Le Météore de la nuit (It came fromouter space)

Le Météore de la nuit en Blu-ray chez Elephant Films

Le Météore de la nuit [It Came From Outer Space]  (USA 1953) de Jack Arnold, est le premier film fantastique, succursale science-fiction, de sa filmographie. Auparavant, Arnold n’avait tourné que des documentaires puis un film noir policier aujourd’hui totalement oublié : Filles dans la nuit [Girls In the Night] (USA 1953). Le Météore de la nuit est une série B bien réalisée et bien interprétée, bénéficiant d’un scénario intéressant adapté d’une histoire de Ray Bradbury. Son budget modeste n’empêche pas certains plans d’être visuellement amples et impressionnants.

Le Météore de la nuit - Affiche FR

Le Météore de la nuit est aussi le premier des trois films signés Arnold dans lesquels le désert – qu’il soit californien ou arizonien – tient une place esthétique importante. Les deux autres étant son classique fantastique/SF Tarantula ! (USA 1955) puis son film noir policier Le Salaire du diable [Pay the Devil / Man In the Shadow] (USA 1957). Arnold utilise le désert comme lieu de chevauchement entre différentes dimensions géométriques, générateur d’une angoisse essentiellement spatiale qui est sa marque de fabrique la plus intime. (1)

Le Météore de la nuit fut tourné et exploité en deux versions (2D et 3D) et diffusé en deux formats (1.37 ou 1.66) selon les cinémas : la publicité Universal le mentionnait comme « widescreen » (écran large) donc au minimum 1.66. Il appartient à cette série de films qui, entre 1953 et 1955, furent immédiatement ou progressivement élargis en raison de la concurrence du format Scope 2.35. Certains effets spéciaux, certains plans (par exemple, la chute des pierres durant l’éboulement qui ensevelit le météore) sont, même en version 2D, clairement conçus pour une projection 3D qui était l’argument majeur de ses affiches américaines. À la fin de la même année, Arnold réalisa le film noir policier Le Crime de la semaine [The Glass Web] (USA 1953) qui fut également tourné dans ces deux versions mais ne fut exploité qu’en 2D à la suite de tests-projections (organisés par Universal) qui semblaient démontrer que le public préférait la version « à plat ». Arnold tournera par la suite encore en versions 2D et 3D ses deux autres classiques du cinéma fantastique que sont L’Étrange créature du lac noir (USA 1954) et La Revanche de la créature (USA 1955).

Le Météore de la nuit - Pub 3D

Sur le plan du scénario, la critique avait parfois classé Le Météore de la nuit dans la catégorie des films de science-fiction optant pour une invasion psychologique et non pas physique des extra-terrestres. Il était intellectuellement et plastiquement supérieur à Invaders From Mars [Les Envahisseurs de la planète rouge / L’Attaque des martiens] (USA 1953) de William Cameron Menzies. On estimait en outre qu’il annonçait assez nettement le chef-d’oeuvre de cette catégorie, à savoir le Invasion of the Body Snatchers [L’Invasion des profanateurs de sépultures] (USA 1955) de Don Siegel. La filiation est évidente (l’actrice Barbara Rush incarne très bien ce dédoublement dans le film d’Arnold en 1953, prélude à celui de Dana Wynter dans le film de Siegel en 1955) mais ce terme « invasion » ne convient pas puisqu’il s’agit, dans l’histoire de Ray Bradbury, d’une rencontre fortuite entre les extra-terrestres et la Terre, d’une escale forcée (ainsi que l’assure l’une des créatures à l’astronome) durant laquelle la prise de contrôle des Terriens par l’hypnose est une mesure de sécurité adoptée par les créatures, sachant qu’elles sont trop hideuses pour s’exposer sans précaution à leurs yeux.

Le Météore de la nuit

Sur le plan plastique, le météore (en fait un vaisseau spatial produisant l’effet visuel d’un météore au moment de son atterrissage) annonce un peu, en raison de ses facettes ressemblant à celles des nids d’abeilles, l’aspect physique du curieux cerveau géant que Arnold filmera dans Space Children (USA 1958) inédit en France mais distribué en Belgique au cinéma sous le titre traduit littéralement de Les Enfants de l’espace. Arnold et son directeur de la photographie Clifford Stine, utilisent habilement la caméra subjective dans Le Météore de la nuit, conférant à plusieurs reprises au spectateur le même point de vue que celui du monstre extra-terrestre lors des attaques contre les êtres humains. Mais aujourd’hui, de tels effets semblent vieillis et attendus. C’est bien plutôt l’angoisse cosmique, au sens pascalien de l’expression, suscitée par certains plans d’ensemble où l’étagement du ciel et du désert est admirablement réparti, qui demeure intangible. On peut d’ailleurs, à ce sujet, préférer la poésie du titre français d’exploitation à la lourdeur du titre original américain.

(1) Jean-François Rauger l’avait pertinemment analysée en 2007 dans sa présentation de Tarantula !, annexée à l’édition française Bach Films, en DVD zone 2 PAL.

Le Météore de la nuit - Jaquette BRD 3DLe Météore de la nuit – Édition Combo Blu-ray + DVD – de Jack Arnold (USA – 1953) – Elephant Films – Sortie le 6 juillet 2016

Une soucoupe volante en panne atterrit dans le désert d’Arizona. Les extra-terrestres, globes oculaires géants, prennent l’apparence des êtres humains qu’ils hypnotisent…


Spécifications techniques Blu-ray :

– Image : 1.33:1 encodée en AVC 1080/24p
– Langues : Anglais et Français DTS-HD MA 2.0 mono
– Sous-titres : Français
– Durée : 1h 20min
– 1 BD-25

Un master qui fait montre de temps à autre son âge sans pour autant gâcher la vision du film. Au contraire cela participe au côté vintage de la chose et renforce même son aspect série B. La VF est à proscrire du fait d’un doublage suranné. La VO en mono DTS HD MA est remarquable de punch. SG

Le Météore de la nuit - Jaquette combo recto verso

Bonus :
Les Extraterrestres au cinéma : présentation du film par Christophe Lemaire (13min52s, HD)
– Galerie de photos
– Bande annonce originale du film (1min31s, VOST) + un florilège issu des dernières parutions chez l’éditeur.

Le Météore de la nuit - Christophe Lemaire

L’intervention de Lemaire est plutôt basique voire scolaire. On le sent en service commandé avec ses antisèches à portée de rétines. Pour autant les infos prodiguées ne sont pas sans intérêts (le bougre a bossé) et on apprend même que Arnold fut le disciple de Robert Flaherty, le réalisateur du légendaire Nanouk l’Esquimau. SG

Notes :
– Image : 3,5/5
– Son : 4/5
– Bonus : 2,5/5

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

 

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