Coin de mire cinéma - Image une test Blu-ray

Coin de Mire Cinéma – Vague 3

On avait à peine bouclé la vague 2 que voilà l’éditeur Coin de Mire Cinéma toquant à la porte du site pour nous proposer une troisième salve de titres. Il est vrai aussi que l’on avait un chouïa lambiné durant la touffeur d’un été forcément propice à se la couler douce. Ce qui au final nous a donné juste le temps de relire et de mettre en ligne notre papier puis de prendre une douche, d’avaler un morceau pour remettre fissa le bleu de chauffe avec l’ambition d’être un tantinet plus rapide. De toute façon, plus long, c’était pas possible.

Au menu de cette troisième vague, on ne change pas une équipe qui gagne avec en tête de gondole Jean Gabin, Bernard Blier, Michel Simon, Bourvil ou encore Pierre Brasseur devant la caméra et Denys de La Patellière ou Christian-Jaque derrière. Sans oublier le stakhanoviste Michel Audiard encore crédité aux dialogues sur deux films. Le tout donne un ensemble homogène et représentatif d’un certain cinéma français conchié par la Nouvelle Vague. Ce « cinéma de papa », que les jeunes turcs d’alors officiant dans la revue des Cahiers du Cinéma ne se lassaient pas de mettre à l’amende, traverse pourtant les décennies avec la certitude de plus en plus chevillée à la pelloche que chacun des films censés le définir / le caractériser devient un témoignage historique et poignant d’un certain savoir-faire cinématographique aujourd’hui plus ou moins disparu. Alors bien entendu, tous ne méritent pas une exhumation précédée d’une restauration 4K, mais tous méritent d’être visionnés au moins une fois au sein de cette collection qui les bichonnent comme peu d’éditeurs français le font aujourd’hui sur le marché. Ceci dit, les 6 films ci-dessous ont été arbitrairement ordonnancés du plus anecdotique au plus marquant selon un critère qui nous est propre mais qui obéit principalement à une cinéphilie des plus pointue et à la qualité des seaux de café que l’on a engloutit pour bafouiller ces quelques lignes.

Ce sacré grand-père - Jaquette Blu-rayCe sacré grand-père (1968) – Édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret

Réalisateur : Jacques Poitrenaud
Éditeur : Coin de Mire Cinéma
Sortie le : 14 octobre 2019

Jacques a quitté Marie depuis quelques semaines, lorsqu’arrive une lettre de grand-père Jéricho. C’est sur le ton d’un ultimatum que cet homme âgé invite ses petits-enfants à venir passer les vacances d’été auprès de lui, en Provence. Par amour pour le vieil homme, Jacques et Marie acceptent et décident de lui donner la comédie d’un couple toujours uni…

