Alien Anthologie – Image & Son

Alien Anthologie : Verdict image et son

Avant d’entamer un décorticage dans les règles de l’art de la pantagruélique interactivité que renferme le coffret Alien Anthologie, penchons-nous tout d’abord sur l’essentiel, à savoir les qualités audio-vidéos intrinsèques des quatre longs-métrages à proprement parlé.

Signalons avant d’entrer dans le vif du sujet que tous les masters utilisés sont anglais comme en attestent les différentes inscriptions en VO présentes à l’écran et incrustées à même la copie (toutefois sous-titrées en français, c’est la moindre des choses) tandis que les deux premiers opus sont frappés du sceau THX (les DVD l’étaient également) comme le démontre la présence du trailer Amazing Life en fin de film.

ALIEN ANTHOLOGIE : L’IMAGE
Qualité des masters

Précisons avant toute chose que les deux premiers Alien ont fait l’objet d’un travail de remasterisation (4K dans le cas du premier opus) sous la supervision de leurs réalisateurs respectifs, Ridley Scott et James Cameron. Compte-tenu des démêlés dans les coulisses de la production d’Alien 3 (abordés au sein du making of disponible pour la première fois en version non censurée), il semble évident que ce troisième opus n’a pas fait l’objet d’une telle implication de la part de David Fincher. Enfin, Alien, la résurrection aura valu un grand coup de gueule de la part de Jean-Pierre Jeunet quelques semaines après la sortie du coffret Blu-ray puisque celui-ci n’avait même pas été contacté par la Fox pour prendre part à un quelconque travail de remasterisation. À l’arrivée, le boulot de restauration accompli sur Alien et Aliens, le retour est donc sans surprise tout bonnement renversant et pas le moindre défaut de copie ne vient interférer à l’écran. À l’inverse, si la qualité est également de mise sur Alien 3 et Alien, la résurrection, le travail est déjà moins flagrant tandis que certaines séquences du troisième opus souffrent encore de quelques petites taches plus ou moins visibles.

Couleurs et contrastes

Idylliques sur Alien et Aliens, le retour. Sur le premier opus, le rendu est aux petits oignons vis-à-vis du travail photographique accompli en termes de jeu d’ombres et de lumières. Sur le deuxième opus, tout l’éventail de teintes fluos dans les trois composantes de base (rouge, vert, bleu) est restitué sans coup férir. Seuls quelques plans souffrent d’un manque de densité dans les noirs mais sans que le résultat à l’écran n’en souffre outre-mesure. Sur Alien 3, de nombreux passages, issus pour la plupart de la version longue, présentent eux aussi des carences en termes de densité et de contrastes (cf. les 10 minutes de la séquence de chasse et de capture de l’Alien). Alien, la résurrection est pour sa part le plus problématique avec une densité des couleurs et des contrastes bien trop mollassonne. Un constat qui explique assurément le coup de gueule de Jeunet mentionné ci-dessus.

Alien, le 8ème passager (1979) de Ridley Scott – Capture Blu-rayAlien Anthologie : Disque 1
Alien, le 8ème passager (1979) de Ridley Scott

Niveau de définition

Et de trois pour Alien et Aliens, le retour. Honnêtement, on n’avait jamais vu ces deux films avec un tel niveau de précision dans son salon. Un cran en deçà, Alien 3 souffre à nouveau de ses séquences de la version longue bien moins définies que le reste du métrage ciné. Quant à Alien la résurrection, le rendu apparaît beaucoup trop doux et pas assez pointu. Là encore, la non implication de Jean-Pierre Jeunet qui clame haut et fort qu’aucun travail de restauration en bonne et due forme n’a eu lieu se vérifie.

Rendu argentique

C’est le quarté gagnant pour le duo Alien / Aliens, le retour. Une mini-polémique avait commencé à faire surface au cours de l’été 2010, quelques semaines avant la sortie du coffret Alien Anthologie, après que James Cameron ait annoncé qu’il allait gommer une partie du grain de son film mais à l’arrivée, force est de constater que ce rendu argentique cher à nos cœurs de home-cinéphile est bel et bien présent, tout comme sur l’ensemble des autres opus. Là encore, seules les séquences rajoutées de la version longue d’Alien 3 présentent un rendu un peu trop lisse.

Rendu des effets spéciaux

Un point souvent mis en avant avec l’avènement de la haute définition : les différents trucages visuels apparaissent parfois d’autant plus flagrants du fait de la plus haute précision de l’image. En l’occurrence, les différentes séquences spatiales et autres matte painting ou encore les effets 3D dans le cas d’Alien, la résurrection. Plus récent de tous (1997), ce dernier s’en sort plutôt bien tandis que les matte painting sur Fiorina d’Alien 3 ont déjà plus de mal à passer le cap de la haute définition ; sans compter certaines séquences de la version longue où les effets liés aux déplacements de l’Alien apparaissent plus ou moins criants. En revanche, dans le cas d’Alien et Aliens, le retour, le résultat reste pour le moins bluffant et seuls certains plans avec la navette à la surface de la planète font ressortir le trucage maquettiste sur le film de Cameron ou encore la séquence catastrophe finale où les deux actrices (Sigourney Weaver et Carrie Henn) se détachent assez distinctement du décor apocalyptique qui les entoure.

