1900 - Image une test Blu-ray

1900 en Coffret Blu-ray + DVD + Livret chez Wild Side

Quand Bernardo Bertolucci réalise 1900 au beau milieu des années 70, il est sans aucun doute au faite de sa carrière. Il vient d’enchaîner deux films qui l’auront placé au centre de toutes les attentions. Il y a d’abord Le Conformiste, adaptation ambitieuse et réussie du livre de Moravia au titre éponyme, et surtout Le Dernier Tango à Paris qui lui apporte une reconnaissance internationale définitive. C’est donc peu de dire que le cinéaste italien avait les coudées franches pour coucher sur pellicule une histoire couvée depuis toujours et qui dépeint en plus que fil rouge l’Italie des campagnes et la montée du communisme lors de la première moitié du XXè siècle. « Novecento », le titre original ne voulant d’ailleurs pas dire « 1900 » mais bien « Vingtième siècle ». Une façon pour lui de se confronter à sa propre enfance (le film se déroule dans la région natale du cinéaste) mais aussi d’apporter sa pierre à l’édifice d’un cinéma militant qui faisait florès un peu partout en cette décennie post 68. C’est ce que révèle en substance cette magnifique édition qui propose en outre de redécouvrir ce film de plus de 5 heures via un master restauré 4K de toute beauté.

1900 - Affiche italienne

Pour autant, voilà une œuvre qui de par sa durée, ses ambitions formelles ou ses velléités narratives est un peu hors du temps et hors des courants majeurs de cinéma. À l’image de l’homme qui a toujours semblé faire cavalier seul ne se sentant chez lui ni au sein de la Nouvelle vague et encore moins dans le Néoréalisme italien, 1900 reste plus que jamais cette chose un peu déracinée tout en se posant là comme un phare au sein d’une décennie tumultueuse. Il peut-être même vu comme le pont reliant Le Guépard (1963) de Visconti et Journal Intime (1993) de Nanni Moretti. C’est dire le côté protéiforme de la chose. Une sorte de thèse et d’antithèse toute en un à même de rendre compte d’une époque (celle du film et celle contemporaine au tournage du film) mais qui creuse aussi le sillon d’une synthèse toute personnelle.

1900 - Capture Blu-ray Wild Side

À l’image cela commence par un Burt Lancaster en grand propriétaire agricole du nord de l’Italie qui se languit d’une naissance que sa bru, en plein travail, est en train d’assurer afin de garantir la descendance patrimoniale et économique de son empire. Il se languit car de l’autre côté des champs son ami mais aussi rival de classe, joué par un Sterling Hayden totalement habité, peut se targuer d’avoir devancé son Maître et patron. Sous le cagnard, sans abandonner son labeur quotidien, il fête donc à sa manière et avec ses compagnons / paysans d’infortune, son petit-fils qui vient de naître. Nous sommes en 1901 et en quelque sorte le décor est planté. Les deux enfants seront dès lors le moteur d’une histoire qui les portera jusqu’en 1945 et la fin de la seconde guerre mondiale. Entre-temps, Bertolucci semble mettre tout ce qu’il a dans le ventre pour entrelacer le destin de ces deux hommes avec une Italie passée par tous les maux et surtout à la moulinette des désillusions perdues.

L’entreprise est gigantesque. Elle peut paraître indigeste de prime abord. Il n’en est rien car ce qui frappe surtout en revoyant cette fresque paysanne c’est ce mélange à la limite de l’obsession entre l’intime et le grandiose. Comme si Bertolucci n’avait eu de cesse de tout ramener à l’humain afin de donner chair à l’ensemble. Ce liant qui sans cela ne donnerait à cette création que valeur d’épopée à épisodes. Des morceaux de bravoure il y en a bien entendu. La procession urbaine pour rendre hommage aux vieux paysans devenus martyrs en est une poignante. Elle répond à celle encore plus mortifère et cruelle qui en voulant exposer les corps cramés juste après l’incendie criminelle met en lumière l’indifférence teintée de crainte de la ville aux volets clos. L’immense drapeau rouge aux origines textiles disparates cousue dans la clandestinité de la période fasciste qui répond à ceux du train emmenant le encore très jeune paysan Olmo vers sa vie de soldat en est une autre encore plus forte. Quant à l’humain, il se niche partout ailleurs. Et même surtout dans les immenses et amples mouvements de caméra qui sont là pour emmener les foules, les tordre ou pour en embrasser les motivations profondes.