Ils ne doivent pas être nombreux ceux qui connaissent la filmo de Jacques Poitrenaud. On vous rassure, on ne fait pas parti de ces « heureux chanceux ». L’homme a pourtant 13 longs à son actif en plus d’avoir eu une vie de cinéma plutôt bien remplie puisqu’il fut directeur pendant une dizaine d’années entre 1984 de 1994 de la section Un Certain Regard du festival de Cannes mais aussi l’un des 30 cinéastes fondateurs en 1987 de la Société civile des auteurs, réalisateurs et producteurs (la fameuse ARP). Pour autant, si les 12 autres films qu’il a réalisés sont du même acabit que Ce sacré grand-père, autant passer notre/votre chemin et d’aller voir ailleurs si d’autres films au pedigree plus excitant n’y sont pas. C’est en effet peu de dire que l’on frise ici la correctionnelle. Mise en scène aux abonnés absents, histoire d’une misogynie incroyable au moment où la France s’apprête à basculer dans mai 68, acteurs qui se raccrochent aux branches bouffées par les pucerons et des dialogues tout droit sortis d’un Martine à la campagne. De ce marasme photographié pleine balle sous le soleil de Provence émerge quand même un certain Serge Gainsbourg qui apporte une touche en total décalage sans que pour autant on soit convaincu que cela soit l’effet originellement recherché. Son personnage qui ne sert à rien et n’apporte pas grand chose de plus est pourtant assez jubilatoire par sa seule présence et sa trogne de faux benêt aux oreilles en chou-fleur. Le plus beau c’est qu’il est censé interpréter une sorte de marginal toujours bourré, ce qu’il tente avec application de faire, lui l’artiste déjà reconnu abonné aux substances illicites et aux boissons alcoolisés à volonté. C’est juste délicieux d’autant que pour les plus fans, on pourra l’entendre pousser la chansonnette sur L’Herbe tendre qu’il a écrit sur un coin de table un soir de beuverie en plein tournage avec un Michel Simon qui n’en demandait pas tant. Le même Michel Simon qui l’année précédente fut bouleversant dans Le Vieil homme et l’enfant de Claude Berri.
Une restauration 2K à partir du négatif original a été financée on  ne sait par qui (aucune précision à ce sujet) mais on se dit quand même qu’il doit bien y avoir d’autres films au patrimoine génétique autrement plus prestigieux qui auraient mérité le même genre d’attention. En attendant, Ce sacré grand-père ne fait donc plus son âge, tout du moins à l’image, puisque d’une restauration plus que convaincante on obtient un encodage à l’avenant. Belle définition, séquences diurnes à la graduation des noirs maîtrisée, le tout mâtiné d’un joli grain de pelloche plus que bienvenu. Pour le reste, les actualités d’époque qui nous sont proposées en guise de « bonus » se focalisent uniquement sur les événements de mai 68 efficacement synthétisés en un peu moins de 6 minutes. On rappelle en effet que le principe de cette collection dite « La Séance » est de proposer la vision du film accompagnée des actualités et des réclames que l’on pouvait découvrir en avant-programme dans les salles de cinéma au moment de la sortie du film. Ce sacré grand-père déboulant un 7 juin 1968, il y avait donc matière à retracer plus d’un mois de crise sociale qui avait paralysé un pays au bord de la guerre civile.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langue(s) : Français DTS-HD MA 2.0 mono
  • Sous-titre(s) : Français pour sourds et malentendants débrayables
  • Durée : 1h30min 14s
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Journaux des actualités de la 23ème semaine de l’année 1968 (5min 57s – HD)
  • Réclames de l’année 1968 (7min 16s – HD)
  • Bandes-annonces :
    • Le Tueur de Denys de La Patellière (3min 24s – HD)
    • La Horse de Pierre Granier-Deferre (3min 58s – HD)
    • Ce sacré grand-père (3min 15s – HD)
    • Le Baron de l’écluse de Jean Delannoy (3min 58s – HD)
    • Le Bateau d’Émile de Denys de La Patellière (3min 39s – HD)
    • Les Bonnes causes de Christian-Jaque (3min 32s – HD)
  • Un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages)
  • 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm)
  • La reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Le Tueur - Jaquette Blu-rayLe Tueur (1972) – Édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret

Réalisateur : Denys de La Patellière
Éditeur : Coin de Mire Cinéma
Sortie le : 14 octobre 2019

Quand l’assassin Georges Gassot parvient à s’évader d’un asile, le commissaire Le Guen, responsable de son arrestation, se remet à sa poursuite. Toutefois, Le Guen doit, cette fois, s’adapter aux méthodes modernes de son supérieur François Le Tellier alors que Gassot tue de nombreuses personnes sur son passage.

