Les Sept Mercenaires (1960) de John Sturges

Les Sept Mercenaires (1960) en Blu-ray : Jusqu’ici ça va

À l’occasion de la sortie en salles, le 28 septembre 2016, d’une nouvelle version des Sept Mercenaires réalisée par Antoine Fuqua (Equalizer, La Rage au ventre), retour sur un chef d’œuvre du Septième Art : Les Sept Mercenaires de John Sturges datant de 1960 qui bénéficia en 2010 d’une édition Blu-ray de bon aloi à défaut d’être irréprochable.

Les Sept Mercenaires : « Est-ce le meilleur western de tous les temps ? Non »

Cette question-réponse, c’est un certain John Carpenter qui la délivre en guise de conclusion à l’excellent making of disponible au sein des suppléments de ladite édition Blu-ray. Un doc datant de 2001 et repris de la précédente parution DVD. À cette première affirmation, il en ajoute ensuite deux autres : « Est-ce le plus novateur ? Non ! Est-ce le plus divertissant ? Oui ». Un divertissement de très haute volée pourrait-on même préciser tant ce remake hollywoodien d’un chef d’œuvre venu du pays du Soleil Levant n’a pas à rougir de la comparaison avec son aîné, contrairement à la nouvelle mouture signée Fuqua. Car comme nous le rappelle ledit making of, Les Sept Mercenaires n’est autre que le remake des Sept Samouraïs qui fut le « premier film japonais que j’ai jamais vu » déclare James Coburn tandis que Yul Brynner le qualifie pour sa part de « l’un des meilleurs westerns jamais faits mais réalisé par un japonais ». Quoi de plus normal après tout de la part d’un Akira Kurosawa très fortement influencé par un certain John Ford ? Et le début du doc de nous rappeler avec force interviews les différents démêlés, tractations et autres recours en justice qui firent rage dans les coulisses de la pré-production des Sept Mercenaires.

Yul Brynner acheta ainsi les droits du film de Kurosawa mais fut coiffé au poteau par Lou Morheim qui avait déjà posé une option pour $250. Oui, vous avez bien lu : $250 ! À ce stade, le film devait être réalisé par Brynner et interprété par Anthony Quinn. Mais les producteurs, préférant voir Brynner devant la caméra plutôt que derrière, celui-ci proposa alors le poste à Martin Ritt qui engagea quant à lui le scénariste Walter Bernstein. Le temps que celui-ci en est terminé avec le script où les protagonistes étaient des vétérans de la guerre de Sécession plus âgés que dans la version telle que nous la connaissons aujourd’hui, Ritt avait quitté le projet. Entra alors en piste le producteur Walter Mirisch qui pensa à John Sturges pour reprendre le siège laissé vacant. Ce dernier demanda alors à être le seul crédité au poste de producteur. Une doléance qui déplut fortement à Lou Morheim qui entama des poursuites à l’encontre de Sturges tandis qu’Anthony Quinn, lui aussi fort mécontent d’avoir été mis à l’écart réclama $650.000 en dommages et intérêts à Yul Brynner et United Artists. Quinn perdit son procès tandis que Morheim fut « rétrogradé » au poste de producteur associé.

Ces différents démêlés juridico-financiers résolus, le casting des Sept Mercenaires pouvait alors débuter mais à marche forcée afin d’être bouclé juste à temps avant la grève des acteurs de 1960. Direction ensuite Mexico pour le tournage à proprement parlé avec là encore un petit hic : un certain Vera Cruz (1954) qui venait d’être filmé dans la capitale mexicaine et qui dépeignait une image si déplaisante de leur pays et de ses habitants aux yeux des mexicains qu’un censeur fut affecté au tournage pour réviser le script au fil de l’eau afin de s’assurer qu’une telle situation ne se reproduise pas. La dernière partie du documentaire revient alors sur les problèmes d’ego à même le plateau, notamment entre Yul Brynner et Steve McQueen puisque, comme le précise Robert Vaughn, « On voulait tous voler la vedette à Yul Brynner ». Mais assez vite, un esprit de franche camaraderie s’installa en coulisses autour de parties de cartes quand ce n’était pas carrément un mariage qui était célébré en plein tournage. Le doc en question se referme sur le succès relatif du film, à tout le moins sur ses terres natales où sa véritable notoriété prendra racine par la suite. En France en revanche, Les Sept Mercenaires demeure à date le troisième plus gros score pour un western au box-office avec 7M d’entrées, à quelques encablures de Danse avec les loups (1990) et ses 7,2M d’entrées mais loin, très loin du champion incontesté du genre qu’est Il était une fois dans l’ouest (1969) qui toise tout le monde du haut de ses 14,8M de spectateurs.

