Archives de catégorie : Critiques Ciné

Mektoub My Love : Canto Uno – 240 Battements par minute

Faut-il y voir une énième victoire de la chape de plomb qui s’abat plus qu’inexorablement en nos si belles sociétés depuis le début de ce millénaire pour qu’un film comme Mektoub My Love : Canto Uno puisse diviser à ce point-là ? Et cela avec autant de radicalisme et d’altérité ? Car au final, que raconte le dernier Kechiche ? Un été, le sud de la France, des jeunes qui rigolent, baisent, tombent amoureux, pleurent… Précision d’importance. On est en 1994 et ni Houellebecq, ni le SIDA ne semblent être encore passés par là. Ce qui pour l’un est une bonne chose mais pour l’autre plus problématique. Encore que.

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Hostiles : La Balade sauvage

Hostiles n’est pas qu’un western. C’est que s’il en respecte tous les codes apparents, il va beaucoup plus loin en proposant d’abord la belle relecture qui va bien mais aussi et surtout une forme de dépassement de fonction qui l’emmène en des contrées autres. On y trouve en effet les ingrédients du road movie ou plutôt du « horse movie » doublés d’une critique magistrale des fondements mêmes de la société américaine. De cet environnement à la fois formel et réflexif Hostiles en acquiert une patine le propulsant instantanément au rayon des classiques du cinéma.

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Ghostland : Saint Laugier a un nouveau message (secret) pour vous

Qu’il est loin le temps de Martyrs où Pascal Laugier avait clivé la critique puissance mille mais réussi le tour de force de se mettre définitivement dans la poche les aficionados de la première heure et tant qu’à faire ceux de la deuxième. Quant à ceux de la troisième, s’ils avaient eu un doute à la vision de The Secret, ils risquent fort d’être définitivement convaincus avec Ghostland, certainement le film le plus mainstream de son auteur mais pas le moins ambitieux pour autant. Laugier n’est en effet pas à un paradoxe près dans sa filmo. Et de toute façon il adore ça. Et accessoirement nous avec.

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La Nuit a dévoré le monde (et le cinéma avec)

Bon, on ne va pas se mentir, ce premier long signé Dominique Rocher ne nous a pas mais alors pas du tout convaincu. Et encore, avec cette première phrase, on est loin du compte. On préférait prévenir. Ne serait-ce que pour le lecteur bienveillant qui viendrait juste de découvrir La Nuit a dévoré le monde et qui aurait voulu conforter son enthousiasme en venant ici-bas nous faire l’honneur d’une saine lecture. Bad trip. Désolé tout ça tout ça gentil lecteur mais aussi Monsieur le réal car ça va saigner. En tout cas plus qu’au sein de votre film. Car oui nous étions initialement aussi excités qu’une puce vierge à l’idée de se faire défoncer par le pou du coin malodorant. Et puis, quand les lumières se sont rallumées on était aussi secos que la tantine devenue vieille fille côté belle famille. Pensez donc, un film venu de France qui va nous parler de zombies, de Walking dead, de skin job (naaaaaan, confonds pas tout, ça c’est un Replicant) en plein Paris, dans un immeuble Haussmannien en plus. Le cauchemar éveillé que je fais au quotidien, Dominique Rocher va le mettre en image. Je bande.

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L’Apparition : À l’origine

Film après film, Xavier Giannoli tisse un univers qui lui est propre tout en se revendiquant à l’évidence d’un cinéma qui rappelle Sautet, Miller ou encore Alain Corneau. Une filiation qui se donne pour ambition de garder le réalisateur au centre des débats sans jamais en exclure le spectateur. Tout le contraire du cinéma dit d’auteur qui fait florès de nos jours hérité des préceptes mal digérés de la nouvelle vague. Et L’Apparition de s’intégrer avec grâce mais sans fausse pudeur au sein de la thématique centrale de Giannoli qui n’a de cesse de traquer le mensonge et les faux semblants pour mieux révéler les humanités de chacun. Autant dire qu’une nouvelle fois l’homme et le cinéaste frappent juste.

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