Avant dernier film de cinéma signé Denys de La Patellière qui continuera par la suite à exercer son métier mais uniquement pour la télévision en signant par exemple quelques Maigret avec Bruno Cremer ou Jean Richard dans le rôle titre, Le Tueur n’est certainement pas ce qu’il a commis de plus mémorable. Il n’est pourtant pas dénué d’intérêt. À commencer par cette volonté de cartographier le Paris en pleine mutation de ce début des années 70 entre le quartier Montparnasse qui se découvre via le générique de début et sa Tour du même nom dont la construction venait tout juste de commencer et les Halles de Paris qui n’était alors qu’un vaste chantier à ciel ouvert. Cette détermination à vouloir sortir des décors de studios, marque de fabrique de ce que pouvait produire en quantité le cinéma français d’après-guerre que la Nouvelle Vague avait définitivement rendu obsolète dans les années 60, s’accompagne aussi d’une mise en scène qui se montre nerveuse et en tout cas bien plus sèche que ce que la filmographie du cinéaste nous avait jusqu’ici habitué annonçant quelque part ce que sera le polar français de la décennie dont Peur sur la ville est le parangon.  Le problème c’est que l’histoire plus que quelconque qui surfait sur l’air du temps (Jacques Mesrine venait tout juste d’être déclaré « ennemi public numéro un ») n’est absolument pas rehaussé par son traitement et encore moins par le jeu des acteurs tous en roue libre à commencer par un Jean Gabin littéralement momifié par la photo signée Claude Renoir. Il suffit juste de comparer avec Flic Story aux thématiques et à l’histoire plus ou moins idoines que Jacques Deray réalise trois ans plus tard avec Jean-Louis Trintignant pour constater à quel point Le Tueur était déjà « has been ». À noter dans un tout petit second rôle un certain Gérard Depardieu dont c’était la quatrième apparition au cinéma. Il retrouvera Gabin, qui l’avait immédiatement repéré, l’année suivante dans L’Affaire Dominici lui aussi disponible chez Coin de Mire.
C’est d’ailleurs le troisième film de Denys de La Patellière à intégrer le catalogue de l’éditeur en attendant Le Bateau d’Émile que l’on vous détaille plus bas. Le master utilisé est issu d’une restauration 4K effectuée depuis le négatif original et financée par l’éditeur ainsi que l’ayant droit. On avoue ne pas avoir été impressionné plus que cela par le résultat à l’écran. D’abord parce que l’image présente un aspect d’ensemble assez vaporeux comme si le chef op des films de David Hamilton était venu passer une tête sur le tournage ou alors c’est qu’il y a eu comme un bug lors du scan numérique du négatif. L’un dans l’autre cela manque de définition avec quelquefois lors des scènes nocturnes un équilibre des noirs peu satisfaisant rappelant au demeurant la signature visuelle du Blu-ray du Casse de Verneuil édité par L’Atelier d’Images. Film qui a lui aussi comme chef op Claude Renoir. Coïncidence ou alors c’est que la photo du petit-fils du peintre Auguste Renoir et le neveu du cinéaste Jean Renoir est plutôt du genre peu apprivoisable en numérique. Au regard de l’image bien plus contrastée et dense en couleur que propose la bande annonce elle aussi restaurée, on est en droit d’en douter. On sera tout aussi circonspect sur la bande son souvent haut perchée pour ne pas dire criarde et donc assez désagréable à l’écoute. Heureusement, cela s’estompe plus on avance dans le film ou alors c’est que nos esgourdes ont pris le pli. Quant aux bonus, et comme d’hab, ne pas s’attendre à une quelconque volonté de contextualisation dont l’éditeur ne veut pas entendre parler lui qui préfère donc nous replonger dans la séance d’antan avec ses actualités et ses réclames d’époque. On en trouvera d’ailleurs une  avec Coluche vantant les mérites des pâtes Rivoire et Carret et une autre assez drôle avec Gérad Jugnot pour une bière de la marque Skansen réalisée par Jean Becker. Manque plus  que l’ouvreuse en talons et bas-résille (ben quoi ? Chacun son délire !) déambulant devant le canapé pour nous vendre ses esquimaux, bonbons Kréma, Chocoletti et autres pop-corn Baff.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langue(s) : Français DTS-HD MA 2.0 mono
  • Sous-titre(s) : Français pour sourds et malentendants débrayables
  • Durée : 1h27min 58s
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Journaux des actualités de la 9ème semaine de l’année 1972 (9min 01s – HD)
  • Réclames de l’année 1972 (6min 21s – HD)
  • Bandes-annonces :
    • Le Tueur (3min 24s – HD)
    • La Horse de Pierre Granier-Deferre (3min 58s – HD)
    • Ce sacré grand-père  de Jacques Poitrenaud (3min 15s – HD)
    • Le Baron de l’écluse de Jean Delannoy (3min 58s – HD)
    • Le Bateau d’Émile de Denys de La Patellière (3min 39s – HD)
    • Les Bonnes causes de Christian-Jaque (3min 32s – HD)
  • Un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages)
  • 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm)
  • La reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Le Baron de l'écluse - Jaquette Blu-rayLe Baron de l’écluse (1960) – Édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret

