Image Une - Top Ciné 2016

Top cinéma 2016 des rédacteurs

Voilà un Top cinéma qui fait ce qu’il peut pour avoir de la gueule. 2016 nous laisse en effet sur un sentiment mitigé. Peu ou pas de très grands films à se mettre sous la dent alors que dans le même temps le cinéma d’animation semble plus que jamais tirer tout le monde vers le haut. Il suffit de jeter un œil à nos trois classements respectifs pour s’en convaincre. Il est pourtant de notoriété nationale que les goûts cinoches d’un Nicolas Thys sont issues d’une galaxie far far away de celles des deux autres compères. Encore que cette année le globe trotter cannois a bien donné le la de la saison avec ses comptes-rendus au quotidien du festival. On s’est en effet surpris de constater que nous n’étions jamais très éloignés du ressenti général du bougre en culotte courte. Bon après il reste de la marge quand même mais prouve in fine que l’année ne fut pas si fertile en belles découvertes et autres uppercuts en 24 images par seconde.

On va citer quand même quelques titres (autres qu’issus de l’animation donc) qui semblent trouver consensus à la rédac (c’est à dire mentionnés au moins deux fois) : Ma Loute, Braqueurs, Comancheria, Rogue One, The Strangers, The VVitch… C’est pas bézef mais dans l’absolu on ne va pas se plaindre car cela nous a donné du temps pour mater nos séries favorites pour les uns (nouvelles et en continuation), de s’adonner à la secte du 4K pour d’autres ou enfin d’aller en éclaireur découvrir des festivals improbables de par le monde comme celui de l’animation ouzbek du temps du communisme… Véridique.

Stéphane Argentin

1- La Tortue rouge : Le cycle d’une vie conté au travers de métaphores et de séquences oniriques d’une fulgurance formelle qui laisse pantois d’admiration et au comble de l’émotion.

2- Kubo et l’armure magique : Animation, scénario, humour, émotion, thématiques, tout concourt à faire de ce « simple » dessin animé une succession ininterrompue d’idées d’une intelligence rarement atteinte.

3- Rogue One : A Star Wars Story : D’une noirceur insondable et le tout meilleur opus de la saga Star Wars depuis L’Empire contre-attaque qui se referme sur une séquence d’anthologie.

4- Braqueurs : Ce lointain cousin du chef d’oeuvre de Michael Mann qu’est Heat n’est rien moins que l’un des tous meilleurs films du genre qu’il ait été donné de voir depuis des lustres.

5- Ma vie de courgette : Un concentré de ces faits divers qui brisent des familles et des enfances et dont la forme sied à merveille à la distanciation nécessaire au service de saynètes tour à tour bouleversantes et hilarantes.

6- Premier contact : Une puissante métaphore sur l’espèce humaine à l’aube du 21e siècle retracée avec la maestria formelle et dramaturgique qui font depuis plus de dix ans déjà toute la force du cinéma de Villeneuve.

7- Room : Une fulgurante évocation sur la puissance des liens qui unissent une mère et son enfant face aux nombreux obstacles à surmonter au cours d’une existence dans ce vaste monde qu’est le nôtre.

8- Comancheria : Un film entre western et film de gangsters qui retrace 200 ans d’histoire américaine avec une intelligence rare, le tout servi par une mise en scène, une direction d’acteurs et des dialogues de très haute volée.

9- Peter et Elliott le dragon : Une oeuvre merveilleuse et intemporelle, capable de nous faire fondre à chaque nouvelle séquence en compagnie de ce grand dragon (numérique mais si réaliste) tout vert.

10- Rosalie Blum : On ressort de là le coeur léger, le sourire en coin et la larmichette à l’oeil, prêt à nous laisser nous-aussi emporter au loin par le vent. Le meilleur remède de 2016 face à la sinistrose ambiante…

Mes autres films marquants de 2016 (dans le désordre) :

Midnight Special

The Nice Guys

Jason Bourne

 Le Fils de Jean

Mr Wolff

Sully

Sandy Gillet

1 – Jane Got a Gun : Aussi beau, violent et crépusculaire qu’avait pu l’être Impitoyable de Eastwood.

2 – La Tortue Rouge : Un film d’animation en forme de conte philosophique à la fois définitif et tellement beau.

3 – The VVitch : Un hommage à peine voilé au cinéma de Dreyer doublé d’une approche du genre aussi novatrice qu’avait pu l’être It Follows l’année dernière. Le mélange est juste détonnant.

4 – Kubo et l’armure magique : L’autre film d’animation qu’il ne fallait pas rater cette année.

5 – Moi, Daniel Blake : Une palme d’or amplement méritée pour Ken Loach et un film tout simplement indispensable qui marque durablement les esprits.

6 – Rogue One : A Star Wars Story : Le Nouvel Espoir, c’est bien lui.

