À armes égales (1982) de John Frankenheimer - Test Blu-ray

À armes égales : Frankenheimer se fait hara-kiri

En juillet 2016, Carlotta sortait quelque peu de sa ligne éditoriale usuelle pour initier un label répondant au doux nom de Midnight Collection. Au programme : des films dits « d’exploitation » avec pour slogan « Le meilleur de la VHS et des 80s ». Si la première vague proposait des longs-métrages réalisés par James Glickenhaus (The Exterminator et Blue Jean Cop), William Lustig (Maniac Cop) ou avec Dolph Lundgren en tête d’affiche (Le Scorpion Rouge), la deuxième vague sortie deux mois plus tard mit à l’honneur un certain Frank Henenlotter (la trilogie Frère de sang et Frankenhooker). Depuis deux ans, silence radio de la part de l’éditeur. Jusqu’à ce mois de juillet 2018 où Carlotta s’est enfin décidé à enrichir cette collection avec un seul titre cette fois : À armes égales (1982) de John Frankenheimer.

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À armes égales (1982)

Réalisateur : John Frankenheimer
Éditeur : Carlotta Films
Sortie le : 25 juillet 2018

Notes :
– Image (Blu-ray 1080p) : 2,5/5
– Son : 3/5
– Bonus : 0,5/5

 

NB : Les captures de cet article sont issues du Blu-ray 1080p.

De prime abord, la proposition semblait alléchante. Imaginez un peu : un long-métrage du réalisateur à qui l’on doit quelques pépites du Septième Art telles que Le Prisonnier d’Alcatraz (1962), Un crime dans la tête (1962), Le Train (1965) ou encore French Connection II (1975), suite oh combien réussie du monument signé William Friedkin. À cela s’ajoute un duo de comédiens en tête d’affiche tout aussi séduisant. Côté américain, on trouve Scott Glenn qui n’avait certes pas encore l’étoffe d’un héros à l’époque pour cause de carrière naissante au cinéma (le film de Philip Kaufman sortira l’année suivante) mais qui avait déjà une certaine gouaille à l’écran. Côté japonais, on trouve Toshirô Mifune, acteur fétiche d’un certain Akira Kurosawa que l’occident tentait justement de séduire depuis quelques années déjà : Soleil rouge (1971) de Terence Young où il partageait l’affiche avec Charles Bronson et Alain Delon (excusez du peu), ou encore la mini-série Shogun (1980) avec Richard Chamberlain. Ajoutez à cela des musiques composées par Jerry Goldsmith et vous obtenez sur le papier, aussi bien devant que derrière la caméra, un À armes égales des plus séduisants.

À armes égales (1982) de John Frankenheimer - Capture Blu-ray

Mais sur le papier seulement car dès que le sparring partner loser interprété par Scott Glenn pose les pieds au pays du Soleil Levant, ce n’est pas tant le fil rouge narratif qui pose problème (le choc des cultures entre les États-Unis et le Japon) que la façon dont cette thématique centrale est traitée. L’américain qui se retrouve au tapis, l’américain qui se prend d’affection pour un gamin, l’américain qui s’éprend de la fille du chef, l’américain qui fait acte de contrition et in fine l’américain qui prend toute la culture nippone à bras le corps (le mioche et la belle de service en prime). À armes égales enfile ainsi tous les poncifs du genre comme autant de perles que l’on aurait bien aimé voir briller grâce au talent de Frankenheimer. Mais il n’en est rien. Tout ceci est mou, on s’ennuie ferme et les revirements de situation, si tant est qu’ils puissent être qualifiés ainsi, fleurent bon le pathétique : le gosse blessé, la nana kidnappée en pleine rue pendant que notre G.I. Joe de service se laisse aller à l’ivresse des festivités, etc. Tout juste retiendra-t-on un final un peu plus musclé à deux contre cent pour aller sauver la belle ou encore un ultime face-à-face pour le coup bien énervé, le tout chorégraphié par un certain Steven Seagal, crédité au générique de fin en tant que « Martial Arts Coordinator » (comme quoi, ça sert à quelque chose de regarder les génériques jusqu’au bout !). C’est bien peu et en définitive la déconvenue face à ce À armes égales est d’autant plus grande au regard du pedigree présent sur l’affiche. Pour le coup, il ne sera pas interdit de préférer la série des American Warrior produite au cours de la même décennie par le duo Yoram Globus / Menahem Golan avec Michael Dudikoff dans le rôle-titre. C’est du grand portnawak mais au moins, c’est déjà plus fun. Qui sait si ces films-là ne sortiront pas plus tard au sein de la Midnight Collection ?

À armes égales (1982) de John Frankenheimer - Capture Blu-ray

Il ne faudra pas non plus attendre de miracle technique du côté du Blu-ray. Globalement assez propre, le master qui propose l’image dans son format d’origine 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p laisse apparaître pas mal de petites taches et autres griffures par endroits tandis qu’il manque carrément plusieurs images à 47min 15s. Dans son ensemble, le rendu est particulièrement bruité, de jour comme de nuit, la définition est moyenne, voire faiblarde sur les plans avec sous-titres anglais incrustés à même la copie lorsque les protagonistes s’expriment en japonais. Le rendu des couleurs est quant à lui très variable, d’honorable la plupart du temps à franchement pâlichon par moments avec des noirs bouchés (cf. toute la séquence finale de nuit). Côté son, les pistes DTS-HD Master Audio 1.0 offrent une restitution convenable quoiqu’un peu étouffé des dialogues et des musiques composées par Jerry Goldsmith tandis que les scènes d’action (la séquence finale à nouveau) manquent un peu de panache. Si la VO laisse entendre un peu de souffle sur certains passages, la VF est quant à elle encore plus sourde et étriquée. Enfin, sur le plan interactif, cette collection se résume à une simple bande-annonce.

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

À armes égales – Édition Blu-ray

Résumé : Los Angeles, 1982. Rick, un boxeur en fin de carrière, est recruté par Toshio et Akiko Yoshida pour rapporter clandestinement au Japon un sabre appartenant à leur père, le maître Yoshida. À peine arrivé à l’aéroport d’Osaka, il est kidnappé par les sbires de Hideo, puissant homme d’affaires mais aussi le frère et ennemi juré de maître Yoshida, prêt à tout pour récupérer le sabre…

Spécifications techniques :

  • Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais & Français DTS-HD Master Audio 1.0
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 1h 49min 27s

Bonus (HD et VOSTF) :

  • Bande-annonce (2min 12s)

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