Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet

Alien Anthologie : Les bonus d’Alien, la résurrection

Cinq ans après le très chaotique et diversement apprécié Alien 3 de David Fincher, la Fox décidait de faire appel à un frenchy pour mettre en scène le quatrième volet de son célèbre xénomorphobe. Et Jean-Pierre Jeunet de mettre en boîte un Alien, la résurrection (1997) pas forcément déplaisant mais loin d’égaler la maestria de ses prédécesseurs.

Alien, la résurrection : Les deux versions

Le dernier opus de la saga Alien réalisé par Jean-Pierre Jeunet possède plus ou moins les mêmes caractéristiques éditoriales des autres longs-métrages. On retrouve donc la musique du film isolée de John Frizzell en Dolby Digital 5.1 uniquement disponible sur la version de 1997. À chaque nouveau morceau, une bulle apparaît avec le titre dans le coin droit de l’écran. Pour les fans, sachez que certains morceaux sont complets, comme le signale une indication présente juste après le titre.

Les deux versions de Alien, la résurrection sont accessibles en un clic précédées pour chacune d’une introduction de Jean-Pierre Jeunet, ce dernier précisant toutefois qu’il ne s’agit pas ici d’une version director’s cut à proprement parlé puisque celle sortie en salles correspondait à sa vision. La démarche en termes de bonus est identique aux autres volets : la version cinéma donne accès à toutes les scènes coupées de la version longue individuellement ou d’une traite via un index dédié. À l’inverse, la version longue pourra annoncer les nouvelles séquences avec un marqueur de scènes coupées prenant la forme d’une croix grise s’affichant à droite de l’écran durant toute la durée de la nouvelle scène. Le montage de 2003 ne bouleverse pas vraiment la version initiale, contrairement à celui d’Aliens, le retour (ou encore d’Alien 3) mais il approfondit certains personnages et fait parfois référence aux précédents films. Le générique d’ouverture (non finalisé sur certains effets spéciaux) reprend la première idée que Jean-Pierre Jeunet avait eue en amont du tournage. Le reste du film rallonge certaines scènes comme celle de la cafétéria qui nous apprend que Weyland-Yutani a été rachetée par Wal-Mart, celle du test psychologique de Ripley qui est dérangée par la vision d’une petite fille ou encore la discussion entre Call et Ripley dans la « chapelle » où Ripley fait référence à Newt sans la nommer. En termes de scènes purement inédites, la fin alternative reste la plus marquante puisque l’on y découvre Call et Ripley face à un Paris dévasté.

Alien, la résurrection : Le commentaire audio

Le commentaire audio datant de 2003 est accessible également sur les deux montages du film. Il réunit le réalisateur Jean-Pierre Jeunet, une bonne partie de l’équipe des effets spéciaux, le concepteur graphique Sylvain Despretz et les acteurs Dominique Pinon, Ron Perlman et Leland Orser. Avec un accent anglais à couper au couteau, le réalisateur explique comment il fut approché pour ce projet et les difficultés du tournage. Les techniciens révèlent les efforts fournis pour arriver au résultat final. Le plus intéressant est toutefois à chercher du côté des acteurs et leur cortège d’anecdotes. Pour les allergiques aux commentaires audio, sachez que la majorité des infos fournie se retrouvent dans les bonus des autres disques.

Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet – Capture Blu-ray

La conception d’Alien (Disque 5)

Dans le même ordre d’idée que pour les autres films, les bonus de l’ancien coffret DVD se retrouvent ici en continu dans la section intitulée Une étape de plus : La fabrication d’Alien, la résurrection.

Le premier module, Des cendres : faire revivre l’histoire, nous explique comment le retour de Ripley fut possible malgré la fin radicale d’Alien 3. Le scénariste Joss Whedon, grand absent du commentaire audio, nous livre les évolutions du scénario (une première fois écrit par lui et une seconde fois écrit avec Jean-Pierre Jeunet). Le producteur David Giler montre bien sa réticence dès le début du projet (que Walter Hill ne cautionne pas jusqu’à aujourd’hui). Même pour l’actrice principale de la série Sigourney Weaver, l’idée d’une suite paraissait étrange avant de se laisser convaincre au fur et à mesure de l’avancement du projet.

Rebondissement français : Réalisation et création est intéressant dès le début car on y apprend que le réalisateur Danny Boyle fut un temps attaché à la réalisation de Alien, la résurrection avant que le projet ne revienne à Jeunet. Ce dernier se rappelle de son étonnement quand il fut contacté par la Fox. Ne désirant pas particulièrement tourner à Hollywood, le réalisateur ne pensait donc pas être la bonne personne pour le job. Or, le studio s’attendait précisément à une telle réponse en adéquation avec le metteur en scène qu’elle recherchait. Toute l’équipe technique semblait déjà apprécier le travail de Jeunet, même si certains n’avaient pas forcément vu ses deux précédents longs-métrages : Delicatessen (1991) et La Cité des enfants perdus (1995).