Réalisateur : Jean Delannoy
Éditeur : Coin de Mire Cinéma
Sortie le : 14 octobre 2019

Ex-héros de la première guerre mondiale, Baron déchu et ruiné, Antoine vit d’expédients entre Deauville et Monte-Carlo grâce à ses relations. Heureux gagnant d’une partie de cartes face à un riche marquis, il obtient, en guise d’une partie de ses gains, un yacht qu’il doit aller chercher à Rotterdam. Il embarque sur le bateau en compagnie d’une ancienne maîtresse, Perle, en direction de Monte-Carlo…

Sixième et dernier film de la collaboration contractuelle entre Gabin et le producteur Jean-Paul Guibert, Le Baron de l’écluse est à nouveau un énorme succès populaire avec plus de 3M d’entrées. Gabin s’associera par la suite avec d’autres producteurs au grand regret de Guibert qui était pour la petite histoire le beau-frère de Michel Audiard (il était en effet le frère de son épouse Marie-Christine Guibert) que l’on retrouve ici aux dialogues. Ces deux-là commençaient aussi à bien se connaître (c’était leur septième film en commun) à tel point d’ailleurs que Gabin pouvait expressément lui demander de lui pondre des réparties les plus courtes possibles. Ce que confirme avec humour ce petit film effectué sur le tournage archivé et numérisé par l’INA. On est donc en terrain plus que connu. Gabin fait du Gabin avec une gouaille qui fait dorénavant partie de sa légende, l’histoire adaptée d’un bouquin de Simenon qui n’est pas un policier pour une fois, n’est ni remarquable ni mémorable mais suffisamment rehaussée par les dialogues d’Audiard justement pour ne pas sombrer dans le tout venant cinématographique d’une époque qui commençait de surcroît à voir débouler dans les salles les films de la Nouvelle vague. Quant à Delannoy c’est aussi pour lui clairement une œuvre de commande dont on conseillera plus sûrement la vision de L’Éternel retour (1943) ou même de Chiens perdus sans collier (1955) pour se faire une véritable idée de son indéniable talent de cinéaste. Et puis, on ne pourra pas rester insensible à la seule présence de l’immense Micheline Presle qui s’approprie son personnage de poule mondaine avec délice et beaucoup d’humour. La mère de la réalisatrice Tonie Marshall qui vient de fêter ses 97 ans illumine un film qui n’a d’autre ambition que de divertir. Avec le temps, on pourra y adjoindre une certaine forme de nostalgie totalement assumée par un éditeur qui, ne voyant rien venir du côté de l’ayant droit TF1 Studio depuis le DVD datant de 2015 et son master fatigué, a décidé de le (re)sortir via une restauration 4K moyennant une opération de Crowdfunding menée avec succès depuis la plateforme participative Celluloid Angels.
La copie proposée n’est cependant pas exempte de défauts comme en atteste le générique du début avec ses quelques points et micro rayures. Un constat qui fort heureusement ne perdure pas puisque le reste du film présente un N&B des plus convaincant même si l’on aurait apprécié un ensemble moins « aseptisé » sans que pour autant l’on puisse soupçonner une quelconque affaire de lissage numérisée (ou DVNR). Une probabilité loin d’être incongrue compte tenu des standards de l’époque où un décor devait être éclairé pleine balle (sauf indications contraires) avec ce que cela impliquait en terme d’absence de profondeur de champ mais aussi de grain argentique. Pour le reste, on a droit comme toujours au sein de ces digibooks à une dizaine de photos d’exploitation et d’une affiche du film magnifiquement reproduites sans oublier le livret où l’on pourra y découvrir le matériel promotionnel utilisé lors de la sortie ainsi que quelques extraits de la critique de l’époque. Morceau choisi : « Ce film m’intéresse beaucoup plus que ceux de MM Godard, Chabrol, Kast et autres Molinaro, et j’ai l’impression que le public est de mon avis. » Le père de Durendal sans doute.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langue(s) : Français DTS-HD MA 2.0 mono
  • Sous-titre(s) : Français pour sourds et malentendants débrayables
  • Durée : 1h33min 47s
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Journaux des actualités de la 15ème semaine de l’année 1960 (9min 55s – HD)
  • Réclames de l’année 1968 (8min 20s – HD)
  • Bandes-annonces :
    • Le Tueur de Denys de La Patellière (3min 24s – HD)
    • La Horse de Pierre Granier-Deferre (3min 58s – HD)
    • Ce sacré grand-père de Jacques Poitrenaud (3min 15s – HD)
    • Le Baron de l’écluse (3min 58s – HD)
    • Le Bateau d’Émile de Denys de La Patellière (3min 39s – HD)
    • Les Bonnes causes de Christian-Jaque (3min 32s – HD)
  • Un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages)
  • 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm)
  • La reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm)

