Sully - Image une critique film

Sully : Sur la route de l’Hudson River

Après avoir dépeint avec aplomb le destin d’un héros de l’armée américaine avec American Sniper, Clint Eastwood évoque un autre type de héros, le commandant de bord Chesley « Sully » Sullenberger qui, un beau jour du 15 janvier 2009, a fait le choix risqué d’amerrir son Airbus dans la baie d’Hudson suite à la perte de ses réacteurs peu après avoir décollé de l’aéroport de New-York Laguardia. Et si Sullenberger en avait décidé autrement ? Et si finalement, il avait pu éviter cet amerrissage ? Durant une heure et demi, Clint Eastwood nous embarque dans les errements et remords de Sully, un héros bien malgré lui.

Sully - Affiche

La hantise d’un 11 septembre bis dans la ville de New-York habite la vision cauchemardesque du commandant Sully qui ouvre ce nouveau long-métrage de Clint Eastwood. Spectaculaire, cette séquence n’est pourtant pas du ton du reste du film sauf lorsque l’évènement est revécu à plusieurs reprises. Clint Eastwood a l’élégance et le bon gout de laisser le spectaculaire pour ces séquences et même de ne pas trop en faire. Sully est avant tout un drame humain tiré de faits réels dont le personnage principal se questionne sans arrêt sur son acte surtout après l’ouverture d’une enquête qui essaye de nuire à sa réputation et à sa carrière.

Malgré le sauvetage de la vie de ses 155 passagers, le comité national de la sécurité des transports est persuadé que Sullenberger aurait pu bifurquer sur un des autres aéroports de la ville bien que pour Sully, l’amerrissage était la seule solution viable. Tout l’enjeu du scénario de Todd Komarnicki repose sur cette question mais oubliant au passage de donner les véritables motivations du comité si ce n’est le protocole d’usage. Pourquoi s’acharner autant sur Sully ? Jamais Komarnicki ne pose la question dans son scénario ou ne s’y intéresse puisqu’il n’y a aucune scène off du comité d’enquête sans la présence Sully. Pour comparer, on est bien loin de l’ambigüité de la situation du Flight de Robert Zemeckis.

Il reste donc à Clint Eastwood et au talent de Tom Hanks de porter le film vers d’autres cieux. La figure du héros peut être difficile à porter surtout lorsqu’on est une personne ordinaire et humble comme le commandant Sullenberger. Il doit malgré tout se confronter à cette nouvelle notoriété quelque peu embarrassante et élucider tous les manquements qu’il aurait pu faire et ce, même si dans son passé d’aviateur, il avait déjà été confronté à une situation similaire. La retenue de la mise en scène d’Eastwood, accompagnée à quelques moments de fines notes de jazz, ajoute à l’émotion du film qui aurait pu tellement verser dans le grand spectaculaire si ce n’était pas le réalisateur de Mystic River derrière la caméra. La séquence de dialogue entre Sully et le contrôleur aérien en est un parfait exemple ; Aucune musique ne vient surligner l’action et la tension de la scène, c’est sobre et surtout efficace. On regrettera peut-être que la dernière écoute du déroulement de l’évènement ne puisse se passer d’images du cockpit.

Néanmoins, Sully reste un film à voir pour l’humanité forte qu’il dégage. À la fois confiant et pris de doutes, Tom Hanks livre une prestation de qualité soutenu par des seconds rôles de choix (de Laura Linney à Aaron Eckhart en passant par Anna Gunn). Derrière un héros se cache souvent des héros et Sully ne déroge pas à cette règle à laquelle Clint Eastwood donne toute son ampleur par sa mise en scène frappée du sceau de l’humain.

Sully (2016) de Clint Eastwood – 1h36 (Warner Bros. France) – 30 novembre 2016

Résumé : Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au « miracle sur l’Hudson » accompli par le commandant « Sully » Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord. Cependant, alors que Sully était salué par l’opinion publique et les médias pour son exploit inédit dans l’histoire de l’aviation, une enquête a été ouverte, menaçant de détruire sa réputation et sa carrière.

Note : 3,5/5

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