Un homme à la hauteur - Teaser

Un homme à la hauteur : Petit mais costaud

Comment réussir à séparer le bon grain de l’ivraie parmi l’avalanche hebdomadaire de comédies qui déferlent dans les salles obscures ? Nous vous parlions il y a quelques semaines de cela du magnifique Rosalie Blum, premier long-métrage de Julien Rappeneau. Cette semaine, nous nous attarderons sur une autre jolie réussite : Un homme à la hauteur.

Pour ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la filmographie de Laurent Tirard, le nom du réalisateur est indubitablement associé aux comédies, tendance romantique à ses débuts avec les sympathiques Mensonges et trahisons et plus si affinités (2004) et Molière (2007) avant de verser ensuite dans l’adaptation de bandes-dessinées populaires avec les acceptables Le Petit Nicolas (2009), Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté (2012) et Les Vacances du Petit Nicolas (2014). Voilà pour le petit rappel des films précédents du bonhomme. Ce qui permet également de cerner d’autant mieux les orientations de son dernier long-métrage en date : Un homme à la hauteur, comédie romantique aux accointances à la limite du cartoonesque par endroits mais non sans y ajouter une petite dose d’interrogations sociales. Oh certes, pas de quoi se froisser un neurone au cours des 1h40 que dure le film, d’autant que le propos n’est pas toujours bien finaud. Mais juste ce qu’il faut néanmoins pour parvenir à tracer ce petit sillon entre rires et émotions par l’entremise de situations que l’on voit certes venir de loin au travers de personnes à priori stéréotypées (le mari jaloux, la secrétaire commère, le fils cool, etc.) mais qui fonctionnent malgré tout plutôt bien.

« Il est plus facile de faire pleurer que de faire rire » déclarait le regretté Claude Pinoteau dans les suppléments du Blu-ray de La Boum. Et si Un homme à la hauteur ne vous fera pas nécessairement verser une larmichette, il sera en revanche bien difficile de se retenir de rire de bon cœur, voire même, par endroits, d’avoir un petit pincement… au cœur ! Comment en effet ne pas craquer devant ce « petit bonhomme » et sa « blanche neige » ? Lui, le gars, c’est Jean Dujardin, beau gosse drôle, charmeur et friqué (il est architecte de renommée internationale) qui n’a qu’un seul petit « défaut » : « il me manque 40 cm » comme il le dit lui-même au cours de leur premier rendez-vous. Et pour cause, il mesure 1m36. Elle, la fille, c’est Virginie Efira, belle, grande (1,75m sans talons), drôle et friquée elle aussi (elle est avocate). Très belle même ! Le genre de beauté sur laquelle tout le monde se retourne dans la rue (cf. le générique d’ouverture). Le genre de nana à qui il suffit de claquer des doigts pour que dix mecs lui tombent à ses pieds. Et pourtant, elle va rapidement en pincer pour ce petit bonhomme. Ils s’aiment mais leur couple en devenir résistera-t-il au regard des autres et à une certaine image du « conformisme social » ?

Un homme à la hauteur - Affiche

C’est donc partie pour 90 minutes de situations tantôt drôles, tantôt émouvantes tout en tissant en arrière-plan ce fil rouge socio-narratif en un tout plutôt bien ficelé et sans temps mort servi par une mise en scène tour à tour alerte (la scène de danse) et sensible (le plan-séquence en ouverture qui « pose le décor ») nantie de trucages qui savent faire illusion (Jean Dujardin mesure en réalité plus d’1m80 !). Dans cette relecture non dissimulée car explicitement revendiquée dans la bande annonce de « Cendrillon et de son prince charmant », le couple Jean Dujardin – Virginie Efira fait merveille. Qui pour en douter de la part de celui qui se fit connaitre du grand public pour son personnage de Brice de Nice mais aussi grâce à la shortcom Un gars, une fille ? Quant à Virginie Efira, Un homme à la hauteur est l’occasion de réaffirmer, si besoin était, tout le bien que l’on pense de ses prestations qui fleurent bon le vrai, le naturel. En espérant que le résultat au box-office sera davantage en adéquation avec le talent dont sait faire montre la comédienne, contrairement à ses deux dernières prestations dans les magnifiques Et ta sœur (133 000 entrées) et Le Goût des merveilles (255 000 entrées). Un nouveau petit coup d’œil à la filmo de Laurent Tirard permet de constater que tous ses films ont été de jolis succès en salles avec plusieurs millions de spectateurs à la clé. C’est tout le mal qu’on pourra souhaiter à Un homme à la hauteur, comédie romantico-sociale pour laquelle le qualificatif, souvent employé à toutes les sauces, de « feel good movie » sied néanmoins à merveille.

NB : Un homme à la hauteur est le remake d’un film argento-brésilien, Corazón de león (2013), totalement inconnu sous nos latitudes car inédit aussi bien en salles qu’en vidéo.

Un homme à la hauteur de Laurent Tirard – 1h38 (Gaumont)

Résumé : Diane est une belle femme. Une très belle femme. Brillante avocate, elle a de l’humour et une forte personnalité. Et comme elle vient de mettre un terme à un mariage qui ne la rendait pas heureuse, la voilà enfin libre de rencontrer l’homme de sa vie. Le hasard n’existant pas, Diane reçoit le coup de fil d’un certain Alexandre, qui a retrouvé le portable qu’elle avait égaré. Très vite, quelque chose se passe lors de cette conversation téléphonique. Alexandre est courtois, drôle, visiblement cultivé… Diane est sous le charme. Un rendez-vous est rapidement fixé. Mais la rencontre ne se passe pas du tout comme prévu…

Note : 3,5/5

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