Image une Tops ciné 2018

Nos Tops Cinéma 2018

En relisant l’intro des Tops ciné 2017 (histoire de trouver l’inspiration ou juste pour ne pas se répéter), on a plutôt décidé de faire dans le politiquement correct et le lénifiant. Époque oblige sans doute. 1,2,3…
2018 aura donc été une année riche et variée sur l’autel de la production cinématographique. À tel point d’ailleurs que niveau films français, il y a pléthore de citations au sein des rédacteurs avec pas moins de… 7 titres différents mis en avant. Oui bon c’est pas bézef mais on retiendra quand même Jusqu’à la garde qui figure dans le top de quasi tout le monde (on met de côté celui de Nicolas qui fait figure de martien cinéphile et de Cédric qui émet des réserves sur la réalisation de Xavier Legrand. C’est son droit le plus strict). Pour le reste, cela tourne autour d’Hostiles, le western de Scott Cooper, Hérédité, le truc totalement frapadingue signé par le nouveau venu Ari Aster ou encore First Man de Chazelle et 3 Billboards de Martin McDonagh. Sans oublier l’arrivée du premier film Netflix grâce à Flavien. Et puis il y a un peu de cinéma européen avec The Captain, un film allemand réalisé par Robert Schwentke qui a usé ses fonds de culotte à Hollywood et qui revenait ici dans son pays de naissance pour accoucher d’un métrage en N&B dépeignant à sa manière les dernières heures sombres du IIIème Reich. On en est toujours pas revenu… Enfin pour ceux qui l’ont vu.
On signalera enfin la présence du top d’un lecteur (assidu il va sans dire). Yann Danh, pour ne pas le citer, ouvre en effet la voie d’un invité (de marque) que l’on renouvellera dorénavant chaque année (enfin, on l’espère). Réalisateur du court-métrage plus que remarqué A tout prix et en attendant son premier long, il nous a donc fait l’honneur de partager avec nous/vous ses coups de cœur 2018. À la découverte de son classement, on se dit que l’on a ici le lectorat qui nous va plus que bien 😉

Yann Danh

1 – Hostiles de Scott Cooper
Du Grand Western classique. Ford serait fier. Du casting à la mise en scène. Un film implacable et tellement humain.

2 – L’Affaire Roman J. de Dan Gilroy
Original, en phase avec son époque, drôle, passionnant, surprenant et touchant… Dan Gilroy est sans aucun doute une voix aussi singulière qu’importante dans le cinéma Us actuel.

3 – 3 Billboards de Martin McDonagh
Tellement drôle et tragique à la fois. Un grand petit film tellement humain comme pouvait l’être « Bons baisers de Bruges ».

4 – Hérédité de Ari Aster
La découverte d’un grand Cinéaste – Ari Aster – qui a compris que l’horreur, la vraie, se situe dans le cœur et l’esprit des Hommes plus que dans les Jump-Scares.

5 – Tully de Jason reitman
Parce que Jason Reitman…

6 – Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
Avec un sujet digne d’un téléfilm France 2 Xavier Legrand nous envoie une baffe en pleine tête avec un casting remarquable et une mise en scèné suffoquante digne des plus grands thrillers.

7- Les Veuves de Steve McQueen
Quand Steve McQueen (Hunger, Shame, 12 Years a Slave) se lance dans le thriller… Ça tabasse la rétine autant que ça presse notre cœur. LE film féministe de l’année…

8 – Red Sparrow de Francis Lawrence
Un thriller puissant. Francis Lawrence se hisse à la hauteur d’un Fincher.

9 – Sicario La Guerre des Cartels de Stefano Sollima
Quand Stefano Solima passe faire un film chez les Américains, il dynamite la suite du film de Villeneuve et nous envoie un film sec, violent, ténébreux mais avec du cœur… Sergio doit être très fier de son rejeton.

10 – The Guilty de Gustav Möller
Permier long de Gustav Möller. Thriller remarquablement écrit et interprété. Mise en scène efficace avec un travail formidable sur le son qu’il est important de souligner tant il participe à la montée en tension…
Avec Ari Aster et Xavier Legrand, il est l’autre très belle découverte de 2018.

Nicolas Thys

1 – La Chute de Boris Labbé
Cette plongée en enfer, inspirée de Dante, convoque de grands motifs plastiques et esthétiques liés au cinéma d’animation pour nous faire gambader dans un univers aussi sombre qu’hypnotique. Éprouvant et éblouissant.

2 – Le Tigre de Tasmanie de Vergine Keaton
Vergine Keaton hypnotise et laisse le spectateur face à un objet sidérant dont on a du mal à se détacher autour d’un animal disparu et une forme d’apocalypse et de boucle. Une autre vision de l’enfer, différente mais toute aussi hypnotique.