7 – Ma Loute : Bruno Dumont nous offre ici une comédie non sensique dont il en a seul le secret. Savoureux et rare.

8 – Les Ardennes : Un polar très noir à la violence criarde en provenance de nos voisins Belges. On a le droit d’être jaloux ?

9 – Braqueurs : Un film de braquage français qui n’a rien à envier aux meilleurs rejetons du genre.

10 – Comancheria : On a débuté ce classement par un western à l’ancienne, on le termine par une relecture moderne du genre. La boucle est bouclée.

Aux portes du classement :

Everybody want some : Une plongée dans l’Amérique estudiantine du début des années 80. Jubilatoire. Et quelle bande originale !

Café Society : Woody Allen est toujours là et son dernier opus sort du lot par la noirceur de son propos. Cela faisait longtemps et cela fait du bien.

Ma vie de Courgette : On ne l’a toujours pas vu mais on est persuadé qu’il aurait au moins intégré cette partie du classement.

Le Garçon et la bête : Le grand oublié de l’année et pourtant voici une anime japonaise dont la force de l’animation ne trouve son pendant que dans la puissance de son récit.

The Strangers : D’une liberté de ton assez dingue jusque dans les partis pris de mise en scène qui fluctuent en fonction de la volonté de faire du polar ou d’aller fureter du côté du fantastique craspec.

Et ta sœur : LA comédie frenchie de l’année

Nicolas Thys

1 – Le cinéma d’animation français (Tout en haut du monde de Rémi Chayet, La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit, Ma vie de courgette de Claude Barras, Louise en hiver de Jean-François Laguionie, La Jeune fille sans mains de Sébastien Laudenbach) : parce que 2016 fût une année extraordinaire, qu’on aurait envie de voir se reproduire tous les ans et que ces films pourraient tous se trouver dans un top 10…

2 – Anomalisa de Charlie Kaufman, Duke Johnson : le retour de Charlie Kaufman dans un film de marionnettes, voyage poétique dans le huis-clos d’un hôtel et d’une rencontre amoureuse.

3 – Peace to Us in Our Dreams de Sharunas Bartas : Un film sur la difficulté de communiquer, sur un fantôme et la manière dont il hante les protagonistes. Mélancolique, et lancinant, tout se joue ici dans les lumières et le travail sur la nature.

4 – Carol de Todd Haynes : le réalisateur de Loin du paradis revient à ses premières amours : Hollywood classique, avec le portrait d’une relation interdite pour l’époque et une patte visuelle impeccable.

5 – Poesia sin fin d’Alejandro Jodorowsky : « C’est l’excrément lumineux du crapaud qui a avalé une luciole » dixit un des personnages.

6 – Patterson de Jim Jarmush : Fin, drôle, sensible. Il se passe peu de choses et tout à la fois à Patterson. Et Goshifteh Farahani est toujours aussi belle !

7 – Neon Demon de Nicolas Winding Refn : Véritable expérience esthétique ce film est œuvre artificielle sur un monde superficiel. Loin d’être un reproche, c’est ce qui en fait sa puissance et sa beauté.

8 – Evolution de Lucile Hadzihalilovic : L’un des films les plus étranges et déroutants que le cinéma français aura offert ces dernières années. Et surtout, une grande réussite visuelle et sonore sans esbroufe ni effets clinquants.

9 – Soleil de plomb de Dalibor Matanic : Avec une élégante maîtrise formelle, le cinéaste croate nous raconte trois histoires d’amour sur fond de tension ethniques et politiques à trois époques différentes et autant de mondes parallèles.

10 – Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase : Une magnifique fable culinaire, une philosophie du bonheur qui passe par une pâtisserie fourrée aux haricots rouges et trois générations de personnages qui se rejoignent malgré leurs différences.

Mais également : le cinéma portugais avec sa jeunesse et son onirisme – Montanha de João Salaviza, John From de João Nicolau, L’Ornithologue de João Pedro Rodrigues ; et le cinéma islandais dans sa simplicité – Sparrows de Runar Runarsson, L’histoire du géant timide de Dagur Kari, L’Effet aquatique de Solveig Anspach. Mais aussi, sans ordre : Les 8 salopards ; Le Garçon et la bête ; Steve Jobs ; El Clan ; The Assassin ; Midnight special ; In Jackson heights ; Quand on a 17 ans ; Marie et les naufragés ; L’Académie des muses ; Ma Loute ; Julieta ; Elle ; L’ange blessé ; Men & Chicken ; Apprentice ; La loi de la jungle ; The Witch ; The Strangers ; Comancheria ; Clash ; Soy nero ; Aquarius ; Dogs ; Captain fantastic ; Mademoiselle ; La Mort de Louis XIV ; Le client ; Swagger ; Le Disciple.

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