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La Cage aux folles : Un Blu-ray déplumé

En dépit de son statut de film culte, La Cage aux folles demeurait désespérément inédit en haute définition dans l’Hexagone. Un tort aujourd’hui réparé avec la sortie d’une édition Blu-ray parue sous la bannière MGM. L’attente et le coût moindre (15€) en valait-il la chandelle ?

La Cage aux folles - Affiche

Est-il encore besoin de présenter La Cage aux folles ? Alors que le film d’Edouard Molinaro soufflera bientôt ses 40 bougies (Sic !), les thématiques abordées en toile de fond de cette comédie populaire ne seront jamais apparues autant d’actualité qu’à l’heure des débats sur le mariage pour tous. Mais pour ceux qui voudraient se rafraîchir la mémoire, voici quelques petits rappels.

La Cage aux folles, ce qu’il faut savoir

– 5 406 641 entrées France (seuls Midnight Express et Grease avaient fait mieux en 1978, sans pour autant dépasser les 6 millions).

– 14 ans, c’est le nombre d’années où il est resté le film de langue étrangère qui a rapporté le plus au box-office américain (20,4 millions de dollars). Les Épices de la passion, tourné en espagnol, l’a détrôné en 1993.  Aujourd’hui, il est 10ème dans ce classement un peu bidon, vu que les recettes en 1979 n’ont rien à voir avec celles des années 2000.

– 3 nominations aux Oscars (Meilleure réalisation, adaptation et costumes), aucun remporté mais on peut déjà saluer cette rare performance. Surtout que la réalisation n’est pas si géniale que ça…

– 1 Golden Globe (Meilleur film étranger).

– 1 César (Meilleur acteur – Michel Serrault qui en aura deux autres pour Garde à vue et Nelly et monsieur Arnaud, respectivement en 1982 et 1996).

– Difficile de savoir exactement combien de fois la pièce a été jouée avant d’être adaptée au cinéma, les sources variant pas mal sur le net. Certains parlent de 1500 fois, d’autres 1800 et d’autres encore 2000. Alors on va dire que ce fut un triomphe et on peut se demander pourquoi le seul producteur français sérieux intéressé par l’adaptation au cinéma fut Christian Fechner. Poiret, semble-t-il peu fans des Charlots (les stars de Fechner), préféra se tourner vers l’Italie.

– Vous n’avez pas vu la pièce jouée par Clavier et Bourdon ? Tant mieux, c’est nul. (oui cette remarque est gratuite mais c’est surtout pour votre bien).

– Les deux suites n’ont évidemment pas le même intérêt, quant au remake américain avec Robin Williams et Nathan Lane, il a beaucoup plu aux ricains mais moins en France où il s’est bien planté. Il faut dire aussi que deux mois avant était sorti Pédale douce et que bon, heu, le public en avait plein le cul.

– Tiens, pendant qu’on y est, Pédale douce est à chier. Désolé, fallait que ça sorte. Et Pédale dure, encore plus.

Les bonus de La Cage aux folles que vous verrez

– Deux bandes-annonces, l’une française et l’autre américaine. La française a la particularité d’avoir un Ugo Tognazzi doublé avec un accent italien qui ne sera pas retenu dans la version finale (c’est Pierre Mondy qui le doublera). C’est là qu’on se rend compte du bazar que Tognazzi à foutu en jouant en italien et non en français comme c’était prévu sur le contrat, juste pour emmerder le monde.

Les bonus de La Cage aux folles que vous ne verrez pas

– Pas évident de trouver un témoignage parmi les acteurs sur le tournage qui n’a pas été de tout repos pour Molinaro en raison d’un comportement difficile d’Ugo Tognazzi, vexé de voir que Serrault lui volait la vedette. Les trois concernés sont morts, Poiret l’est aussi, le fils de Rénato également, Jacob le serviteur n’est plus de ce monde… Mais il reste le monument Galabru, alors pourquoi ne pas l’avoir interviewé ? Et Francis Veber, qu’on devrait proposer à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ? On aurait adoré les entendre nous raconter leurs souvenirs…

– Des extraits de la pièce jouée par Poiret et Serrault. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la pièce n’a jamais été captée dans son intégralité, mais on se serait satisfait au moins de la scène mythique des biscottes. Heureusement, YouTube existe et on peut y trouver facilement différentes versions avec le fameux duo.