Pour autant, cette volonté de tout ramener à hauteur d’Homme n’est pas toujours payante. En cause une symbolique parfois absconse ou par trop stylisée et une direction d’acteurs à l’avenant. On pense au hasard à Dominique Sanda. Son personnage censé immortaliser une bourgeoisie décatie post révolution industrielle se prenant les pieds dans le tapis de la montée du fascisme ne convainc pas totalement. Sans doute que Bertolucci n’a pas su aller au-delà de l’admiration manifeste qu’il lui portait depuis Le Conformiste. Il en va aussi, mais à plusieurs degrés moindres, des prestations de De Niro et de Depardieu. Le premier en héritier qui a bien du mal à imposer son autorité et qui fait même montre d’une couardise propre à sa classe ou assimilée comme telle, ne convenait peut-être pas des masses à celui qui avait déjà pris pour le monde entier les traits de Vito Corleone dans Le Parrain II, même si l’on peut aisément comprendre les motivations de l’acteur à prendre ainsi à contre-pied sa carrière naissante. Depardieu en paysan monolithe s’en sort beaucoup mieux ne serait-ce que par son physique donc mais aussi par l’animalité déjà très forte de son jeu. Il arrive ainsi bien mieux à faire sauter cette barrière de la langue puisque, comme de coutume dans le cinéma italien et même si Bertolucci ne procèdera plus qu’en son direct pour ses films suivants, tous les acteurs sont post-synchronisés.

1900 - Capture Blu-ray Wild SidePost-synchronisés et doublés oui… mais assurant toutes les cascades !

Le Blu-ray permet au passage d’écouter le film dans les trois langues. On pourra ainsi si on le désire passer de l’italien au français si on veut retrouver les voix originales de Depardieu ou de Dominique Sanda et en anglais si on veut entendre celles de Lancaster, De Niro ou Hayden. Un exercice qui pourra sembler fastidieux mais qui aura le mérite de contredire un tantinet ce qui vient d’être énoncé dans le paragraphe précédent. On y retrouve en effet une forme de persuasion des interprétations qui se perdent forcément en route avec le doublage en italien mais qui par ailleurs reste la langue d’origine du film. Celui qui finalement endosse tous les travers et tous les moments de grâce est le personnage interprété magistralement par Donald Sutherland. Il est Attila (oui Attila), le contremaître du domaine qui deviendra une chemise noire, bras armé du régime fasciste. Il distille en effet de par ses outrances (de jeu), de par son physique en décalage assumé et de par les soubresauts narratifs que Bertolucci lui impose, le rythme du film. Il fait ainsi magnifiquement passer à l’image les consignes du maître derrière sa caméra. À lui seul, il endosse la véritable matière organique de 1900 qui n’en devient jamais un film définitif mais bien un work in progress auquel il manque selon Bertolucci un troisième acte plus contemporain.

1900 - Capture Blu-ray Wild Side

1900 n’est donc pas Il était une fois en Amérique. Dans le sens où Bertolucci ne cherche pas tant à raconter la grande Histoire par l’entremise de « petites », mais bien d’entremêler les deux en une sorte de maelstrom toujours évolutif et surtout ultra mouvant. Cela pourra en laisser plus d’un sur le carreau mais reste une expérience de spectateur unique à chaque fois renouvelée. D’autant plus qu’avec ce Blu-ray au master restauré 4K opéré par L’Image Retrouvée on est bien en face d’un tout nouveau film. Il suffit juste de comparer avec l’image restaurée HD que proposait en 2012 le Blu-ray de chez Olive Films pour s’en convaincre. Au-delà du piqué, de la définition ou du grain beaucoup plus prégnants, c’est au niveau de l’étalonnage que la différence est la plus radicale. C’est bien simple, avec ce nouveau master qui redéfinit en profondeur la palette chromatique de 1900, on a l’impression de ne l’avoir vu jusqu’ici qu’en N&B. Davide Pozzi, le directeur du laboratoire L’Image Retrouvée qui a eu la gentillesse de nous recevoir en leurs locaux parisiens nous a précisé que cette restauration avait été supervisée par Vittorio Storaro et validée par Bertolucci lui-même après toutefois quelques demandes de corrections.

