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Box office France du 05 au 11 novembre 2014 : La guerre (perdue) de l’étoile

Cette semaine le box office affiche au compteur 4 186 786 entrées au global (soit près de 300 000 entrées de plus que la semaine dernière). Le dernier Nolan qui tient son rang, des films en continuité qui ne perdent que très peu de leur vivier spectateurs, des films qui artistiquement donnent envies d’aller les découvrir dans les salles… bref que demande le peuple ?

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Par contre, côté chroniqueur c’est un peu la routine quand même. Pas de polémiques à se mettre sous la dent, pas de distributeurs qui se loupent, pas d’exploitants qui se plaignent de leurs spectateurs… Allons-y quand même.

Interstellar donc pour commencer. On ne reviendra pas ici sur l’amour que l’on porte au dernier-né un peu freaks de Nolan. On va par contre constater que cette première semaine fait moins bien que The Dark Knight Rises (1 835 547 entrées mais sur 145 copies de plus) ce qui dans l’absolu est normal compte tenu de l’attente générée par ce troisième volet des aventures de Batman à l’époque. Mais aussi moins bien qu’Inception (1 305 534 entrées mais sur 55 copies de moins) qui en termes de comparaison boxofficienne est le film le plus proche d’Interstellar. Celui-ci durait certes 24 minutes de moins mais cela ne laissait pas la place aux exploitants de programmer une séance supplémentaire si l’on se réfère au nombre de séances par jour d’Interstellar. Cela évacué, Inception est comme Interstellar, un film hors franchise Batman. Pour Nolan c’était un peu comme un retour aux sources et le challenge de rameuter les foules non sur une figure d’un Comics mais sur son nom et son statut de réalisateur en vogue à Hollywood. Dans l’absolu le pari n’est pas vraiment gagné. Il suffit de lorgner du côté des chiffres générés ce week-end (481 973 entrées supplémentaires à dimanche soir) pour se rendre compte que l’on sera loin des 830 961 entrées récoltés par Inception en deuxième semaine. La faute à un facteur essentiel. La critique mitigée. On ne parle pas de celle institutionnelle mais bien de celle du public qui ne s’est pas privé pour se répandre sur les réseaux sociaux afin de mettre en exergue sa relative déception. Résultat, Interstellar ne génère que 96 millions de dollars dans son pays à date se rattrapant toutefois quelque peu à l’étranger avec pour l’instant une recette à 225 millions de dollars. On rappelle que le budget annoncé du film est de 165 millions sans la campagne marketing américaine et mondiale (a minima 150 millions de plus). Pour revenir à la France on peut estimer qu’Interstellar devrait terminer sa course stellaire aux alentours des 3 millions et demi d’entrées. Warner France devra s’en contenter même si dans l’absolu on est persuadé que voici là un résultat plus que convenable.

Trois autres nouveautés font le bonheur du top 10 cette semaine. Le nouveau Ozon d’abord qui avec Une nouvelle amie réalise un démarrage quasi identique à Jeune & Jolie, son précédent film laissant dès lors augurer une fin de carrière au-delà des 700 000 entrées qui laisse toutefois un petit goût de frustration. Autant Jeune & Jolie s’avançait sans « stars », autant Une nouvelle amie présentait un casting dont la notoriété était disons, moins « problématique ». Alors certes, les exploitants lui ont octroyé une combinaison quasi identique mais il n’empêche qu’Ozon et Mars Distribution devaient certainement en attendre un petit peu plus d’autant que la deuxième semaine s’annonce difficile avec seulement 106 874 entrées supplémentaires enregistrés à dimanche soir (contre 128 146 entrées pour Jeunes & jolies à la même période pour une deuxième semaine complète avec 42% de spectateurs perdus).

Du côté du label Disney nature, c’est au tour des Grizzly de faire les frais d’un film anthropomorphique avec de belles images dedans.  Les enfants étant le public cible de ce genre de spectacle, on se demande bien pourquoi Disney a tenu à sortir Grizzly hors vacances scolaires. Pour autant le distributeur limite plus que la casse surtout au regard des précédentes sorties issues du label comme Chimpanzés (201 333 entrées sur 355 copies) ou Félins (198 180 entrées sur 354 copies). La différence se faisant au niveau de la moyenne par copie beaucoup plus pertinente au regard finalement de l’intérêt que peuvent susciter ces films. On précisera qu’à dimanche soir Grizzly engrangeait 61 940 entrées ce qui permet d’affiner un total aux alentours des 320 000 entrées. Assez loin au passage des 469 527 entrées de Chimpanzés.

Paradise Lost enfin qui malgré la présence de Benicio Del Toro et de Josh Hutcherson au générique aura peiné à susciter un véritable intérêt. Les chiffres à dimanche soir prouvent au demeurant que le film va très vite tomber aux oubliettes (40 013 entrées supplémentaires et une perte de 47% de ses spectateurs) prolongeant quelque peu l’agonie de Pathé quant à enfin renouer avec un succès dans les salles.

Au sein des films en continuation on remarquera la très bonne tenue de Gone Girl qui en cinquième semaine ne perd que 16% de ses spectateurs permettant à Fincher d’officiellement faire mieux que The Social network (1 501 043 entrées) et devenant ainsi le troisième plus gros succès de sa filmo derrière Benjamin Button (2 595 615 entrées) et Seven (4 945 469 entrées).

Hors classement on notera la 24ème place de ’71, l’excellent film signé Yann Demange, qui ne réalise que 32 013 entrées sur 81 copies. Dommage ce survival d’un soldat britannique dans les rues du Belfast de 1971 gangrénée par la guerre civile méritait beaucoup mais alors beaucoup mieux.

Sources : CBO

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