Les Derniers jours (2013) - Image une critique

Les Derniers jours : The End

Comme un joli ballon d’oxygène après des blockbusters dont on n’a pu que constater la mort cérébrale quasi définitive et un cinéma français sous assistance respiratoire. Il y a bien eu quelques découvertes (Frances Ha, Hijacking, Metro Manila…) mais rien qui vaille vraiment la peine d’interrompre son bronzage intégral ou qui ne puisse attendre un rattrapage home vidéo à la rentrée. Les Derniers jours des frères Pastor à qui l’on doit déjà le fort estimable Infectés, remédient donc, et de fort belle manière, à cette torpeur cinématographique estivale qui commençait à peser.

Les Derniers jours (2013) - Affiche

Une nouvelle fois dans l’engeance post-apo, Les Derniers jours raconte comment l’humanité se retrouve quasiment du jour au lendemain contrainte à rester cloitrée sous peine d’agoraphobie létale immédiate. Enfermés dans leurs bureaux, chez eux, dans les gares, les centres commerciaux (tiens tiens !)… chacun doit lutter pour sa survie. Mais là où les deux frères ibériques amènent un peu de moelle à un pitch somme toute classique, c’est dans leur propension à faire progresser un récit devenu survival en épaississant sans cesse le contexte et les enjeux. Sans oublier une caractérisation des personnages aux motivations certes bien établies mais dont la psychologie évolue pour notre plus grand bonheur. Vous me direz quoi de plus normal. Certes. Mais allez trouver des longs de « genre » récents répondants à ce schéma somme toute indispensable. Au-delà, les frères Pastor adjuvent à leur récit une dimension sociale où la crise économique y tient un rôle central. Celle-ci n’est pas dénoncée comme telle mais fait partie du panorama et actionne en sous-main des rouages qui vont donner cette fin que l’on peut qualifier d’élégiaque.

Alex Pastor et David Pastor nous l’ont d’ailleurs confirmé lors d’une interview qu’ils ont eu la gentillesse de nous accorder : Les Derniers jours est le côté pile et optimiste d’une pièce où côté face l’on trouve Infectés. Leur style a eu aussi le temps de s’affirmer sans pour autant se dénaturer. La mise en scène continue à ne pas faire dans l’esbroufe. Les mouvements de caméra sont là pour appuyer un récit anxiogène et non pour cacher la misère éventuelle d’un scénario. La direction d’acteurs affiche une belle directivité et une assurance déjà entrevues dans leur premier film. Et puis il y a cette utilisation toute « naturelle » d’une pléthore de SFX qui se fondent avec bonheur dans un ensemble qui n’aura coûté que cinq millions de dollars. Tout simplement incroyable tant la richesse visuelle détonne avec les productions idoines du moment, qu’elles soient U.S. ou européennes.

Si l’on devait émettre un bémol c’est justement dans cette fin certes assumée mais qui peut laisser dubitatif. Certainement que les frères Pastor n’ont pas encore abandonné tout espoir en l’Homme et qu’ils veulent croire à une rédemption possible. C’est finalement tout à leur honneur.

Les Derniers jours (Los últimos días – 2013) de Alex Pastor et David Pastor – 1h47 (Rezo Films) – 7  août 2013

Résumé : Depuis la propagation d’un étrange et foudroyant virus, le monde est devenu terrifiant : sortir est désormais impossible. Dans leurs maisons, leurs bureaux, les gares, les gens sont condamnés à vivre cloitrés et doivent se battre pour leur survie. A Barcelone, Marc, piégé dans son bureau, se retrouve séparé de sa femme Julia. Contraint de faire équipe avec Enrique, son pire ennemi, il part à sa recherche dans les entrailles de la ville…

Note : 3,5/5

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