Qu’il s’agisse du long-métrage de John Sturges, de Kevin Costner (véritable coup de maître s’il en est pour ce premier long réalisé par le comédien) ou bien de celui de Sergio Leone, nous sommes ici en présence de trois chef-d’œuvres du genre qui n’ont rien perdu de leur superbe au fil du temps et des nombreux visionnages. Plus d’un demi-siècle après, Les Sept Mercenaires reste toujours aussi mythique de par son casting, sa musique signée Elmer Bernstein et auquel un petit doc qui passe en revue les différents thèmes musicaux est d’ailleurs consacré au sein des bonus, ses dialogues (la VF est un régal) ou bien ses thématiques intemporelles qui, entre autres choses et comme le rappelle là encore John Carpenter en ouverture du making of, « annonçait déjà la mort des westerns » avec sa remise en cause des légendes de l’ouest. Pour tous ceux qui souhaiteraient en découvrir davantage, deux autres suppléments sont également disponibles. D’une part des images perdues, soit différentes anecdotes sur la vie en coulisses par l’entremise d’un album photos utilisé à des fins promotionnelles et retrouvé dans une mine de sel de Kansas City (à 200 mètres de profondeur) à la fermeture des bureaux new-yorkais de la MGM à la fin des années 80. Et d’autre part un commentaire audio fort plaisant en compagnie de Walter Mirisch (producteur), Robert E. Relyea (assistant réalisateur), Eli Wallach et James Coburn bien qu’un certain nombre d’informations ait déjà été divulgué dans le making of. Soit là encore des suppléments repris de l’édition DVD dite Ultimate parue en 2005.

Les Sept Mercenaires : Un Blu-ray qui remplit sa part du contrat

Et puis, il y a les qualités techniques intrinsèques du Blu-ray. Bien que laissant toujours apparaître différents petits scories par endroits, le master présente un niveau de propreté acceptable tandis que l’encodage 1080/24p AVC délivre un rendu vidéo probant avec des couleurs denses et contrastées, une précision d’image pointue et des plans larges très convaincants quant à la profondeur de champ. Parmi les quelques défauts restants, on retiendra certains plans à la définition en deçà du reste tandis que d’autres présentent une perte de la granulosité argentique (un peu trop de DNR sans aucun doute). Mais dans l’ensemble, le rendu vidéo est une jolie réussite. Côté son, le résultat souffle quant à lui le chaud et le froid en raison de disparités assez flagrantes entre VO et VF. Si les deux pistes sont exemptes de défauts majeurs (souffle et autres distorsions), dès le thème mythique signé Elmer Bernstein en ouverture, on est surpris de constater que la VF, bien qu’en « simple » DTS 5.1 (768Kb/s), présente une ouverture stéréophonique frontale dont est totalement dépourvue la VO DTS-HD Master Audio 5.1, réduite à une restitution très centralisée. C’est d’ailleurs bien là la seule supériorité véritable de la piste française sur sa comparse anglaise qui, sur l’ensemble du film, se révèle nettement plus agréable à suivre. Plus étouffée et monophonique, la VF ne peut en effet rivaliser avec l’amplitude acoustique de la VO, notamment lors des séquences de gunfights qui s’ouvrent très agréablement sur l’ensemble des 5.1 canaux sans pour autant donner le sentiment d’un mix aux effets artificiels. En définitive, la piste techniquement idéale aurait consisté à combiner les qualités de la VO et l’excellente stéréophonie musicale de la VF.

Édité sous bannière MGM, ce Blu-ray des Sept Mercenaires sorti en 2010 récupère donc tous les bonus de son prédécesseur DVD tandis que l’image et le son remplissent globalement leur office à défaut d’être irréprochables, en faisant in extenso un achat très chaudement recommandable. Toutefois, un véritable travail de restauration audio-vidéo ne serait pas forcément du luxe afin d’offrir à ce joyau signé John Sturges un écrin véritablement digne du support mais aussi, pourquoi pas, une déclinaison en Blu-ray 4K Ultra HD.

NB : Pour ceux qui n’auraient pas nécessairement saisi la référence du titre de cet article, nous les enjoignons à (re)voir ce petit extrait.

Notes :
– Image : 4/5
– Son : 3/5
– Bonus : 4/5

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Les Sept Mercenaires (1960) de John Sturges - Packshot Blu-rayLes Sept Mercenaires – Édition Blu-ray – de John Sturges (USA – 1960) – MGM – Sortie le 16 juin 2010

Périodiquement, un village mexicain est rançonné par une bande de hors-la-loi emmené par un certain Calvera. Les fermiers qui veulent résister sont abattus. Excédés, ils décident alors de traverser la frontière afin d’engager une troupe de mercenaires qui leur apprendra l’art du combat pour qu’ils puissent ainsi se défendre la prochaine fois où Calvera reviendra avec sa troupe de pillards.

Spécifications techniques :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
  • Sous-titres : Français, Anglais
  • Durée : 2h 08min 06s

Bonus (SD et VOSTF) :

  • Commentaire audio de Walter Mirish (producteur), Eli Wallach, James Coburn et Robert E. Relyea (assistant réalisateur)
  • Le making of : Les Sept mercenaires (46min 54s)
  • Elmer Bernstein et Les Sept mercenaires (14min 48s)
  • Les images perdues du film (14min 47s)
  • Bande-annonce A (2min 46s, HD)
  • Bande-annonce B (3min 03s, HD)
  • Galerie photos (4min, HD)

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