The Riot Club

The Riot Club – Grandeur et décadence de l’élite britannique

Après l’excellente comédie romantique Une Éducation et le beaucoup plus mielleux Un jour, Lone Scherfig s’attaque à l’élite de la nation avec son troisième long-métrage britannique : The Riot Club.

Si ses deux précédents films sur les terres de sa gracieuse majesté pouvaient laisser entrevoir à tort une certaine prédisposition pour les romances à tendance mélodramatique, The Riot Club vient désamorcer cette croyance sans pour autant nier les penchants de la réalisatrice danoise. Dans Une Éducation, la mise en abyme sociale ne constituait certes qu’une toile de fond au service du couple mais n’en demeurait pas moins prégnante tout au long du drame qui se développait au fur et à mesure de leur idylle. Partant à nouveau d’une rencontre amoureuse entre deux jeunes gens, The Riot Club va quant à lui amener ces mêmes interrogations sociales sur le devant de la scène au cours de son dernier acte, à la théâtralité certes un peu trop évidente à l’écran (le film est tiré d’une pièce), mais à la puissance évocatrice néanmoins patente grâce à la mise en place antérieure des enjeux et des personnages.

The Riot Club - Affiche

Car derrière ses allures de bizutage façon « fratrie des campus américains », le premier acte de The Riot Club sert avant tout à poser les bases d’une évolution : celle de deux étudiants en première année, Miles et Alistair, issus de la classe moyenne et appelés à gravir la fameuse échelle sociale. À condition bien sûr d’intégrer le prestigieux club en question. Et le film de s’interroger au cours de son dernier acte sur la toute puissance de ces élites de la nation, britannique en l’occurrence mais dont la localisation pourrait tout aussi bien s’appliquer dans un autre pays. Dans un gigantesque maelström de victuailles, de sexe, de drogue et de violence à ne pas mettre entre toutes les mains, The Riot Club rappelle alors par certains aspects le mythique et indémodable Orange mécanique de Stanley Kubrick et pose la question : l’argent peut-il vraiment tout acheter ? Les hommes et leur justice ? Bien que ne datant pas d’hier, l’interrogation prend ici toute sa légitimité au moment où chacun des deux bizuts devra faire son choix : rejoindre les grands de son monde, quitte à vendre père, mère et compagne pour y parvenir, ou bien faire une croix sur un tel statut et conserver un minimum de dignité et d’intégrité sociale ? In fine, The Riot Club nous convie à une démonstration et un questionnement social beaucoup moins manichéen qu’il n’y laisserait paraître de prime abord.

The Riot Club de Lone Scherfig – 31 décembre 2014 (Paramount Pictures France)

Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis 3 siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie…

Note : 3,5/5

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