Cannes 2018 : La Quinzaine des réalisateurs

La Quinzaine des réalisateurs, emmenée par la SRF, fête son cinquantième anniversaire en 2018. La Société des Réalisateurs de Films a vu le jour juste après l’éviction d’Henri Langlois de la cinémathèque en mars 1968, l’arrêt brutal de l’édition cannoise et les événements du mois de mai. De là a émergé, dès 1969, la volonté de monter un programme parallèle à la programmation officielle. Depuis un demi-siècle, cette sélection propose des films souvent surprenants, qui détonnent par rapport au reste et qui, parfois, révèlent de nouveaux talents. Ainsi, année après année, le nombre de cinéastes issus de la Quinzaine et qui finissent par se retrouver en sélection officielle est devenu la norme !

Quinzaine des réalisateurs 2018

2018 est est également une année particulière pour la Quinzaine des réalisateurs car c’est la dernière d’Edouard Waintrop, son délégué général qui s’en occupait depuis 2011. Il aura contribué à son succès en imposant sa griffe. En effet, ces dernières années, nombreux furent les films dits de « genre » qui s’y sont retrouvés avec également une bonne place consacrée au cinéma d’animation et à l’expérimental, notamment dans les courts-métrages mais aussi dans les longs. Il est indéniable que ça apportait quelque chose d’un peu plus frais et d’étonnant dans un panorama cannois assez austère.

Ciro Guerra & Cristina Gallego - Pájaros de Verano

Cette année est une sorte de conclusion logique lorsqu’on découvre la sélection longue avec le prochain film de Gaspard Noé sobrement intitulé Climax, Leave no trace de Debra Granik qu’on n’avait pas revue depuis Winter’s Bones en 2010 ou Mandy de Panos Cosmatos. L’animation n’est pas en reste non plus avec deux longs-métrages. Le plus attendu est certes Mirai, le nouveau film de Mamoru Hosoda mais il faudra faire attention à Samouni Road, documentaire italien sur la bande de Gaza de Stefano Savona dont les parties dessinées ont été faites par Simone Massi, l’un des plus importants animateurs italiens actuels. Léa Mysius a aussi participé à l’écriture.

MiraiMirai – Mamoru Hosoda

À leurs côtés, se côtoieront cinéastes confirmés et nouveau venus. Du côté des premiers, au moins trois sont déjà passés par la Quinzaine des réalisateurs avec succès : Guillaume Nicloux revient ainsi avec Les Confins du monde, Philippe Faucon pour Amin et Ciro Guerra qui ouvrira le bal avec Pájaros de verano qu’on ne manquera pas de voir. D’autres sont nouveaux à Cannes tels Pierre Salvadori qui présente En liberté ! ou Ming Zhang, cinéaste chinois hors système qui présentera The Pluto moment. Jaime Rosales est quant-à-lui déjà allé à Un certain regard et s’invite pour la première fois à la Quinzaine avec Petra. Signalons également deux premiers longs-métrages féminins : Carmen y Lola d’Arantxa Echevarría, qui elle aussi a commencé sa carrière dans les milieux de l’animation et des effets spéciaux, et Joueurs de Marie Monge, déjà remarquée pour son court Marseille La nuit en 2010, qui réunit Stacy Martin et Tahar Rahim.

Joueurs - Marie MongeJoueurs – Marie Monge

La Quinzaine des réalisateurs 2018 se clôturera sur Troppa grazia, le nouveau film de Gianni Zanasi qui revient à la Quinzaine après 23 ans d’absence ! Les courts-métrages ne sont pas absents, mais nous y reviendrons dans un autre article. Enfin, comme chaque année un Carrosse d’or récompensant un cinéaste pour son œuvre sera remis. Cette fois c’est Martin Scorsese qui y aura droit et il viendra discuter de son travail après la projection de Mean Streets le 9 mai.

Samouni road - Stefano SavonaSamouni Road – Stefano Savona

Vu le programme 2018 des plus alléchants, on attend encore davantage de voir ce que proposera pour 2019 le nouveau délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, Paolo Moretti, jusque-là en charge du festival de La Roche-sur-Yon lui aussi souvent doté d’une jolie programmation !

Toute la sélection de cette 50ème Quinzaine des réalisateurs ci-dessous :

  • Amin de Philippe Faucon (France)
  • Carmen y Lola d’Arantxa Echevarria (Espagne)
  • Climax de Gaspard Noé (France)
  • Cómprame un revólver (Buy Me a Gun) de Julio Hernández Cordón (Mexique)
  • Les Confins du monde de Guillaume Nicloux (France)
  • El Motoarrebatador (The Snatch thief) d’Agustín Toscano (Argentine, Uruguay)
  • En Liberté ! de Pierre Salvadori (France)
  • Leave no trace de Debra Granik (États-Unis)

Leave no trace - Debra GranikLeave no Trace – Debra Granik

  • Los Silencios de Beatriz Seigner (Brésil, Colombie, France)
  • Ming wang xing shi ke (The Pluto Moment) de Ming Zhang (Chine)
  • Mandy de Panos Cosmatos (États-Unis, Belgique)
  • Miraï, ma petite sœur de Mamoru Hosoda (Japon)
  • Le Monde est à toi de Romain Gavras (France)
  • Pájaros de verano (Les Oiseaux de passage) de Ciro Guerra & Cristina Gallego (Colombie) – film d’ouverture
  • Petra de Jaime Rosales (Espagne)
  • Samouni Road de Stefano Sanova (Italie, France)
  • Teret (The Load) de Ognjen Glanovic (Serbie)
  • Troppa grazia de Gianni Zanasi (Italie) – film de clôture
  • Weldi (Mon cher enfant) de Mohamed Ben Attia (Tunisie, Belgique, France)

Petra - Jaime RosalesPetra – Jaime Rosales

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