Archives de catégorie : Cinéma

Cannes 2018 – Jour 9 : Miraï mon beau Miraï, ne vois-tu rien venir ?

En ce neuvième jour de festival la fatigue commence remporter ses premières victoires. Survivre à un festival pendant une dizaine de jours en dormant environ 5h par nuit et en se noyant dans le café n’est pas évident. C’était le cas pendant le film chinois de Bi Gan, Un grand voyage vers la nuit. Le cinéaste avait été remarqué voilà deux ans pour son premier long-métrage Kaili Blues, sorti dans peu de salles mais dont tous ceux qui l’ont vu se souviennent. Et c’était peut-être une excellente idée de proposer un film de 2h15 d’une lenteur extrême en fin de festival quand tout le monde tend à sombrer dans une doucereuse léthargie. En effet, loin des films socio-réalistes chinois qu’on voit souvent à Cannes, celui-ci est une véritable expérience onirique, une forme de surréalisme chinois auquel nous n’avons jamais vraiment été habitués, loin des canons habituels. Très loin de Wong Kar Waï également dont on pourrait malencontreusement le rapprocher à cause de certaines expériences formelles.

Continuer la lecture de Cannes 2018 – Jour 9 : Miraï mon beau Miraï, ne vois-tu rien venir ?

Cannes 2018 – Jour 8 : De ce qui anime les tueurs en série

À force d’écrire sur le cinéma d’animation, jour après jour, on ne se croirait plus au festival de Cannes et certainement pas en 2018 ! En général, c’est plutôt le lieu de la prise de vues directes et vu le peu de films animés en compétition depuis le début de l’ère Frémaux, on ne s’attend jamais à en voir beaucoup. Et pourtant, sans compter les courts-métrages, entre les films de la Quinzaine, de la Semaine et de l’officielle, même les documentaires veulent leur moments d’animation – idem pour Mandela et les autres de Nicolas Champeaux et Gilles Porte qu’on a manqué. On s’y retrouve donc incroyablement noyé jusque dans les petites merveilles de Kirill Serebrennikov et de Jean-Luc Godard.

Continuer la lecture de Cannes 2018 – Jour 8 : De ce qui anime les tueurs en série

Cannes 2018 – Jour 7 : Ces magnifiques moissonneurs du bout de la nuit

Hier soir avait lieu la projection du nouveau film de Spike Lee qu’on a séché pour aller voir Ce magnifique gâteau de Mark Roels et Emma de Swaef, un court-métrage animé de 44 minutes en marionnettes de laine présenté à la Quinzaine des réalisateurs lors de la Cérémonie pour leur demi-siècle.

Continuer la lecture de Cannes 2018 – Jour 7 : Ces magnifiques moissonneurs du bout de la nuit

Cannes 2018 – Jour 6 : Chatouille moi l’Artic Mads

Cannes peut réserver des surprises plutôt incroyables et c’est ce qui s’est produit aujourd’hui à Un certain regard. D’une part, on a vu un excellent film avec Clovis Cornillac. La dernière fois qu’on a eu un vague espoir que ça puisse arriver, le cinéma n’avait pas encore été inventé. D’autre part, il a livré une très belle prestation. La dernière fois qu’on a pu avoir une surprise du même calibre, le big-bang n’avait pas encore eu lieu. Comme quoi, il faut parfois oser aller se perdre dans une salle pour découvrir des films que l’on n’aurait jamais envisagé voir ne serait-ce qu’après avoir parcouru le casting. L’œuvre en question s’appelle Les Chatouilles.

Continuer la lecture de Cannes 2018 – Jour 6 : Chatouille moi l’Artic Mads

Cannes 2018 – Jour 5 : Révolutions Cannoises, échec et réussites

En ce mois de mai 2018, on aurait pu s’attendre à quelque chose d’un petit peu plus militant pour Cannes. La célébration du 50ème anniversaire des révoltes estudiantines et ouvrières ne semble pas être l’apanage d’un festival qui affiche encore son strass et ses paillettes. À l’exception d’un documentaire jupitérien présenté en séance spéciale et réalisé par deux traitres dont les idéaux ont fondu à mesure que leur portefeuille se remplissait, on avait l’impression que les films sur le sujet étaient rares à l’officielle. L’ACID sauvant la mise avec Reprise d’Hervé Le Roux, et les stars absentes pour raisons politiques expriment un désir de révolte mais c’est vraiment le minimum. En attendant, on va s’épancher sur Le Livre d’image, Les Filles du soleil et Chris the Swiss.

Continuer la lecture de Cannes 2018 – Jour 5 : Révolutions Cannoises, échec et réussites