Cold-in-July-Sam-Shepard-et-Michael-C.-Hall

Cold in July : Thriller délicieusement suranné

Cold in July a beau être le premier film distribué en salles chez nous, Jim Mickle n’est pourtant pas un inconnu des petits malins qui façonnent leur culture geek à coup de DTV déviants et autres. On doit en effet à ce Saint homme des films tel que Mulberry Street, sorte de croisement improbable entre Les Rats de Manhattan et La Nuit des morts-vivants, ou encore Stake Land à la thématique post-apo travaillée avec une certaine efficacité et enfin We are what we are, remake d’un film mexicain au titre éponyme, qui revisitait nos obédiences cannibales et dont on vous en disait le plus grand bien ici.

Cold-in-July-Affiche-française

Avec Cold in July, il semble vouloir franchir le rubicond en abordant d’autres genres sans pour autant renier sa façon de faire qui se caractérise par le respect absolu des codes dans le seul but d’en tirer le maximum. La démarche n’est pas nouvelle mais à le mérite ici d’être excellemment dosée, maîtrisée et partagée. En cela, Cold in July rappelle Blood Simple, le premier film des frères Coen qui savaient déjà comment régurgiter les passages obligés du film noir au sein de leur univers. Cold in July n’est certes pas aussi abouti et définitif mais il a pour lui l’enthousiasme de la jeunesse, une direction d’acteurs efficace et surtout une histoire convaincante permettant de donner quelques couleurs à une mise en scène qui ne s’évite pas tous les écueils. Comme celui de vouloir trop en faire lors du climax final un peu trop esthétisant façon hommage appuyé aux années 80 qui détonne par rapport au reste d’un film plus dans l’humour noir et les clins d’œil euphorisants.

Ce que l’on aime en fait c’est la manière dont Jim Mickle y arrive à ce final. La façon dont il travaille le personnage joué par Michael C. Hall qu’il a à l’évidence choisi pour l’emmener très à rebours de son ADN télévisuel dextérien. Ou encore son extrême appétence pour une histoire à twists lui donnant tout le loisir de développer le caractère des autres protagonistes qui le lui rendent bien au demeurant. Il faut voir en effet comment Don Johnson joue avec délectation de son image dorénavant ancré dans la pop culture et d’admirer toute la palette de jeu d’un Sam Shepard évoluant de silhouette maléfique en un rouage essentiel du film. Il fallait bien cela pour ce thriller d’un autre temps où les enjeux rappellent des arcs narratifs délicieusement surannés. Son traitement old school assumé injecte de surcroît un plaisir immédiat avec une dose supplémentaire de nostalgie pour le cinéphile corrompu. C’est d’ailleurs le cœur même de Cold in July. Savoir travailler son spectateur, quel qu’il soit.

Certes, une telle immédiateté se doit d’être confrontée au temps qui passe. On n’est pas bien certain que Cold in July puisse se revoir avec autant de bonheur dans cinq ou dix ans. On prend tout de même les paris tant il est évident que le film recèle en son sein une certaine obsolescence qui lui donne un cachet quelque peu intemporel. Une sorte de patine non appuyée mais tout de même recherchée qui ne part pas au premier coup d’ongle. De quoi de toute façon l’envisager comme une belle échéance au sein d’une filmographie qui se construit pas à pas et qui mérite dorénavant que l’on s’y penche définitivement.

Cold in July de Jim Mickle – 31 décembre 2014 (The Jokers / Le Pacte)

1989. Texas. Par une douce nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.

Note : 3,5/5

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