Terminator

Terminator : Un classique de la science-fiction

Répandez la bonne parole...

À l’approche de la sortie en salles de Terminator Genisys, cinquième long-métrage des aventures du plus célèbre cyborg du Septième Art, il nous a semblé judicieux de revenir aux origines du mythe : Terminator premier du nom devenu un classique de la science-fiction.

Terminator - Affiche France

La légende raconte que c’est dans sa chambre d’hôtel romaine, en plein montage de son premier long-métrage, Piranha 2, nanar royal que les fans et le réalisateur lui-même préfèrent ranger depuis dans la catégorie « erreurs de jeunesse », et alors qu’il était malade comme un chien, que James Cameron eut une vision enfiévrée : celle d’un endosquelette métallique émergeant des flammes, silhouette mécanique qui deviendra le Terminator. Un robot dont l’armature ressemblerait trait pour trait au squelette humain mais pourvu d’orbites oculaires rougeoyants. De cette vision cauchemardesque que lui contestera par la suite un certain Harlan Ellison, auteur de SF qui accusera Cameron d’avoir plagié deux épisodes de la série Au-delà du réel (1964) avant que l’affaire ne se règle à l’amiable (Ellison fut crédité au générique), allait naître l’un des films de science-fiction les plus mythiques de l’histoire du Septième Art, Terminator, et le sacre quasi instantané de trois hommes : James Cameron, Arnold Schwarzenegger et Stan Winston.

JAMES CAMERON : LE GÉNÉRAL PATTON DU CINÉMA

Aujourd’hui encore, les opinions sur James Cameron se scindent globalement en deux camps : d’un côté ceux qui le considèrent comme un génie visionnaire au même titre qu’un Georges Méliès ou qu’un George Lucas (osé de mettre Méliès et Lucas dans la même phrase !!! NDSG), de l’autre ceux qui le prennent pour un simple cinéaste au-dessus de la mêlée, capable de pondre de (très) bons longs-métrages à gros budgets et à grand spectacle mais dont la démesure visuelle et logistique cache en réalité un manque patent de finesse scénaristique (Cameron est crédité comme scénariste ou co-scénariste de tous les longs-métrages qu’il a réalisé jusque-là).

Terminator - James Cameron & Arnold Schwarzenegger

Mais au tout début, James Cameron, originaire du Canada, fut routier avant de faire ses premières armes sur des productions Roger Corman, figure mythique de séries B et formidable dénicheur de talents (il a lancé Scorsese ou encore Coppola…). Une école de tout premier choix où le futur « king of the world » va apprendre à faire à peu près tout et n’importe quoi sur un plateau de tournage, depuis le café jusqu’au réglage d’une caméra en passant par les néons, les costumes, les maquillages… De cette formation « couteau suisse » doublé d’un perfectionnisme maladif naîtra bien vite la légende : celle d’un réalisateur tyrannique pour les uns ou tout simplement exigeant pour d’autres, véritable bourreau de travail qui ne s’arrête jamais avant d’avoir obtenu ce qu’il veut.

En dépit d’un budget dérisoire (6,4 millions de dollars) en comparaison des sommes stratosphériques dont il disposera par la suite, James Cameron sait ce qu’il veut pour Terminator, son « vrai » premier long-métrage : un film noir et dépourvu d’humour (par opposition aux petites pointes comiques du deuxième opus) dont l’action se déroule presque intégralement de nuit (une approche qui effraiera d’ailleurs en partie les producteurs) pour former une continuité visuelle parfaite entre le présent et le futur post apocalyptique qui illustre un récit à la limite de la folie (le personnage de Reese jugé mentalement déficient par le psy de service, le docteur Silberman). Il faut dire que, si en ce début de 21ème siècle, les perspectives d’organismes cybernétiques mus par une intelligence artificielle sont une réalité de plus en plus palpable (cf. Battlestar Galactica et notamment son final édifiant), dans les années 80, les machines et plus précisément les ordinateurs sont encore loin d’avoir envahies notre quotidien. De là à concevoir une machine, le Terminator, ayant tout d’une apparence humaine…

Terminator – Blu-ray MGM (2012)

Mais pour l’heure, ce n’est nullement cet aspect que le cinéaste souhaite développer (il le fera bien davantage avec le deuxième volet, œuvre quasi visionnaire quant à la dépendance grandissante et hautement addictive de l’homme face à ses précieux joujoux numériques). Co-écrit avec sa future épouse et productrice Gale Anne Hurd, le script de Cameron pondère volontairement son approche science fictionnelle qui se résume à trois composantes : les visions cauchemardesques du futur (celle en introduction, celle de Kyle et enfin celle de Sarah), la machine à voyager dans le temps (dont le principe ne sera jamais abordé de front, préférant laisser le débat sur la viabilité du procédé à d’autres) et enfin le cyborg, le Terminator, entité omnisciente dont la nature véritable se dévoilera progressivement au fil du récit avant d’apparaître de pied en cap dans les toutes dernières minutes.

