Terminator Genisys - He's back

Terminator Genisys : Bon pour la ferraille !

La toute première bande-annonce apparue en décembre dernier le laisser présager, le résultat final sur grand écran le confirme : Terminator Genisys est sans conteste ce qui pouvait arriver de pire à l’un des plus célèbres cyborgs du Septième Art.

Lorsque la lumière se rallume au bout de 2h, on a beau chercher, le bilan est vite fait : il n’y a pas grand chose, sinon rien, à sauver de ce Terminator Genisys (aka Terminator 5) : scénario, mise en scène, acteurs… Tout juste pourra-t-on extirper de ce marasme des effets spéciaux qui, dans le feu de l’action, passent plutôt bien. Et encore, action est dans le cas présent un bien grand mot. Au bout d’une heure de film, mon voisin de gauche (Sandy Gillet pour ne pas le nommer) me susurre à l’oreille : « on se fait un peu chier quand même non ? ». Ah ouais, sans blague ! Le problème n’est pas tant effectivement de s’emmerder à 5€ de l’heure mais de voir ainsi littéralement broyé sur grand écran l’une des figures les plus mythiques du Septième Art. Car, sous couvert d’un certain niveau d’indulgence, les 3ème et 4ème opus avaient eu le mérite de proposer des scènes d’action un tant soit peu attrayante et un scénario qui fonçait tout droit sans jamais se poser de questions. Ce qui n’est nullement le cas de ce Terminator Genisys.

Terminator Genisys - Affiche France

Dès la scène d’ouverture (l’apocalypse nucléaire et les combats futuristes hommes vs machines qui s’ensuivent), les deux premiers Terminator pèsent de tout leur poids, aussi bien en termes d’imagerie que de thématiques. Depuis cette entrée en matière futuriste en 2029 jusqu’à la deuxième heure du film située en 2017 en passant par la première heure dans un 1984 alternatif, le tout ponctué de flashbacks de Sarah Connor en 1973, il n’y a quasiment pas une scène, un plan ou un dialogue qui ne sera sans rappeler l’un des deux premiers opus. Le tout jeté dans cette gigantesque machinerie à voyager dans le temps ponctué de dialogues à dormir debout pour tenter de justifier ce formidable imbroglio spatio-temporel. Le titre du film, Terminator Genisys, ne serait pas apparu au tout début qu’on se serait cru devant un nouvel opus de l’excellente trilogie comico-fantastico-familiale Retour vers le futur revue et corrigée à la sauce Terminator.

« La menace a changé de visage » nous annonce-t-on ! Parlons-en justement de ce changement de faciès de l’ensemble des personnages qui ne fonctionne pas davantage que le reste ; tous étant plus ou moins à côté de la plaque, depuis Kyle Reese jusqu’à John Connor en passant par Sarah Connor, tous semblent aussi paumés que le spectateur face à pareille débandade. Seul Schwarzy, égal à lui-même, fait du Schwarzy. Soit peu ou prou le même modèle qu’en 1991, quelques rides et cheveux gris en plus (un vieillissement expliqué par une pirouette scénaristique qui, là encore, tient plus ou moins la route). Plus globalement, la version alternative de l’histoire (dont les origines ont fort commodément été effacées) loupe complètement sa cible qui se résumera in fine à un bien simpliste « attention, la société hyper-connectée du 21ème siècle, c’est mal » oubliant totalement les nombreuses ramifications thématiques abordées dans les deux premiers opus signés James Cameron.

De fait, on s’interroge encore au sortir de la salle sur ce qui a bien pu conduire James Cameron, le père du Terminator, a adoubé ainsi ce Terminator Genisys ! Y a t-il vraiment vu un savoir-faire qui nous aurait échappé ? Ou bien s’est-il senti flatté de voir ainsi sa création / créature réinterprétée / plagiée de la sorte ? Une chose est sûre, après le remake (moins foireux mais à peine) de Robocop l’an passé, c’est une autre icône science-fictionnelle des années 1980 qui vient aujourd’hui de se faire écrabouiller sous la pression hydraulique des remakes inutiles et désincarnés car totalement incapables de cerner toute l’étendue de la portée de l’œuvre originale. Et quand on pense que la courte séquence post-générique laisse entendre une suite (puisque rappelons-le, ce Terminator Genisys serait le premier volet d’une nouvelle trilogie), on se dit qu’il y aura définitivement du pain sur la planche pour remettre sur pied un Terminator vraiment bien mal en point.

Terminator Genisys de Alan Taylor – 1er juillet 2015 (Paramount Pictures France)

Le leader de la résistance John Connor (Jason Clarke) envoie le sergent Kyle Reese (Jai Courtney) dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor (Emilia Clarke) et préserver l’avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé. Ils y découvrent un allié inattendu : le Guardian (Arnold Schwarzenegger). Ensemble, ils doivent faire face à un nouvel ennemi. La menace a changé de visage.

Note : 1,5/5

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