– On n’aurait pas dit non à un catalogue d’affiches, comme on n’en fait plus aujourd’hui. Là encore, on pourra traîner sur le net pour en découvrir.

– Un portrait du célèbre Michou, dont le cabaret cartonne à Montmartre depuis près de 59 ans. C’est de lui que s’est inspiré Poiret quand il a écrit La Cage aux folles… (Je confirme, ce spectacle-cabaret est excellent, NDSA).

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

La Cage aux folles - Blu-ray CriterionLa Cage aux folles – Blu-ray Criterion

La Cage aux folles - Blu-ray MGMLa Cage aux folles – Blu-ray MGM

La Cage aux folles - Blu-ray CriterionLa Cage aux folles – Blu-ray Criterion

La Cage aux folles - Blu-ray MGMLa Cage aux folles – Blu-ray MGM

Pour en revenir au Blu-ray à proprement parlé, la comparaison avec l’édition sortie outre-Atlantique chez Criterion en 2013 n’est pas vraiment à l’avantage de celle éditée par MGM dans l’Hexagone. Commençons par l’image. Comme en attestent les captures comparatives ci-dessus (l’une à dominantes rouges, l’autre à dominantes vertes), les masters sont virtuellement identiques (même chroma, même cadrage, etc.). En revanche, côté encodage, ce n’est pas la même chanson. Le MGM est un BD-25 qui pèse 17Go et comme il n’y a quasiment aucun bonus (2 bandes-annonces), c’est également le « poids » du film. Le Criterion est un BD-50 qui pèse 45Go dont 27Go pour le film. À l’arrivée, il n’y a pas vraiment photo : l’image étant nettement moins compressée sur le Criterion, le rendu vidéo est, sans surprise, nettement supérieur. Côté son, bien que bénéficiant de codecs différents (DTS-HD MA 1.0 pour MGM vs PCM 1.0 pour Criterion), les deux pistes offrent des rendus assez similaire. À savoir une bande son assez faible en termes de volume qui nécessitera de pousser le bouton de l’ampli pour entendre correctement. Dans les deux cas, les dialogues sont mixés assez bas mais sont tout de même nettement plus audibles sur le Criterion que sur le MGM (il suffit de faire des comparaisons sur le premier quart d’heure du film pour s’en convaincre)

Enfin, côté bonus, là encore il n’y a pas photo comme on dit : deux bandes-annonces côté MGM contre une pléthore de suppléments côté Criterion. La question usuelle se pose alors : Criterion ne veut-il pas « prêter » ses bonus ou bien MGM n’a-t-il pas voulu sortir le carnet de chèques pour les proposer sur sa propre édition ou bien concevoir des bonus inédits made in France comme nous le suggérons plus haut dans cet article ? In fine, et bien que l’édition Criterion soit, comme toujours, réservée à une niche de homecinéphiles en raison de son « zonage A », on ne peut que rester très circonspect quant au traitement réservé à une œuvre culte de la trempe de La Cage aux folles pour sa parution sur support Blu-ray en France. Le retour sur investissement est-il à ce point si faible pour qu’un film de cette stature soit traité avec aussi peu d’égard ? Le marché des films dits « de patrimoine » est-il à ce point sinistré dans l’Hexagone ?

Julio Lopez & Stéphane Argentin

Notes :
– Image : 2,5/5
– Son : 2,5/5
– Bonus : 0,5/5

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

La Cage aux folles – Édition Blu-ray

Éditeur : MGM
Date de sortie : 2 mai 2015

Spécifications techniques :
– Image : 1.66:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Anglais & Français DTS-HD Master Audio 1.0
– Sous-titres : Anglais, Français
– Durée : 1h 36min 51s

La Cage aux folles - Blu-ray

Bonus (en HD) :
– Bande-annonce française (2min 47s)
– Bande-annonce anglaise (1min 17s, VO)

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