En limitant ainsi le pendant SF de son histoire, Cameron se focalise davantage sur la chasse à l’homme (ou plutôt à la femme) qui se déroule dans les rues de Los Angeles dans un présent bien réel. Après un premier tiers d’exposition qui fait progressivement monter la tension, le récit pénètre ensuite pour de bon dans sa phase actioner au terme d’un ralenti qui voit le Terminator sur le point d’éliminer sa cible pour de bon. Seul effet de style de tout le film, la mise en scène se révèle à partir de ce moment-là aussi sèche et nerveuse que précise et efficace. Les scènes de courses-poursuites rappellent ainsi les froissements de tôles les plus mythiques du cinéma (au hasard : French Connection ou encore Police fédérale Los Angeles qui sortira l’année suivante) tandis que les séquences de gunfights sont sans concession : l’exécution sommaire (hors-champ pour encore plus d’impact) du gérant du magasin d’armes et de la première Sarah Connor, celle post coït de la meilleure amie de Sarah, sans compter cette fusillade devenue mythique à l’intérieur d’un commissariat. Comme le dira Kyle : rien ne peut détourner la machine de sa mission. Et lorsque cette machine possède la carrure d’une armoire normande armée jusqu’aux dents, il y a effectivement de quoi se planquer sous un bureau.

Terminator – Blu-ray MGM (2012)

ARNOLD SCHWARZENEGGER : CONAN LE GOUVERNATOR

Cette montagne de muscles qui se fit un nom (plusieurs même : 5 titres de Monsieur Univers et 7 titres de Monsieur Olympia) dans le monde du culturisme, quitta son Autriche natal en 1968 pour tenter sa chance aux États-Unis avant de devenir 35 ans plus tard gouverneur de Californie (en attendant de voir si la prophétie de Demolition man qui le prédit à la Maison Blanche se réalisera), c’est Arnold Schwarzenegger. Un nom tout simplement imprononçable auquel s’ajoute un accent à couper au couteau lorsqu’il débute sa carrière à Hollywood dans les années 1970 dans des rôles sans envergures. Jusqu’à ce qu’un certain John Milius le repère et lui propose d’enfiler la peau de bête de son Conan le barbare (1982) et d’exploiter précisément son physique de demi-dieu et sa voix de baryton dans ce qui constitue aujourd’hui encore le plus mythique des films d’Heroic Fantasy.

Deux ans plus tard, celui que tout le monde surnommera bientôt Schwarzy rencontre James Cameron pour tenir le rôle de… Kyle Reese. Comme le confient les deux intéressés, ce n’est qu’après ce premier contact et la mise au rebut d’autres candidats potentiels (O.J. Simpson ou encore Mel Gibson furent un temps considérés ou approchés) que la décision fut prise de confier à Arnold le rôle-titre. Avec son regard d’acier, sa mâchoire carrée et ses punchlines devenues mythiques (le célèbre « I’ll be back » ou encore « Fuck you asshole »), impossible d’imaginer aujourd’hui quelqu’un d’autre dans la peau du T-800. En l’espace de deux rôles emblématiques, la carrière de Schwarzy venait d’être mise sur orbite en même temps que naissait leur amitié depuis indéfectible. Pour preuve, Schwarzy acceptera de subir à nouveau des heures de maquillages quotidiennes et autres poses de prothèses faciales sept ans plus tard pour les besoins de Terminator 2, toujours entre les mains du génie en la matière.

Terminator – Blu-ray MGM (2012)

STAN WINSTON : LE GÉNIE DES EFFETS SPÉCIAUX

En 1991, le sigle ILM (pour Industrial Light and Magic, la boîte d’effets spéciaux mise sur pied par un certain George Lucas pour les besoins de son Star Wars) sera sur toutes les lèvres à la découverte des prouesses polymorphiques du T-1000. mais 7 ans plus tôt, tous les regards se tournaient vers un homme, Stan Winston, dès qu’apparaissait à l’écran le moindre morceau de métal révélant la nature véritable du tueur cybernétique. Inconnu de tous en dépit de ses nombreux travaux dans les années 1970, le génie de Stan Winston éclata pour de bon au grand jour avec cette première collaboration aux côtés de James Cameron. C’est en effet à lui que l’on doit la concrétisation du rêve de terreur que fit à l’origine le cinéaste : celle d’un endosquelette de métal émergeant des flammes. Mais avant d’en arriver là, ce maître es effets spéciaux aura eu tout loisir de méduser le spectateur tel un Ray Harryhausen des temps modernes avec ses maquillages plus vrais que natures entre opération de l’œil et de l’avant-bras, faciès à demi arraché et autres lambeaux de chair et de sang.

Une approche résolument graphique pour l’époque, à l’impact démultiplié par la carrure de Schwarzy et filmée en plans serrés par Cameron qui conduira à un classement « R » aux États-Unis lors de la sortie du film en salles et à une interdiction aux moins de 12 ans en France (tout comme le n°2) mais dont la maestria lui vaudra le Grand Prix de feu le Festival d’Avoriaz ainsi que plusieurs récompenses au célèbre Saturn Awards. Après T2 en 1991, Cameron décidera de voguer vers d’autres horizons, estimant avoir fait le tour du sujet. Schwarzy, quant à lui, continuera l’aventure à l’exception du Terminator Renaissance (certainement le meilleur opus depuis T2) pour lequel d’ailleurs Stan Winston contribuera une dernière fois sans avoir eu la chance de voir son travail à l’écran puisqu’il décédera au cours du tournage en 2008. Pour autant, ces trois hommes furent à l’origine d’une légende de la SF et du Septième Art.

Terminator – Blu-ray MGM (2012)

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