Hercule contre les vampires - Image une test Blu-ray

Hercule contre les vampires de Mario Bava en Blu-ray chez Artus Film

Ercole all centro della terra [Hercule contre les vampires] (Ital.-RFA 1961) est un film majeur de Mario Bava car c’est sa plus belle contribution au genre péplum, section mythologique et fantastique. Ses autres contributions(¹) comme réalisateur au genre concernent sa section historique. Raison pour laquelle Hercule contre les vampires s’avère, par essence, plastiquement supérieur à La Bataille de Marathon (Ital. 1959, entrepris par Jacques Tourneur, achevé par Mario Bava et Bruno Vailati), à La Ruée des Vikings [Gli Invasori] (Ital. 1961) et à Duel au couteau [I Coltelli del vendicator] (Ital. 1966).

Hercule contre les vampires - Affiche

Hercule contre les vampires était la traduction littérale du titre d’exploitation germanique. Les distributeurs anglo-saxons préférant traduire le titre italien ou l’adapter, ce qui donna Hercule au centre de la Terre et Hercule dans le monde hanté de l’autre côté de la Manche et de l’Atlantique. Ces titres signaient tous une appartenance multi-générique : on avait affaire à un péplum mythologique, à un film fantastique d’horreur et d’épouvante, à un film d’aventures, et même, grâce au personnage de Télémaque, par moment à une parodie comique. L’ensemble de ces genres étaient méprisés par la critique généraliste française, à de rares exceptions près. Ce second film signé Mario Bava à la mise en scène (sa première signée à part entière en couleurs puisque Le Masque du démon avait été un écran large N&B) fut donc, sans surprise, assassiné à sa sortie parisienne en mai 1962. Il le fut non seulement par les Cahiers du cinéma mais encore, et c’était nettement plus surprenant, par les défenseurs du cinéma-bis et du cinéma fantastique. Michel Caen inclus qui (dans le n°1 mai-juin 1962 de la revue Midi-Minuit Fantastique, pages 133-134 de la nouvelle édition Rouge Profond) reconnaissait néanmoins la beauté plastique de certains plans. Convenons qu’il eût fallu être aveugle pour ne pas les admirer mais ça ne suffit pas, rétrospectivement, à excuser la myopie critique du rédacteur en chef de MMF. Alors que René Prédal se contentait encore en 1970 de citer le titre sans lui consacrer ne serait-ce qu’une ligne critique dans Le Cinéma fantastique (éditions Pierre Seghers, collection Guilde du cinéma, Paris 1970, page 241), Jean-Marie Sabatier inversait définitivement la tendance trois ans plus tard, écrivant dans Les Classiques du cinéma fantastique (éditions Balland, Paris 1973, page 363) qu’il s’agissait là du « plus éblouissant péplum qu’on ait jamais réalisé ». Il aura donc fallu dix années avant que les prestiges d’Hercule contre les vampires fussent enfin reconnus par un critique francophone !

