RoboCop 2014 - Image Une Critique

RoboCop (2014) : 100% à la casse

Répandez la bonne parole...
Inutile d’être hypocrite. On voyait venir ce remake de RoboCop d’un très mauvais œil. C’est qu’à l’instar d’un Die Hard ou d’un Terminator, le film de Verhoeven reste une icône des années 80. De ceux qui bouleversèrent les codes d’un genre pour mieux en recracher de nouvelles règles. Le problème c’est que depuis on ne fait, au mieux, que se contenter de les suivre, quand il ne s’agit pas comme ici de mettre à mal un héritage dont on a, à l’évidence, absolument pas compris la portée. Attention, nulle intention de confondre ici legs et momification. Chaque génération se doit en effet de tuer le père. Mais tuer ne veut pas dire massacrer, ce à quoi s’emploie cet avatar numérique.

RoboCop 2014 - Affiche

À commencer par vouloir donner un rôle plus prépondérant au conjoint féminin et accessoirement à la symbolique de la famille. Chez Verhoeven, elle est traitée sous forme de flashbacks qui permet au RoboCop de se redéfinir une identité : l’homme derrière l’armure prenant alors le pas sur la machine. C’était tout le sens et le sel de la démonstration de l’original qui en profitait d’ailleurs sur ce point pour se démarquer du Terminator, quand la présente resucée navigue à vue, ne sachant pas quel angle adopter. En perte totale de repères notre policier d’un nouveau genre (encore que même là ce n’est pas clair) chiale, se plaint à longueur de métrage et tente de se reconstruire par la cellule familiale. Une aberration scénaristique qui se traduit visuellement (ah cette séquence ridicule entre RoboCop et son fils) par des contraintes de mise en scène rédhibitoires. Jusqu’à l’armure qui de claire devient sombre occasionnant d’ailleurs une saillie du co-équipier black pour le coup bien vue, avant de redevenir grise en fin de film (Sic). Comme si ses auteurs (la prod, le réal, les scénaristes ?) prenaient trop tard conscience de la médiocre tragédie qu’ils ont orchestrée et tentaient de revenir in extremis ce vers quoi ils ont voulu se démarquer.

On pourra aussi gloser sur le « méchant » interprété par un Michael Keaton qui fait ce qu’il peut pour rendre crédible un personnage qui se veut le symbole moderne du patron omnipotent d’un conglomérat industrialo-guerrier qui ne l’est pas moins. Mais là encore, où le film de Verhoeven avait su dépeindre jusqu’à l’absurde une Amérique reaganienne boursouflée d’impérialisme revancharde post guerre du Vietnam (ah ces pastilles d’actualités), son remake se perd dans des circonvolutions qui ne reflètent rien sinon la vacuité d’un propos qui se garde bien de prendre parti voire d’illustrer une société dont les dérives ont dépassé les prévisions les plus alarmistes du premier RoboCop. C’est d’ailleurs sur ce point précis que le remake aurait pu faire sens, en reprenant là où le film de Verhoeven s’était arrêté. En imaginant un après en apparence uchronique qui aurait permis une nouvelle fois de stigmatiser une réalité et un présent de plus en plus sombre.

Il faut croire que les « corones » de José Padilha, réalisateur que l’on pensait pourtant peu enclin aux concessions avec ses deux Troupes d’élite, sont bien restés au Brésil comme on le craignait, lui qui a tout de même avoué avoir subi un tournage d’une extrême difficulté. Peut-on alors parler de gâchis ? Même pas, tant cette volonté de revisiter le « mythe » RoboCop n’a aucun sens ici sinon en l’ajout d’une nouvelle tache indélébile (pour ne pas dire débile) dans l’histoire des remakes qui n’en manquait pourtant pas.

RoboCop (2014) de José Padilha – 1h57 (StudioCanal) – Sortie le 5 février 2014

Résumé : Les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d’acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme…

Note : 0,5/5

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