Vittorio Storaro - Capture bonus 1900Vittorio Storaro

Car si cela n’avait tenu qu’à lui, Storaro aurait encore poussé plus loin le potard de la restauration qui en l’état touche déjà aux confins même de la philosophie intrinsèque de la chose. En gros, la restauration ne doit-elle que permettre un retour à la vision originelle ou peut-elle gommer ou améliorer ce qui peut l’être ? Ici un défaut de pellicule, là une optique défaillante ou là encore un problème lors du développement… Soit des défauts impossibles à rattraper à l’époque mais qu’une restauration numérique peut bien souvent combler. Davide Pozzi a ses convictions qui tiennent au respect le plus possible de l’œuvre lors de sa première diffusion. Mais il doit aussi composer avec les desiderata des ayants droit qu’il tente au demeurant de canaliser du mieux qu’il peut. 1900 tient sans aucun doute de l’ordre du miracle d’équilibre. Celui du respect de ce chef-d’œuvre visuel que Storaro a encore magnifié en travaillant les noirs, en accentuant les contrastes, les couleurs et les profondeurs de champ pour coller certes à des standards plus modernes mais qui n’en demeurent pas moins totalement cohérents avec le propos du film.

Il suffit de (re)voir ce long travelling où le jeune Olmo avance pieds nus sur une grande table d’un banquet champêtre en direction de son père qui lui assène certaines vérités sur sa destinée paysanne pour se rendre compte à quel point Storaro a eu raison. En une séquence d’une petite minute tout y passe. Une température de couleur ultra chaude répartie sur tout le cadre mais à la manière d’un tableau de Millet. Les arrière-plans sont laissés dans l’ombre, le visage est sur-éclairé de manière frontale donnant à l’ensemble une véracité toute relative mais à la symbolique totalement assumée. Le propos de Bertolucci trouve là un ancrage visuel encore plus fort. Celui de la destinée manifeste des classes sociales dans une Italie encore en proie à un système économique moyenâgeux qui creuse le sillon des conflits à venir. Comme on le disait, nous voici ici à la limite de l’éthique en matière de restauration. Aller plus loin serait plus que jamais jouer à l’apprenti sorcier mais en l’état ici c’est plus que justifié. On regrette d’ailleurs l’absence au sein de cette édition d’une galette 4K UHD. Cela nous semblait tellement tomber sous le sens que nous sommes là aussi aller poser la question du côté de chez Wild Side.

On n’ose en effet imaginer ce qu’une telle restauration aurait pu donner sur support vidéo 4K. Trop coûteux selon Benjamin Geffroy, responsable éditorial et artistique chez Wild Side pour 1900 :  « Déjà qu’on nous a pas mal reproché le prix de vente du coffret jugé trop élevé (69,99€ / NDLR), je n’ose imaginer ce que l’on nous aurait dit si l’on y avait rajouté deux galettes 4K avec l’augmentation du prix en conséquence. Pour un éditeur indépendant comme nous, le coût aurait été de toute façon disproportionné compte tenu par ailleurs du marché en la matière qui reste plus qu’embryonnaire. » Difficile de lui donner tort surtout quand on sait que voilà un coffret au tirage limité à 3 000 exemplaires pour lequel il serait bien hasardeux d’avancer une quelconque rupture de stock d’ici à la fin de l’année. Le contraire enchanterait bien entendu l’éditeur d’autant qu’on est quand même en présence d’une première mondiale vu que Wild Side est bien le premier à proposer cette nouvelle restauration sur support vidéo : « Notre idée était de toute façon de tout caser au sein d’une seule édition afin de la rendre la plus définitive possible. Il s’agissait là pour nous de mettre en valeur un de nos derniers titres acquis du temps de Manuel Chiche (parti fonder la Rabbia / The Joker depuis / NDLR) que nous n’avions pas encore sortis. On devait en effet déjà éditer 1900 en novembre de l’année dernière et l’on avait même pas mal avancé niveau bonus quand on a appris qu’une restauration 4K avait été décidée. On n’allait donc pas sortir un Blu-ray à l’image instantanément obsolète. On a donc repoussé sa parution. Ce qui nous a permis de peaufiner la production des bonus. »