Film d’aventure mythologique symbolique ou authentique itinéraire mystique, se demandait Sabatier ? Les deux à la fois, bien sûr ! Et même un peu davantage encore. Les exégètes se penchent encore aujourd’hui sur le moindre détail relevant de la mythologie vampirique : hétérodoxie ou syncrétisme ? Le fait est que le ver était dans le fruit depuis les origines grecques antiques. Après tout, c’est bien par le sang que, chez Homère, les âmes des morts étaient réveillées et attirées par les vivants qui souhaitaient les évoquer et dialoguer avec eux, une fois descendus dans leur royaume. Et puis Christopher Lee venait d’incarner Dracula / Horror of Dracula [Le Cauchemar de Dracula] (GB 1958) de Terence Fisher. Sa présence ici en vedette dans le rôle maléfique de Lycos permet davantage qu’un syncrétisme esthétique : une authentique symbiose, matérialisée par le reflet nocturne ― certes hétérodoxe mais plastiquement si somptueux ! ― de son visage dans une flaque du sang issu de la gorge de la servante de Déjanire. Lycos n’est pas un vampire stricto sensu (je ne suis, en effet, pas convaincu par les arguments de Michel Eloy en faveur de la thèse opposée au sein du livret accompagnant cette édition) mais il peut, en revanche, bien être considéré comme un magicien souhaitant détruire l’ordo rerum terrestre et l’inverser. N’envisage-t-il pas un sacrifice humain afin de devenir le prince d’un monde revenu aux Ténèbres ? Lycos, comme plus tard Dracula, se veut explicitement « prince des ténèbres », annonçant d’avance le titre hammerien Dracula prince des ténèbres (GB 1965) de Terence Fisher avec Christopher Lee pour la seconde fois dans le rôle-titre en vedette. Déjanire est, du coup, l’enjeu d’un combat titanesque entre la lumière et l’obscurité, le bien et le mal, la vie et la mort, Éros et Thanatos. De ce point de vue aussi, il y a bien une parenté mythologique entre les victimes féminines envoûtées par Lycos comme par Dracula.

Hercule contre les vampires - Photo d'exploitation - Cap Blu-ray bonusCapture cliquable issue du diaporama présent au sein des bonus de cette édition Blu-ray

Sur le plan de l’histoire cinématographique, il faut savoir que Hercule contre les vampires appartient à une trilogie produite par Achille Piazzi : La Vengeance d’Hercule (Ital. 1960) de Vittorio Cottafavi, Hercule à la conquête de l’Atlantide (Ital. 1961) de Vittorio Cottafavi, Hercule contre les vampires (Ital.-RFA 1961) de Mario Bava dans laquelle les caractéristiques du personnage d’Hercule approfondissent encore l’aspect sotériologique et salvateur de sa mythologie. Le renouveau plastique et thématique du héros était cependant un peu antérieur puisqu’il date véritablement du diptyque Les Travaux d’Hercule (Ital.-Esp. 1957) de Pietro Francisci suivi de Hercule et la reine de Lydie (Ital.-Fr.-Esp. 1958) de Pietro Francisci. Ils étaient tous les deux photographiés par Bava et contenaient certains plans relevant non seulement du fantastique mais encore de l’épouvante. Et ils avaient fait réellement renaître ce personnage tel que l’antiquité l’avait posé : un héros tragique oscillant entre humanité et surhumanité divine, médiateur blessé, intermédiaire à la fois puissant et fragile, devant constamment s’opposer au mal humain et en butte à la vindicte de divinités parfois jalouse de sa propre filiation à demi-divine.

Les scènes de comédie disséminées entre les scènes dramatiques, appartenaient, elles aussi, à l’esprit de l’antiquité : dans le Bava de 1961, le personnage de Télémaque incarne tout ce qu’un Plaute avait déjà inscrit dans sa comédie romaine du Miles gloriosus (le soldat vaniteux), comédie elle-même directement héritière des parodies antiques qui complétaient les représentations tragiques (une trilogie tragique + une comédie parodique formaient ensemble un cycle théâtral complet de quatre pièces, lors des représentations classiques grecques antiques au quatrième et cinquième siècle avant Jésus-Christ). Si le cinéaste et scénariste Duccio Tessari est à l’origine de leur insertion, comme le pense le journaliste italien présentant le film dans les bonus, il n’a donc fait que retransmettre ici une culture écrite très ancienne, qu’il connaissait aussi bien que son confrère scénariste Ennio de Concini. On sait que tous deux furent les plus grands scénaristes du second âge d’or du péplum italien de 1957-1965.