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Les Bonnes causes - Jaquette Blu-rayLes Bonnes causes (1963) – Édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret

Réalisateur : Christian-Jaque
Éditeur : Coin de Mire Cinéma
Sortie le : 14 octobre 2019

Un riche industriel meurt à la suite d’une piqûre intraveineuse. Un produit toxique a été substitué à celui devant être injecté. Sa femme Catherine Dupré fait inculper la jeune et modeste infirmière qui a réalisé l’injection. Elle utilise, pour ce faire, Maître Cassidi, un avocat puissant et célèbre, capable de faire acquitter et condamner qui il veut, et dont elle va devenir la maîtresse…

Les Bonnes causes n’est pas à proprement parler un film de prétoire même si son dernier quart se déroule exclusivement dans un tribunal. Et ce n’est pas au demeurant la partie la plus intéressante. Le film de Christian-Jaque se veut plus une réflexion sur la justice et sur la façon de la manipuler. Mais la démonstration est pour le moins grossière pour ne pas dire attendue. En cause une histoire pour laquelle on a bien du mal à s’impliquer et ce malgré des dialogues qui font parfois mouches signés Henri Jeanson. Le côté claustro des décors du Studio de Boulogne-Billancourt n’arrangent pas l’affaire tant on a l’impression que tout semble agencé, corseté, engoncé jusqu’aux ombres portées censées traduire le manichéisme d’une enquête pour le moins ronflante et l’ambivalence du personnage interprété par Marina Vlady. Six ans plus tôt aux États-Unis, Sidney Lumet commettait 12 hommes en colère et en 1959 c’est Otto Preminger qui réalisait Autopsie d’un meurtre. Deux films dont l’analyse des rouages judiciaires et surtout du cynisme de la justice des hommes d’une rare acuité encore aujourd’hui, laissent sur le pas de la porte de l’histoire du cinéma cette pâle tentative d’en faire autant en France.
On sauvera pourtant de ce marasme ambiant un Bourvil totalement impliqué dans son rôle de juge d’instruction humain pour ne pas dire humaniste à contre-courant de l’image du personnage de comique un peu naïf et benêt sur lequel il a bâti toute sa carrière et son succès. On trouve en fait ici l’ébauche du Bourvil du Cercle rouge de Melville qui sera le point d’orgue de sa filmo malheureusement bien trop courte. Preuve encore une fois de son immense talent, la diatribe en fin de film qu’il prononce dans le tribunal passe crème alors qu’à bien y écouter c’est confondant et dégoulinant de moralisme et de bons sentiments. Il trouve sur son chemin un avocat interprété par l’immense Pierre Brasseur dont la prestance, la trempe et le phrasé n’ont de cesse de nous renvoyer vers un personnage bien contemporain celui-là en la personne d’Éric Dupond-Moretti, célèbre avocat pénaliste réputé pour le nombre d’acquittements qu’il a obtenus. La filiation en est tellement troublante que l’on se prend à penser qu’il y en a forcément un qui a copié l’autre. Pour le reste, le cinéaste de Fanfan la Tulipe (1952) ou de L’Assassinat du père Noël (1941), pour ne citer que deux de ses films les plus illustres, fait le job comme on dit.