1900 - Scénographie Coffret Blu-ray Wild Side

Des bonus quasiment tous produits pour cette édition. Il s’agit pour la plupart d’interviews du cast, de Vittorio Storaro mais aussi et surtout de Bertolucci qui bien que déjà très affaiblit avait tenu à répondre aux questions de la Team Wild Side pour certainement l’un des tout derniers entretiens du maître avant son départ vers d’autres cieux de cinéma. Son amour viscéral pour ce film y est plus que patent avec toujours cette envie chevillée au corps de réaliser une troisième partie. Que l’on aurait aimé voir cela. Quant à Storaro, il avoue bien volontiers qu’il s’est amusé comme un petit fou à superviser la restauration et nous rappelle qu’à l’origine 1900 avait été écrit (par Bertolucci et son frère) pour faire l’objet d’une série télé en 5 parties. On sent l’homme toujours avide d’apprendre et d’expérimenter. Si quelqu’un avait des doutes, cet entretien prouve qu’il est bien de la race des seigneurs dans son domaine. Si Benjamin Geffroy regrette bien entendu l’absence de Depardieu : « mais ce n’est pas faute d’avoir essayé », il peut se targuer d’avoir eu Donald Sutherland qui se souvient avec précision de ce long tournage idyllique où presque tout le monde en a voulu à Bertolucci quand il a mis en boîte le dernier plan 44 semaines après le premier coup de manivelle. C’est que personne ne voulait partir. On sera plus circonspect sur l’intervention de De Niro : « À l’évidence, il n’avait pas  beaucoup de souvenirs à partager, mais il a tout de même avoué au journaliste qui s’était déplacé deux fois à New-York pour réaliser cette interview – la première fois il a dû déclarer forfait après s’être fracturé le bras sur un escalator de l’aéroport – que l’interview lui avait plus que donné envie de revoir le film… » Une maigre consolation à n’en pas douter.

Bernardo Bertolucci - Capture bonus 1900Bernardo Bertolucci en avril 2018

Mais ce n’est pas tout puisque l’interactivité recèle encore deux belles surprises. La première est une rencontre avec Gian Luca Farinelli directeur de la Cinémathèque de Bologne en charge de la restauration du film. L’homme qui est par ailleurs le directeur de l’expo Sergio Leone que la cinémathèque française accueille depuis le 10 octobre (et jusqu’au 27 janvier 2019) avant de s’exporter vers d’autres villes, revient ainsi sur le fameux montage plus court opéré par Paramount depuis le négatif original pour les salles américaines. Une façon de faire pour le moins sauvage et très peu respectueuse de l’œuvre puisque normalement on ne touche jamais au négatif original. Si coupes il doit y avoir, elles se font depuis les années 20 à partir d’une deuxième génération de pellicule (un interpositif par exemple). Et Gian Luca Farinelli de préciser que quand on fait une coupe sur un négatif quel qu’il soit, on perd à chaque fois trois photogrammes. Paramount a ainsi procédé à 700 coupes mutilant profondément le film pour le ramener à une durée de 2h. Bertolucci a par la suite intenté un procès à la Paramount qu’il a remporté ce qui a permis de récupérer le négatif que Storaro a retravaillé pour proposer dès les années 90 le montage voulu originellement. Quant à la restauration 4K, Davide Pozzi nous a précisé qu’elle a aussi permis de reconstituer numériquement les fameux trois photogrammes disparus par coupe mentionnés plus haut.