Sur le plan purement plastique, Bava cinéaste reprend certains effets optiques déjà mis au point par Bava directeur de la photo en 1957-1959 : certaines peintures sur verre, telles qu’il les filme dans son Hercule contre les vampires, rappellent les nuits vertes et bleues dans La Bataille de Marathon, le ciel obscurci par des nuées ténébreuses dans Les Travaux d’Hercule, ou encore le repaire de la dangereuse reine Omphale dans Hercule et la reine de Lydie. Bava amplifie encore en 1961 ces expérimentations, retrouvant à certains moments la naïveté du cinéma muet : le premier âge d’or muet du péplum italien se réincarne ainsi par exemple dans le plan noir et rouge de la traversée par Hercule et Thésée du fleuve de feu des Enfers, dans la poétique disparition par évanescence de la belle Perséphone. Il y ajoute parfois des effets plus modernes et plus sophistiqués : une construction temporelle en boucle (invocation initiatrice pré-générique d’ouverture que le distributeur français cinéma de 1962 jugeait inutile alors que sans elle, le film était fondamentalement déséquilibré, le combat final répondant plastiquement à l’invocation du début), des mouvements de caméra parfois baroques (la frayeur puis le meurtre de la servante de Déjanire), un montage heurté et des angles complexes de prise de vue (le premier entretien d’Hercule avec Lycos la nuit au palais, l’ascension d’Hercule dans l’arbre géant du Jardin infernal, ascension contemplée en contre-plongé par les minuscules et inquiètes Hespérides).

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Sur le plan du casting, durant ce second âge d’or 1957-1965, Steve Reeves demeure évidemment le premier et le meilleur interprète (1957 et 1958) du héros. Les acteurs suivants (notamment Mark Forest et Reg Park) rivalisent avec Steve Reeves en puissance physique sans pouvoir véritablement égaler la noblesse de son jeu, la pureté de son regard, l’harmonie de sa stature. À noter que, sur Hercule contre les vampires, Reg Park, ici vedette principale, dut accomplir lui-même ses cascades : aucun cascadeur italien ne possédait en effet ses colossales mensurations. Un mot du casting féminin, représentatif de l’histoire du cinéma-bis italien des années 1950-1965 : Ely Draco (dans le rôle de Jocaste dont la ressemblance avec Rosalba Neri était frappante), Leonora Ruffo (Déjanire qui avait déjà tenu le rôle en 1960 pour Vittorio Cottafavi), Ida Galli (Perséphone / Myosotide), Gaia Germani (la pythie prophétesse Sybille), Marisa Belli (Aréthuse) et quelques autres beautés.

De ce voyage initiatique au cœur des ténèbres, à la recherche d’une pierre symboliquement salvatrice reposant au milieu d’un enfer fait d’apparences où la vision est un piège au sens philosophique platonicien (une apparence, l’ombre d’une ombre), on peut vraiment dire qu’il reflète en profondeur l’esprit des mythes et de la pensée des Grecs de l’antiquité. Sabatier avait certes bien raison d’écrire, dès 1973, qu’il fallait rechercher la source d’inspiration de Bava du côté des Présocratiques et de Gaston Bachelard mais il aurait pu ajouter à ces sources la poésie homérique (²). Bava a eu, au cours de sa filmographie, d’autres sources d’inspiration (j’ai tenté ailleurs de montrer en quoi on pouvait trouver une inspiration authentiquement thomiste et aristotélicienne dans La Baie sanglante) mais celle-là mérite d’être mise en lumière. Face à un tel film, et d’une telle beauté, on ne peut assurément plus s’en tenir en 2020 au mépris désinvolte qu’affichait un Michel Caen en 1962.

(¹) Il faut, en effet, savoir que Bava a collaboré (à divers niveaux selon les titres : effets spéciaux, direction de la photographie, direction de seconde équipe, collaboration à la mise en scène) à d’autres péplums de catégorie A, B et C parmi lesquels on peut citer : Spartaco il gladiatore della tracia [Spartacus] (Ital.-Fr. 1953) de Riccardo Freda, Ulysse (Ital. 1954) de Mario Camerini, Les Week-ends de Néron (Ital. 1956) de Steno, Le Fatiche di Ercole [Les Travaux d’Hercule] (Ital.-Esp. 1957) de Pietro Francisci, Hercule et la reine de Lydie (Ital.-Fr.-Esp. 1958) de Pietro Francisci, La Bataille de Marathon (USA-Ital.-Fr. 1959) de Jacques Tourneur, Maciste nella valle dei rei [Le Géant de la vallée des rois] (Ital.-Fr.-Youg. 1960) de Carlo Campogaliani, Esther et le roi (USA-Ital. 1960) de Raoul Walsh, Les Mille et une nuits (U.S.A.-Ital.-Fr. 1961) d’Henry Levin, L’Ultimo dei Vikinghi [Le Dernier des Vikings] (Ital. 1961) de Giacomo Gentilomo.