Ce qui n’est pas le cas de TF1 Studio, l’ayant droit du film, qui s’est fendu ici d’une restauration 4K depuis le négatif original avec l’aide du CNC et de l’éditeur Coin de Mire Cinéma qui en assure donc la commercialisation enterrant aussi sec le DVD édité en 2006 par LCJ. Même si on a repéré quelques petites pétouilles à même la pellicule, voici certainement une des plus belles restaurations de cette troisième vague. La photo signée du vétéran Armand Thirard qui ne fait donc pas dans la dentelle et avec qui Christian-Jaque avait travaillé à de nombreuses reprises depuis L’Assassinat du père Noël… est magnifiquement retranscrite accentuant encore plus l’opposition des noirs et des blancs voulue par le réalisateur. Au moins sur ce point, la cause est entendue.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 2.35:1 (Franscope) encodée en AVC 1080/24p
  • Langue(s) : Français DTS-HD MA 2.0 mono
  • Sous-titre(s) : Français pour sourds et malentendants débrayables
  • Durée : 1h56min 57s
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Journaux des actualités de la 16ème semaine de l’année 1963 (9min 09s – HD)
  • Réclames de l’année 1963 (6min 18s – HD)
  • Bandes-annonces :
    • Le Tueur de Denys de La Patellière (3min 24s – HD)
    • La Horse de Pierre Granier-Deferre (3min 58s – HD)
    • Ce sacré grand-père de Jacques Poitrenaud (3min 15s – HD)
    • Le Baron de l’écluse de Jean Delannoy (3min 58s – HD)
    • Le Bateau d’Émile de Denys de La Patellière (3min 39s – HD)
    • Les Bonnes causes (3min 32s – HD)
  • Un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages)
  • 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm)
  • La reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Le Bateau d'Émile - Jaquette Blu-rayLe Bateau d’Émile (1962) – Édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret

Réalisateur : Denys de La Patellière
Éditeur : Coin de Mire Cinéma
Sortie le : 14 octobre 2019

Émile Bouet, petit patron pêcheur, vit avec Fernande sur le Port de La Rochelle. Dans les gifles, le vin, les cris, la rigolade, les larmes et le délire, ils sont heureux. Un jour, le frère du plus grand armateur de la ville se souvient, avant de mourir, d’un fils naturel qu’il avait eu avec une fille du port et, ce fils n’est autre qu’Émile Bouet…