Gian Luca Farinelli - Capture bonus 1900Gian Luca Farinelli

Et puis l’autre surprise est la présence d’un reportage d’époque de plus d’une heure sur le tournage du film que la Team Wild Side a retrouvé en fouillant dans les archives audiovisuelles italiennes. Diffusé en son temps par la Rai, c’est un document exceptionnel dont nous ne soupçonnions même pas l’existence qui peut d’ailleurs se voir comme un complément de celui plus court effectué par la télévision belge que l’on peut visionner sur le web. On y voit un Bertolucci démiurge cavalant aux quatre coins de ses décors pour finaliser des mises en place ou pour donner ses consignes aux acteurs en anglais, en français et bien entendu en italien. Le qualificatif de maestro prend tout son sens à la vision d’un tel document. On y trouve aussi des moments de grâce ou de gêne (c’est comme on veut) incroyables. Comme celui en tout début de film qui voit un Sterling Hayden totalement azimuté répondant à peine aux questions du journaliste italien. En voyant le bonhomme, on se dit qu’il ne fallait certainement pas chercher à le contrarier sous peine d’un retour buffet immédiat façon puzzle.

Autre regret est l’absence de Domique Sanda qui si elle réside aujourd’hui à Buenos Aires revient souvent en Europe. Nous l’avions d’ailleurs croisé il n’y a pas si longtemps lors de sa venue en France pour la présentation du Jardin des Finzi-Contini du grand De Sica en version restaurée. Sans parler d’Ennio Morricone mais qui à 90 ans n’a plus le temps de parler de sa musique. Il préfère la jouer aux quatre coins du monde. Et c’est finalement bien ainsi. Ce qui nous permet de glisser quelques mots sur la partie sonore de ce Blu-ray qui propose comme on l’a déjà dit trois doublages. Nous serions bien en peine de donner un conseil d’écoute sinon de préciser que nous avons opté pour la version italienne qui comme le précise Gian Luca Farinelli a été restaurée à partir de la piste magnétique d’origine. Si la chose n’est pas dite pour la VF et la VA, on n’a de toute façon pas noté de différences flagrantes entre les trois. En cause certainement un travail idoine effectué à l’origine sur les trois pistes avec comme on l’a déjà dit cette manie italienne de ne quasiment jamais s’appuyer sur des enregistrements en son direct pour privilégier enregistrement des dialogues et autres rendus sonores en post-prod. De fait, le DTS-HD Master Audio 2.0 mono offre pour les trois langues les mêmes caractéristiques propres aux mixages en studio : ambiances en retrait et voix souvent bien trop mises en avant. S’il est bizarre d’écouter De Niro ou Depardieu en italien, on pourra toujours comme on l’a déjà dit zapper d’une langue à l’autre au risque tout de même de vous rallonger un temps de visionnage qui n’est déjà pas anodin ou de risquer l’engueulade permanente avec le / la ou les personnes qui aura(ien)t décidé de se lancer dans l’aventure avec vous.

1900 - Extrait du livre présent au sein du coffret BD

Enfin, il serait injuste de ne pas mentionner le livre qui accompagne ce coffret. Il est écrit par Giuseppina Sapio qui si elle est inconnue du grand public participe à la volonté de l’éditeur à dénicher des spécialistes autres que ceux que l’on peut généralement entendre ou lire au sein de bonus. Ici, on aurait pu en effet s’attendre à lire Michel Ciment, grand ami et fin connaisseur du cinéma de Bertolucci ou bien écouter Jean A. Gilli qui est réputé pour être l’un des meilleurs spécialistes du cinéma italien en France. Giuseppina Sapio est Maîtresse de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication dans le Département Art&Com de l’Université Toulouse 2 Jean Jaurès et a publié pas mal d’ouvrages sur Bertollucci. Son texte aborde le film essentiellement sous l’angle politique sans jamais oublier de raccrocher sa démonstration avec le reste de la filmo du cinéaste. C’est assez passionnant à lire car cela dévoile des angles de lecture du film peu entendus ou lus ailleurs. On regrettera juste ce style un peu ampoulé et finalement assez universitaire (certes rigoureux mais qui ne laisse place à aucune fantaisie) qui pourra en rebuter quelques uns.