(²) Le Symbolisme des mythes grecs (2010), archivé en ligne sur le blog Stalker-Dissection du cadavre de la littérature, qui recensait la troisième édition du beau livre de Félix Buffière, Les Mythes d’Homère et la pensée grecque, éditions Les Belles lettres, collection Études anciennes, Paris 1956-1973-2010.

Un Blu-ray herculéen

Format 2.35 Super TotalScope respecté. Excellente image argentique restaurée 2K, provenant d’une copie allemande (sonorisée français ou italien au choix) : restauration impeccable, même si le grain argentique est très légèrement sacrifié au lissage. Il suffit, de toute manière, de comparer l’image du film de référence à celle des trois bandes-annonces d’époque (proposées dans les bonus) pour mesurer le nettoyage effectué. Direction de la photo de Mario Bava et Ubaldo Terzano : je précise ce point car il faut savoir que Bava fut systématiquement co-directeur de la  photo des films qu’il signa comme réalisateur, y compris lorsque son crédit se limite à la réalisation sur les génériques d’ouverture. Colorimétrie baroque aux couleurs vives correspondant bien à celles de la copie argentique que j’avais autrefois visionnée au Centre Pompidou en compagnie de Jean-François Rauger, dans les années 1985-1990 alors que le film était alors pratiquement invisible, car physiquement en perdition, uniquement visible sur une vieille copie de la Cinémathèque Française qui était lacunaire, chargée de rayures et de brûlures. Ce nouveau master 2K Artus nous restitue ce film de Bava tel qu’il était en 1962 aux yeux de ses premiers spectateurs parisiens d’exclusivité, à l’état neuf.

VF d’époque (précédée par les fameuses 2 minutes VOSTF de l’introduction avec Christopher Lee, jamais doublées en français car inédites chez nous : on les avait découvertes grâce à une tardive télédiffusion sur Canal+ mais gravement recadrées. Ce combo Artus nous les restitue enfin au format correct respecté) + VOSTF italienne : offre nécessaire et suffisante pour le cinéphile francophone d’autant qu’elles sont encodées en PCM et donc non compressées. On entend dans cette VOSTF italienne la véritable voix de Christopher Lee qui s’était post-synchronisé lui-même alors qu’il était doublé par une autre voix que la sienne dans la version anglaise internationale : raison supplémentaire pour laquelle on ne regrette pas l’absence de cette dernière. La VF d’époque est en excellent état technique mais inégale sur le plan dramaturgique : Reg Park est doté d’une voix française qui lui convient bien mais Christopher Lee l’est d’une voix qui lui convient moins car elle le vieillit. Les actrices sont toutes, en revanche, très bien doublées par des voix féminines agréables, à la noble diction classique.

Des suppléments vampiriques

Hercule contre les vampires - 1ère de couv livret Sur les berges du Styx

On commence par le livret intitulé Sur les berges du Styx (80 pages, illustré N&B + couleurs) de Michel Eloy qui est illustré de reproductions d’affiches et de photos, parmi lesquelles les plus intéressantes sont celles provenant du second âge d’or parlant du péplum italien (que Eloy date classiquement 1957-1965), donc celui auquel appartient ce titre de Bava. Il est sérieusement doté en citations puisées aux sources littéraires classiques (Homère, Virgile, Dante) : même notre cher maître latiniste Pierre Grimal est occasionnellement cité, sans oublier l’historien Roland Villeneuve.

