Archives de catégorie : Cinéma

Les Dents de la mer – Premier blockbuster de l’ère moderne

En cet été 1980, il n’était pas rare de croiser sur une serviette de plage quelque peu recouverte de sable californien, la couverture jaunie et prématurément défraichie par la combinaison fatale soleil – sel marin du livre devenu poche de Peter Benchley. Elle restait toutefois accrocheuse cette couverture puisqu’elle avait avantageusement repris l’affiche du film de Spielberg devenu entre-temps le carton mondial que l’on sait prolongeant par la même occasion la longévité d’un bouquin devenu en 1974  un best-seller instantané. Il était aussi marrant de voir que beaucoup des propriétaires de ces serviettes ensablées ne se mouillaient pas plus qu’un demi orteil laissant les flots tumultueux du pacifique aux seuls surfers du coin qui ne pouvaient que se réjouir d’une telle désaffection de leur air de jeu.  Oui, Les Dents de la mer était à l’orée de cette nouvelle décennie définitivement entrée dans l’imaginaire collectif que l’on appelle dorénavant la Pop Culture.

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On regarde quoi ce soir ? : L’Homme sauvage de Robert Mulligan

Au commencement du site on appelait ça la reco couch potato. Soit le film à voir en mode larve de canap. Et des chroniques de ce genre on en a fait quelques unes. Mais après il faut croire qu’on se lasse et puis surtout on ne trouvait pas le titre de rubrique qui claque. Quelque chose qui fasse moins nerdeux boutonneux en pamoison devant le personnage du Baron Vladimir Harkonnen dans le Dune de Lynch. Mais confinement oblige, on s’est dit qu’il fallait réactiver la chose. Et en guise de nouveau titre on a trouvé On regarde quoi ce soir ?
On n’est pas certain que ça claque plus…

Ce qui nous intéresse en fait c’est de vous parler de films qui nous causent, qui nous ont marqués ou qui mériteraient d’être (re)vus sans pour autant chercher à faire dans de la cinéphilie de comptoir où il est plus facile de pérorer des aphorismes la langue pâteuse que de débiter des vérités à même de communiquer notre passion.

Quoi regarder donc le temps d’un soir de confinement (il parait que cela va devenir à la mode) ? Et pourquoi pas en couple, entre potes ou en famille entre deux attaques de virus issus de la mondialisation galopante. On va aussi essayer de vous guider quant à la meilleure façon de le (re)voir tant en DVD qu’en Blu-ray 4K ou non, en téléchargement légale ou illégale (on n’est pas sectaire à DC) ou pourquoi pas s’il devait y avoir un passage en téloche. À l’ancienne quoi. Vous pouvez aussi vous garder cette reco pour vous la mettre derrière l’oreille et la fumer pour plus tard (oui, la chute n’est pas terrible mais on n’a pas trouvé mieux) quand vous aurez acquis votre île déserte une fois la fin du monde actée.

En attendant ce futur glamour, ce soir on vous propose de (re)découvrir

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Cartoon movie 2020 : L’animation au temps du Corona

Le Cartoon movie 2020 s’est déroulée début mars à Bordeaux et a échappé de peu à l’annulation due au confinement même si le Coronavirus (et le Brexit dans une moindre mesure) était présent dans les conversations des 900 participants. Ce forum professionnel, qui fêtait son 22ème anniversaire, a vu se succéder dans deux salles en parallèle et pendant deux jours des présentations de dix ou vingt minutes de longs-métrages d’animation emmenés par des sociétés européennes ou désireux d’être coproduits ou distribués en Europe.

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Nos Tops Cinéma 2019

Au fur et à mesure que les tops cinéma des rédacteurs nous arrivaient à la rédac, l’espoir grandissait. Celui de se dire que jamais la Palme d’or, le Golden Globes du meilleur film en langue étrangère, le déjà multi nominé aux Oscars ou que le film aux 1 725 177 entrées à date n’allait être, ne serait-ce qu’une seule fois, cité ici bas. Et puis patatras. Au bout du bout du bout du suspens voilà que Stéphane nous balance à la première place un Parasite limite en forme de doigt d’honneur à tous ceux (non il n’y a pas de « celles » à DC désolé) qui espéraient un « clean sheet ». Passé la déprime, on se dit que malgré cette faute de goût majeure (oui c’est le même doigt) on tient là des tops qui ont de la gueule. Éclectiques bien entendu mais qui à notre sens expriment tous un amour du cinéma évident (oui même celui de Stéphane). On peut même dire qu’il est massif à l’égard d’un des derniers géants d’Hollywood qui avec La Mule a mis presque tout le monde d’accord. L’autre (géant) avec Clint n’est autre que Scorsese qui, s’il est moins cité, n’en demeure pas moins présent alors même que son Irishman n’a pas vu les salles obscures françaises. Netflix oblige. Et que dire de Malick qui avec Une vie cachée renoue avec la foi de nos rédacteurs.
Côté frenchies c’est Céline Sciamma et son Portrait de la jeune fille en feu qui semble avoir mis pas mal de rédacteurs d’accord a contrario des Misérables cité une seule fois ou le Polanski qui ne fait pas beaucoup mieux. On ne pourra pas dire après ça que l’on fait dans le suivisme. Si ce n’est peut-être avec Joker. Mais là,  c’est (plus que) mérité.
Quant à notre guest star de l’année, on va dire qu’il ne dépareille en rien au sein du tableau général. C’est Philippe Guedj qu’il s’appelle et il signe habituellement au Point Pop. Une saine lecture au quotidien qui a pour mérite de rendre moins con. Et par les temps qui courent, c’est priceless… C’est dire aussi si l’on vous aime !

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1917 – À l’Ouest, du nouveau

Cela fait 20 ans maintenant depuis American Beauty que Sam Mendes ne laisse personne indifférent. En fait on peut même affirmer que chacun de ses 8 films en incluant 1917 auront été des événements en soi. Deux James Bond (et pas des moindres), le premier Jarhead qui a fait des multiples petits depuis ou encore Les Noces rebelles qui reste sans aucun doute l’une des meilleures intros à la série Mad Men. Même Les Sentiers de la perdition et sa vision plutôt binaire du milieu de la prohibition n’est pas dénué d’intérêt. Et d’ailleurs, si ce n’est Away we Go (romance en mode film indé labellisé Sundance d’une rare justesse), toute la filmo de Mendes est placée sous le sceau du souffle épique, de l’Histoire et des rapports humains qu’il faut faire interagir au sein de tout ce bordel. Et 1917 ne déroge pas à cette règle tout en poussant le bouchon un peu plus loin.

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