Archives de catégorie : Cinéma

L’Apparition : À l’origine

Film après film, Xavier Giannoli tisse un univers qui lui est propre tout en se revendiquant à l’évidence d’un cinéma qui rappelle Sautet, Miller ou encore Alain Corneau. Une filiation qui se donne pour ambition de garder le réalisateur au centre des débats sans jamais en exclure le spectateur. Tout le contraire du cinéma dit d’auteur qui fait florès de nos jours hérité des préceptes mal digérés de la nouvelle vague. Et L’Apparition de s’intégrer avec grâce mais sans fausse pudeur au sein de la thématique centrale de Giannoli qui n’a de cesse de traquer le mensonge et les faux semblants pour mieux révéler les humanités de chacun. Autant dire qu’une nouvelle fois l’homme et le cinéaste frappent juste.

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Revenge : Cherchez la femme

Un film de genre fait en France par une femme. Tel est le postulat marketing avancé par les distributeurs et producteurs pour attirer l’attention et accessoirement le chaland. Idéalement d’ailleurs, si ce (petit) battage pouvait toucher au-delà de ce cercle finalement assez consanguin, le pari serait gagné. Car de quoi parle-t-on ici ? D’un film qui s’appelle Revenge donc et qui comme son titre l’indique nous narre l’histoire d’une vengeance. Celle d’une femme abusée sexuellement qui de lolita va se transformer en Lara Croft en plein cagnard désertique d’un pays non identifié. Emballé c’est pesé.

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Jusqu’à la garde : Possession

Le film s’ouvre par un champ contre champ. Il oppose d’un côté une juge aux affaires familiales et de l’autre un couple flanqué de leurs avocats respectifs. Le but de la confrontation est comme souvent dans le cadre d’une procédure de divorce avec des enfants dans le lot de décider qui en aura la garde et selon quelles modalités. La mère, frêle, en retrait, sur la défensive, les yeux rougis par des années de malheur est incarnée par Léa Drucker. Le père, tel un taureau prêt à bondir à la gorge de la juge est joué par Denis Ménochet. C’est en creux ce que synthétise d’ailleurs la très belle affiche. On a ainsi l’impression d’assister à la suite de 10e chambre – Instants d’audience de Depardon en ce sens que la caméra ne se permet rien d’autre que d’enregistrer et de régurgiter la tension palpable au détour de chaque plan. Et pourtant, la fiction est bien là. Et Jusqu’à la garde de s’immiscer en traître par le versant nord de la rétine gauche pour mieux s’approprier un spectateur déjà conquis par une mise en situation ordonnancée au pixel près.

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Nos Tops Cinéma 2017

A y’est, on a enfin rattrapé les derniers films que l’on avait loupé sur 2017. Il était donc temps. Ou pas d’ailleurs car là au moins au début du mois de février tout le monde est passé à autre chose. On est déjà à fond sur 2018 et 2017 semble déjà si loin. Quant à nous, on est des bien baisés et on a donc moult autres choses à faire que de mater des m***. Parce qu’il faut bien l’avouer, plus ça va, plus la prod ambiante cinoche nous excite autant qu’une vieille pute toute ravalée pour la énième fois et qui fait le tapin entre 2 et 4 heures du matin du côté du bois de Château-Gontier (et non cela ne sent pas le vécu). Pour autant, nos tops cinéma ne sentent pas le ressac faisandé. Nope, l’air y est plutôt frais et les embruns plus que revigorants. Ils vont vous fouetter l’intellect comme une bonne bifle digne de ce nom. C’est qu’à DC on bouffe du porc au petit dej et du #MeToo après avoir remballé tous les soirs la viande dans le torchon. On vous aura prévenu !

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Entretien avec Antony Cordier pour Gaspard va au mariage

Antony Cordier, le réalisateur et co-scénariste de Gaspard va au mariage a pas mal galéré pour monter son film. Il nous en parle avec passion et humour depuis la cuisine / salle de réunion de AGAT Films & Cie / Ex Nihilo, un collectif de 8 producteurs associés installé en plein Paris. C’est Nicolas Blanc qui en avait acquis les droits sur scénario (un véritable coup de cœur apparemment) et c’est Pyramide Distribution qui le distribue. Gaspard va au mariage est, comme on le disait ici, un film un peu à part dans la prod ambiante même si Pyramide l’a plutôt positionné comme une comédie « à la fois auteur et familiale, à la fois singulière et universelle, à la fois tendre et décalée ». Le film cible en premier lieu les 35-50 ans urbains mais « peut parler à tous et donc aller au-delà ».

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