Il se décompose en un chapitre sur Mario Bava, un sur Hercule à Cinecitta couvrant le premier âge d’or muet et le second âge d’or parlant du péplum italien (et dans lequel on trouve, aux pages 21 à 31, l’essentiel concernant ce titre de Bava, ses personnages, sa production et son producteur Achille Piazzi, etc.), un chapitre sur l’acteur Christopher Lee, un plus important sur « la crainte des morts » (sous-titre reproduisant le titre de la traduction française de l’ouvrage monumental de Sir James G. Frazer) dans la mythologie primitive, un sur les conceptions et représentations de l’Enfer (quelques gravures attendues de Gustave Doré, illustrateur romantique de Dante, sont mises à contribution) et, enfin, un chapitre (à mon avis inutile car franchement hors-sujet) sur le Vlad Drakul historique. Sans oublier une fiche technique qui pousse le souci du détail jusqu’à reproduire le nom du perchiste son dans l’équipe technique : précision inutile (bien que louable par elle-même) qu’on trouvait peut-être déjà, si ma mémoire est bonne, dans la fiche technique du livre de Pascal Martinet sur Mario Bava paru en 1984 ou dans celui co-édité par La Cinémathèque française et le CEFAL en 2002 auquel Eloy avait d’ailleurs participé.

Le style est occasionnellement familier (Télémaque est à un moment défini comme étant  « le buddy de service… ») et j’ai relevé deux coquilles : à la page 9, une citation de « Jean-Marie Sabatier, Les Classiques de l’écran fantastique » au lieu du correct Jean Marie Sabatier, Les Classiques du cinéma fantastique et à la page 17, un « fut-il Giorgio Ardisson » auquel il me semble qu’il faudrait un ^ sur le u puisque c’est un subjonctif. Deux coquilles sur 80 pages, le score demeure honorable !

Sur les berges du Styx - Sommaire livret - Hercule contre les vampires

On peut discuter la pertinence critique ou esthétique de certains jugements : personnellement et par exemple, je ne pense pas du tout que le titre italien Ercole all centro della terra soit « insipide » comme l’écrit Michel Eloy à la page 7. Je reconnais qu’il évoque inévitablement Jules Vernes, au moins pour un francophone d’autant plus que ― Eloy ne le mentionne pas mais il aurait dû, puisqu’il s’agit d’abord d’un livret d’histoire du cinéma ― le Voyage au centre de la Terre (USA 1959) d’Henry Levin adapté de Vernes, était sorti peu de temps auparavant sur nos écrans. Sur le plan des illustrations, on aurait pu faire l’économie d’affiches bien connues et sans aucun rapport avec le péplum  (celle d’Halloween de Carpenter et celle de The Curse of Frankenstein de Fisher, par exemple, si graphiques soient-elles) au profit d’affiches et de photos supplémentaires de péplums italiens.

Un livret néanmoins digne, par la précision de certaines de ses informations d’histoire du cinéma et par l’intérêt de certaines de ses illustrations, des riches heures de Cinérivage, le mémorable site internet belge fondé par la défunte Françoise de Paepe. Michel Eloy y tenait, dans les années 2000, une fameuse rubrique dédiée à ce genre qui demeure à mes yeux, le lecteur l’aura compris, l’un des plus beaux du cinéma mondial.

Du côté des suppléments vidéos on trouve d’abord un Diaporama. C’est une performance car tout le jeu français CFFP (ou presque : 21 documents numérisés, si j’ai bien compté) de photos d’exploitation affichées à l’entrée des salles françaises de cinéma, est ici reproduit à la perfection et très bien adapté à une TV grand écran actuelle. S’y ajoutent environ 5 affiches couleurs (française, belge, américaine, etc.) et 5 photos de plateau N&B qu’on retrouve parfois, sans surprise, réutilisées pour le jeu de photos d’exploitation CFFP, mais avec une définition différente et en version couleurs (ou N&B coloré monochrome, selon les cas). C’est le supplément majeur de cette édition et un exemple à suivre pour les autres éditeurs.

