Archives de catégorie : Cinéma

Star Wars: L’Ascension (et la chute) de Skywalker

Il paraît que Georges Lucas n’a pas caché sa déception à la découverte de l’épisode VIII sobrement intitulé Star Wars: Les Derniers Jedi. Pis, il se serait senti trahit lui qui avait proposé plusieurs traitements et arcs narratifs mis à disposition dans la corbeille de la mariée lors du rachat de Lucasfilm pour qu’au final Disney s’en tamponne le coquillard dans les grandes largeurs. On nous rétorquera que c’était là peut-être la plus sage des décisions si l’on se réfère au révisionnisme hystérique qui régnait alors au sein de la maison Lucas doublé de cette impression de gâchis laissée en héritage par la deuxième trilogie. Pour autant J.J. Abrams qui revient aux manettes s’est apparemment empressé de consulter Maître Georges afin d’avoir son avis sur l’histoire qu’il a pondu avec Chris Terrio (Argo, Batman v Superman : L’Aube de la Justice…). On ne sait pas si Lucas a apprécié le geste, mais on avoue qu’à ce stade, on s’en contrefout royalement.

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The Irishman – Il était une fois en Amérique

La dorénavant quadrilogie mafieuse que le grand public a découvert avec Les Affranchis en 1990 et dont Casino cinq ans plus tard en proposait une sorte de prolongement a donc trouvé en The Irishman sa conclusion sous la forme de petite note de synthèse d’une durée d’à peine 3h29. Une broutille surtout quand il s’agit de retracer plus de 60 ans de l’histoire des États-Unis en faisant le choix de se concentrer sur la transhumance monétaire qui irrigue ad nauseam le capitalisme yankee. Le fameux « follow the money » régit donc un film qui donne aussi la possibilité à son Martin Scorsese de cinéaste de régler ses comptes avec le mythe des bad guys érigés au rang d’icônes incarnés qu’on lui colle au cul de sa pelloche depuis toujours. Depuis Mean Streets en fait qui s’il n’est pas tout à fait le premier long de Scorsese n’en demeure pas moins celui qui l’a identifié comme le meilleur portraitiste de cette mafia d’en bas où les « petites mains » font la grande Histoire.

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L’Homme de La Quatrième Dimension – Rod Serling, pionnier de la télévision américaine

Alors que La Quatrième Dimension est remise une énième fois au goût du jour par CBS avec comme producteur exécutif / présentateur un certain Jordan Peele aussi crédible et à l’aise qu’un basketteur dans un habitacle de F1, sort une biographie sous forme de roman graphique de Rod Serling, l’homme à l’origine de l’une des séries les plus mythiques du PAM (Paysage Audiovisuel Mondial). Diffusée entre octobre 1959 et juin 1964 aux États-Unis, La Quatrième Dimension ou The Twilight Zone en VO c’est 158 épisodes réparties sur 5 saisons et demeure encore à ce jour au firmament de l’élite cathodique tout en confirmant le talent et le parcours hors du commun de Rod Serling qui fut comme le sous-titre de ce livre l’indique fort justement, un des pionniers de la télévision américaine.

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J’ai perdu mon corps – La Main sans visage

Depuis son passage remarqué à la Semaine de la critique lors du festival de Cannes 2019, J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin a accumulé sélections et grands prix dans divers festivals pour enfin sortir sur grand écran en France. C’est une chance car, à l’exception de l’hexagone, du Benelux, de la Turquie et de la Chine, Netflix a acheté les droits du film. Les possibilités de le voir en salles seront donc limitées dans les autres territoires bien que possibles puisqu’il est déjà bien engagé dans la course à l’oscar du meilleur film d’animation et doit pour cela être montré au cinéma.

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Un jour de pluie à New York – Éternel Woody

Le nouveau Woody Allen s’impose telle une évidence doublée d’une reconnaissance non feinte. C’est que Wonder Wheel, son précédent long, nous avait laissé pour le moins dubitatif confirmant la tendance récente chez le  cinéaste new-yorkais à soumettre sa filmo à une sorte de diktat s’apparentant au sac et ressac d’une inspiration qui se cherche de plus en plus. Au fond du seau dans Wonder Wheel, elle redevient pétillante pour ne pas dire aérienne dans Un jour de pluie à New York rappelant même par un délicieux effet miroir, le chef-d’œuvre absolu que reste son Manhattan.

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