Les Survivants de l'infini - Image Une critique

Les Survivants de l’infini en Blu-ray chez Elephant Films

Les Survivants de l’infini [This Island Earth]  (USA 1955) de Joseph M. Newman fut produit par William Alland pour la Universal avec un budget proche du million de dollars de l’époque, donc important. La publicité clamait que son tournage avait duré deux ans et demi, que le décor de la planète Métaluna avait une superficie d’un demi-hectare (de studio).

Les Survivants de l'infini - Affiche FR

Alland était également, à cette époque, le producteur de Jack Arnold dont la réputation technique était établie depuis Le Météore de la nuit [It Came From Outer Space] (USA 1953) et L’Étrange créature du lac noir (USA 1954) qu’il avait aussi tournés pour la Universal. Du coup, Arnold se retrouva premier assistant-réalisateur (non crédité) de Newman. Clifford Stine, directeur de la photo souvent employé par Arnold durant son âge d’or fantastique à la Universal, signe également la photo du film de Newman. Par ailleurs, le premier assistant-réalisateur crédité, le cinéaste Virgil Vogel, tournera ensuite comme réalisateur deux séries B fantastiques : Le Peuple de l’enfer [The Mole People] (USA 1956) et L’Oasis des tempêtes [The Land Unknown] (USA 1957), ce dernier plastiquement très beau, avant de devenir un des cinéastes les plus prolifiques des années 1960-1970 de la TV américaine.

Les Survivants de l'infini - Lobby Card

Les Survivants de l’infini appartient, tout comme Le Météore de la nuit, à cette série de films qui, entre 1953 et 1955, furent immédiatement ou progressivement élargis en raison de la concurrence du format Scope 2.35. Il fut exploité en vidéo magnétique puis numérique sous trois ou quatre formats différents, du 1.37 au 1.85 : il faut privilégier celles qui respectent son format large maximum, donc 1.85 (les formats 1.75 et 1.78 parfois signalés étant des recadrages). Belle musique composée par Henry Mancini, Hans J. Salter et Herman Stein (tous trois non crédités), sous la supervision habituelle chez Universal de Joseph M. Gershenson. Célèbre maquillage de Bud Westmore, le successeur de Jack Pierce à la Universal concernant le cinéma fantastique, pour la créature mutant qui attaque Faith Domergue et qui fut logiquement, en sa compagnie, la vedette des photos publicitaires. Cette actrice métisse créole-irlandaise-anglaise (qui avait été la protégée du producteur Howard Hughes entre 1941 et 1950 à la R.K.O.) tourna trois classiques du cinéma fantastique produits cette même année 1955 : Le Monstre vient de la mer [It Came From Beneath the Sea] de Robert Gordon, Les Survivants de l’infini de Newman (aidé par Jack Arnold et Virgil Vogel) et Le Culte du cobra de Francis D. Lyon. Les critiques français qui avaient daigné, au moment de la sortie cinéma parisienne en exclusivité, le visionner avec condescendance voire un franc mépris, ne furent, pour la plupart d’entre eux, intéressés que par ses formes assurément sculpturales, tenant parfois le restant du film pour quantité négligeable. Si Jack Arnold l’avait signé à la place de Joseph M. Newman, les choses eussent probablement été différentes car Arnold avait déjà le statut d’auteur de films de science-fiction alors que Newman était un artisan moins connu chez nous.

Les Survivants de l'infini - Concept Art

Le scénario, ambitieux, critiquait l’idée même de guerre, plaidait pour une compréhension rationnelle entre peuples et civilisations, opposait deux types d’individualités, celles qui sont ouvertes aux autres, celles qui y sont fermées. Plastiquement, le film est une série B luxueuse, pas tout à fait une série A mais il faut reconnaître la beauté de sa mise en scène, simple, élégante, soignée, capable de lyrisme et d’une ample vision. Aucun enfant n’oublie la planète Métaluna une fois qu’il l’a contemplée, ni son apocalypse finale si tragique. Les Survivants de l’infini demeure la seule contribution notable de Joseph M. Newman à l’histoire du cinéma fantastique. Par la suite, il réalisa trois bons westerns de série B : Fort Massacre (USA 1958), Le Shérif aux mains rouges [The Gunfight At Dodge City] (USA 1959), Tonnerre apache [A Thunder of Drums] (USA 1961).

Les Survivants de l'infini - Jaquette BRD 3DLes Survivants de l’infini – Édition Combo Blu-ray + DVD – de Joseph M. Newman (USA – 1955) – Elephant Films – Sortie le 6 juillet 2016

Des extraterrestres arrivent sur la Terre pour demander l’aide des scientifiques terriens afin de sauver leur planète. En réalité, ils veulent envahir la Terre car leur propre planète se meurt…

Spécifications techniques Blu-ray :
– Image : 1.85:1 encodée en AVC 1080/24p (la jaquette mentionne avec erreur 1.78:1)
– Langues : Anglais et Français DTS-HD MA 2.0 mono
– Sous-titres : Français
– Durée : 1h 26min
– 1 BD-25

Magnifique master seulement pris en défaut lors de quelques séquences SFX où l’on remarque de grandes estafilades qui viennent un peu lacérer l’image. C’est toutefois à peine visible. Le reste de temps (95% du métrage) fait la part belle à un encodage de toute beauté rendant justice au Technicolor flamboyant. Le doublage VF d’époque tient encore bien la route d’autant que le DTS-HD MA le sublime via une très belle dynamique que la VO arrive à peine à lui faire de l’ombre. SG

Les Survivants de l'infini - Jaquette Combo Resto Verso

Bonus :
Les Extraterrestres au cinéma : présentation du film par Christophe Lemaire (22min54s, HD)
– Galerie de photos
– Bande annonce originale du film (2min30s, VOST) + un florilège issu des dernières parutions chez l’éditeur.

Le Météore de la nuit - Christophe Lemaire

L’intervention de Christophe Lemaire est bien plus inspirée tout en semblant bien plus à l’aise que pour Le Météore de la nuit. Le puriste n’apprendra pas grand chose mais la faconde du Monsieur est suffisamment habitée pour que l’on aille jusqu’au bout. Quant aux touristes qui découvriraient le film, ces 22 minutes vous sont alors dédiées pour être incollable sur la chose. On notera quand même que beaucoup des infos apportées au sein de cette notule sont pour la plupart déjà distillées par Francis dans son texte ci-dessus.  SG

Notes :
– Image : 4/5
– Son : 4/5
– Bonus : 3/5

Cliquez sur les captures Blu-ray ci-dessous pour les visualiser au format HD natif 1920×1080

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