Hercule contre les vampires - Cap Blu-ray bonus

Thésée au centre de la Terre est une présentation du film par un journaliste italien, alterné au montage avec les souvenirs de l’acteur Giorgio Ardisson (mort en 2014), qui jouait Thésée. Le cinéphile n’apprendra pratiquement rien du journaliste italien qu’il ne sache déjà mais les autres sauront comment situer le titre dans l’histoire du genre et dans la filmographie de Bava. Ardisson apporte des souvenirs inédits, assez précis (la technique permettant de transformer visuellement de la glace en eau bouillante apparente mais assez dangereuse : il s’était coupé l’épaule en plongeant dedans). Ils sont empreints, surtout à la fin de l’entretien, de cet esprit romain antique, lui-même héritier en ligne droite de l’esprit grec antique. À noter l’analyse étrangement lucide que fait Ardisson de la courbe de sa carrière qu’il se plaint d’avoir menée vers son déclin en choisissant volontairement de jouer dans des films « engagés » au lieu de poursuivre dans une voie « populaire ». À noter enfin, parmi les illustrations, une rare photo d’exploitation de Sfida al diavolo [Katarsis] (Ital. 1963) de Giuseppe Veggesi avec Giorgio Ardisson.

On trouve enfin trois bandes-annonces : l’allemande, l’américaine et l’anglaise. Elles sont chargées de poussières négatives, de rayures et de « brûlures de cigarette » mais elles permettent bien de mesurer, par comparaison, le travail de nettoyage et de restauration effectuée sur le film de référence. Deux d’entre elles respectent le format Scope 2.35 et sont dotées d’une belle colorimétrie ; l’anglaise est recadrée 1.77 avec en plus un délavage sérieux des couleurs comme on peut le constater ci-dessous.

Notons pour finir, une jaquette, des menus et des sérigraphies élevant ce combo-livret Artus Films à la hauteur esthétique du titre de Bava.

Hercule contre les vampires - Combo Blu-ray + DVDHercule contre les vampires (Ercole all centro della terra – 1961) – Édition Mediabook Blu-ray + DVD + Livret

Réalisateur : Mario Bava
Éditeur : Artus Films
Sortie le : 2 juin 2020

Grèce antique mythologique : afin de régner sur le royaume d’Oechalie voire même sur toute la Terre, Lycos envoûte Déjanire, régente qu’il a promise de sacrifier aux puissances des ténèbres. Il sauve les apparences en recommandant à Hercule ― à qui elle est fiancée et pour laquelle il s’inquiète ― de consulter la prophétesse Sybille. Elle lui conseille, afin de sauver Déjanire, de ravir la pomme sacrée du Jardin des Hespérides. Son accès est interdit aux vivants car il est situé au royaume des morts, dans l’Hadès. Hercule, son ami Thésée et Télémaque entreprennent néanmoins ce périlleux voyage. Ils franchissent la porte d’entrée souterraine des Enfers où bien des aventures les attendent.

Spécifications techniques Blu-ray :

  • Image : 2.35:1 encodée en AVC 1080/24p
  • Langues : Italien et Français en PCM 2.0 mono
  • Sous-titres : Français débrayables
  • Durée : 1h 25min 48s
  • 1 BD-50

Captures Blu-ray
Cliquez pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

Bonus : 

  • Thésée au centre de la Terre : entretien avec Giorgio Ardisson et Fabio Melleli (25min 52s – VOST – HD)
  • Diaporama d’affiches et de photos (3min)
  • Bande annonce allemande (3min 08s – VO – HD)
  • Bande annonce anglaise (1min 31s – VO – HD)
  • Bande annonce américaine (2min 58s – VO – HD)
  • Livret Sur les berges du Styx par Michel Eloy (80 pages)

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