Futur Immédiat - Image une test Blu-ray

Futur immédiat en Blu-ray chez Carlotta

Futur immédiat, Los Angeles 1991 [Alien Nation] (U.S.A. 1988) de Graham Baker est un film noir policier se déroulant dans un climat de science-fiction. (1) L’alliage (qui n’est pas inédit : voir par exemple, six ans plus tôt, Blade Runner) est soigné et ce titre a dorénavant logiquement sa place aussi bien dans l’histoire du premier genre que dans celle du second. Du premier il reprend le thème classique, presque éculé, d’un policier prêt à tout pour venger la mort de son co-équipier. Du second, il reprend l’idée, non moins éculée, d’extra-terrestres arrivant sur Terre. La grande originalité est que ces derniers ne sont pas des envahisseurs mais des immigrés. Tout l’enjeu (sociologiquement ambitieux) est exprimé dans le titre original américain : une nation fondée intégralement sur l’émigration (les USA) peut-elle intégrer ces étrangers du troisième type mais qui s’avèrent pouvoir adhérer aux valeurs humaines ? Le scénario, optimiste (et cautionné par des plans du président américain Ronald Reagan bien intégrés au montage), répond oui mais… de justesse !

Futur Immédiat - Affiche

Tourné pour un coût d’environ 16 millions de dollars avec en vedette James Caan, Terence Stamp et Mandy Patinkin, doté d’un scénario qui avait été revu (sans qu’il soit crédité au générique) par James Cameron pour la productrice Gale Ann Hurd, Futur immédiat en rapporta au total environ le double sur l’ensemble de son exploitation internationale : il y a des scores moins honorables. Et il donna naissance à une série TV homonyme populaire durant l’année 1989 puis à 5 téléfilms plus tardifs et inédits en France : Alien Nation : Dark Horizon (1994), Alien Nation : Body and Soul (1995), Alien Nation : Millenium (1996), Alien Nation : the Enemy Within (1996) et enfin Alien Nation : the Udara Legacy (1997). Son argument a inspiré les plus récents District 9 (Afrique du Sud 2009) de Neill Blomkamp et Bright (USA 2017) de David Ayer. Un remake avec derrière la caméra Jeff Nichols a même été envisagé en 2016, l’année où il réalise Midnight Special, sa seule incursion dans la SF à date.

Le maquillage des acteurs jouant les « Newcomers » prenait environ 4h chaque jour : c’est sur lui que repose principalement l’aspect futuriste sans oublier leur étrange langage, une affiche publicitaire pour un Rambo 6 qui n’existe pas et un laboratoire automatisant la fabrication d’une drogue de synthèse d’un joli bleu (aux effets proches de ceux de la réelle drogue PCP, alors surnommée « Angel Dust »). Sur le plan du film noir policier, les équipements contemporains (de 1991 imaginés en 1988) ne sont pas particulièrement futuriste puisque le revolver calibre 454 Casull, les riot-gun semi-automatiques et les munitions « slugs » (balles calibre 12 à sabots, au pouvoir important de pénétration) étaient commercialisés. La procédure de protection derrière l’avant de la voiture, permettant ainsi au moteur de tenir un rôle de bouclier naturel, est exacte : le coéquipier noir de James Caan meurt parce qu’il ne l’a pas bien respectée.

Futur ImmédiatLe revolver calibre 454 Casull en action

Futur immédiat, Los Angeles 1991 avait une durée initiale plus longue. Il fut drastiquement raccourci au moment de sa post-production. Ce fut l’autre raison pour laquelle la partition composée par Jerry Goldsmith ne fut finalement pas utilisée (outre le fait qu’elle était considérée comme un peu trop sombre et angoissante par les producteurs) : le minutage ne correspondait plus à sa partition car certaines séquences n’existaient plus du tout. Exemple : Kipling, au lieu de mourir dans l’explosion d’une voiture, survivait et attaquait James Caan. On peut apercevoir un ou deux plans de cette séquence dans la bande-annonce vers 1min10s et sur certaines photos de production. Que valait la séquence ? Pourquoi a-t-elle été supprimée ? Mystère mais il faudrait un jour éditer une director’s cut de Graham Baker : il ne l’a clairement pas eue en 1988 et c’est certainement dommage.

Sur le plan de l’histoire du cinéma fantastique, c’est le second titre important de Baker qui avait déjà signé La Malédiction finale [The Final Conflict] (USA 1981), le troisième et bon opus de la série après La Malédiction [The Omen] (USA 1976) de Richard Donner et Damien : La Malédiction II [Damien : Omen II] de Don Taylor. Invasion Los Angeles (USA 1988) de John Carpenter est strictement contemporain du titre de Baker mais, à partir d’un thème structurellement proche (des Aliens vivent à Los Angeles), ses options thématiques et esthétiques en divergent clairement. Enfin, sur le plan de l’histoire du cinéma policier, le titre initialement prévu était Outer Heat mais, afin d’éviter la confusion avec le film noir policier Red Heat [Double détente] (USA 1988) de Walter Hill qui devait bientôt sortir, il fut changé en Alien Nation.

