France
Sortie le : 23 octobre 2018

Notes :
– Image (Blu-ray 1080p) : 4/5
– Image (Blu-ray 4K UHD 2160p) : 3,5/5
– Son : 4,5/5
– Bonus : 3,5/5

 

NB : Les captures de cet article sont issues du Blu-ray 1080p.

Cloverfield : Matt, Drew & J.J.

Comme nous le révèle Matt Reeves dans le très sympathique commentaire audio, l’idée à l’origine de Cloverfield germa dans le cerveau de J.J. Abrams alors qu’il était au Japon en pleine tournée promotionnelle de Mission : Impossible III, son premier long en tant que réalisateur, en compagnie de son mini-moi et que celui-ci s’extasiait devant les rangées de jouets à l’effigie de Godzilla présents dans les vitrines des magasins. On ne vous fera pas l’affront ici de vous présenter cette créature mythique, fruit du trauma provoqué par les bombardements de Hiroshima et Nagasaki qui n’ont de cesse d’imprégner toute la culture nippone depuis plus de 70 ans maintenant. J.J. fait alors appel à un homme rencontré sur le tournage de sa série Alias (2001 – 2006), Drew Goddard, pour coucher sur le papier le scenario de Cloverfield tandis que pour la mise en scène, il se tourne vers une autre connaissance qu’il côtoie depuis la fac et avec qui il a shooté quelques films en 8mm (dixit le réalisateur dans ce même commentaire audio), Matt Reeves. Si ce dernier s’était déjà fait la main sur petit écran en mettant en boîte différents épisodes de Felicity (1998 – 2002), autre série télé créée par Abrams avant Alias, Reeves réalisait là son tout premier film sur grand écran.

Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Capture Blu-ray

J.J. Abrams y voit également une belle opportunité pour débuter en fanfare son contrat fraichement signé en 2006 entre la Paramount et sa boîte de production Bad Robot qui n’avait jusque-là produit qu’un seul long, le sympathique Une virée en enfer (2001). De son côté Drew Goddard suggéra à Reeves de regarder un autre film sorti tout récemment à l’époque, Les Fils de l’homme (2006), et qui fera un flop au box-office en dépit de critiques dithyrambiques : $70M de recettes internationales pour un budget de $76M. Et si les séquences de guérilla urbaines du joyau signé Alfonso Cuarón auront une influence certaine sur la façon de tourner Cloverfield, le film s’inscrit avant tout dans le sillon d’un genre alors en plein boom, le found footage, suite au véritable phénomène provoqué par un certain Projet Blair Witch (1999) : $248M de recettes au box-office international pour un budget famélique de… $60.000 ! Ce qui, d’après nos informations, le positionne aujourd’hui encore comme le deuxième film le plus rentable de l’histoire du cinéma derrière Paranormal Activity (2007) qui engrangea $193M de recettes pour un budget de $15.000. Rien de tel pour Cloverfield dont le budget notamment dû à ses SDM (Scènes de Destruction Massive) et autres effets spéciaux s’élève quant à lui à $25M. Le film en rapportera $170M en salles dans le monde et enregistrera 840 000 entrées en France.

Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Capture Blu-ray

Si le found footage plaît autant au regard des chiffres du box-office, il sait aussi à merveille titiller la curiosité des amateurs de sensations fortes grâce notamment à des campagnes promotionnelles très bien huilées. À ce titre, la bande-annonce de Paranormal Activity reste sans doute l’une des plus emballantes de l’histoire pour un résultat sur grand écran qui l’était déjà nettement moins. Un constat qui s’applique d’ailleurs quasiment à tous ces films : celui d’un genre roublard sachant provoquer admirablement la curiosité des spectateurs mais qui dans les faits ne va souvent pas bien loin sinon celui de provoquer quelques effets secondaires auprès de certaines personnes : la fameuse cinétose. Pour l’anecdote, le phénomène observé au moment de la sortie ciné de Cloverfield conduira la chaîne de cinémas américaine AMC Theaters à placarder des messages d’avertissements à l’entrée des salles. Loin de provoquer la nausée, la (re)découverte de Cloverfield dix ans plus tard laisse toujours le même sentiment. Celui d’une bande-annonce elle aussi bien aguicheuse qui accouchera d’une œuvre sympathique sachant combiner toutes les influences sus-citées et qui provoque aujourd’hui encore son petit effet lors des fameuses SDM évoquées plus hauts ; le tout sur fond de traumatisme post 11 septembre avec ses effondrements d’immeubles, ses murs de fumée et ses passants apeurés recouverts de cendre.