Denys de La Patellière retrouve ici Lino Ventura dans la foulée d’un Taxi pour Tobrouk qui fut un énorme succès public (5M d’entrées). Si Le Bateau d’Émile ne peut se targuer d’un tel carton, il n’en reste pas moins qu’avec un peu plus de 1,5M de spectateurs, le film restait une excellente affaire financière à défaut d’être un film mémorable. En cause certainement ce mélange des genres qui donne le sentiment d’une œuvre assise le cul entre deux chaises. La chose aurait pu s’avérer payante si le traitement n’était pas si paresseux. D’un côté un film aux accents de drame très noir et de l’autre une potacherie portée par une pétillante Annie Girardot dont c’était l’occasion de revenir un peu en France, elle qui passait le plus clair de son temps en Italie pour raisons familiales mais aussi pour rester au côté de son futur mari Renato Salvatori rencontré deux ans plus tôt sur le tournage de Rocco et ses frères. Sans oublier Michel Simon qui cabotine certes à mort mais que la disparition bien trop rapide dans l’histoire laisse un grand vide. C’est d’ailleurs avec lui que Michel Audiard s’éclate le plus. Les réparties qu’il lui fait balancer à la cantonade sont magnifiques de gouaille et de bon sens populaire permettant au film de basculer très vite dans la satire bourgeoise bien sentie. Un angle que Le Bateau d’Émile ne tiendra donc pas jusqu’au bout mais dont les fulgurances suffisent quelque part à notre bonheur d’autant que le personnage interprété par Pierre Brasseur finit par convaincre que voilà un film littéralement soutenu par ses vedettes plutôt que par l’histoire et sa mise en scène.
La restauration en 4K depuis le négatif original est superbement retranscrite par un encodage en tout point remarquable. On a là certainement la plus belle image vidéo de cette troisième vague. Le point d’orgue étant la quasi séquence finale se déroulant de nuit, sur l’eau et sur un frêle esquif en compagnie de Girardot et de Ventura où tout relève d’un équilibre merveilleux. Noirs très denses, personnages magnifiquement dessinés et définition jamais prise en défaut. Des plans qui rappellent au démurant ceux de La Nuit du chasseur que l’on rêverait de redécouvrir ainsi. Pour le reste, on signalera au sein des actualités d’époque proposées en guise d’accompagnement du film, le résumé d’un match de rugby opposant la France à l’Angleterre. Victoire à Colombes que cela s’appelle et au regard de la prestation délivrée par cette équipe de France via des prises de vue remarquables, on se dit que celle d’aujourd’hui aurait de bien belles leçons d’inspiration à y puiser. Les Actualités de cette 9ème semaine de 1962 abordent aussi les négociations entre la France et la future Algérie. Les accords d’Évian seront en effet signés 15 jours après la sortie du film.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langue(s) : Français DTS-HD MA 2.0 mono
  • Sous-titre(s) : Français pour sourds et malentendants débrayables
  • Durée : 1h40min 28s
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Journaux des actualités de la 9ème semaine de l’année 1962 (8min 13s – HD)
  • Réclames de l’année 1962 (8min 21s – HD)
  • Bandes-annonces :
    • Le Tueur de Denys de La Patellière (3min 24s – HD)
    • La Horse de Pierre Granier-Deferre (3min 58s – HD)
    • Ce sacré grand-père de Jacques Poitrenaud (3min 15s – HD)
    • Le Baron de l’écluse de Jean Delannoy (3min 58s – HD)
    • Le Bateau d’Émile (3min 39s – HD)
    • Les Bonnes causes de Christian-Jaque (3min 32s – HD)
  • Un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages)
  • 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm)
  • La reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

La Horse - Jaquette Blu-rayLa Horse (1970) – Édition Digibook – Blu-ray + DVD + Livret

Réalisateur : Pierre Granier-Deferre
Éditeur : Coin de Mire Cinéma
Sortie le : 14 octobre 2019

Auguste, patriarche misanthrope règne en maître sur quatre cents hectares de terre dans les marais de la baie de Seine. Un jour, il trouve dans sa baraque de chasse, un paquet de drogue. Il découvre que son propre petit-fils est impliqué dans un trafic clandestin, détruit la drogue et décide de faire justice lui même sur ses terres…

