Archives de catégorie : Critiques Ciné

Ailleurs – Le Destin du voyageur

Un paysage désertique en images de synthèse. Des aplats de couleurs minimalistes. Un arbre et un parachutiste aux formes peu détaillées. Une impression de flottement, d’arriver au cœur d’un jeu vidéo au budget limité. Voilà la première image d’Ailleurs dont on ne saura guère plus des tenants et des aboutissants. Magie du cinéma sans parole – courant en animation, surtout dans le court métrage – qui emporte le spectateur dans un monde, un peu à l’image du nôtre mais jamais totalement, dont les mystères ne seront jamais élucidés, pas même dans une résolution aussi mystérieuse que le point de départ. À la manière du héros de la Tortue rouge, nul ne sait d’où il vient, qui il est, pourquoi il est arrivé, où il est, ni ce qu’il fait. Il s’y trouve, veut s’échapper et son trajet débute alors. Ici le cheminement est plus matériel que spirituel contrairement au film de Michael Dudok de Wit mais les deux dimensions ne sont jamais bien loin et font écho l’une avec l’autre. Continuer la lecture de Ailleurs – Le Destin du voyageur

Les Dents de la mer – Premier blockbuster de l’ère moderne

En cet été 1980, il n’était pas rare de croiser sur une serviette de plage quelque peu recouverte de sable californien, la couverture jaunie et prématurément défraichie par la combinaison fatale soleil – sel marin du livre devenu poche de Peter Benchley. Elle restait toutefois accrocheuse cette couverture puisqu’elle avait avantageusement repris l’affiche du film de Spielberg devenu entre-temps le carton mondial que l’on sait prolongeant par la même occasion la longévité d’un bouquin devenu en 1974  un best-seller instantané. Il était aussi marrant de voir que beaucoup des propriétaires de ces serviettes ensablées ne se mouillaient pas plus qu’un demi orteil laissant les flots tumultueux du pacifique aux seuls surfers du coin qui ne pouvaient que se réjouir d’une telle désaffection de leur air de jeu.  Oui, Les Dents de la mer était à l’orée de cette nouvelle décennie définitivement entrée dans l’imaginaire collectif que l’on appelle dorénavant la Pop Culture.

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1917 – À l’Ouest, du nouveau

Cela fait 20 ans maintenant depuis American Beauty que Sam Mendes ne laisse personne indifférent. En fait on peut même affirmer que chacun de ses 8 films en incluant 1917 auront été des événements en soi. Deux James Bond (et pas des moindres), le premier Jarhead qui a fait des multiples petits depuis ou encore Les Noces rebelles qui reste sans aucun doute l’une des meilleures intros à la série Mad Men. Même Les Sentiers de la perdition et sa vision plutôt binaire du milieu de la prohibition n’est pas dénué d’intérêt. Et d’ailleurs, si ce n’est Away we Go (romance en mode film indé labellisé Sundance d’une rare justesse), toute la filmo de Mendes est placée sous le sceau du souffle épique, de l’Histoire et des rapports humains qu’il faut faire interagir au sein de tout ce bordel. Et 1917 ne déroge pas à cette règle tout en poussant le bouchon un peu plus loin.

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Star Wars: L’Ascension (et la chute) de Skywalker

Il paraît que Georges Lucas n’a pas caché sa déception à la découverte de l’épisode VIII sobrement intitulé Star Wars: Les Derniers Jedi. Pis, il se serait senti trahit lui qui avait proposé plusieurs traitements et arcs narratifs mis à disposition dans la corbeille de la mariée lors du rachat de Lucasfilm pour qu’au final Disney s’en tamponne le coquillard dans les grandes largeurs. On nous rétorquera que c’était là peut-être la plus sage des décisions si l’on se réfère au révisionnisme hystérique qui régnait alors au sein de la maison Lucas doublé de cette impression de gâchis laissée en héritage par la deuxième trilogie. Pour autant J.J. Abrams qui revient aux manettes s’est apparemment empressé de consulter Maître Georges afin d’avoir son avis sur l’histoire qu’il a pondu avec Chris Terrio (Argo, Batman v Superman : L’Aube de la Justice…). On ne sait pas si Lucas a apprécié le geste, mais on avoue qu’à ce stade, on s’en contrefout royalement.

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The Irishman – Il était une fois en Amérique

La dorénavant quadrilogie mafieuse que le grand public a découvert avec Les Affranchis en 1990 et dont Casino cinq ans plus tard en proposait une sorte de prolongement a donc trouvé en The Irishman sa conclusion sous la forme de petite note de synthèse d’une durée d’à peine 3h29. Une broutille surtout quand il s’agit de retracer plus de 60 ans de l’histoire des États-Unis en faisant le choix de se concentrer sur la transhumance monétaire qui irrigue ad nauseam le capitalisme yankee. Le fameux « follow the money » régit donc un film qui donne aussi la possibilité à son Martin Scorsese de cinéaste de régler ses comptes avec le mythe des bad guys érigés au rang d’icônes incarnés qu’on lui colle au cul de sa pelloche depuis toujours. Depuis Mean Streets en fait qui s’il n’est pas tout à fait le premier long de Scorsese n’en demeure pas moins celui qui l’a identifié comme le meilleur portraitiste de cette mafia d’en bas où les « petites mains » font la grande Histoire.

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