3 – III de Marta Pajek
Grand film sur le désir et la séduction, de la floraison à l’évanescence des sentiments, sur les rapports de force et sur la volupté. III est aussi une œuvre fondamentale sur le pouvoir de la ligne animée, de la métamorphose, des textures sonores et du mouvement.

4 – Le Livre d’image de Jean-Luc Godard
Godard propose quelque chose de l’ordre du bouleversement, de la révolution. Il parle de l’occident, de l’orient, de notre rapport au monde complètement embrouillé, de notre rapport aux images qui n’est plus critique, pensé ou pensable. Il perturbe l’idée qu’on se fait du cinéma, de la vidéo, de la télé, des morts en direct sur youtube, de la littérature, de tout.

5 – Le Sujet de Patrick Bouchard
Exercice magistral de dissection d’un corps de marionnettes grandeur nature.  Malgré toute la féérie qui se dégage, le pantin reste profondément humain dans ce qu’il recèle de mystère et d’imaginaire. Plus on fouille, moins on comprend. Et plus le marionnettiste se confond avec son objet.

6 – Ce magnifique gâteau d’Emma de Swaef et Mark Roels
Voilà un film impossible. Et tout en laine. Les cinéastes utilisent l’absurde pour aborder le colonialisme en Belgique et entrecroisent des situations aussi poétiques qu’oniriques où se mêlent des morts horribles, un racisme assumé, des voyages dans des cavernes, un urinoir en forme d’escargot et un clarinettiste jamais trop à sa place.

7 – Seder-Masochism de Nina Paley
Critique des religions et du patriarcat par l’absurdité, le tout en forme de comédie musicale, Seder-Masochism est un grand film politique. Et c’est surtout la plus belle performance d’Alain Delon depuis longtemps.

8 – Retour / Last Year When the Train Passed by de Pang-Chuan Huang
Deux films qui se font échos. Deux œuvres expérimentales sur la nostalgie via des trajets en train et de belles réflexions sur l’image, la mémoire, et aussi sur ces gens qu’on croise sans jamais les regarder.

9 – La Casa lobo de Cristobal Leon et Joaquin Cociña
Réalisé sur cinq années dans une douzaine de lieux différents dans le monde, en offrant la possibilité à des animateurs amateurs de poursuivre leur métrage, les cinéastes ont improvisé un « plan séquence » horrifique dans une pièce close. Il en résulte une œuvre folle, sur une communauté allemande basée au Chili, recluse sur elle-même et sur une jeune femme qui s’en évade, poursuivie par l’image d’un loup. Parfait pour faire des cauchemars.

10 – Dawson City : Frozen Time de Bill Morrison
Reprenant son habituelle technique de Found footage, Morrison propose cette fois un documentaire expérimental sur l’histoire de la ville de Dawson City à partir de pellicules retrouvées d’une façon incroyable. Un film surprenant et fou pour les amoureux du cinéma.

Cédric Le Penru

1 – The Captain – L’usurpateur de Robert Schwentke
Film de guerre oui mais surtout film sur l’usurpation d’identité en période trouble de pure décadence générale – il y a des passages ultra violents – mais ils ne sont pas gratuits ! On n’est pas chez Tarantino non plus. « Kleider machen Leute » disent les germanophones.

2 – Sans jamais le dire de Tereza Nvotová
Film d’une jeune cinéaste slovaque à la sensibilité ultime et à la capacité de mise en scène et situation prodigieuse. L’hôpital psychiatrique des filles perdues est incroyable de réalisme – La perle rare de l’année.

3 – In The Fade de Fatih Akin
La vengeance d’une femme face aux néo-nazis meurtriers. Diane Kruger au sommet – Fatih Akin est un très grand ; tant pis pour ceux qui ne s’en rendent pas compte.

4 – Guy d’Alex Lutz
Hommage d’un fils caché à un père absent – Il y a du Cloclo, il y a de la nostalgie, mais il y a surtout du Lutz dont les mises en abime sont d’une intelligence sidérante et particulièrement émouvantes.

5 – Mes Provinciales de Jean PauL Civeyrac
L’amour fou du cinéma parfait rend-il nihiliste ? En adorant ce métrage sous forme de roman d’initiation ; le critique fatigué (moi !) vous le confirme…

6 – The Rider de Chloé Zhao
Nom de Zeus, comment peut-on connaitre aussi bien les chevaux, leur élevage et la psychologie des hommes qui s’en occupent et qui font du rodéo ? C’est un western social oui – mais en disant cela on a rien dit sur la beauté de l’œuvre.