Le module suivant, Dans la peau : Casting et personnalisation, permet comme son nom l’indique d’écouter une bonne partie du casting, à commencer par Ron Perlman, Winona Ryder, Sigourney Weaver, Leland Orser ou encore J.E Freeman. Chacun raconte comment il a été contacté et sa rencontre avec le metteur en scène français. Jean-Pierre Jeunet se souvient quant à lui de sa rencontre avec l’actrice principale de la saga et comment il tenta de lui suggérer quelques idées nouvelles. Il faut dire que Sigourney Weaver avait déjà une conception précise sur la façon de jouer cette nouvelle Ripley et elle le fit savoir au réalisateur dès le début.

Si la séquence subaquatique de Alien, la résurrection a fait son petit effet, elle fût toutefois loin d’être une sinécure à mettre en boite. La mort vient d’en haut : Studios Fox à Los Angeles, 1996, lève tout d’abord le voile sur l’aménagement d’un studio de tournage en bassin gigantesque avant de nous montrer les acteurs et les techniciens à l’entrainement plusieurs semaines durant en vue de jouer correctement sous l’eau tout en retenant leur souffle à chaque prise. Occupée sur une pièce de théâtre, Sigourney Weaver fut dispensée de cette étape préliminaire avec tout le mal qui en découlera par la suite afin de rattraper le retard. Quant à Winona Ryder, l’expérience fut au choix, cathartique ou thérapeutique, l’actrice ayant manqué se noyer à l’âge de 12 ans. Mais par-dessus tout, le doc en question met bien l’accent sur les nombreuses mesures de sécurité entourant le tournage de ladite séquence.

Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet – Capture Blu-ray

L’autre temps fort de Alien, la résurrection est sans doute le plan où Ripley envoie, sans regarder, un ballon dans un panier de basket. À l’écran, le lancer est parfait, à s’en demander si un petit coup de baguette magique de la part des effets spéciaux n’y serait pas pour quelque chose. Dans la zone : La scène du basket relate la réalité du tournage avec le plan tel qu’il fut tourné sur le plateau. En dépit d’une bonne dose d’entraînement, Sigourney Weaver n’était jamais parvenu à mettre ledit panier lors des répétitions. L’équipe de Pitof (en charge des SFX) était donc prête à reproduire une partie du mouvement par ordinateur lorsqu’à la quatrième prise, Sigourney Weaver rentra le shoot parfait. Jean-Pierre Jeunet explique alors sur le commentaire audio comment il a dû couper la mort dans l’âme la fin du plan en raison de la réaction de Ron Perlman qui n’était pas celle attendue. Ce que l’on voit à l’écran est donc retravaillé par ordinateur.

Mutation non-naturelle : Réalisations des créatures nous fait pénétrer dans l’atelier d’A.D.I en compagnie d’Alec Gillis et Tom Woodruff Jr. La conception de ces Aliens légèrement modifiés est abordée au travers d’interviews des deux hommes au moment du tournage et au début des années 2000 tandis que la séquence aquatique joua un rôle déterminant dans la conception de certains costumes. L’élaboration du nouveau-né Alien ainsi que quelques effets gores sont également au programme.

La rencontre entre le compositeur John Frizzell et Jean-Pierre Jeunet est racontée dans Composition génétique : Musique. Le jeune musicien se déclare volontiers satisfait de sa collaboration avec le réalisateur français en raison d’une très bonne entente doublée d’un respect mutuel sur le plan artistique. Frizzell n’oublie pas pour autant de revenir sur les partitions de ses prédécesseurs sur la saga. Certaines séquences au sein du studio d’enregistrement permettent par ailleurs de découvrir comment certains sons étranges furent créés pour les besoins de la bande son.

Le responsable des effets spéciaux Pitof est à l’honneur dans un court module nommé Aliens virtuels : Images générées par ordinateur. Le technicien français et d’autres membres de l’équipe expliquent l’intégration des images réalisées par ordinateur, notamment pour la séquence aquatique. Les amateurs de maquettismes et a fortiori leur utilisation dans le Septième Art apprécieront Une question d’équilibre : Photographie miniature puisque tous les designs et les maquettes conçus pour les besoins de Alien, la résurrection y sont décortiqués avec passion. Jonction critique : Réactions au film clôt cette section interactive et cède la parole à plusieurs membres de l’équipe quant à leur ressenti sur le film achevé. Et si les appréciations furent dans leur ensemble plutôt mitigées, les critiques françaises furent quant à elles beaucoup plus clémentes dixit Jean-Pierre Jeunet.

L’interactivité vidéo s’achevait ici sur l’ancien coffret DVD. En dépit de la densité et des différents aspects de la production abordés, on reste quelque peu sur notre faim. Il sera alors possible de se tourner vers les contenus additionnels afin d’y trouver beaucoup plus d’informations sur les costumes, les problèmes de langue entre certains membres de l’équipe et le réalisateur, l’enfer du tournage pour les acteurs et les techniciens en raison d’un effet de fumée dangereux, les origines du compositeur et son approche technique de l’écriture musicale, la catastrophe technique de l’avant-première mondiale à Paris, les tests des effets spéciaux etc. Comptez une petite heure pour regarder l’ensemble de ces courts modules qui valent assurément le détour.

Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet – Capture Blu-ray

Les archives d’Alien (Disque 6)

À l’instar des trois autres films, on retrouve ici des bonus divisés en trois sections : Pré-production, Production et Post production. Toutes les galeries du précédent coffret DVD sont réparties au sein de celles-ci, le seul inconvénient résidant une fois encore dans la barrière de la langue puisque l’ensemble est rédigé en anglais (indications, scénarios, etc.). La section Pré-production propose la première ébauche du scénario de Joss Whedon, des galeries de design dont le portfolio de Marc Caro et des story-boards. Côté vidéos, on trouve les tests des ateliers A.D.I. où Alec Gillis commente les différents essais de son équipe sur l’apparence et le mouvement organique des œufs, l’animatronique et certains effets explosifs sur des mannequins animés. Les tests costume / maquillage / coiffure de Sigourney Weaver ainsi que des répétitions multi-angles filmées par Jeunet referment cette section. Les répétitions multi-angles sont intéressantes car elles permettent de voir au choix le storyboard, les vidéos de répétions ou un comparatif entre les deux en plus du résultat final. La section Production propose des photos de l’atelier A.D.I. ainsi de différentes autres galeries. En bonus caché (clic droit sur Extraire la reine) on trouve le producteur David Prior nous contant son expérience dans le costume de l’Alien. D’autres galeries consacrées aux effets visuels et à la promotion du film sont disponibles dans la section Post-production. C’est également là que se trouve un making of promo réalisé pour la chaîne américaine HBO et présenté par Ron Perlman. Un autre court bonus promotionnel est également présent où l’on peut voir certaines interviews connues aux côtés d’autres inédites sur le plateau de tournage. Rien de nouveau en somme sinon une certaine forme de complétude interactive.

Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet – Capture Blu-ray

Anthologie

Cette dernière section rassemble tous les documentaires autour de la franchise Alien. La dernière galerie issue du coffret DVD de 2003 se retrouve ici avec une autre inédite et quelques petites surprises qui font de ce coffret Blu-ray une véritable anthologie du phénomène Alien.

Les possesseurs du coffret 9 DVD Quadrilogy retrouveront en effet le documentaire Alien Evolution dans sa version d’une heure mais ils découvriront également son montage initial d’une durée de 48 minutes. Produit pour la chaîne anglaise Channel 4 et présenté par Mark Kermode, Alien Evolution (version 2001) revient sur les quatre films de la saga en moins de 50 minutes. La version longue d’Aliens, le retour est évoquée ainsi que les problèmes de tournage sur Alien 3 mais l’ensemble survole les coulisses de ces productions comparé aux précédents bonus. La version longue d’une heure (version 2003) se focalise entièrement sur le film de Ridley Scott car ce montage était prévu à la base pour une édition spéciale du film en DVD. L’émission approfondit son propos quant à la création du long-métrage de Ridley Scott et s’avère in extenso plus intéressante.

S’il fallait ne retenir qu’un seul documentaire couvrant l’ensemble des films Alien, La Saga Alien serait celui-là. Produit cette fois pour la télévision américaine, ce documentaire qui avoisine les 2h rappelle l’essentiel de ce qu’il y a à savoir sur les quatre longs-métrages en termes de production, de problèmes de tournages, de sorties en salles, de réactions engendrées et de merchandising qui en ont découlé. Si vous n’avez rien vu des autres disques de bonus, ce module est un bon rattrapage. Quant à ceux ayant déjà tout vu, le condensé proposé ici n’est pas déplaisant pour autant.

L’attraction 3D Aliens, le retour est présentée par l’entremise de deux galeries. La première nous dévoile le script prévu pour le déroulement de l’attraction et son contexte. La seconde n’est autre que le storyboard qui dévoile toute l’action sous forme graphique. Basée sur le spectacle des studios Universal Terminator 2 3D, cette attraction consacrée au film de James Cameron avait de quoi séduire avec son lot d’action à la fois à l’écran et dans la salle. Prévu pour un parc d’attraction en Corée du sud, ce projet ne verra finalement jamais le jour.

Le module « movie geek » de cette édition, déjà disponible en 2003, est sans conteste Aliens dans la cave : La collection de Bob Burns. Le Bob Burns en question est un historien du cinéma et un collectionneur d’accessoires et autres figurines en tous genres autour de la saga Alien et d’autres longs-métrages. L’homme raconte comment il a pu obtenir toute sa collection et partage sa passion pour ces nombreux objets.

Un extrait du film de Mel Brooks, La Folle histoire de l’espace et un autre de la série Les Griffin (Family Guy) composent la section Parodies où l’humour parfois « trash » ne manque pas. La galerie d’images Dark Horse, provenant là encore du précédent coffret DVD, est accompagnée ici d’une nouvelle galerie, celle des patchs et des logos. Les crédits des responsables de cette édition clôturent définitivement l’interactivité monstrueuse de ce coffret Blu-ray.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

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