Mais plus que tout, Cloverfield aura surtout permis de mettre en lumière les trois individus en coulisses que sont J.J. Abrams, Drew Goddard et Matt Reeves. Le premier est aujourd’hui à la tête de l’une des boites qui coproduit deux des franchises phares du Septième Art : Mission : Impossible et Star Wars. Le deuxième s’est illustré depuis en signant les scénarii des sympathiques World War Z (2013) et Seul sur Mars (2015). Quant au troisième trublion de la bande, on lui doit deux des meilleurs films de S.F. depuis des lustres : les excellents La planète des singes : L’affrontement (2014) et La planète des singes : Suprématie (2017). Et rien que pour cela, on a vraiment envie de dire : merci Cloverfield.

Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Capture Blu-ray

Cloverfield : 4K footage

La perspective de (re)découvrir les premières armes de Mat Reeves sur grand écran à l’aune de cette édition Blu-ray 4K de Cloverfield était donc somme toute intrigante. Mais à l’arrivée force est de constater que le passage par la case Ultra HD ne fait pas vraiment de miracle. Et pour cause car faut-il le rappeler, Cloverfield est le fruit d’un tournage HDTV 1080p à l’aide de caméras dites Handycam dixit le réalisateur dans le commentaire audio. Nous ne sommes donc pas tout à fait en présence d’une image 2K (dont la résolution native est pour rappel du 2048x1080p par opposition à la résolution 1920x1080p du Full HD). Bon d’accord, on chipote mais autant dire que nous sommes très loin de la résolution 4K. Et de toute évidence, en comparant l’ancienne édition Blu-ray sortie en 2008 et l’image de la galette 4K, la différence en termes de définition pure ne saute pas spécialement aux yeux. Il y a donc fort à parier que l’éditeur soit reparti du même master qu’il y a dix ans.

Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Capture Blu-ray

De fait, nous sommes ici en présence d’une image au format 1.78:1 encodée en HEVC 2160/24p Dolby Vision. Première petite précision, comme bien souvent de la part de Paramount, l’image a été (très) légèrement recadrée par rapport au format panoramique 1.85:1 de l’exploitation en salles. Ensuite, comme évoqué ci-dessus, il ne faudra pas s’attendre à un gigantesque bond en avant en termes de précision et de définition de l’image et certains plans ne peuvent pas vraiment faire de miracle en 4K comme par exemple lorsqu’une partie des fêtards montent sur le toit de l’immeuble à la 18ème minute avec à ce moment-là une image au rendu très moyen mais finalement en ligne avec l’approche found footage de la chose. Tout n’est toutefois pas à jeter, loin de là, puisque l’encodage Dolby Vision apporte bel et bien un petit surplus colorimétrique avec des scènes aux ambiances très prononcées dans ce registre. Quelques exemples parmi tant d’autres que nous avons pu relever : la teinte verte suite au passage du nuage de cendres à 22min 50s, les lampes orangées du tunnel à 29min, le passage en vision nocturne verte à 42min, ce local baigné d’éclairages orangés à 44min ou encore les teintes bleutées très vives à 49min.

Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Capture Blu-ray

Côté son, si les dix-huit premières minutes sont plutôt calmes, le temps de présenter tous les protagonistes et les tenants et aboutissants dramatiques de l’intrigue (passage quasi-obligé de ce genre de film), la bande-son se met véritablement en branle dès lors que le Godzilla local commence à se déchaîner. Soit en fait là où s’achevait la bande-annonce évoquée un peu plus tôt avec l’atterrissage fracassant de la tête de la Statue de la Liberté en plein milieu de la rue. À partir de ce moment-là, le mixage sonore n’aura de cesse de solliciter en quasi-permanence tous les canaux disponibles. Plus généralement, toutes les séquences où « apparaissent » la créature seront les plus gratifiantes sur le plan acoustique : la scène du pont au chapitre 6, l’entrée en force des militaires au chapitre 8, etc. Pour profiter pleinement de tout cela, il sera très fortement conseillé d’opter pour la VO Dolby TrueHD 5.1 là où la VF Dolby Digital 5.1 doit une nouvelle fois se contenter d’un rendu bien pâlichon en comparaison. Les geeks les plus acharnés n’auraient sûrement pas cracher non plus sur une nouvelle piste Dolby Atmos (pour cela, il faudra se tourner vers 10 Cloverfield Lane).

Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Capture Blu-ray

Précisons que Paramount nous a uniquement fait parvenir le disque 4K et non l’édition Blu-ray 4K Ultra HD complète que l’on trouve dans le commerce. Selon nos informations, celle-ci renfermerait également le même Blu-ray 1080p déjà sorti en 2008 accompagnés de quelques bonus assez sympathiques. Outre le très instructif commentaire audio où le réalisateur nous détaille abondamment les coulisses du tournage, on trouve également un making of qui se révèle être en réalité un journal de tournage (34 jours au total) où les images du plateau (en plein downtown Los Angeles en lieu et place de la Big Apple où en studio devant d’impressionnants fonds verts) alternent avec des entretiens des membres de l’équipe aussi bien devant que derrière la caméra et notamment les responsables des différents départements (animatronique, maquillage, etc.). Comme son nom l’indique, les effets visuels passe en revue les différentes séquences ayant recourt à des trucages numériques en post-production : la tête de la Statue de la Liberté, la destruction du pont et, de façon plus générale, toutes les apparitions du monstre. Je l’ai vu ! C’est vivant ! C’est énorme ! revient sur l’idée originelle à la base du film et le design de la créature. Sous le titre Clover fun se cache en réalité un bêtisier. Rien de bien transcendant à attendre du côté des scènes coupées ou encore des deux fins alternatives où seules les toutes dernières secondes diffèrent de très peu.

Le mode Enquête spéciale consiste en une division de l’écran en trois parties distinctes. Dans le coin supérieur droit sur un peu plus du quart de l’écran environ, le film défile avec un timecode en dessous (à noter qu’il reste tout à fait possible d’opter pour la langue et les sous-titres de son choix). La partie gauche de l’écran dévoile une carte de Manhattan avec trois points se déplaçant au fil du récit selon trois catégories (humain, militaire et LSA : Large Scale Agressor). Enfin, la partie basse est occupée par un radar et des renseignements divers et variés, écrits hélas en anglais. Bien qu’assez amusant, ce joujou interactif, voulu dans un esprit très « secret défense », aurait toutefois gagné à employer une interface plus conviviale (suivre tout le film dans une portion d’écran aussi réduite pourra rapidement lasser).

Cloverfield (2008) de Matt Reeves – Capture Blu-ray

Signalons pour finir la présence de trois bonus cachés :

  • Allez sur les chapitres 13-16 et patientez quelques instants (une grosse minute environ) pour voir apparaître un 17ème chapitre.
  • Allez sur le chapitre 10 puis vers le haut pour mettre en évidence une croix rouge.
  • Allez sur les sous-titres turcs puis à droite pour mettre en évidence un hélicoptère rouge.

En définitive, si cette édition Blu-ray 4K Ultra HD de Cloverfield n’est pas renversante sur le plan technique, elle n’en apporte pas moins un petit plus en grande partie dû à l’encodage HDR Dolby Vision de l’image, tout le reste n’ayant pas bougé d’un iota par rapport à l’édition Blu-ray sortie en 2008 (mêmes pistes sons et mêmes bonus). C’est peut-être aussi la raison pour laquelle aujourd’hui encore, plus de deux ans et demi après l’arrivée du Blu-ray 4K sur le marché, on ne trouve finalement aucun long-métrage dit de found footage sur le support. On se demande d’ailleurs bien ce que pourrait donner des films tels que Le Projet Blair Witch, Paranormal Activity ou encore, dans un autre registre, le 28 jours plus tard (2002) de Danny Boyle.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Cloverfield – Édition Blu-ray 4K Ultra HD

Résumé : New York. Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob une fête en l’honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d’un soir, chargé d’immortaliser l’événement. La « party » bat son plein lorsqu’une violente secousse ébranle soudain l’immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s’est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre… et la tête de la Statue de la Liberté s’effondre brutalement sur la chaussée. L’attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu’un champ de ruines…

Disque 1 : Le film en Blu-ray 4K Ultra HD

Spécifications techniques :

  • Image : 1.78:1 encodée en HEVC 2160/24p Dolby Vision
  • Langues : Anglais Dolby TrueHD 5.1, Français Dolby Digital 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 1h 30min 14s

Bonus (VOSTF) :

  • Commentaire audio de Matt Reeves

Disque 2 : Le film en Blu-ray

Spécifications techniques :

  • Image : 1.78:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais Dolby TrueHD 5.1, Français Dolby Digital 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 1h 30min 14s

Bonus (HD et VOSTF) :

  • Commentaire audio de Matt Reeves
  • Making of (28min 22s)
  • Les effets visuels (22min 32s)
  • Je l’ai vu ! C’est vivant ! C’est énorme ! (5min 53s)
  • Clover fun (3min 56s)
  • 4 scènes inédites avec commentaire optionnel de Matt Reeves (3min 25s)
  • 2 fins alternatives avec commentaire optionnel de Matt Reeves (4min 29s)
  • Mode « Enquête spéciale »

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