Bernardo Bertolucci - 1900

Le mot de conclusion, on va le laisser à Benjamin qui, outre la présentation qu’il nous a faite du coffret dont vous pourrez apprécier la finition et la très belle inspiration d’ensemble via cette vidéo unboxing, nous a rappelé qu’il s’agissait là d’un travail d’équipe et nous a confirmé déjà travailler avec celle-ci sur deux autres titres pour le moins majeurs : « L’homme qui voulu être roi de John Huston et Outrages de Brian De Palma. On a d’ailleurs une belle touche avec Sean Penn qui nous a donné un accord de principe pour le rencontrer. » On est reparti des locaux de Wild Side laissant cet homme des étoiles plein les yeux retourner à son beau labeur. Et nous on est juste heureux de constater qu’il y a encore des éditeurs totalement impliqués et passionnés dans ce qu’ils font. Bertolucci peut reposer en paix, l’héritage qu’il nous lègue est ici entre de bonnes mains.

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1900 (Novecento) – 1976 – Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre

Réalisateur : Bernardo Bertolucci
Éditeur : WildSide
Sortie le : 21 novembre 2018

Dans l’Italie du vingtième siècle naissant, deux enfants voient le jour dans la région d’Emilie, sur les terres du maître Berlinghieri. Le premier, Alfredo Berlinghieri, est le petit-fils du riche propriétaire. Le second, Omo Dalco, est celui du contremaître. Ces deux enfants, unis par leur amitié mais séparés par leurs origines, vont être les témoins et les acteurs de 45 années d’histoire de l’Italie, des luttes sociales à l’inexorable montée du fascisme.

Disque 1 : Le film – 1ère partie

  • Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais, Français et Italien en DTS-HD Master Audio 2.0
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 163min 43s

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Disque 2 : Le film – 2ème partie

  • Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Anglais, Français et Italien en DTS-HD Master Audio 2.0
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 154min 42s

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Disque 3 : Les bonus (en HD et VOST)

  •  1900 ou Le Siècle inachevé : entretien avec Bernardo Bertolucci autour de la genèse du film (39min 06s – VF)
  • Le Cinéma selon Bertolucci : le making-of d’époque par Gianni Amelio (63min 48s)
  • Une image rêvée : histoire d’une restauration par Gian Luca Farinelli, de la Cinémathèque de Bologne (32min 50s – VF)
  • Dialogue en clair-obscur : conversation avec le directeur de la photographie Vittorio Storaro (51min 44s)
  • Un Américain à Parme : interview de Robert De Niro (6min 56s)
  • La Mort du chat : souvenirs de tournage par Donald Sutherland (19min 36s)
  • Film annonce (1min 34s – Version restaurée)
  • Un livret (160 pages) présentant L’Enfant et les Grenouilles, un texte écrit par Giuseppina Sapio (spécialiste de l’œuvre de Bernardo Bertolucci), et un riche album-photo du film tiré d’archives rares.

3 réflexions sur « 1900 en Coffret Blu-ray + DVD + Livret chez Wild Side »

  1. La question de l’UHD rapportée au prix du coffret me semble tout de même hors-sujet. A ma connaissance, cette restauration n’a jamais eu pour vocation de sortir en UHD, et n’est pas en HDR (et peut-être même pas prévue pour du WCG ou du BT2020).
    Le problème du prix du coffret, c’est comme toujours chez Wild Side le fait que leur gros bouquin contient 10 minutes de lecture, faute de faire la part belle au texte. Les photos, c’est mignon, mais quand je paie 70€ pour une édition dont la plus value claire est le bouquin, ce n’est pas pour que j’en aie fait le tour en 10 minutes chrono. 21 pages de texte ? C’est ridicule.

    Quant à l’étalonnage, l’ancienne restauration était toute rose, la nouvelle est toute jaune. On a remplacé une dérive par une autre. Merci Ritrovata, as usual.

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