Archives de catégorie : Critiques Ciné

J’ai perdu mon corps – La Main sans visage

Depuis son passage remarqué à la Semaine de la critique lors du festival de Cannes 2019, J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin a accumulé sélections et grands prix dans divers festivals pour enfin sortir sur grand écran en France. C’est une chance car, à l’exception de l’hexagone, du Benelux, de la Turquie et de la Chine, Netflix a acheté les droits du film. Les possibilités de le voir en salles seront donc limitées dans les autres territoires bien que possibles puisqu’il est déjà bien engagé dans la course à l’oscar du meilleur film d’animation et doit pour cela être montré au cinéma.

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Un jour de pluie à New York – Éternel Woody

Le nouveau Woody Allen s’impose telle une évidence doublée d’une reconnaissance non feinte. C’est que Wonder Wheel, son précédent long, nous avait laissé pour le moins dubitatif confirmant la tendance récente chez le  cinéaste new-yorkais à soumettre sa filmo à une sorte de diktat s’apparentant au sac et ressac d’une inspiration qui se cherche de plus en plus. Au fond du seau dans Wonder Wheel, elle redevient pétillante pour ne pas dire aérienne dans Un jour de pluie à New York rappelant même par un délicieux effet miroir, le chef-d’œuvre absolu que reste son Manhattan.

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Une fille facile – Conte (a)moral d’été

Le nouveau film de Rebecca Zlotowski est d’abord l’histoire d’une rencontre. Celle d’une agrégée de Lettres Modernes qui va marquer ensuite de son empreinte la prestigieuse école de cinéma la Fémis, section scénario et de Zahia Dehar dont les frasques ont fait le tour de la planète. Une rencontre improbable donc mais provoquée par Zahia et rêvée par la réalisatrice qui lui a permis d’accélérer la mise en chantier d’un film qu’elle appelait de ses vœux depuis quelque temps et qu’elle voulait comme une respiration bienfaitrice avant de se lancer dans Les Sauvages, une série qui arrive sur Canal+ à la fin de ce mois de septembre aux teintes beaucoup plus dures et sombres. Oui car Une fille facile est un film vif et solaire qui va à l’essentiel en imposant sa vision sociale transgressive illustrée métaphoriquement par cette rencontre qui n’avait en fait rien d’improbable tant la réalisation de Rebecca Zlotowski l’a transforme instantanément en une évidence toute rohmérienne.

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Roubaix, une lumière – Les femmes d’à côté

On le sait, Arnaud Desplechin est natif de Roubaix et tout son cinéma ou presque l’a immanquablement ramené à cette ville. Le fait d’y consacrer un film était sans aucun doute une suite logique. Fallait juste trouver le bon sujet et le bon angle. Ils sont venus quand Desplechin a découvert le remarquable documentaire Roubaix, commissariat central de Mosco Levi Boucault diffusé en 2008 sur France 3 (mais tourné en 2001) dont il aurait été malin au passage d’en proposer un DVD ou la possibilité de le (re)voir en streaming ou en VOD. Un peu à la manière d’un Depardon, Boucault s’était en effet immergé pendant près de six mois dans le quotidien du commissariat de Roubaix filmant au plus près une humanité interlope mais qu’il ne prenait jamais de haut. Une décennie plus tard, Desplechin accouche donc d’un film qui se focalise sur une des affaires suivies à l’époque par la caméra de Boucault tout en donnant de l’épaisseur fictionnelle à quelques personnages esquissés dans le doc dont Daoud, le chef de la  police de la ville interprété ici par un Roschdy Zem une nouvelle fois impérial.

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Golden Glove – Fatih Akın, le driller killer !

Décidément, Fatih Akin n’en finit pas de surprendre. Après un In the Fade plutôt convenu avec toutefois une Diane Kruger plus que convaincante en mère et femme éplorée suite à un attentat terroriste en quête de vengeance, on pensait en effet que le cinéaste allemand d’origine turc avait délimité ses univers et définitivement planté sa tente au sein d’un cinéma d’auteur européen assez quali, un peu militant et versant de plus vers le grand public (ce qui n’est pas une tare attention). C’était donc mal le connaître. Et avec Golden Glove de partir explorer un genre nouveau pour lui qu’il traite à la façon d’un Ferrara qui aurait été inspiré par Fassbinder et Fritz Lang.

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