Un Blu-ray au passé immédiat

Mis à part une grosse imperfection à même la pellicule vers la demi-heure du film, le reste ne dénote pas de scories importantes même si points blancs, tâches et petites griffures ne sont pas rares. On est très clairement devant un master en l’état issu d’une copie non restaurée si ce n’est peut-être en HD. Ce qui n’empêche pas un transfert de qualité où les couleurs, notamment durant les scènes nocturnes tournées en extérieurs, sont vives, chaudes, et les noirs bien noirs. Le grain est relativement sacrifié mais la définition et la profondeur de champ sont satisfaisantes. Au passage, la photo est signée Adam Greenberg qui pour l’anecdote avait, quatre ans plus tôt, assuré celle de Terminator. Bref, pour les impatients qui avaient acquis l’édition australienne Umbrella Entertainment (sic) datant de 2016, il s’agit là du même master. Ni plus, ni moins.

Futur ImmédiatCeci n’est pas un vers translucide bleu échappé du film Avatar (30min42s)

Côté son on a droit à des VO et VF encodées en DTS-HD MA 2.0 sur le Blu-ray et en Dolby Digital 2.0 sur le DVD. D’une manière générale, les effets ont été mixés de telle manière qu’on les distingue avec force (la première exécution au riot-gun, l’entraînement au tir avec le revolver calibre 454 Casull). En VO, les dialogues se détachent nettement et l’équilibre d’ensemble est bon. Il faut cependant savoir que le Blu-ray australien propose une piste alternative en VO DTS-HD MA 5.1. (sans aucun sous titres) bien plus dynamique avec des graves plus prononcés lors des gunfights par exemple. Pour être complet, signalons que le film a pu être exploité au cinéma via des copies 70mm munies de 6 pistes sonores. Mais celles-ci n’ont jamais traversé l’Atlantique puisque nous n’avons eu droit en France qu’à des copies 35mm stéréo. Ce qui nous amène à la VF d’époque qui par son équilibre et ses effets d’ambiance est très inférieure à sa consœur originale alors que le doublage, pas formidablement adapté aux voix d’origine, ne traduit pas toujours tout ce qui est dit à l’écran (la déclaration du président Ronald Reagan est par exemple amputée par rapport à la VO). La musique signée Curt Sobel est artistiquement correcte (et même originale et belle durant le générique d’ouverture). Quant à la partition composée par Jerry Goldsmith qui fut rejetée à l’époque, elle fut éditée en CD (édition limitée à 3 000 exemplaires) en 2005 par Varese Sarabande.

L’unique supplément est une bande-annonce ignoblement recadrée plein cadre 1.37 en 4/3, VOST, à l’image argentique et numérique médiocre (pour ne pas dire moins). « Produit par les producteurs de Alien et de Terminator » indique son premier slogan qui revendique une filiation prestigieuse. Vers 1min10s, comme on le mentionnait plus haut, on y aperçoit des plans d’une séquence coupée au montage du film de référence : celle où Kipling attaque Sykes et où George le tue à l’aide d’un revolver chambré en 454 Casull. C’est maigre et, pour tout dire, insuffisant pour ce titre qui méritait mieux. Il aurait fallu au moins lui adjoindre une galerie d’affiches et de photos contenant les jeux de photos d’exploitation US et françaises d’époque, bien reproduites à la taille d’un écran 16/9.

(1)  Le visuel des éditions BRD et DVD de Carlotta allie les deux aspects mais il est très inférieur aux belles affiches originales de 1988, qu’il s’agisse de l’affiche française ou de l’affiche américaine.

Notes :
– Image : 3,5/5
– Son : 3,5/5
– Bonus : 0,5/5

Futur Immédiat - Jaquette Blu-rayFutur immédiat, Los Angeles 1991 (Alien Nation – 1988) – Édition Combo Blu-ray + DVD

Réalisateur : Graham Baker
Éditeur : Carlotta Films
Sortie le : 26 septembre 2018

U.S.A., Los Angeles 1991 : trois ans plus tôt, un gigantesque vaisseau spatial est apparu dans le ciel californien du désert de Mojave, apportant avec lui environ 300 000 extraterrestres. Surnommés les « Newcomers », ils s’avèrent capables de travailler en milieu nocif pour l’homme et d’apprendre très rapidement nos usages. Ils sont à présent relativement intégrés, parlent anglais, mais… il y a quelque chose à leur sujet que les hommes ignorent encore. Un crime commis dans leur quartier va donner à l’inspecteur Sykes, désireux de venger son coéquipier abattu par les criminels, l’occasion de faire équipe avec le premier inspecteur « alien ». Et de découvrir, au péril de sa vie, le terrible secret de cette « Alien Nation ».

Spécifications techniques :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Français et Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 mono
  • Sous-titres : Français
  • Durée : 89min 55s

Bonus :

  • Bande annonce (1.37 – VOST – HD)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

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