7 – Un couteau dans le cœur de Yann Gonzales
C’est très dans la recherche formelle – parfois beaucoup dans la citation – mais le sujet sort tellement de l’ordinaire et la joie des tournages X est tellement communicative que ça vous glace et ça vous déplace (intérieurement).

8 – Dogman de Matteo Garrone
Matteo Garrone chope quelque chose de l’Italie ultra modeste du sud et des stations balnéaires hideuses. La révolte du chien face au loup. Une démonstration de cinéma !

9 – Cold War de Pawel Pawlikowski
C’est beau formellement. C’est poignant narrativement. C’est un mélo géo politico historique en N&B. C’est un chef-d’œuvre.

10 – Hérédité de Ari Aster
De l’horreur pure et superbement orchestrée. Film sans compromis. Comme il se doit.

Flavien Bellevue

1 – Roma de Alfonso Cuarón
Une histoire de femmes qu’Alfonso Cuarón maîtrise admirablement dans un sublime écrin en noir et blanc.

2 – Les Garçons sauvages de Bertrand Mandico
Bertrand Mandico signe la plus belle prise de risque de mise en scène de l’année. Merci !

3 – First Man de Damien Chazelle
Un anti Étoffe des héros grandiose.

4 – Une prière avant l’aube de Jean-Stéphane Sauvaire
Un digne héritier de Midnight Express servi par un casting et une mise en scène remarquables.

5 – Pentagone Papers de Steven Spielberg
Spielberg aura été prolifique en 2018 et il est remarquable en milieu confiné.

6 – BlacKkKlansman de Spike Lee
Spike Lee Matters

7 – Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
Un premier drame social français réussit avec un casting de choix.

8 – The Captain – L’usurpateur de Robert Schwentke
Étonnant film allemand qui s’interroge aujourd’hui à travers ses heures les plus sombres.

9 – Hostiles de Scott Cooper
L’Amérique s’interroge à travers son passé et livre un western humaniste et élégant.

10 – Battleship Island de Ryoo Seung-wan
Un film de studio dont l’histoire est aussi rare que sa générosité. Un plaisir de cinéma !

Sandy Gillet

1 – Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
À force de dire du mal tout au long de l’année du cinéma français, on finit par en mettre un tout en haut de son classement.

2 – First Man de Damien Chazelle
L’Amérique a enfin marché sur la Lune.

3 – The Captain – L’usurpateur de Robert Schwentke
Le cinéma allemand n’en a pas fini avec IIIè Reich, et c’est tant mieux.

4 – Hostiles de Scott Cooper
Le fantôme de John Ford plane sur ce western qui va bien au-delà de l’hommage formel.

5 – Tully de Jason Reitman
Le réalisateur du surestimé Juno accouche d’un petit bijou de la maturité avec une Charlize Theron au sommet de son talent.

6 – Under the Silver Lake de David Robert Mitchell
Du grand cinéma barré et un hommage transi aux films noirs de l’âge d’or hollywoodien.

7 – Pentagon Papers de Steven Spielberg
Le cinéma classique hollywoodien c’est toujours lui.

8 – 3 Billboards de Martin McDonagh
Et la relève dans le domaine c’est lui.

9 – Une prière avant l’aube de Jean-Stéphane Sauvaire
Radicale, extrême, époustouflant et trop rare pour ne pas le mettre en avant encore et toujours.

10 – Hérédité de Ari Aster
Si ce n’était sa fin croquignolesque, on a quand même l’impression d’avoir trouvé un héritier à David Cronenberg.

Stéphane Argentin

1 – Jusqu’à la Garde de Xavier Legrand
L’explosion à fleur de peau d’une cellule familiale.

2 – 3 Billboards de Martin McDonagh
Le meilleur polar dramatique depuis Fargo.

3 – Pentagon Papers de Steven Spielberg
Spielberg Président !

4 – Les Indestructibles 2 de Brad Bird
Le meilleur Pixar depuis des lustres.

5- First Man de Damien Chazelle
La petite histoire, celle de Neil Armstrong, surpasse la grande.

6 – Sans un bruit de John Krasinski
Un drame familial puissant niché au creux d’un film de SF / horreur tendu du string.

7 – Les Heures sombres de Joe Wright
Une adaptation presque aussi puissante que le célèbre discours de Churchill.

8 – La Forme de l’eau de Guillermo del Toro
La belle bête de Del Toro.

9 – Tully de Jason Reitman
Une très belle métaphore (au féminin) sur la vie qui s’écoule.

10 – Sauver ou périr de Frédéric Tellier
Un long combat pour une réhabilitation physique et psychologique.

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