En deux mots :
  • Alien (5/5) : Vous allez perdre un œil.
  • Alien le retour (5/5) : Vous allez perdre le deuxième.
  • Alien 3 (4/5) : Un ton en deçà, notamment sur les séquences de l’édition spéciale.
  • Alien la résurrection (3,5/5) : Un rendu trop doux et des contrastes très peu appuyés.

Aliens, le retour (1986) de James Cameron – Capture Blu-rayAlien Anthologie : Disque 2
Aliens, le retour (1986) de James Cameron

ALIEN ANTHOLOGIE : LE SON
Amplitude et puissance

C’est sans l’ombre d’un doute la plus grande différence entre le spectacle acoustique proposé jusqu’à ce jour par les précédents supports numériques (LaserDisc et DVD) et le présent coffret Blu-ray Alien Anthologie. À condition d’opter pour la VO DTS-HD Master Audio 5.1, le spectacle sera roi sur tous les films. Les partitions musicales composées respectivement par Jerry Goldsmith, James Horner, Elliot Goldenthal et John Frizzell sont d’ailleurs aux premières loges d’une telle supériorité HD tandis que les pics d’intensité à chaque apparition des aliens se retrouvent là encore démultipliés. Le summum étant bien entendu atteint avec la débauche de feu et de sang du deuxième opus, notamment au cours de sa dernière demi-heure d’action quasi non-stop. Notons toutefois qu’au milieu de cette déferlante de décibels, les mixages bénéficient à chaque fois d’un excellent équilibrage, ne sacrifiant à aucun moment tel ou tel élément de la bande son (musique, effet, dialogue) au détriment d’un autre.

Alien 3 (1992) de David Fincher – Capture Blu-rayAlien Anthologie : Disque 3
Alien 3 (1992) de David Fincher

Activité Surround et 5.1

Si le second opus dispose de l’activité 5.1 la plus soutenue de toute, les autres films de la saga ne déméritent pas pour autant. Le premier volet regorge ainsi d’effets en tout genre, notamment à bord du Nostromo (comme le souligne d’ailleurs Ridley Scott en personne dans le commentaire audio), qui viennent se nicher quasiment sans discontinuité dans toutes les voies. Le troisième opus suit cette même tendance à un rythme toutefois moins soutenu, certains passages étant exclusivement frontaux. Le quatrième film combine quant à lui la débauche de plomb du n°2 avec de nombreux petits effets à bord du vaisseau plus ou moins empruntés au n°1.

Canal de graves

Contre toute attente, ce sont là encore les deux opus les plus anciens, à savoir Alien et Aliens, le retour, qui se révèlent les plus impressionnants dans le bas du spectre. Certes, sur le premier film, cette gravité acoustique est probante sur quelques passages bien précis tels que les séquences d’atterrissage et de décollage ou encore la toute première apparition du Nostromo sitôt le générique d’ouverture terminé, mais le résultat n’en demeure pas moins très réussi eu égard à l’âge du film. Un résultat sans commune mesure avec Aliens, le retour, assurément le plus actif en termes de basses fréquences tandis qu’Alien 3 et Alien la résurrection se situe entre les deux autres opus.

Quid des versions françaises ?

Comme toujours de la part de la Fox, la VF est le parent pauvre des sorties Blu-ray et doit à chaque fois se contenter de pistes DTS 5.1 mi-débit (déjà présentes sur les opus 1 et 4 en DVD). Résultat : les basses sont loin de pouvoir rivaliser avec celles de la VO DTS-HD (ex : tous les passages susnommés sur Alien, premier du nom), quelques Surrounds disparaissent parfois (ex : 18min 55s sur Alien en version director’s cut), tandis que d’autres effets se retrouvent anémiés (les bruits environnants au cours de la réunion avant la traque finale sur Alien 3, chap. 35 version longue) voire inexistants (les ronrons du matou à 8min 45s sur Aliens, le retour en version longue ou encore les échos des dialogues au cours de la scène dans l’abattoir sur Alien 3, chap. 8 version longue). Puissance et amplitude sont elles aussi en berne (prenez les 30 dernières minutes d’Aliens, le retour et vous comprendrez !).

En deux mots
  • Alien (4,5/5) : Une richesse aussi subtile qu’efficace car diablement flippante.
  • Alien le retour (5/5) : Laissez rugir la bête qui sommeille au cœur de votre ampli.
  • Alien 3 (4/5) : Une belle richesse 5.1 dans la lignée du premier opus.
  • Alien la résurrection (4/5) : Une solide combinaison des deux premiers opus entre effets et bourrinage.

Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet – Capture Blu-rayAlien Anthologie : Disque 4
Alien, la résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet

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