Certainement, et de loin, le meilleur film de cette sélection. Il est réalisé par Pierre Granier-Deferre, un cinéaste à la carrière en demi-teinte dont on retiendra surtout les débuts avec un premier coup d’éclat qui sera La Métamorphose des cloportes (1965) mais surtout les deux films qui suivront La Horse à savoir Le Chat qui réunit Gabin et Simone Signoret formant un couple au crépuscule de leur vie n’ayant plus rien à se dire et La Veuve Couderc où Signoret tombe sous le charme d’Alain Delon, forçat évadé du bagne de Cayenne. Trois films dont on attend au demeurant des éditions Blu-ray dignes de ce nom. La horse, c’est le nom d’argot pour désigner de l’héroïne. De celle que Gabin, propriétaire d’un immense domaine agricole, découvre par hasard sur ses terres. Avec son employé, ami d’enfance et ancien d’Indochine (André Weber, un de ces seconds-rôles de notre cinéma quasi disparu aujourd’hui qui fourmillent ici depuis Pierre Dux jusqu’à Christian Barbier en passant par Julien Guiomar), ils vont devoir s’opposer à des trafiquants dans une lutte sans merci qui rappelle Règlements de comptes à O.K. Corral surtout pour son climax intervenant au trois quart du film. La ref au fabuleux western que John Sturges a réalisé en 1957 n’est en rien anodine tant la structure même de La Horse et surtout son traitement reprennent tous les codes du genre mais dans la campagne normande. Il y a de plus dans la mise en scène de Granier-Deferre une volonté de tailler dans le gras pour aller à l’essentiel jusqu’à la direction d’acteurs où Gabin, sorte de golgoth imperturbable, est une nouvelle fois magistral avec juste trois pages de dialogues en tout et pour tout. Les quelques séquences où cela défouraille sec sont quant à elles agencées avec une maîtrise qui force le respect sans oublier la musique signée Gainsbourg qui bien que par moment un peu trop envahissante, amène un contrepoint fascinant au déroulé d’une histoire menée tambour battant en à peine 80 minutes.
Une efficacité doublée d’une optimisation qui se traduit jusque dans l’encodage d’une image Eastmancolor (procédé plus léger et moins couteux que le Technicolor)  issue d’une « simple » restauration HD effectuée à partir du négatif original datant sans aucun doute de 2012 quand le film était ressorti au cinéma via le distributeur Unzéro Films. On a ainsi droit à des contrastes appuyés et à une belle densité des noirs dans les scènes diurnes. À noter aussi une jolie dynamique constatée au niveau de la bande son qui rend compte à merveille du mono d’origine faisant lui aussi dans l’épure sauf quand les notes partitionnées par Gainsbourg se font (trop souvent donc) entendre. Enfin, on trouvera une petite pépite au niveau des actualités de l’époque qui sont proposées en guise de bonus. Le Désert d’Almeria que cela s’appelle et qui en 4 minutes revient sur le boom économique de cette région d’Espagne qui a vu dans les années 60 et 70 défiler quelques unes des plus grosses productions européennes et hollywoodiennes venant profiter à moindre coût de décors rappelant pour les uns l’Ouest sauvage américain ou pour les autres le désert nord africain propice à mettre par exemple en boîte des films de guerre. On a ainsi droit à quelques images de tournage de films tels que Un taxi pour Tobrouk (1961) de Denys de La Patellière, Les 55 Jours de Pékin (1955) de Nicolas Ray ou encore Patton (1970) de Franklin J. Schaffner et Lawrence d’Arabie (1961) de David Lean… Un document priceless qui ne fait pas totalement oublier pour autant les interviews de deux des enfants de Gabin, de Michel Barbery et Christian Barbier ou celle de Pierre Mondy qui reprenait le rôle de Gabin dans un téléfilm remake diffusé sur TF1 en 2005, que l’on pouvait trouver sur le DVD de La Horse édité en 2007 par M6 Vidéo.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langue(s) : Français DTS-HD MA 2.0 mono
  • Sous-titre(s) : Français pour sourds et malentendants débrayables
  • Durée : 1h20min 19s
  • 1 BD-50

Bonus :

  • Journaux des actualités de la 9ème semaine de l’année 1970 (10min 15s – HD)
  • Réclames de l’année 1970 (7min 15s – HD)
  • Bandes-annonces :
    • Le Tueur de Denys de La Patellière (3min 24s – HD)
    • La Horse (3min 58s – HD)
    • Ce sacré grand-père  de Jacques Poitrenaud (3min 15s – HD)
    • Le Baron de l’écluse de Jean Delannoy (3min 58s – HD)
    • Le Bateau d’Émile de Denys de La Patellière (3min 39s – HD)
    • Les Bonnes causes de Christian-Jaque (3min 32s – HD)
  • Un livret reproduisant des documents d’époque (24 pages)
  • 10 reproductions de photos d’exploitations (14,5 x 11,5 cm)
  • La reproduction de l’affiche d’époque (29 x 23 cm)

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

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