Discount

Box Office France du 21 au 27 janvier 2015 en mode Discount

Dans le box office France de cette semaine, on trouve une grosse lampée de Megaton qui tâche, une rasade de Johnny Depp avec moustache postiche, un tarin de malade au service de la lutte gréco-romaine (cherchez pas à comprendre tout de suite), une pincée de biopic bien dégoulinante et enfin des robins des bois de la grande distrib pas chère. Et tout ça pour un total de 3 621 223 entrées. On va vomir et on revient.

Box office du 21 au 27 janvier 2015

Naaaan bon on déconne. Tous les ingrédients de la bouillabaisse hebdo ne sont pas à jeter avec l’eau bouillante du bain. À commencer par Discount, la comédie sociale de la semaine portée par des acteurs enthousiastes et une histoire qui se suit avec plaisir. Encore que l’adjectif ne soit pas approprié puisqu’il s’agit tout de même d’un film qui dépeint les affres d’employés d’un magasin hard discount qui sont menacés dans leur emploi déjà précaire par l’arrivée de caisses automatisées. Résultat, on décide d’arrondir ses fins de mois avant d’être licencié en piquant de la marchandise et des produits en voie de péremption jetés à la benne pour les revendre encore moins chère au sein d’un « Discount alternatif » au grand bonheur de « clients » qui ont du mal à boucler leur fin de mois. Il s’agit du premier film signé Louis-Julien Petit au budget très étriqué compte tenu de la brochette d’acteurs et qui est même passé par la case financement participatif pour aider à terminer la post-prod (25 400 euros collectés). Discount se veut dans la lignée de films anglo-saxons à la Ken Loach ou Stefen Frears. Il y a certes encore beaucoup de chemin à faire pour prétendre à la comparaison mais dans un paysage français aseptisé par les comédies avec des cornes ou lorgnant vers le bon Dieu, cela fait quand même un peu de bien. Côté chiffre, car c’est un peu de cela dont il est question ici quand même, c’est pas l’extase mais avec déjà plus de 100 000 entrées au compteur, il est évident que Wild Bunch a réussi son pari. L’idéal maintenant serait d’aller chercher un cumul à 250 000 entrées. Pas gagné mais si le bouche à oreille est bon, et il n’y a pas de raisons qu’il ne le soit pas, la marche ne devrait pas être inaccessible.

Un écart facial plus haut, on trouve sans surprise Liam Neeson embarqué une troisième fois dans des aventures pittoresques et bigarrées le temps pour lui de réenfiler paresseusement son costard d’ex-agent spécial Bryan Mills dans Taken 3. À la baguette, c’est à nouveau Olivier « j’enterre à moi tout seul un pan entier du cinéma d’action » Megaton. La purge au trillion de plans (un plan = une action) ramasse au passage le pactole en réitérant l’exploit première semaine du Taken 2 qui avait terminé sa folle épopée à la grenade GPS dans les rues d’Ankara à 2 903 637 entrées. On ne s’en fait donc pas trop pour la boîte à Besson qui enquille les bons résultats ainsi que les procès.

Bon après c’est encore plus délicat avec Charlie Mortdecouillecai que nos amis de chez Metro ont eu bien du mal à promouvoir et ce malgré la présence du moustachu Johnny Depp en tête de gondole. Le nouveau film de David Koepp qui avait déjà dirigé Depp dans Fenêtre Secrète, se ramasse donc dans les grandes largeurs compte tenu du nombre de copies mises en circulation. Une affaire emballée pesée à 325 000 entrées. Ce qui sera toujours mieux que les 80 188 entrées de Rhum Express distribué, je vous le donne en mille, par Metropolitan.

Moins extrême mais pas folichon tout de même est la Merveilleuse histoire du temps qui attire moins de 100 000 spectateurs sur 207 copies alors qu’Universal France a mis le paquet en termes de promo pour ce film assimilé biopic sur le destin extraordinaire de Stephen Hawking, scientifique de renommée mondiale atteint depuis plus de 50 ans par la maladie de Charcot. Difficile aussi comme challenge d’attirer dans les salles avec un sujet pareil qui fleure bon l’exercice de premier de la classe sans aspérités.

On finit ce tour d’horizon gastro avec Foxcatcher. On ne reviendra pas sur tout le bien que l’on pense du film, mais force est de constater que la critique ailleurs dithyrambique n’aura pas motivé plus que cela le cinéphile en goguette prêt à suivre aveuglément son mentor à Télérama et consorts. Il faut croire que le maquillage, brillant et méritant l’oscar, d’où ressort le magnifique nez à la Cyrano affublé au pauvre Steve Carell qui jouait à l’évidence cyanosé, ne suffit pas pour assurer les entrées. Quel dommage !

Ps : Ah et sinon du côté des Béliers on a passé allègrement les 5 millions d’entrées. La place de dauphin sur le podium 2014 est dorénavant assurée. Pour le reste…

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